
Édition originale, publiée à Paris chez Bossange frères en décembre 1823, illustrée d'un frontispice et de quatre portraits hors texte dessinés d'après nature par Olivier Voutier et gravés sur cuivre par Normand fils. Cf. Loukia Droulia, 429 ; Blackmer, 1751 ; manque à Atabey.
Reliure de l'époque en demi-chagrin noir, dos restauré à quatre nerfs ornés de triples filets dorés, plats de cartonnage aubergine, armes dorées frappées sur le premier plat. Plats légèrement passés, ex-libris moderne encollé en tête d'un contreplat, quelques rousseurs.
Rédigés par un témoin direct des premières années de l'insurrection grecque, ces Mémoires comptent parmi les principales sources françaises contemporaines de la guerre d'indépendance. Officier de marine formé à Brest, Olivier Voutier (1796-1877) demeure l'un des découvreurs revendiqués de la Vénus de Milo, mise au jour lors de son escale dans l'île en 1820. Dès l'année suivante, il quitte la Marine royale pour rejoindre les insurgés grecs, répondant à l'élan philhellène qui mobilise alors de nombreux volontaires européens.
Comme résumé par Leonora Navari, « Voutier went to Greece in 1821 and acted as ADC to Mavrocordatos on the Peta campaign ». Il aurait ainsi servi comme aide de camp d'Alexandros Mavrokordátos au cours de la campagne d'Épire de 1822, qui s'acheva par la défaite de Péta face aux forces ottomanes commandées par Omer Vryonis. Quelques mois plus tard, Mavrokordátos joua en revanche un rôle déterminant dans la défense victorieuse de Missolonghi.
Les Mémoires de Voutier demeurent aujourd'hui encore une source fréquemment citée par les historiens du philhellénisme pour leur description de ces événements, même si plusieurs contemporains contestèrent très tôt l'importance du rôle que leur auteur s'y attribuait.
Prestigieuse provenance : exemplaire aux armes d'Ernest-Auguste de Hanovre (1771-1851), cinquième fils du roi George III, portant également l'estampille rouge de sa bibliothèque au verso de la page de titre.
Réunissant l'un des témoignages français les plus précoces sur la guerre d'indépendance grecque et une provenance princière de premier ordre, cet exemplaire illustre à la fois l'engagement philhellène européen et la diffusion immédiate d'un récit devenu l'une des sources majeures de l'insurrection grecque.