
Rare édition originale de ce discours prononcé à Honolulu le 4 juillet 1854, pour le soixante-dix-huitième anniversaire de la Déclaration d’indépendance, par David Lawrence Gregg, commissaire des États-Unis auprès du royaume d’Hawaï. Honolulu, sans nom d’éditeur, 1854, 22 pp., in-8. Aucun exemplaire actuellement localisé au CCFr ; absent de Sabin.
Brochure sous couverture de papier jaune imprimée, reprenant le titre dans un encadrement de filets. Second plat de couverture manquant, quelques petites rousseurs marginales.
Le 4 juillet 1854, Gregg célèbre à Honolulu l’indépendance des États-Unis alors même qu’il négocie l’annexion du royaume hawaïen. Depuis février, il traite avec Robert Crichton Wyllie au nom de Kamehameha III ; le projet prévoit qu’Hawaï puisse entrer dans l’Union non comme simple territoire, mais comme État à part entière.
Hawaï n’apparaît jamais dans le discours ; pourtant, il est partout en filigrane. En déclarant close l’époque de la colonisation européenne « in America and the contiguous islands, in both oceans », puis en rejetant toute colonie, tout protectorat et toute ingérence étrangère, Gregg parle devant un auditoire qui sait que l’avenir du royaume est en train de se négocier. Des années plus tard, Alexander retiendra de cette journée une image plus frappante encore : celle d’une nouvelle étoile bientôt ajoutée au drapeau américain.
La brochure conserve aussi la trace matérielle de cette journée, s'ouvrant sur l’échange de lettres des 6 et 8 juillet entre Gregg et le comité des résidents américains - Barnum W. Field, Edwin O. Hall et Richard Coady -, qui demande l’impression du discours « in English and Hawaiian, for gratuitous distribution ». Une édition hawaïenne fut effectivement publiée séparément. Le texte s’achève sur les vers de The American Flag de Joseph Rodman Drake et sur les « nine cheers » qui saluèrent l’orateur.
La mort de Kamehameha III met fin au projet d’annexion, que Kamehameha IV abandonne. Gregg, lui, reste à Hawaï : quelques années plus tard, l’ancien négociateur de l’annexion devient ministre des Finances du royaume qu’il n’avait pas réussi à faire entrer dans l’Union.
Imprimé à Honolulu au moment même où se négocie l’avenir politique du royaume, ce discours du 4 juillet conserve ainsi la voix publique de l’homme qui travaillait alors, en coulisses, à faire d’Hawaï une nouvelle étoile du drapeau américain.