Le soleil est aveugle
Agréable exemplaire en dépit de deux légères traces d'insolation sans gravité en tête et en queue du dos.
Lorsqu’un écrivain se saisit de l’Histoire, il est vain de lui reprocher ses petits arrangements avec la « Vérité ». Mais considérer son sujet comme un simple prétexte littéraire résulte d’une semblable ingénuité. Bien plus qu’un compte rendu, fût-il partisan, le récit historique d’un auteur de génie pétrit le passé pour modeler l’avenir.
Edition originale, un des 925 exemplaires numérotés sur vélin d'Artois, seul tirage avec 1 papier boucherie en l'honneur du général De Gaulle, 20 hors commerce et 75 Marais.
Ouvrage illustré de bandeaux et de culs-de-lampe.
Dos et plats marginalement insolés comme souvent.
Édition originale de ce pamphlet de style rabelaisien dirigé contre Gambetta, un des 300 exemplaires numérotés sur hollande.
Reliure à la bradel en plein vélin ivoire, dos lisse, filet rouge en encadrement des plats et compositions aquarellées peintes aux centres des plats : un ex-libris et un monogramme sur le premier premier plat et Léon Gambetta incarnant le Christ crucifié, fragiles couvertures parcheminées conservées, reliure de l'époque signée de Dodé.
Signature manuscrite de Nadar en dessous de la justification du tirage.
En outre, notre exemplaire est enrichi d'une correction manuscrite de Nadar au crayon dans La Passion, p. 45, à orveitan [sic].
Ouvrage orné d'illustrations de l'auteur.
Provenance : de la bibliothèque de Frédéric Lachèvre, bibliographe, spécialiste de la poésie française, avec son grand ex-libris gravé répété et son emblème peint sur les premiers plats. Une illustration des livres est reproduite sur le plat inférieur de chaque volume.
Quelques légères et claires piqûres à la reliure.
Edition illustrée de 10 compositions originales d'Adrien Marie gravées à l'eau-forte par Wallet, un des 50 exemplaires numérotés sur Japon comportant les eaux-fortes en double état.
Reliure à la bradel en demi percaline grise à coins, dos lisse orné d'un motif floral doré, date et double filet dorés en queue, pièce de titre de chagrin bleu marine, plats de papier marbré, reliure de l'époque.
Edition enrichie d'une préface inédite de Jules Clarétie.
Quelques rousseurs affectant essentiellement les gardes blanches de la reliure.
Notre exemplaire est exceptionnellement agrémentée d'une aquarelle originale en couleurs signée de Frédéric Bourdin sur la page précédant la page de titre.
Première édition publique de ce texte de Jean Guehenno écrit sous le pseudonyme de Cévennes, un des 60 exemplaires numérotés sur madagascar, tirage de tête.
Bel exemplaire.
Édition originale ornée en fin de volume d'un tableau dépliant hors-texte. (Cf. Sabin 28336. Howes 318.)
Reliure en plein cartonnage souple beige, titre manuscrit au dos malhabilement restauré à l'aide d'une pièce adhésive et en grande partie effacé, tranches mouchetées de rouge.
Une mouillure en angle supérieur droit des premiers feuillets, quelques rousseurs.
Le tableau dépliant relié en fin de volume n'est pas signalé par Sabin. Il reprend les données géographiques essentielles de chaque état (ressources naturelles, population en 1790 et en 1810, universités et collèges, députés au Congrès, etc).
Le Père Giovanni Grassi, de la Compagnie de Jésus, vécut quelques années à Georgetown, dont il dirigea le séminaire.
Rarissime édition originale de cette précieuse esquisse statistique de Bolivie ; absent de Palau comme de Sabin. Un seul exemplaire au CCF (BnF).
Chuquisaca, Imprenta de Sucre, 1851, in-8,
Reliure en demi basane marron, dos lisse orné de doubles filets dorés, plats de papier marbré comportant des manques de papier, coins et coupes accidentés, tranches mouchetées de bleu, modeste reliure de l'époque.
Exemplaire légèrement rogné.
José Maria Dalence (1782-1852), juriste et homme politique marquant de la période de l'indépendance (1825), offre ici un tableau démographique, ethnographique et économique des plus précis du jeune Etat.
Edition originale de la traduction française, traduite sur la troisième édition anglaise (Sabin, 30036.)
Chaque volume est orné d'un frontispice gravé sur acier.
Couvertures salies, premiers plats détachés, petits manques et déchirures en marges des plats, quelques rousseurs, dos fendillés avec manques ; notre exemplaire broché est conservé dans un étui-chemise moderne en pleine toile marron.
Le second volume traite également d'un "Passage à Montréal et Québec" (pp. 317-342) et du "Caractère des Canadiens" (pp. 331-332, 339-342).
Ex-libris manuscrits en têtes des premeirs plats de couvertures signés Delecey de Mécourt.
Edition originale de la traduction française
Reliure en demi vélin, dos lisse orné d'un fleuron doré en queue, pièce de titre de chagrin noir, plats de papier marbré, reliure de l'époque.
Unique édition de cette version (une partie avait déjà été donnée au public français en 1837 sous le titre de Histoire de la fondation de la Régence d'Alger). Alphonse Rousseau (1820-1870),premier interprète du Consulat général de France à Tunis, exerça ultéreiurement les fonctions de consul général.
Ex-libris moderne Pierre Libaude encollé sur une garde, quelques petites rousseurs.
Rare édition originale (cf. Cordier Japonica 583. Nipponalia I 2073. Aucune de ces deux bibliographies ne mentionne le plan. Polak 8448.)
Reliure en demi basane cerise, dos éclairci à quatre nerfs orné de pointillés et filets dorés, quelques frottements sur le dos, plats de cartonnage rouge, coins légèrement émoussés, tranches mouchetées, reliure de l'époque.
Quelques petites rousseurs, une mouillure claire affectant les premiers feuillets et la carte à double page représentant le plan du détroit de Simonoseki.
Il s'agit du récit de la campagne navale anglo-française de 1862-1863, par Alfred Roussin (1839-1919), un officier qui commandait la frégate la Sémiramis.
Le texte comprend des descriptions détaillées du commerce et de la situation politique du Japon, ainsi que des relations politiques entre Français, Anglais et Japonais durant les années 1853-1865.
Edition originale publiée anonymement par Delaporte, secrétaire-souffleur de la Comédie-Française.
Reliure à la bradel en toile noire, dos lisse, pièce de titre de chagrin rouge comportant des manques, plats de papier peigné, coins supérieurs émoussés, reliure du XIXe s.
Au CCF, exemplaires seulement à la BnF et à Rouen.
Initiales imprimées en pied de la page de titre.
Rare récapitulatif, par le secrétaire-souffleur de la Comédie-Française, des griefs que la Compagnie nourrissait envers l'acteur Talma, et qui se concentraient sur les représentations de la pièce Charles IX de Marie-Joseph Chénier.
Cette dernière rencontra un immense succès public, mais suscita les réserves de l’Église gallicane, qui fit interdire la pièce à la 33e représentation.
Le 21 juillet 1790, la pièce fut de nouveau jouée malgré l'interdiction. La troupe de la Comédie-Française se divisa alors entre les "révolutionnaires" et les autres sociétaires, qui refusèrent de jouer avec Talma.
Edition originale rare de ce projet à l'élaboration certes collective (y ont collaboré plusieurs démocrates, parmi lesquels Frédéric Charrassin, Charles Fauvety, Adolphe Louis Chouippe, Alexandre Erdan), mais qui fut rédigé par le philosophe néo-criticiste Charles Renouvier (1815-1903).
Reliure en demi basane cerise, dos lisse orné de filets dorés, quelques frottements sur le dos et les plats, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, ex-libris moderne encollé sur un contreplat, coins émoussés, quelques accrocs sur les coupes, tranches mouchetées, reliure de l'époque.
Quelques petites rousseurs sans gravité.
L'idée maîtresse de cet ouvrage est l'idée du gouvernement direct, de la législation directe, inspirée par le débat lancé par Rittinghausen.
Elle a pu à l'époque être jugée utopique et dangereuse, comme dans les débats actuels, en ce qu'elle discréditerait le régime représentatif et ferait, contre l'intention des auteurs, les affaires du césarisme qui venait (on est en 1851 ...).
Il s'y trouve aussi d'autres idées de réforme institutionnelle, notamment celle du canton adopté comme élément de l'unité administrative et politique de la nation et choisi pour constituer la vraie commune française.
Provenance : bibliothèque de Georges et Geneviève Dubois avec leur ex-libris encollé sur un contreplat.
Édition originale de cet ouvrage en latin qui traite de l'histoire de la Méditerranée dans l'Antiquité : la Sardaigne et les influences de la Grèce, l'Afrique du nord, les Syrtes et les tribus des numides, l'histoire du tyran de Syracuse, les Baléares, la Corse, l'île de Rhodes, etc... (cf. Adams, L-704. Voir Durling, 2796 (qui ne mentionne que des éditions postérieures).
Reliure restaurée en plein veau brun, dos à cinq nerfs orné de fleurons dorés en grande partie estompés, filets à froid et fleurons d'angles dorés encadrant les plats, médaillon doré au centre renfermant une devise en caractères grecs, inscription manuscrite sur la tranche, reliure ancienne.
Numérotation à l'encre noire en tête du verso du second plat; charnière intérieure fendue.
Bel ouvrage de l'officine de Johannes Frobenius à Bâle, avec sa marque typographique sur le titre et en fin de volume.
Surnommé "le prince des imprimeurs", Jean Froben fut un des premiers à utiliser les caractères italiques, s'inspirant des travaux d'Alde Manuce.
Professeur de philosophie, de grec et de latin à l'Université de Padoue, le vénitien Tomeo Nicoló Leonico (1456-1531) faisait l'admiration d'Erasme.
Edition originale de cet important ouvrage sur l'ancienne Indochine française se divisant ainsi :
Sur la page de faux-titre du tome VI, envoi autographe signé d'Auguste Pavie : "A l'ami Vitoux, hommage affectueux. A. Pavie."
On joint à cet ensemble : "Carte de l'Indo-Chine dressée par MM. les Capitaines Cupet, Friquegnon et de Malglaive membres de la Mission Pavie."
Imprimée à Paris chez Augustin Challamel en 1893, (in-plano, repliée et entoilée qui comporte quelques rousseurs).
La carte est présentée dans une chemise en demi toile verte à coins, pièce de titre de d'oasis rouge, plats de cartonnage rouge, étui en plein cartonnage rouge, reliure moderne à l'imitation des volumes de texte.
"Découvreur de routes nouvelles au Cambodge et au Laos, artisan de l'expansion française en Indochine, Auguste Pavie (1847-1925) occupe une place privilégiée parmi les pionniers qui ont exploré cette région. Originaire de Dinan, il s'engage dans l'armée dès l'âge de dix-sept ans, sert en Cochinchine dans l'infanterie de Marine (1868) avant d'être envoyé au Cambodge en 1875 ( … ). En 1876, il est chargé par le gouverneur de l'Indochine de dresser une nouvelle carte du Cambodge en profitant de la construction d'une ligne télégraphique entre Pnom-Penh et Bangkok ( … ). En 1885, Le Myre de Vilers qui apprécie ses qualités lui confie le poste très délicat de consul de France à Louang-Prabang (où) il devra défendre les droits que la France a hérités de l'Annam sur le Laos (…). Partant de Louang-Prabang, Pavie entreprend de 1887 à 1889 une série de voyages à travers le Laos que Mouhot et F. Garnier n'avaient fait qu'effleurer. Ses investigations portent dans trois directions principales : vers l'est (Tran-Ninh, plaine des Jarres) ; vers le nord-est (Hua-Panh) ; et au nord (Sip-Song-Chau). C'est dans ce dernier secteur que porte l'effort principal de Pavie dont un des objectifs est de trouver des routes sûres vers le Tonkin permettant de désenclaver le Laos pour le rattacher solidement à nos autres possessions indochinoises ( … ). A partir de 1888, Pavie n'est plus seul. Il s'entoure de collaborateurs militaires, Cogniard, Cupet, Malglaive, Pennequin… et civils comme le jeune diplomate Lefèvre-Pontalis ou le brillant biologiste Le Dantec. Au bout de quelques années, la Mission Pavie, véritable service géographique, comptera une quarantaine de membres, sans parler des multiples auxiliaires indigènes. Dispersés en petits groupes sur des itinéraires différents, les membres de la Mission démultiplient l'action du chef en "couvrant" un terrain considérable. C'est ainsi qu'en 1890-1891, entouré d'une équipe nombreuse de géographes, naturalistes, médecins, ethnographes, économistes, Pavie peut mener à bien une vaste reconnaissance territoriale destinée à fixer les futures limites entre l'Indochine française, la Chine, le Siam et la Birmanie,( … ). Les résultats scientifiques de cette entreprise collective, sans équivalent dans l'Empire français, sont impressionnants. Débordant largement le Laos, les enquêtes ont porté sur le Tonkin, l'Annam, le Cambodge et le sud de la Chine. En tout, quelques 600000 km2 soit une superficie plus grande que la France, ont été reconnus et partiellement cartographiés, 70000 km d'itinéraires terrestres et fluviaux ont été relevés (…). Véritablement pluridisciplinaire, la Mission Pavie couvre tous les domaines de la connaissance, ne négligeant ni l'histoire, ni la littérature, ni le folklore…" (Cf. Numa Broc Dictionnaire illustré des explorateurs français du XIXe siècle, Asie, pp. 366-368).
Edition collective et en partie originale pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers.
Agréable exemplaire.
Envoi autographe signé d'Elias Canetti à sa cousine : "Meiner liebsten Kusine Matica, der einziger, die geblieben ist, was sie immer war, begabt, klug, offen in Liebe und Freundschaft. Elias Canetti. Paris, September 1962" (A ma chère cousine, la seule qui est restée ce qu'elle a toujours été, douée, intelligente, ouverte, en amour et en amitié)
Edition originale imprimée sur fleur d'alfa.
Bel exemplaire.
Envoi autographe signé de Jacques Perret à Charles Linder enrichi d'un petit dessin représentant le fameux paquet de gris national (qui alimentait la pipe de l’écrivain en tabac Caporal ou Scaferlati), dans lequel est fiché le drapeau tricolore.
Edition originale illustrée d'une grande carte dépliante en couleurs hors-texte (cf. Tailliart 2645.)
Reliure à la bradel en demi percaline bleue, dos lisse légèrement assombri, pièce de titre de basane brune un peu frottée, plats de papier à la cuve, gardes et contreplats de papier bleu comportant de petites rousseurs, coins émoussés, tête mouchetée.
Quelques petites rousseurs.
Unique édition de cette grande synthèse sur l'état de l'Algérie, publiée après la mort de Jules Ferry (survenue le 17 mars 1893), cheville ouvrière de la commission sénatoriale pour laquelle l'ouvrage fut commandité. Ce qui permet de rappeler que Ferry fut un farouche partisan de l'expansion coloniale de la France, et de la mission de "civilisation" des peuples indigènes, selon une conception qui était alors commune à la gauche, à l'exception de quelques isolés (dont Clemenceau).
En tête de la page de faux-titre, envoi autographe d'Henri Pensa à Madame Jules Ferry (Eugénie Risler).
L'ouvrage passa ensuite dans la collection du neveu de Ferry, Abel Ferry (1881-1918, député des Vosges à partir de 1909), avec cachets humides sur la page de titre et en pied de la page 105.
Lettre autographe signée de Gracchus Babeuf, datée du 8 Pluviôse [an II] (27 janvier 1794). 2 pages et demi sur un bifeuillet de réemploi, la lettre a été écrite autour d'une ancienne inscription de Babeuf : "Histoire des Conspirations et des Conspirateurs du Département de la Somme ; Qui comprend celle des Persécutions et des quatre Procès criminels intentés, depuis 89, à un second Marat, son émule dans le Département".
Publiée – à l’exception du titre Histoire des Conspirations… qui n’a pas été mentionné dans la description de la lettre – dans Victor Advielle, Histoire de Gracchus Babeuf et du babouvisme d'après de nombreux documents inédits, vol. I, 1884, p. 101-102.
Extraordinaire chapelet de grossièretés de la main du révolutionnaire et précurseur du communisme Gracchus Babeuf, adressé à son fils aîné, qui contribuera à la diffusion du babouvisme. Babeuf écrit la lettre sur un feuillet de réemploi, qui porte le titre intégral d’un de ses écrits disparus - dont on ne connaissait jusqu’alors qu’une partie : « Histoire des Conspirations et des Conspirateurs du Département de la Somme ; Qui comprend celle des Persécutions et des quatre Procès criminels intentés, depuis 89, à un second Marat, son émule dans le Département ».
Edition originale.
Coupures de presse jointes.
Reliure en demi basane bronze, dos à quatre nerfs sertis de pointillés dorés orné de doubles filets dorés, pièce de titre de basane rouge, petites taches noires et une éraflure sur le dos, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier oeil-de-chat, reliure de l'époque.
Agréable exemplaire.
Edition originale illustrée de 4 planches hors-texte sur fond teinté, dont un frontispice (cf. O'Reilly et Reitman, Tahiti, 6452.)
Reliure en demi basane prune, dos lisse décoloré orné de guirlandes et fleurons dorés, quelques frottements sur le dos, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, querlues accrocs sur les coupes, reliure de l'époque.
Rousseurs éparses, gravures uniformément ombrées.
L'ouvrage forme une histoire de l'île, écrite au lendemain de l'annexion consécutive à la cession de ses Etats par le roi Pomaré V, donnant un résumé des voyages de Quirós, Wallis, Bougainville et Cook, un tableau de la vie tahitienne il y a cent ans, et une esquisse de l'évolution de Tahiti depuis l'arrivée des premiers missionnaires.
Le chapitre V est consacré aux principaux épisodes des trois voyages du capitaine Cook à Tahiti : contacts avec les habitants, rencontre avec les chefs locaux, révolte à l'île d'Eiméo, visite des différentes îles... (pp. 107 à 220).
Joseph Bournichon (1839-1924) était d'ailleurs un prêtre auteur de plusieurs monographies édifiantes.
Édition originale de ces observations et propositions de réformes sur la Marine.
Reliure en plein veau fauve raciné, dos lisse orné de faux-nerfs et de motifs décoratifs dorés, pièce de titre de chagrin rouge, mors un peu frottés, plats cernés de fines roulettes dorées, quelques épidermures et manques de peau en pied des plats, gardes et contreplats de papier à la cuve, coins émoussés, toutes tranches dorées, reliure de l'époque.
Pierre-Alexandre Forfait (1752-1807) fut ministre de la Marine de novembre 1799 à Octobre 1801.
Forfait et Bonaparte s'étaient rencontrés à Venise aux alentours de 1798, et c'est lui qui « forma » le futur Empereur à la guerre maritime que Napoléon allait mener contre l'Angleterre.
Dans cet opuscule, il décrit en ces termes les Anglais « … ces dominateurs des mers ne donneront jamais le temps nécessaire pour recréer et former une marine par les moyens ordinaires, la navigation marchande ou la pêche … Comptez qu'ils vous déclareront toujours la guerre, ou vous la feront sans la déclarer, avant que vos forces navales aient pu atteindre son degré de développement qui puisse les inquiéter ».
Le plan du 21 juillet 1803, lors duquel la flotille doit agir sans le soutien de la Marine, montre bien que les idées de Forfait ont profondément marqué Bonaparte.
Cependant le groupe formé par Decrès, Ganteaume, Bruix et Villeneuve lors de la campagne d'Égypte, exerce une forte influence sur Napoléon ; et Decrès réussit à supplanter définitivement Forfait.
Provenance : Ex-libris manuscrit de Decrès encollé sur un contreplat, qui succéda à l'auteur comme ministre de la Marine, et qui resta en poste jusqu'en 1814.
Edition originale (cf. Martin & Walter, 16 491. Monglond III, 630. Manque à Schefer, Blackmer et Atabey.)
Reliure à la bradel en plein cartonnage de papier marbré, dos lisse, pièce de titre de basane fauve en long, tranches rouges, reliure moderne.
Quelques rousseurs, taches en marge supérieure des derniers feuillets.
Excellent abrégé de la mission diplomatique du général Hénin de Cuvillers à Constantinople (1793-1795).
Au retour de Turquie, Hénin (né en 1755) prit part à la campagne d'Italie de 1796, et fut blessé à Caldiero et à Arcole.
Nommé en 1802 au poste d'adjoint à l'état-major de Saint-Domingue, ce fut lui qui ramena à Paris en 1804 les archives de l'armée de la colonie que lui avait confiées Rochambeau.
Sa carrière militaire sous l'Empire s'achève en 1813, date à laquelle il lui fallut se justifier devant le conseil de guerre de Grenoble à la suite de l'évacuation du Simplon, jugée trop hâtive.
Admis à la retraite en 1815, il vécut jusqu'en 1841.
Les 164 dépêches résumées dans le présent recueil donnent d'intéressants renseignements sur la vie diplomatique à Constantinople, les rapports avec le gouvernement révolutionnaire, les nouvelles venant des comptoirs d'Asie, la situation dans le Levant, les événements maritimes et militaires, etc...
Nouvelle édition illustrée de 2 planches lithographiées hors-texte et enrichie de notes par Francisco de S. Luiz (cf Brunet I, p. 263. Graesse I, p. 118.)
Reliure en demi veau havane, dos lisse orné de filets dorés et noirs ainsi que de fleurons noirs, pièce de titre de chagrin noir, plats de papier marbré, tranches rouges, reliure moderne.
Quelques petites rousseurs principalement en début de volume.
Cette biographie, célèbre à juste titre, connut un grand succès dès sa parution.
Deuxième édition de ce monument historiographique.
La collation des volumes de texte (74 gravures sur acier) est conforme à la table des planches donnée au volume XX (à l'exception de la planche des Français devant Moscou, manquante), mais ne correspond pas au nombre de planches de l'originale (certaines ne furent pas reprises). L'atlas est celui de la première édition, et il est complet de ses 66 cartes.
Quelques rousseurs affectant principalement les tranches.
Reliures en demi maroquin rouge à coins, dos à cinq nerfs ornés de triples caissons à froid, quelques petits accrocs sans gravité sur trois dos, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier peigné, têtes dorées, pour les 21 volumes de texte ; et reliure en demi basane rouge, dos lisse orné de filets et de fleurons dorés, quelques taches noires sur le dos, plats de cartonnage rouge marginalement salis, coins émoussés, reliure de l'époque.
Edition originale réimprimée à Smyrne (en fait Versailles), par les soins de M. John Strafford (en fait chez Moutardier) ; (cf. Quérard VI, 576. Drujon, Livres à clefs, I, 625.)
Reliure en demi basane fauve mouchetée, dos lisse orné de filets hachurés dorés, pièce de titre de basane brique, petits manques sur le dos, tranches jaunes mouchetées de bleu, reliure de l'époque.
Unique édition de cet ouvrage évidemment pseudépigraphe et crypté, qui fut supprimé par ordre du gouvernement consulaire, ce qui en rend les exemplaires peu fréquents.
Il s'agit d'une virulente critique des institutions politiques et sociales communes ; en revanche, il semble très difficile de rattacher l'auteur à la célèbre dynastie de libraires lillois ses contemporains.
Lettre autographe signée de François-René de Chateaubriand à Ferdinand Denois écrite à Rome et datée du 11 août 1829, 2 pages et deux lignes à l'encre noire sur un bifeuillet. Une déchirure dûe au décachetage sur la partie vierge du dernier feuillet, sans atteinte au texte.
« Il faut encore, Monsieur, que je vous remercie : mon pauvre ami La Ferronays [le ministre des Affaires étrangères Auguste Ferron de La Ferronnays allait démissionner deux semaines plus tard pour raisons de santé] m'a écrit que tous ses maux sont revenus, qu'il se trouve mal deux ou trois fois par jour, qu'il ne peut songer à rentrer dans les affaires, c. Je crois que l'intérim n'en sera pas moins prolongé et que l'on gagnera ainsi la fin de la session. J'ai demandé un congé par MM. Boissy et Givré [ses secrétaires d'ambassade le diplomate et futur homme politique Hilaire-Étienne-Octave Rouillé de Boissy, et le diplomate et futur homme politique Bernard Desmousseaux de Givré], sans être tout à fait déterminé à en faire usage : cela dépendra des événements. Une dépêche télégraphique du 4 avril, venue par Toulon, m'a appris que le roi étoit fort content de la nomination du pape. Nos cardinaux se sont ralliés à moi et ont très bien marché. Le cardinal [Anne-Antoine-Jules de] Clermont-Tonnerre, qui a fait une chute, est logé à l'ambassade où je le soigne le mieux qu'il m'est possible – que dira la Gazette ? [La Gazette de France, organe des ultras, était très hostile à Chateaubriand.]... »
Édition originale de la traduction française, un des 25 exemplaires numérotés sur pur fil, seuls grands papiers.
Reliure en maroquin rouge sang, titre doré dans la longueur, plats de galuchat mordoré bordés de maroquin, gardes de papier décoratif doré, couvertures conservées, tête dorée, élégante reliure signée Boichot.
Première garde partiellement ombrée, sinon bel exemplaire à toutes marges.
Ouvrage illustré de bois originaux de Jean-Gabriel Daragnès.
Édition originale illustrée d'une planche hors-texte avec 2 figures : plan et environs d'Alger (cf. Quérard IV, 343 : ne cite pas la planche, et donne xlviii pp. pour les Pièces à l'appui (en effet, la p. xlviii porte, comme la dernière, l'adresse de l'imprimeur). Tailliart 2420 : ne cite pas la planche.)
Petits manques marginaux sur le dos et les plats, quelques légères rousseurs.
"Causes de la rupture avec Alger. Historique des rapports de la France avec Alger. Les torts des représentants d'Alger dans la Régence pendant ces dernières années. Ultimatum. Blocus. Nécessité d'une enquête ou au moins d'une information spéciale avant d'entreprendre une expédition. On va dépenser beaucoup d'argent sans profit. Cette guerre n'est pas juste ; elle n'est pas utile ; elle n'est pas légale" [Tailliart].
Les Pièces à l'appui comprennent : Traité de paix entre la France et la Régence d'Alger, le 17 décembre 1801. - Lettre de Mustapha-Pacha, Dey d'Alger, au premier Consul, les 13 août 1802. - Transaction sur les réclamations des sieurs Bacri et Busnach d'Alger, et à la suite, la loi du 24 juillet 1820, qui en ordonne l'exécution. - Notice sur les concessions d'Afrique. - Résumé des discussions qui ont eu lieu dans les deux Chambres sur les affaires d'Alger dans les sessions de 1820, 1827, 1828 et 1829.
Hommage autographe signé d'Alexandre de Laborde sur la page de faux-titre : "De la part de l'auteur, 3 avril 1830" (soit à peine plus que deux mois avant le débarquement des troupes françaises en Algérie).
Edition originale de ce périodique comportant, pour l'année 1781 complète (du 2 janvier au 28 décembre), 104 livraisons ; le texte étant sur deux colonnes et la pagination continue.
Reliures en demi basane fauve marbrée, dos lisses ornés de caissons et de fleurons dorés, pièces de titre de basane beige, pièce de tomaison de basane bleue, petits manques et frottements sur le dos et les mors, quelques éraflures sur les plats de cartonnage bleu, coins émoussés, tranches rouges, reliures de l'époque.
Interversion des ff. 357-58 et 359-60, initiales à l'encre noire et numérotation sur les gardes, ex-libris encollé et marginalement déchiré sur le premier volume, ex-libris recouvert sur le second.
Périodique bihebdomadaire, fondé en juin 1776 et qui parut jusqu'en décembre 1792.
Parmi ses rédacteurs, on comptait Serres de la Tour, Théveneau de Morande et Brissot, tous publicistes déjà célèbres et fort peu "ministériels" comme on disait : publiée en Angleterre à la destination des deux publics de chaque côté de la Manche, mais plus spécialement pour servir de feuille d'information aux Français sur les institutions anglaises, elle fut lue très avidement à Paris, et surtout pendant toute la durée de la guerre anglo-française pour les colonies d'Amérique. Le long des colonnes du journal, on trouve, en effet, une documentation très riche sur cette guerre (forces en présence, compte-rendus des engagements maritimes et terrestres, débats du Parlement anglais, négociations diplomatiques, etc.). Mais pas seulement : ce qui retenait nécessairement l'attention des lecteurs français du Courier en cette période d'anglomanie, et ce qui fait surtout le prix du journal, ce sont ses comptes rendus détaillés des plus importantes séances parlementaires anglaises et les nombreux articles traduits de l'anglais et empruntés aux journaux anglais et américains.
Très rare édition originale des nouvelles lois édictées en 1775 par Catherine II, tsarine de Russie, et traduites en turc à l'intention des nouvelles provinces turcophones récemment conquises sur l'Empire Ottoman.
Elle se compose de deux parties : la première, datée du 12 novembre 1775, comprend les 28 premiers chapitres (pp. 1-190) ; la seconde contient les chapitres 29 à 31 (pp. 191-248).
Reliure en demi basane marbrée à petits coins, dos muet à cinq nerfs orné de doubles filets et de chardons dorés, plats de papier marbré, tranches rouges, reliure moderne.
Mouillures claires en marges supérieures droites des premiers feuillets.
Nouvelle édition ornée, en fin du premier volume, d'un tableau dépliant hors-texte (cf Palau 17346.)
Reliures en demi chagrin cerise, dos à quatre faux nerfs ornés de filets et doubles caissons dorés, noms dorés en queues des dos, quelques frottements sur les coiffes, encadrements à froid sur les plats de toile chagrinée, gardes et contreplats de papier caillouté, quelques coins émoussés, reliures de l'époque.
Second plat du premier plat volume partiellement sali.
Nouvelle édition, procurée par les soins du médecin Rafael Angel Cowley Valdés-Machado (1837-1908) et Andrés Pego, de trois sources majeures de l'histoire cubaine : la relation de José Martin de Arrate y Acosta (1701-1765), Llave del Nuevo Mundo. Antemural de las Indias Occidentales, minutieuse description de la société cubaine du XVIIIe siècle et publiée pour la première fois seulement en 1830 ; celle d'Ignacio Urrutia y Montoya (1735-1795), Teatro Histórico, Jurídico, Político, Militar de la Isla Fernandina de Cuba, dont seule la première partie avait été donnée en 1795 ; et enfin celle de Antonio José Valdés (1770-1824), Historia General de la Isla de Cuba y en especial de la Habana, publiée en 1811.
Provenance: de la bibliothèque de Exemplaire de Ricardo Quintiliano Garcia, avec nom poussé en lettres dorées en queue des dos ; et ex-dono manuscrit à son frère en date du 15 juillet 1877 en tête de la première garde du premier volume.
Seconde édition en partie originale car refondue et très augmentée (cf. Ferguson 7152a. Lacassagne 47.)
Reliyres en demi chagrin noir, dos à quatre nerfs ornés de filets et de doubles caissons dorés, encadrement d'un simple filet à froid sur les plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, tranches mouchetées, reliures de l'époque.
Quelques petites rousseurs.
Cette seconde édition se déclinait simultanément en un volume à pagination continue ou en deux volumes à pagination séparée ( notre exemplaire , voir Ferguson 7152).
Bénigne-Ernest Poret, marquis de Blosseville (1799-1886), était un homme politique et de lettres légitimiste. Il s’occupa de politique tout au long du XIXe siècle.
En tête de la page de faux-titre du premier volume, envoi autographe signé de Bénigne-Ernest Poret, marquis de Blosseville à Prosper de Chasseloup-Laubat (1805-1873), alors ministre de l'Algérie et des colonies (de 1860 à 1867).
Ce dernier a fait apposer sa vignette ex-libris sur les contreplats, et son cachet humide sur les pages de titre.
Édition originale (cf. O'Reilly, 2192.)
Reliure à la bradel en demi percaline marron, pièce de titre de maroquin vert sapin, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier beige, couvertures partiellement salies conservées, reliure moderne signée Boichot.
Ouvrage illustré de 49 planches photographiques hors-texte.
"Minutieuse histoire analytico-chronologique des trente premières années de la Calédonie européenne. Il annonçait une suite qui n'a jamais vu le jour" (O'Reilly).
Édition originale dans le commerce, un des 50 exemplaires numérotés sur alfa, seuls grands papiers.
Rare et très bel exemplaire tel que paru.
Edition originale de cet ouvrage rare, qui forme la toute première description en langue française de ce petit canton encore englobé théoriquement dans la domination ottomane - en fait, largement autonome -, et qui paraissait aussi exotique aux Occidentaux du début du XIXe siècle que les coins les plus reculés de la Chine.
L'ouvrage est illustré de 13 planches coloriées, dont une grande carte dépliante, deux planches de botanique, deux planches de fêtes, trois vues d'église, et 5 planches de costumes. (cf. Atabey 1286. Lipperheide 1443. Manque à Blackmer et à Colas.)
Reliures en demi basane fauve, dos lisses ornés de filets, guirlandes et fleurons dorés, pièces de titre de basane rouge, pièce de tomaison de basane noire, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, tranches mouchetées, reliures de l'époque.
Mors fragilisés, charnières frottées fendues, rousseurs éparses.
Jacques-Louis-Claude Vialla, dit de Sommières parce qu'il était né dans ce village du Gard (1764-1849), avait été gouverneur de Cattaro (dans les provinces illyriennes alors françaises) entre avril 1811 et avril 1812. C'est à ce titre qu'il reçut en octobre mission officielle d'approcher le Vladika (Prince-évêque) Petar Ier de Monténégro (règne de 1781 à 1830), ancêtre des Pietrovitch-Niégosch, afin de le gagner à la cause de l'Empire.
Ce fut la première fois qu'une ambassade occidentale officielle abordait ces régions très isolées, vivant en partie en autarcie, et sa relation, due à la nécessité pour l'auteur de gagner sa vie (la Restauration l'avait placé en demi-solde) est riche de détails intéressants.
Edition originale du premier des quatre titres consacrés par le député Amédée Desjobert (1796-1853) à la situation de l'Algérie (le deuxième concernera l'année 1838 - cf. infra -, le troisième 1844, et le dernier l'année 1846), (cf. Tailliart 2333.)
Reliures en pleine basane fauve racinée, dos lisses ornés de guirlandes, filets et fleurons dorés parfois estompés, pièces de titre de basane rouge, pièces de tomaison de basane verte et marginalement décolorés, gardes et contreplats de papier à la cuve, liserés dorés sur les coupes, tranches marbrées, ex-libris modernes encollés sur les gardes, reliures de l'époque.
Quelques petits manques de peau sur les plats des reliures, absence de la page de faux-titre pour le premier ouvrage, une mouillure claire en têtes de certains feuillets du second volume, quelques rousseurs.
Siégeant à la gauche de l'assemblée, Amédée Desjobert était de toutes façons opposé par tous les moyens à la colonisation de l'Algérie, et utilise surtout les arguments opposés à ceux des colons et des militaires
Le volume II contient les textes suivants, tous des années 1837 et 1838 et portant sur la conservation ou non de l'Algérie :
Édition originale de cette étude d'économie politique.
3 exemplaires à OCLC, tous aux États-Unis. BMC ne mentionne que la seconde édition (Londres, 1809).
"Sur quelle base reposent les gouvernements, les lois, les peuples, les autorités, les souverainetés, les partages, les propriétés, les distinctions, les inégalités : voilà le problème important dont on s'occupera dans cet ouvrage."
Quelques manques de papier sur les dos et en angles des plats, second plat du premier volume sali, agréable état intérieur.
Rare ouvrage présenté dans son brochage d'origine sous couvertures muettes grises.
Édition originale ornée, en fin de volume, de tableaux, imprimés sur deux grandes planches dépliantes comprises dans la pagination (cf. Ferguson 2165a.)
Reliure en demi chagrin bordeaux, dos très légèrement décoloré à cinq nerfs sertis de filets noirs, plats de papier à la cuve, gardes et contreplats de papier peigné, couvertures marginalement salies et comportant de petites restaurations conservées, non rogné, reliure moderne signée Laurenchet.
Botany Bay, sur la côte orientale de l'Australie, avait été choisie en 1787 par le gouvernement anglais comme lieu de déportation. Cette étude a pour objet de démontrer l'inefficacité des colonies pénales, alors que le projet d'en créer une avait alors, en France, de nombreux partisans.
Agréable exemplaire.
Édition originale (cf. Tailliart 2540.)
Reliure en demi chagrin vet bouteille à coins, dos lisse assombri orné de filets à froid, plats de papier marbré, gardes et contreplats de oeil-de-chat, reliure moderne signée Honnelaître.
Une mouillure claire en pied des pages de faux-titre et de titre, rares rousseurs sans gravité.
L'auteur (1781-1852) était administateur colonial : "Une introduction de trente pages sur les erreurs de la politique suivie à l'égard des Arabes : trop de faiblesse chez nous ; de glorieuses expéditions, mais pas de résultat positif durable. Il attaque Bresson qui a préconisé la formation d'un empire arabe qui ferait la transition entre la barbarie actuelle et une civilisation voisine de la nôtre. Il est partisan de petits beyliks placés sous notre contrôle, indépendants les uns des autres. Il faut faire combattre les Arabes par les Arabes. Nécessité de la force à l'égard des Arabes.
En dernier lieu, réfutation du livre de Blanqui : il lave les colons des accusations lancées contre eux. Exposé de la thèse des colons avec leurs avis et leurs desiderata".
En tête de la page de faux-titre, envoi autographe signé d'Armand Gabriel Rozey à M. Billi "homme de lettres à Alger", en date du 17 décembre 1841.
Edition originale de la traduction française, un des rares exemplaires lettrés hors-commerce sur pur fil, le nôtre portant la la letttre A, seuls grands papiers avec 25 exemplaires numérotés sur pur fil.
Exemplaire à toutes marges, plats et dos légèrement et marginalement insolés, quelques rousseurs affectant certains feuillets et témoins.
Edition originale rare (cf. Martin & Walter 25 395).
Reliures en demi basane fauve à coins, dos lisses ornés de doubles filets dorés, plats de cartonnage recouverts de papier rose, pièces de titre de basane rouge, pièces de tomaison de basane verte, plats de cartonnage recouverts de papier rose, tranches jaunes, coins émoussés, reliures de l'époque.
Quelques frottements et pâles taches sur les dos et les plats avec manques de papier rose, un petit trou en tête du dos du premier volume, rousseurs et tache ssur les tranches sans atteinte au texte.
Du même auteur, a été relié à la suite, dans le volume tomé II : "Appel au tribunal de l'opinion publique. Du rapport de M. Chabroud, et du décret rendu par l'Assemblée nationale le 2 octobre 1790. Examen du mémoire du Duc d'Orléans, et du plaidoyer du comte de Mirabeau, et nouveaux éclaircissemens sur les crimes du 5 et du 6 octobre 1789" imprimé à Genève, s.n., 1790, (titre, ij pp., pp. 3-352). Edition originale également peu commune de cette réfutation du rapport tendancieux du président de la Constituante Chabroud à propos des émeutes des 5 et 6 août 1789.
Très rare édition originale (cf. Monglond VII 661.)
Reliure en demi basane brune à coins, dos lisse orné de fleurons et liserés dorés, frottements sur le dos et les mors, plats de papier à la cuve, gardes et contreplats de papier gris, coins émoussés, tranches jaunes, reliure de l'époque.
Agréable état intérieur.
Personnage trouble qui fut tour à tour (et parfois en même temps) agent secret, adjoint de Tallien, pamphlétaire sous la Révolution, agent double sous le Directoire et l'Empire, Méhée de La Touche (1762-1827) partit en 1784 en mission diplomatique secrète pour la Pologne et la Russie dont il fut chassé fin 1791. La correspondance qu'il édite ici (qui court de 1788 à juillet 1791) fourmille d'informations précieuses sur la situation sociale et politique de ces pays à la fin du XVIIIe siècle.
Rare réunion, en édition originale, de textes politiques concernant les affaires de la Belgique (secouée par la Révolution brabançonne depuis 1787) et des Pays-Bas (dont les éléments opposés au Stadthouder avaient souvent rejoint la France).
Comme l'indique la table manuscrite reliée en début de volume, notre exemplaire ne forme que le premier d'une suite de recueils constitués par Roederer (cf. infra) à partir des mémoires et opuscules qu'il recevait alors qu'il était membre de l'Assemblée constituante.
Reliure en pleine basane fauve écaille, dos lisse orné de guirlandes et d'urnes dorées, les dorures étant en partie estompées, coiffes frottées, pièce de titre de basane verte, encadrement de dent-de-rat, simple filet et guirlande dorés sur les plats, simple filet doré sur les coupes, coins émoussés, tranches jaunes mouchetées de rouge, reliure de l'époque.
Quelques rousseurs en fin du dernier fascicule.
L'ensemble se compose ainsi :
- I. Mémoire pour les patriotes Hollandois réfugiés en France. S.l.n.d. [Paris, 1790], 40 pp.
Provenance : de la bibliothèque de l'avocat, dramaturge, journaliste et homme politique Pierre-Louis Roederer (1754-1835), avec vignette ex-libris encollée sur un contreplat, et, en tête de la pièce V du recueil, envoi autographe de Charles-François Dumouriez à Pierre-Louis Roederer.
Edition originale franco-chinoise illustrée de six eaux-fortes reproduites par Frédéric Chevalier.
Un seul exemplaire au CCFr (Bulac)
Unique édition de cette curiosité contemporaine de la mode orientale en France : né en 1831, Tin-Tun-Ling (ou Ding Dunling) était un lettré chinois du Shanxi, réfugié politique en France. Théophile Gautier l’avait rencontré à Paris, se prit d’amitié pour lui, et l'embaucha pour donner des cours de chinois à sa fille Judith. Celle-ci, imprégnée de culture extrême-orientale, s’amusait en effet à se faire passer pour la réincarnation d’une princesse chinoise. Il habita alors un pavillon construit sur le modèle de l’architecture chinoise, dans le jardin du Pré aux Oiseaux – la maison de Judith à Saint-Enogat. Après la mort de Gautier, en 1872, Tin-Tun-ling épousa une française, Caroline Julie Liégeois, qui l’accusa ensuite de polygamie (il était vraisemblablement déjà marié en Chine) : suite à un procès en 1873, il fut cependant acquitté. Il existe de Tin-Tun-ling un triple portrait photographique de Nadar, pris en 1874, un an avant la parution de notre ouvrage.
Notre exemplaire est présenté dans son état d'origine sous couverture de toile jaune souple comportant de petites taches et, comme souvent, de légères déchirures marginales
Deuxième édition.
Reliure en demi basane noire, dos lisse orné de larges filets et pointillés dorés, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, coins léégèrement émoussés, tranches mouchetées, reliure de l'époque.
Quelques petites rousseurs.
Rare.
Nouvelle édition.
Reliure en demi basane fauve, dos à cinq nerfs sertis de pointillés dorés et orné de caissons dorés et décorés de motifs floraux dorés, pièce de titre de basane blonde, plats de cartonnage vert comportant des éraflures, accrocs sur les coupes, tranches rouges, reliure de l'époque.
Dos restauré et frotté, déchirure sans manque en têtes des pages 33-34 et 35-36, précision manuscrite à la plume en marge de la page de titre qui a été rognée par le relieur.
La première édition des Recherches sur l'origine du despotisme oriental date de 1761, et le texte en a été fortement remanié par le Baron d'Holbach et ses idées athéistes, puisqu'il fut en réalité l'éditeur de tous les ouvrages attribués à Boulanger, mort en 1759.
Initialement conçu pour servir de commentaire à l'Esprit des Loix de Montesquieu, le livre associe dans une même réprobation ce qu'il appelle "théocratie" (en réalité, toute source transcendante du pouvoir) et "despotisme" (en fait, tout type de monarchie non limitée, abusivement associée aux sociétés non occidentales), avec bien évidemment une visée de critique des régimes alors en vigueur en Europe.
Deuxième édition illustrée d'un frontispice macabre gravé (cf. Quérard II, 516. Cioranescu, XVIII, 13544 (pour l'originale de 1712)
Annotations manuscrites de l'époque au feuillet de titre.
Reliure en pleine basane brune, dos à cinq nerfs orné de caissons dorés et décorés, pièce de titre de basane rouge pour une grande partie manquante, filet à froid encadrant les plats, tranches mouchetées, coins émoussés, reliure de l'époque.
Coiffes arasées, quelques frottements sur le dos et les plats.
Deuxième édition de ce très agréable ouvrage "libertin" au sens ancien du terme.
Le projet des Réflexions prend sa source dans une remarque de Montaigne : "Si j'estoy faiseur de livres, je feroy un registre commenté des morts diverses. Qui apprendroit les hommes à mourir, leur apprendroit à vivre" (Essais, I, XX).
Mais ce premier ouvrage du jeune Boureau-Deslandes, mis à l'Index en 1758, n'est pas pour autant une simple compilation d'anecdotes divertissantes. On y voit certes défiler des hommes et des femmes célèbres qui ont eu une attitude remarquable au moment de mourir, mais ces exemples visent principalement à démontrer qu'il existe une philosophie susceptible de réconcilier la vie et la mort sans avoir recours à la religion.
Édition originale de la traduction française, augmentée de notes par le traducteur (cf. Loukia Droulia 1180. Quérard II 238 ; et VII 6 (à : "Pecchio"). Blackmer 549 et Atabey 396 (à : "Emerson").
L'ouvrage est illustré, en frontispice du premier volume, d'un portrait d'Andrea Miaoulis.
Reliure en demi veau bronze, dos lisse orné de frises et de fleurons dorés s'estompant parfois, quelques frottements sur le dos, plats de papier marbré, tranches marbrées, reliure de l'époque.
Dos restauré et légèrement frotté, quelques rousseurs.
L'édition originale a paru à Londres la même année. Elle contenait aussi le "Journal of a visit to Greece" de Humphrey, rejeté de l'édition française. "Important philhellenic collection (…) Emerson reached Greece at the end of 1823 and left soon after Byron's death in 1824. In 1825 he returned as a volunteer and was correspondent for the Times, fighting alongside Miaoulis and Makriyannis. The portrait of Miaoulis is after a drawing from life by Emerson. The Italian revolutionary Pecchio had been living in exile in England when he decided to go to Greece for a few weeks because he was "desirous of paying a visit to the members of the Government". He rapidly became disillusioned but was honest in his account, which is very interesting" [Leonora Navari].
Agréable exemplaire, en reliure romantique de l'époque, de ce livre important pour l'histoire du philhellénisme.
Edition originale, un des 24 exemplaires numérotés sur alfa, seuls grands papiers.
A propos notamment de Cesar Pavese, Alberto Moravia...
Rare et bel exemplaire du premier ouvrage de Dominique Fernandez.
Très rare édition originale de ce discours pour le soixante-dix-huitième anniversaire de la Déclaration d'indépendance.
Aucun exemplaire au CCF. Absent de Sabin.
Le second plat de la couverture est absent, quelques petites rousseurs marginales.
Né en Pennsylvanie, David Lawrence Gregg (1819-1868) avait été chargé par le président Franklin Pierce de négocier l'annexion du royaume d'Hawaï avec le roi Kamehamena III, lesquelles échouèrent au demeurant. Le roi mourut le 15 décembre 1854 et les velléités d'intégration aux Etats-Unis ne furent pas reprises par son successeur Kamehamena IV.
Édition originale du seul texte de l'auteur.
Elle est ornée d'un beau portrait gravé de Jacques-Nicolas Colbert (1655-1707), fils cadet du ministre, archevêque de Carthage à qui l'ouvrage lui est dédié.
Reliure en plein maroquin rouge, dos à cinq nerfs orné de filets et de caissons dorés richement décorés de fleurs de lys dorées, décor à la Du Seuil sur les plats, roulette dorée sur les coiffes et les coupes, toutes tranches dorées, reliure de l'époque.
Quelques rousseurs, petits trous en tête et en pied du dos, trois taches noires en tête du premier plat
Provance : De la bibliothèque d’Alfred Massé (1911-1951), député radical-socialiste de la Nièvre sous la IIIe République, avec son ex-libris.
Cachets monogrammes sur la page de titre.
Edition originale de ce très rare mémoire juridique, sans doute imprimé pour une diffusion restreinte : l'ancien député et négociant bordelais Laffon de Ladébat (1746-1829), contraint de revenir à la vie civile par suite de l'hostilité persistante de Napoléon, avait été choisi pour présider le comité de liquidation de la Banque territoriale, créée en juillet 1799, et en butte en mai 1803 à un défaut de paiement sur des traites d'un montant de 255 000 francs que la Banque de France refusa de réescompter.
Aucun exemplaire au CCF. Absent de INED.
Notre exemplaire est présenté dans son brochage d'origine sous couverture d'attente muette de papier marbré et moderne.
Quelques petites rousseurs.
Edition originale de la traduction française basée sur la sixième édition anglaise.
Au CCF, exemplaires seulement à la BnF, Dijon et Rouen.
Notre exemplaire est présenté broché sous couverture d'attente de papier marbré de l'époque.
Unique édition de ce curieux opuscule politique, vraisemblablement sans aucun lien avec un original anglais quelconque, et qui propose de réorganiser l'Europe par le contrôle commun, spécialement militaire, exercé par les quatre principales puissances continentales (Autriche, France, Espagne et Prusse) sur toutes les autres, de façon à garantir la paix et l'équilibre du continent.
Ces considérations prémonitoires, et encore bien utopiques, sont précédées d'une analyse de la situation de l'Europe depuis la Guerre de Sept ans.
Lettre autographe signée inédite d'André Breton adressée au critique Charles Estienne ; une page et quelques lignes à l'encre noire sur un papier à en-être de la galerie de l'Étoile Scellée.
Deux pliures transversales inhérentes à l'envoi, un petit manque angulaire en marge haute droite.
Très belle lettre rendant compte de la disparition de l'un des amis les plus chers d'André Breton et de sa brouille avec Albert Camus.
Breton fait part à son ami de la disparition de l'artiste surréaliste tchèque Jindřich Heisler : « Votre lettre parlait de ces jours où il semble « qu'il y ait juste assez de feu pour vivre » : c'était bien loin d'être assez de feu lundi, lorsqu'elle me parvenait : un de mes deux ou trois meilleurs amis, Heisler, pris soudain de malaise en se rendant chez moi le samedi, avait dû être hospitalisé d'urgence et je venais de recevoir le pneumatique de Bichat m'annonçant sa mort. Je suis resté longtemps hagard devant ce fait non moins impensable qu'accompli : il n'était pas d'être plus exquis que celui-ci, mettant plus de chaleur dans ses entreprises, dont la plus constante était de tout alléger et embellir à ceux qu'il aimait. » Les deux poètes étaient en effet très proches : Heisler avait participé, au côté de Breton, au lancement de Néon en 1948 et l'avait soutenu lors d'un épisode dépressif, l'accompagnant avec d'autres amis à l'île de Sein. « Le début de l'année 1953 est assombri par la mort de Jindřich Heisler (le 4 janvier). Fidèle entre les fidèles, il « a vécu intégralement pour le surréalisme » selon Breton qui rend hommage à son activité d'animateur : « C'est ainsi qu'il fut de 1948 à 1950 l'âme de Néon et jusqu'à ses derniers instants le plus grand enfanteur de projets que son génie lui soufflait le moyen de réaliser comme par enchantement. » » (Henri Béhar, André Breton)
Edition originale pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers.
Iconographie.
Bel exemplaire en dépit du dos légèrement décoloré.
Précieux et bel envoi autographe signé de Louis Aragon à Maurice Druon : "A Maurice Druon, pour qu'il sache que de temps je m'égarée dans Césarée. [sic] Louis".
Edition originale collective sur papier courant.
Agréable exemplaire.
Précieux envoi autographe signé de Louis Aragon : "A Maurice Druon, pour n'en pas perdre l'habitude. Louis."
Rarissime édition originale, imprimée vraisemblablement en Prusse, de cet essai rédigé directement en français par le baron de Bielfeld (1716-1770), inspecteur des universités prussiennes et ami de Frédéric le Grand dès le temps où celui-ci n'était que prince héritier de Prusse.
GV 1700-1910, t. 111, p. 374. Pas dans Conlon (qui ne cite que l'éd. d'Amsterdam de la même année). Aucun exemplaire aux U.S.A.
Reliure en plein maroquin rouge à décor doré, dos lisse orné à la grotesque, roulettes dorées sur les coiffes, triple filet d'encadrement sur les plats, filets dorés sur les coupes, gardes et contreplats de papier à motifs étoilés et dorés, encadrement d'une dentelle dorée sur les contreplats, toutes tranches dorées, reliure de l'époque.
Petites taches noires sur les plats, quelques petites rousseures sans gravité.
L'auteur a certainement eu l'intention dans cet ouvrage de complaire à son souverain en montrant combien les princes de la maison de Brandebourg, et tout particulièrement « le monarque qui occupe aujourd'hui le trône », avaient eu « la glorieuse maxime d'accorder à leurs sujets une entière liberté de penser & une protection généreuse à tous les talents ».
Exemplaire de grande qualité, dans une reliure parisienne sortie d'un des meilleurs ateliers de la capitale et conservée quasiment sans défaut.
Edition originale de ce recueil de discours politiques.
Reliure en pleine percaline rouge, dos lisse muet comportant de légères traces de frottements, mentions dorées frappées sur le premier plat : "République de Guinée R.D.A. à S.E. Jean Paul Sartre. N°30", gardes blanches partiellement ombrées, reliure nominative de l'époque offerte à Jean-Paul Sartre.
En frontispice, portrait photographique portant la signature autographe du président Ahmed Sékou Touré : Secrétaire Général du Parti Démocratique de Guinée, Responsable Suprême de la Révolution.
Édition originale.
Quelques petites rousseurs.
Reliure en demi basane aubergine, dos lisse orné de filets dorés et à froid, frises dorées en tête et en queue, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, reliure de l'époque.
Notre exemplaire est enrichi d'un portrait photographique de Victor Hugo (Souvenir du 16 septembre 1862) qu'il a contresigné à l'encre, en guise de frontispice ; ainsi que d'un envoi autographe signé de Victor Hugo ajouté sur un feuillet de papier bleu : "A mon vaillant et cher compagnon d'épreuve C. Berru",
Camille Berru (1817-1878), journaliste français, fut rédacteur à l'Indépendance belge, quotidien de Bruxelles dirigé depuis 1856 par le marseillais Léon Bérardi (1817-1897), qui en fit ensuite son secrétaire particulier. Il était très lié à la famille Hugo, non seulement à Victor, mais également à son fils Charles et à Adèle Foucher. Pendant ses séjours à Bruxelles, c'est chez Berru que l'exilé de Guernesey descendait régulièrement, avec sa femme, qui y mourut d'ailleurs d'une congestion cérébrale le 27 août 1868.
Edition originale, un des exemplaires numérotés sur alfa réservés au service de presse.
Dos très légèrement insolé sinon agréable exemplaire.
Envoi autographe signé d'Irène Némirovsky à Charles Laval.
Edition originale.
Reliure de l'éditeur, dos lisse de toile vert olive partiellement décoloré, coiffe supérieure arasée, plats de cartonnage crème mouchetés de rose, coins émoussés, gardes ombrées.
Envoi autographe signé de Thomas Nelson Page en tête de la page de titre.
Edition originale de la traduction française pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers.
Une pliure en angle supérieur gauche du second plat de couverture et des derniers feuillets.
Iconographie.
Précieux envoi autographe signé de Madeleine Albright à Bernard Kouchner : "To my dear friend Bernard always true to his beliefs and a great partner. With deep admiration and affection. Madeleine 15/11/03."
Edition originale dont il n'a pas été tiré de grands papiers (sauf pour le N°7) pour chacun des volumes.
Notre série complète se compose ainsi :
Cahiers Céline 1 : Céline et l'actualité littéraire 1932-1957.
Cahiers Céline 2 : Céline et l'actualité littéraire 1957-1961
Cahiers Céline 3 : Semmelweis et autres écrits médicaux
Cahiers Céline 4 : Lettres et premiers écrits d'Afrique 1916-1917
Cahiers Céline 5 : Lettres à des amies
Cahiers Céline 6 : Lettres à Albert Paraz 1947-1957
Cahiers Céline 7 : Céline et l'actualité 1933-1961
Cahiers Céline 8 : Progrès suivi de Oeuvres pour la scène et l'écran.
Iconographie.
Rare ensemble complet.
Edition originale pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers.
Agréable exemplaire.
Envoi autographe signé de Valéry Giscard d'Estaing à Michel et Suzanne Blanvart.
Edition originale pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers.
Petites taches sans gravité sur les plats.
Envoi autographe signé de Georges Didi-Huberman à une amie prénommée Annick.
Edition originale, un des 69 exemplaires numérotés sur pur fil, seuls grands papiers.
Très bel exemplaire.
Edition originale, un des exemplaires du service de presse.
Reliure à la bradel en plein papier à motifs abstraits, dos lisse, date dorée en queue, pièce de titre de maroquin rouille, couvertures conservées, reliure signée P. Goy & C. Vilaine.
Envoi autographe signé de André Malraux à J. Ernest-Charles.
Edition originale de la traduction française établie par Isabelle Rivière, un des 33 exemplaires numérotés sur pur fil de Voiron, le nôtre un des 5 hors commerce, et réimposés au format in-quarto tellière, seuls grands papiers.
Bel et rare exemplaire.
Edition originale et premier tirage des illustrations pacifistes de Lucien Laforge, un des 400 exemplaires de luxe sur papier rouge mat spécial des papeteries Barthélémy, seuls grands papiers annoncés.
Quelques marques du temps sinon bel exemplaire de ce virulent pamphlet antimilitariste dans lequel court "comme le grésillement du fer rouge marquant à vif la chair pâle et grasse du Bourgeois repu de morts" (Paul Vaillant-Couturier in L'Humanité).
Ensemble de 59 lettres manuscrites envoyées à sa famille représentant environ 180 pages en majorité in-8, la plupart écrites sur papier de deuil, parfois sur quelques en-têtes notamment du ministère de la Marine.
L'ensemble est contenu dans une boîte en pleine toile rouge moderne, pièce de titre noire.
Polytechnicien et officier d'artillerie de marine, Gustave Borgnis-Desbordes (1839-1900) est connu pour avoir conduit, de 1880 à 1883, trois colonnes expéditionnaires à travers le Haut-Sénégal et le Haut-Niger, ces opérations ayant permis la construction de plusieurs forts militaires, d'un chemin de fer et d'une ligne télégraphique de plus de sept cents kilomètres reliant Bakel (sur le Sénégal) à Bamako. Il servit ensuite au Tonkin (1884-85) en tant que colonel commandant l'artillerie du corps expéditionnaire. Il participa à plusieurs combats près de la frontière chinoise et dut remplacer le général de Négrier blessé à la bataille de Lang Son le 28 mars 1885. La retraite précipitée des troupes françaises, ordonnée par le colonel Herbinger, donna lieu à une controverse qui fit tomber le ministère Jules Ferry. Borgnis-Desbordes rédigea un rapport qui mettait en cause Herbinger, mais ce dernier bénéficia d'une ordonnance de non-lieu et Borgnis fut accusé de l'avoir calomnié. La présente correspondance, qui s'étend de janvier 1886 à août 1887, évoque l'affaire de Lang Son et la délicate situation dans laquelle il se trouvait : appuyé par les généraux Faidherbe, Brière de l'Isle et de Négrier, Borgnis-Desbordes avait contre lui les généraux d'artillerie Virgile et Dard. Malgré cela, il fut promu général de brigade le 25 juillet 1886. Les lettres évoquent les nombreuses visites qu'il fit à des amis, à des militaires ou à des relations dans la capitale, la recherche d'appuis éventuels, et contiennent des allusions à la vie politique, mentionnant Henri Rochefort, Louise Michel, Clemenceau, le général Boulanger… Sur les 59 lettres, 47 sont adressées à sa sœur Claire (épouse d'Henry Lethier, ingénieur des Ponts et Chaussées), 11 à son frère Ernest (1843-1925), polytechnicien, officier d'artillerie et futur général, et 1 à sa belle-sœur Emilie Lacœille, épouse d'Ernest. Elles sont presque toutes écrites de Paris; quelques-unes ne comportent pas de lieu et une lettre est écrite d'Auxerre (1er juillet 1886). Extraits : 1886. "Je mène une vie absurde. Je suis en habit noir tous les soirs. J'ai dîné hier dans une maison où se trouvaient M. Jules Ferry, Jules Réache, etc. Il y avait aussi Mme Jules Ferry, fort jolie femme dans une toilette charmante. Ce soir je dîne au café de la Paix… Mardi je dîne à Vincennes, mercredi je déjeune encore en ville, etc." (Paris, janvier 1886, à sa sœur). "J'ai vu mon ministre vendredi. Il m'a reçu en me disant : Eh bien ! mon cher colonel, vous voilà revenu de la comédie de St Malo. Puisque vous l'appelez ainsi avec raison, lui ai-je répondu, je n'ai plus rien à vous dire… " (Paris, 14 février, à sa sœur). "Au Sénégal, tout commence à aller mal; mes prédictions se réalisent : le désordre va augmenter, la situation va devenir inextricable. On a envoyé tout dernièrement un gouvemeur inintelligent et malhonnête; je crains qu'on ne pense à moi pour remettre en état les affaires militaires; je me cache, je fais le mort : je ne veux pas être sous les ordres de ce monsieur… Je ne sais pas ce qu'ils veulent faire à la Chambre; cela m'inquiète peu. Mon rapport me semble avoir fini d'occuper les gens. Tous depuis M. de Mun jusqu'à Clemenceau radotent; j'estime autant Baily et Camelinat que Baudry d'Asson ou Cassagnac. Tous ces gens-là sont stupides et méchants, ou ridicules et niais. Je me moque de ce qu'ils peuvent dire sur des affaires militaires dont ils ne sont pas susceptibles de parler…" (s.l.n.d., à sa sœur). "Je reviens de chez le général Faidherbe auquel il a bien fallu me recommander. C'est un appui fragile que j'ai là; le pauvre général souffre beaucoup en ce moment. Quoiqu'il en soit, il m'a promis de faire pour moi ce qu'il pourrait. Ce sera peu de choses, l'influence des deux hommes, Général Faidherbe et Amiral Aube, l'un sur l'autre, étant aussi grande que celle d'un missionnaire sur un musulman. Je suis, paraît-il, très vivement battu en brèche. On me trouve trop jeune de grade… Le général Brière de l'Isle se remue pour moi, mais il passe, lui aussi, pour le serviteur damné de J. Ferry, et par suite son intervention ne pourra m'être utile, je le crains du moins beaucoup. J'ai vu Dislère ce matin [Paul Dislère (1840-1928), son ancien camarade de promotion à l'Ecole Polytechnique, à l'époque directeur des Colonies au ministère de la Marine]… Il ne peut non plus changer le vent qui est décidément contre moi. Il devient de plus en plus clair que la politique s'en mêle…" (Paris, 22 mai, à sa sœur). "M. Herbinger vient de faire une dernière plaisanterie en mourant en ce moment. Je vais être traité d'assassin, sans aucun doute. Et il y aura bien quelque médecin pour expliquer qu'il est décédé à la suite d'actes d'héroïsme qui ont miné sa constitution. Et que le colonel Desbordes a été assez aveugle et assez niais pour ne pas le voir… Bien que cette mort, au moment actuel, soit fâcheuse pour moi, je suis d'avis que M. Herbinger a fait un acte très sensé en décampant pour l'autre monde. C'est ce qu'il avait de mieux à faire. Que Dieu ait son âme !" (Paris, 27 mai, à sa sœur). "Mon affaire continue à ne pas aller… Le général de Négrier a bien voulu faire une démarche pour moi auprès du chef du personnel, l'amiral Olry; il n'en a tiré aucune assurance. Le général Brière se remue tant qu'il peut, et d'autant plus qu'il considère ma nomination comme une sorte de compensation qui lui est due pour tous les ennuis et toutes les injures dont il est gratifié à cause de M. Herbinger. Mais il n'a pas, non plus, grand succès. Je sais que le général Faidherbe a plaidé ma cause auprès du ministre, mais également sans pouvoir obtenir une réponse… Ajoute à cela que les généraux d'artillerie Virgile et Dard travaillent contre moi, que Rochefort est un véritable spectre pour nos ministres, que Clemenceau ne peut pas être mon ami, que j'ai fait jouer toutes mes batteries, lesquelles sont représentées par mes généraux, mais que je n'ai pas de députés et de sénateurs dans mon sac…" (Paris, 1er juin, à sa sœur). "J'ai enfin vu ma nomination à l'Officiel. Il paraît qu'elle était signée depuis plus de huit jours. On attendait le moment qui serait le moins pénible à Mr Rochefort, Mademoiselle Louise Michel, et aux joumaux de droite et d'extrême gauche. Ils ont fait un mauvais calcul. L'expérience le prouvera. J'ai fait des visites aujourd'hui. Ça n'est pas amusant. J'ai vu l'amiral Peyron… Il m'a donné le conseil d'aller voir M. de Freycinet [président du Conseil et ministre des Affaires étrangères]… Il a été fort aimable avec moi… Je ne me suis payé qu'une petite malice. Il m'a parlé de la campagne du Tonkin, et il m'a félicité de ma bonne mine. Je lui ai répondu que la campagne du Tonkin était une expédition pour des jeunes filles. Il n'a pas insisté. Mais je suis certain qu'il a trouvé ce jugement un peu dur pour des gens qui ont fait de l'affaire du Tonkin un épouvantail…" (Paris, 26 juillet, à sa sœur). 1887. "Je ne sais pas encore officiellement où je suis envoyé en Inspection, mais d'après ce que j'ai entendu dire ce matin, je vais avoir à visiter la Réunion, Madagascar, la Nouvelle-Calédonie. C'est un voyage de plus de six mois, et moi qui déteste ce genre d'exercice, ça me fait un plaisir que je vous laisse à penser…" (Paris, 7 mai, à sa belle-sœur Emilie).
Edition originale de la traduction française, un des 200 exemplaires numérotés sur vélin blanc du Marais, seuls grands papiers.
Légers frottements sans gravité sur les mors.
Rare et agréable exemplaire.
Édition tirée à 60 exemplaires de cette plaquette rare et célèbre qui fait l'historique de la fève et l'Épiphanie.
"Cette dissertation était devenue si rare qu'on en connaissait que deux exemplaires; elle a été réimprimée en 1808, à Besançon". Brunet I, 1387.
Notre exemplaire est présenté dans son brochage d'origine et sous couverture muette d'attente en papier marbré bleu de l'époque.
Piqûres sur la page de titre, petits manques angulaires de papier sur la couverture d'attente.
Rare et bel exemplaire, grand de marges, tel que paru.
Seconde édition augmentée de ces réflexions plutôt protectionnistes, qui donnèrent l'occasion à Dupont de Nemours d'en rédiger une réfutation (Lettre à la Chambre de commerce de Normandie).
Notre exemplaire est présenté dans son brochage d'origine sous couverture de papier marbré moderne, tranches rouges.
La seconde partie a pour titre Plan d'une banque nationale de France, ou d'une caisse générale de recettes & paiements des deniers publics & particuliers, et porte l'adresse de Jersey, 1787. Frère I, 210 (pour l'originale de 1787).
Carte de visite autographe signée à la metteuse en scène Simone Benmussa, 8 lignes au feutre noir, enveloppe jointe.
"Chère Simone Benmussa, quel succès ! J'en reçois les échos de tous côtés ! Nous vous devons tous cette merveilleuse soirée. Laiseez-moi vous dire encore Merci et Bravo. En toute amitié. R. Badinter."
Conseillère littéraire de la Compagnie Jean-Louis Barrault - Madeleine Renaud, puis, en 1957, rédactrice en chef des Cahiers Renaud-Barrault, Simone Benmussa dirigea aussi, depuis le théâtre de l'Odéon, le service culturel et les Cahiers de la compagnie Renaud-Barrault. Elle adapta au théâtre des ouvrages de son amie Nathalie Sarraute dont "Enfance" en 1984 (avec la voix enregistrée de Nathalie Sarraute( et "Pour un oui ou pour un non" en 1987, Pierre Klossowski, Jean Cocteau, Gertrude Stein, Samuel Beckett... Elle fut la compagne de l'actrice Erika Kralik.
Edition originale pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers.
Agréable exemplaire.
Envoi autographe signé de Robert Badinter à son cousin et ancien président de Médecins du monde : "Pour Claude Moncorgé, affectueusement, son cousin. Robert."
Edition originale.
Reliure en demi chagrin vieux rouge comportant quelques discrètes restaurations, dos à cinq nerfs, date en queue, plats de papier à la cuve, contreplats et gardes doublés de papier peigné, couvertures conservées, tête rouge, reliure de l'époque
Très précieux envoi autographe signé de Victor Hugo à Alphonse Daudet.
Tampon de la bibliothèque de Madame Daudet sur la première garde.
Victor Hugo représente pour Alphonse Daudet, comme pour les autres écrivains de sa génération, le maître incontesté du Panthéon des arts. Sa figure tutélaire parsème les œuvres de Daudet, fréquemment convoquée aux côtés de celles de Rousseau, Byron, Sand et Delacroix.
Si durant l'enfance et la jeunesse de Daudet, Hugo, géant exilé sur son île de Guernesey, demeure un idéal inaccessible, « presque en dehors de l'humanité », son retour en France lui permet de le rencontrer enfin. Aux alentours de 1875, peu après la parution de ses premiers ouvrages, Alphonse et Julia Daudet sont ainsi accueillis chez Hugo qui vit désormais avec Juliette Drouet.
Ils deviendront dès lors des intimes de la maison jusqu'à la mort du poète. Victor Hugo participe à l'éducation du jeune Léon Daudet, meilleur ami du petit-fils de Hugo, Georges et, plus tard, époux éphémère de Jeanne.
Dans ses Souvenirs d'un cercle littéraire, Julia Daudet évoque leur amitié de dix années avec l'« idole de toute la France poétique » :
« Je vois Victor Hugo au grand bout de sa table ; le maître vieilli, un peu isolé, un peu sourd, trône avec des silences de dieu, les absences d'un génie au bord de l'immortalité. Les cheveux tout blancs, la tête colorée, et cet œil de vieux lion qui se développe de côté avec des férocités de puissance ; il écoute mon mari et Catulle Mendès entre qui la discussion est très animée à propos de la jeunesse et de la célébrité des hommes connus et de leur séduction auprès des femmes. [...] Pendant le débat on est passé au salon, Victor Hugo songe au coin du feu, et célèbre, universel et demi-dieu, regrette peut-être sa jeunesse, tandis que Mme Drouet sommeille doucement. »
L'amitié entre le dernier grand écrivain romantique et l'un des maîtres de l'école naturaliste naissante témoigne de l'acuité de Victor Hugo qui, au faîte de sa gloire, conserve une attention particulière et bienveillante pour la littérature moderne pourtant éloignée du lyrisme hugolien.
Cette dédicace de Hugo à Daudet sur une œuvre qualifiée, avec Le Pape et La Pitié suprême, de « testament philosophique » par Henri Guillemin, résonne symboliquement comme le legs à un fervent disciple de la responsabilité politique et morale de l'écrivain.
Provenance: Alphonse Daudet, vente Sicklès (1990, IV, n°1200) puis vente Philippe Zoummeroff (2 Avril 2001).
Extrait de Souvenirs d'un cercle littéraire par Julia Daudet :
" Comment oublier cette première visite chez lui, rue de Clichy, dans le modeste appartement tellement disproportionné à sa gloire, à l'idée qu'on se faisait de cette gloire qui eût comblé des palais : Il se lève du siège qu'il occupait au coin du feu, en face de Mme Drouet, sa vieille amie, (...) je suis étonnée de sa petite taille, mais bientôt, quand il va m'accueillir et me parler, je le trouverais très grand, très intimidant. Et cette timidité que je ressentis alors, je l'éprouverai toujours en face d Victor Hugo, résultat de cette grande admiration, de ce respect, comme d'un dieu absent, que mes parents m'avaient inculqué pour le poète de génie. Je ne vaincrai jamais ce tremblement de la voix chaque fois que je répondrai à ses paroles obligeantes, et je m'étonnerai pendant près de dis ans d'entendre des femmes, admises auprès de lui, l'entretenir de leur intérieur et de leurs futilités habituelles.
Ce soir-là, quand il m'eut présentée, toute confuse, à Mme Drouet, elle me dit avec une charmante bonne grâce : — Ici, c'est le coin des vieux et vous êtes trop jeune pour nous. Mais M. Victor Hugo va vous présenter à sa bru, Mme Lockroy; lui seul a qualité pour cela.
Et je fus conduite à l'autre bout de la pièce, médiocrement grande, pourtant, mais qui était comme séparée en deux par une table surmontée d'un éléphant de bronze, très majestueux, japonais ou chinois, je pense. Il suffisait à faire deux petits groupements très distincts qui communiquaient facilement, mais sans se confondre.
A ce moment de son retour, Victor Hugo était éblouissant d'esprit, de souvenirs nombreux et racontés avec une verve inépuisable, quand la politique n'envahissait pas trop sa table hospitalière. Et quelle grâce dans l'accueil, quelles nobles façons, quel beau sourire de grand-père sous ses cheveux que j'ai vus peu à peu blanchir jusqu'à la neige des quatre-vingts ans. Les poètes, tous les poètes fréquentaient ce salon de la rue de Clichy, et plus tard l'hôtel de l'avenue d'Eylau. Mais là, fut-ce le changement de place ? Il y eut comme une marche descendue dans la santé, puis dans l'esprit du beau vieillard. Et pourtant, il aimait toujours à recevoir ses amis, et l'hospitalité de cette maison ouverte n'était pas un de ses moindres charmes, car, autour de la table, embellie en un bout par les deux petits-enfants du Maître, les convives cherchaient encore leur mot d'ordre aux yeux de l'hôte, et lui-même retrouvait parfois une veine de souvenirs si vivants, si pittoresquement exprimés, qu'on en restait ébloui toute une soirée. Mme Drouet vieillissait doucement auprès de lui, abritée sous deux bandeaux de neige, d'une élégance un peu théâtrale et surannée, jusqu'au jour où un mal impitoyable creusa ses traits si fins, en fit l'effigie douloureuse qu'a peinte Bastien Lepage, qui devait mourir en proie aux mêmes tortures. Dans les derniers temps, le Maître regardait douloureusement, aux dîners intimes, cette assiette vide, cette noble figure ravagée.
— Madame Drouet, vous ne mangez pas, il faut manger, avoir du courage.
Manger! Elle se mourait. Le savait-il? Essayait-il de se leurrer lui-même le beau vieillard si résistant et si fort, et qui voyait partir cette compagne de cinquante années!
Dans le grand salon où se penche le beau portrait de Bonnat, au geste paternel, où le buste par David préside immensément ; dans le petit salon, orné de ces tapisseries rayées et multicolores qui semblaient tendues pour Dona Sol ; dans le jardin rejoint à la vérandah par un perron de deux marches réapparaissent Leconte de Lisle, Meurice et Vacquerie, Paul de Saint-Victor, le souriant Banville, Flaubert et Goncourt conversant ensemble, Mallarmé, Léon Cladel, François Coppée, Catulle Mendès, Clovis Hugues, ombres dans un Eden évanoui ; puis Léon Glaize, Gustave Rivet, Pierre Elzéar, la toute petite Mme Michelet offrant des roses un soir de fête, puis des ambassadeurs, des diplomates, l'empereur du Brésil; des peintres, des sculpteurs, et tant d'hommes politiques que je n'en sais plus les noms !
Voici l'impression immédiate que je traçai de l'une de ces soirées où nous nous étions rendus, Alphonse Daudet et moi, un soir de neige, où pendant le trajet notre cheval tomba trois fois en traversant l'esplanade des Invalides :
Je vois Victor Hugo au grand bout de sa table; le maître vieilli, un peu isolé, un peu sourd, trône avec des silences de dieu, les absences d'un génie au bord de l'immortalité. Les cheveux tout blancs, la tête colorée, et cet œil de vieux lion qui se développe de côté avec des férocités de puis- sance ; il écoute mon mari et Catulle Mendès entre qui la discussion est très animée à propos de la jeunesse et de la célébrité des hommes connus et de leur séduction auprès des femmes. Alphonse prétend que dans un salon rempli de talents de toutes sortes, de tout âge, un tout jeune homme, l'auteur inconnu, le poète ignoré aura pour lui les regards féminins s'il est beau. Catulle Mendès lui répond qu'il restera d'abord inaperçu, et que toute les femmes iront à la notoriété : ceci me paraît plus vrai. Les femmes heureusement n'ont point que les yeux de leur visage, mais ceux de l'esprit et du cœur. Pour les intellectuelles, la beauté d'un artiste, d'un grand poète ne compte pas, c'est le regard du penseur, la physionomie tourmentée de l'homme qui vit de ses sensations. Elles vont au talent, au chagrin qui passe, elles ne songent guère à la beauté physique. Maintenant on pourrait répondre que c'est par une sympathie ambitieuse qu'elles recherchent les auteurs célèbres, mais l'autre sentiment, celui qui les attirerait vers cette jeunesse tentante dont parle Alphonse, me paraît moins avouable.
Et je ris de cette prétention des deux causeurs charmants, de nous classer, de nous analyser. Mais dire la femme, c'est comme si on disait l'oiseau ; il y a tant d'espèces et de genres, les ramages et les plumages sont tellement différents !
Pendant le débat on est passé au salon, Victor Hugo songe au coin du feu, et célèbre, universel et demi-dieu, regrette peut-être sa jeunesse, tandis que Mme Drouet sommeille doucement. Ses beaux cheveux blancs ombrant sa fine tête comme deux ailes de colombe, et les nœuds de son corsage suivant sa respiration douce, presque résignée, de vieille femme endormie.
Ce fut bientôt après cette soirée qu'eut lieu la grande manifestation de Paris défilant, avenue d'Eylau, devant les fenêtres de cette petite chambre qui devint mortuaire en mai 1885, remplie de roses et simplement meublée, telle que la représente, au musée Victor Hugo, une pièce prise dans l'ancien appartement du poète, place Royale.
Bien évocateur, ce vieux logis du Marais," et quand on pense que Victor Hugo y composa presque toutes ses pièces historiques on se représente le poète, ouvrant, aux heures matinales qui lui étaient familières, cette haute fenêtre sur les hôtels tous égaux et du même style, qui entourent la Place, et se remémorant les tournois, les duels, les promenades et les agitations de plusieurs générations disparues sous l'ombre de ces arcades anciennes et solides et ne gardant pas trace de la fugitive humanité.
Nous dînions encore chez Victor Hugo la semaine qui précéda sa mort. Il nous dit en entrant plus pâle qu'à l'ordinaire, la démarche fléchie :
— Je vais bientôt m'en aller, je le sens ; puis s'appuyant à l'épaule de Georges : Sans 'cela' il y a longtemps que je serais parti.
Je n'ai jamais oublié l'accent un peu solennel et comme prophétique de ces paroles, j'en fus pénétrée de tristesse et de pressentiment; j'y sentis la dispersion de ce centre unique au monde et qui ne put se reformer jamais !"