
Edition originale, un des 50 exemplaires numérotés sur vélin pur chiffon de lana, seuls grands papiers.
Bel exemplaire malgré un petit accroc en tête du dos entre le nom de l'auteur et le titre de l'ouvrage.
Envoi autographe daté et signé de Patrick Chamoiseau à Maurice Marchaux : "... cette mémoire-langage qui invoque toutes les langues du monde. Avec mes amitiés créoles..." accompagné d'un dessin formé de ses initiales.
Couronné du Prix Goncourt, qui n'avait pas récompensé un auteur Antillais depuis le Batouala de René Maran (1921), Texaco établit Chamoiseau comme la vedette du mouvement de la créolité. Le bel envoi de l'auteur rappelle l'unique rapport à la langue qui habite cette grande épopée martiniquaise, véritable "agrégat interactionnel ou transactionnel, des éléments caraïbes, européens, africains, asiatiques, et levantins, que le joug de l’Histoire a réunis sur le même sol" avait souligné Chamoiseau dans l'Eloge de la créolité. L'oeuvre fera l'objet d'une élogieuse critique de Milan Kundera dans L'Infini :
"[Chamoiseau] a pris à l’égard du français une liberté qu’aucun de ses contemporains en France ne peut même imaginer oser prendre. C’est la liberté d’un écrivain brésilien à l’égard du portugais […]. Ou si vous voulez, la liberté d’un bilingue qui refuse de voir dans une de ses langues l’autorité absolue et qui trouve le courage de désobéir. Chamoiseau ne fait pas de compromis entre le français et le créole en les mélangeant. Sa langue, c’est le français, bien que transformé ; non pas créolisé (aucun Martiniquais ne parle comme ça) mais chamoisisé."
Entre l'Histoire, les témoignages et les mythes, Chamoiseau raconte les souffrances rencontrées en Martinique sur trois générations, d’abord sous l’esclavage, puis pendant la première migration vers l’Enville, enfin à l’époque actuelle.
Superbe exemplaire, tout particulièrement rare en grand papier avec envoi, de cette oeuvre majeure de la littérature antillaise.