Edition originale sur papier courant.
Petites déchirures en tête et en pied du dos.
Précieux envoi autographe signé d'Henri de Montherlant à Georges Bataille.
Lorsque le dédicataire est prestigieux, lorsque la dédicace s'inscrit dans l'histoire de l'écrivain ou apporte un éclairage nouveau sur l'oeuvre... l'autographe d'exception témoigne d'un événement majeur : la rencontre de l'oeuvre avec l'Histoire.
Edition originale sur papier courant.
Petites déchirures en tête et en pied du dos.
Précieux envoi autographe signé d'Henri de Montherlant à Georges Bataille.
Edition originale, un des 200 exemplaires numérotés sur papier vert lumière, seuls grands papiers annoncés.
Reliure en demi maroquin turquoise à coins, dos lisse, date dorée en queue, plats, gardes et contreplats de papier marbré, couvertures et dos conservés, tête dorée, élégante reliure de l'époque signée G. Gauché.
Très bel exemplaire parfaitement établi en reliure de l'époque par Georges Gauché et complet de son prière d'insérer.
Précieux envoi autographe signé de René Crevel : « Mon cher Georges, voici, dans sa forme la plus réussie ! Le clavecin de Diderot. Si tu peux l'aider à jouer sa musique ? De toute mon affection. René. »
Edition originale de la traduction française, fausse mention de deuxième édition.
Reliure à la bradel en pleine percaline verte, dos lisse orné d'un fleuron central doré, pièce de titre de basane havane, couvertures conservées, reliure de l'époque signée à froid de Pierson.
Quelques petites rousseurs.
Très rare et précieux envoi autographe daté et signé par Ivan Tourguéniev à Anatole France : "Monsieur Anatole France / hommage de l'auteur / 1876".
Edition originale du troisième ouvrage de l'auteur pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers, un exemplaires du service de presse.
Dos très légèrement insolé sans gravité, taches en marges des plats.
Rare et précieux envoi autographe signé de Patrick Modiano à la femme de lettres Christiane Baroche : "Pour Christiane ces boulevards de ceinture avec lesquels elle est bien indulgente. Avec l'amitié de Patrick."
Edition originale pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers.
Bel exemplaire.
Envoi autographe signé de Pierre Bourdieu à l'anthropologue Emmanuel Terray.
Edition collective et en partie originale pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers.
Agréable exemplaire.
Envoi autographe signé d'Elias Canetti à sa cousine : "Meiner liebsten Kusine Matica, der einziger, die geblieben ist, was sie immer war, begabt, klug, offen in Liebe und Freundschaft. Elias Canetti. Paris, September 1962" (A ma chère cousine, la seule qui est restée ce qu'elle a toujours été, douée, intelligente, ouverte, en amour et en amitié)
Lettre écrite par un secrétaire et signée par Louis XVI adressée au cardinal Ludovico Calini, rédigée à l'encre sur onze lignes. La signature de Charles Gravier, comte de Vergennes, figurant en pied du bifeuillet, accompagne celle du roi pour ces vœux de nouvelle année. Est inscrit au verso le nom du destinataire : « Mon Cousin le Cardinal Calino ».
Quelques mouillures, un trou discret à « qu'il vous ait ».
« Mon Cousin, J'ai vu avec plaisir par votre lettre du 1er octobre et le témoignage de la sincérité des vœux que vous formez pour moi au commencement de cette année. Vos sentiments me sont autant connues que vous devez être persuadé du désir que j'ai de vous donner des preuves de mon estime et de mon affection. Sur ce je prie Dieu qu'il vous ait, Mon Cousin, en sa sainte et digne garde. Écrit à Versailles le 31 janvier de 1776. »
Edition originale de la traduction française pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers.
Légères éraflures sans gravité en marges du premier plat.
Précieux envoi autographe signé d'Italo Calvino : "A Michel Tournier avec le souvenir de Italo Calvino. Mai 1974."
Calvino avait traduit Vendredi ou les Limbes du Pacifique en otalien pour Einaudi.
Edition originale sur papier courant.
Bel exemplaire complet de sa bande annonce.
Précieux envoi autographe signé de Milan Kundera : "Paris 1998. Pour Michel Tournier avec l'amitié fidèle de Milan Kundera."
Edition originale pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers, un des exemplaires du service de presse.
Agréable exemplaire.
Envoi autographe daté et signé d'Annie Ernaux à son amie la femme de lettres Christiane Baroche.
Portrait photographique de Jean de Lattre de Tassigny en uniforme, représenté en buste de trois quarts.
Discrètes rousseurs.
Envoi autographe signé de Jean de Lattre de Tassigny, à l'encre bleue passée, inscrit dans l'angle supérieur droit du portrait, à « mon ami Pauchant, président de Rancourt-Verdun, très amicalement et fidèlement... Verdun 1937 - Colmar 1947 ».
Edition originale sur papier courant.
Pages 10-11 insolées en raison de la présence d'une coupure de presse.
Précieux envoi autographe signé d'André Pieyre de Mandiargues : "à Michel Tournier en très cordiale sympathie. André PM."
Album de signatures conçu par Cecil Henland, exemplaire de 1908 comportant 36 signatures de grandes figures de la littérature, du cinéma, de la musique, de la presse et du théâtre français, chacune datée entre 1908 et 1910.
Reliure en chagrin rouge, dos lisse avec le titre estampé à l’or, vignette contrecollée sur le premier plat, tranches dorées, reliure de l’éditeur.
Illustrée d’un frontispice reproduit sur une vignette sur le plat représentant un exemple de fantôme (The Ghost of a Celebrated General) tiré de la signature du célèbre général Baden Powell, fondateur du scoutisme.
Un des plus précieux exemplaires de cet album fantomatique, préfigurant le test de Rorschach et les décalcomanies surréalistes, ayant appartenu à Yvonne Redelsperger, future femme de l’éditeur Gaston Gallimard.
Les plus grands figures du Paris artistique y ont laissé d’étranges signatures repliées lorsqu’elles étaient encore humides, révélant 36 squelettiques silhouettes d’encre à partir de leurs noms : Edmond Rostand, Georges Feydeau, Sacha Guitry, Maurice Leblanc et Gaston Leroux, Octave Mirbeau, Camille Saint-Saëns, ainsi que les proches amis de Proust, Paul Hervieu, Robert de Flers et Gaston de Caillavet – ces deux derniers étant passés à la postérité sous les traits de Robert de Saint-Loup dans La Recherche du temps perdu.
Lettre autographe signée d'Albert Camus adressée à « Madame Quentin ». Une page sur un feuillet rédigé à l'encre noire, à en-tête de la Nrf, accompagnée de son enveloppe portant l'adresse autographe de sa destinataire.
Trace de pli horizontal inhérente à la mise sous pli de la lettre.
« Je serai à Paris lundi ou mardi au plus tard (c'est donc le 31 ou le 1). Pouvez-vous demander à Madame Pinker, dès réception de cette lettre, de ne plus faire suivre mon courrier. J'espère que vous avez pu vous reposer un peu pendant le mois d'août et vous envoie mes biens fidèles pensées ».
Lorsqu'il habite sa maison à Lourmarin, c'est à sa femme de ménage, Madame Quentin, qu'Albert Camus s'adresse pour les questions logistiques liées à son pied-à-terre parisien, au 4 rue de Chanaleilles, voisin de celui de René Char. L'écrivain réalise plusieurs allers et retours entre ses deux résidences de 1958 jusqu'au 4 janvier 1960, date à laquelle il trouvera tragiquement la mort dans un accident de voiture à Villeblevin dans l'Yonne. L'une de ses ultimes lettres datée du 23 décembre 1959 sera adressée à cette « chère Madame Quentin », dans laquelle, en plus d'une généreuse étrenne de fin d'année, Camus précisera la date de son retour à Paris, comme il le fait dans cette lettre.
On joint un télégramme adressé à nouveau à Mme « Quentin 86 Rue de Varennes », en date du « 5-59 ».
Les lettres autographes signées d'Albert Camus sont aujourd'hui très recherchées. Celle-ci témoigne du langage prévenant qu'emploie l'écrivain envers Madame Quentin, qui exerce la même profession qu'occupait sa mère.
Très rare édition originale du tiré à part de l’article Les Origines de l’armée française de Charles de Gaulle paru dans le 520e numéro de la Revue d’infanterie en janvier 1936. Ce texte de 44 pages sera entièrement repris deux années plus tard dans le premier chapitre du célèbre ouvrage La France et son armée, publié en 1938 chez Plon. Notre exemplaire est enrichi d’un envoi autographe signé de l’auteur « à M. Jean Auburtin, Hommage de très profonde et fidèle amitié. C. de Gaulle ».
Couverture bleue légèrement insolée sur les extrémités, dos et mors du plat supérieur recollés, petits manques au dos, pliure verticale probablement inhérente à l’envoi, anciens plis sur les coins droits du plat supérieur, quelques taches d’encre sur le plat inférieur, ancien timbre collé et partiellement déchiré sur ce même plat.
Edition originale, un des exemplaires imprimés sur vélin.
Infimes manques sans gravité en pied du dos, piqûres affectant essentiellement le second plat.
Très rare envoi autographe signé de René Guénon au journaliste, écrivain, militant royaliste, puis collaborationniste français Jean Héritier.
Edition originale de la traduction française pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers.
Bel exemplaire complet de sa bande annonce : "Calvino et la préhistoire-fiction."
Envoi autographe daté et signé d'Italo Calvino à Pascal Pia.
Nouvelle édition, en partie originale, comportant une préface inédite ; l'originale était en effet parue en 1927 à l'adresse de Tokyo, à la fin de l'ambassade de Claudel au Japon (1921-1927), et forme trois volumes in-4 au format éventail.
Ouvrage illustré de caractères japonais calligraphiés par Ikuma Arishima. Cet essai, qui forme un mixte de calligraphie traditionnelle, de haïku, et de poésie brève à l'occidentale fut composé de juin 1926 à janvier 1927, et atteste, entre autres productions, de l'influence de l'Orient sur la poésie claudélienne.
Emouvant et exceptionnel envoi autographe signé et daté de Paul Claudel à sa fille aînée, Marie Claudel, dite "Chouchette" (1907-1981), et à son gendre Roger Méquillet en tête de la page de garde et au crayon de paper ; "A mes chers enfants Roger et Chouchette de tout mon coeur. claudel. Paris 30 juin 1942 Paul."
Édition originale sur papier courant.
Reliure en demi maroquin noir à grain long, dos lisse, titre, nom de l'auteur et date au palladium, plats de papier gris anthracite, couvertures et dos conservés (dos comportant deux taches en tête et en pied), gardes et contreplats de papier gris anthracite, reliure signée Thomas Boichot.
Précieux et exceptionnel envoi autographe signé de Louis-Ferdinand Céline : « A Mac Orlan son admirateur et ami fidèle. LFerd »
Edition originale.
Au CCF, exemplaires seulement à la BnF, Versailles et Bar-le-Duc.
Reliure en demi chagrin vert bouteille, dos à cinq nerfs sertis de pointillés dorés et orné de filets et fleurons dorés, encadrements à froid sur les plats de toile chagrinée vert bouteille, initiales dorées frappées au centre du premier plat, gardes et contreplats de soie moirée blanche, toutes tranches dorées, coins très légèrement émoussés sans gravité, reliure de l'époque.
L'Affaire du Courrier de Lyon remontait à la période du Directoire (avril-octobre 1796), mais la condamnation à mort de Joseph Lesurques fut considérée très tôt comme une erreur judiciaire majeure, et la famille s'efforça pendant plus de 60 ans de faire revenir la justice sur sa décision, en l'absence même d'une loi existante sur la réhabilitation.
Et l'arrêt de la cour de cassation de décembre 1868 clôt définitivement l'affaire sur le plan judiciaire, dans un sens négatif.
Néanmoins, la confiscation des biens de Lesurques, habituelle en cas de condamnation à mort, a été révoquée, et les biens rendus aux héritiers. Actuellement, certains historiens sont convaincus de l'innocence de Lesurques tandis que l'enquête récente du commandant de gendarmerie Éric Dagnicourt ou de l'historien Éric Alary penche pour sa culpabilité en tant que commanditaire financier.
Provenance: précieux exemplaire du célèbre avocat et homme politique de la Monarchie de Juillet Odilon Barrot (1791-1873), avec un bel envoi autographe signé de Louis Méquillet, en date du 15 février 1864, et chiffre doré (O. B.) poussé au centre des plats.
Odilon Barrot faisait partie des soutiens actifs aux demandes de la famille Lesurques, ce qui explique cet envoi.
Rare édition originale illustrée de 31 figures dans le texte.
Reliure en demi veau blond, dos légèrement éclairci à cinq nerfs orné de filets dorés et noirs, pièce de titre maroquin fauve, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier peigné, tête peigne jaspée, reliure de l'époque.
L'architecte du ministère des Affaires étrangères Christophe-Edouard Mauss (1829-1914) avait été chargé de plusieurs missions archéologiques en Orient (Salonique, Smyrne, Alexandrie), avant d'être envoyé par le gouvernement français à Jérusalem (1862-1874) pour restaurer l'église Sainte-Anne.
Il se passionna également pour la métrologie ancienne, sur laquelle il composa plusieurs monographies (la dernière partie de cette monographie en offre un bon exemple).
Notre exemplaire est enrichi d'une longue contribution manuscrite de Christophe-Edouard Mauss, montée sur onglet en tête de l'ouvrage, adressée à l'archéologue Alban-Emmanuel Guillaume-Rey (1837-1916), spécialiste de la Syrie médiévale : Note pour Mr. Rey sur le stade philéterien de 159 m 963,428 ([9] ff. n. ch., anopisthographes, couverts d'une écriture moyenne et très lisible). Il s'agit d'une première version d'un article complétant notre titre et paru en 1894 sous le titre : Note additionnelle sur le stade de 159 m 963 et sur les mesures philétériennes.
Edition originale de la thèse présentée par Paul Bert à la Faculté des Sciences de Paris pour obtenir le grade de docteur ès sciences naturelles.
Elle est illustrée de 2 planches lithographiées en fin de volume.
Quelques rousseurs.
Reliure en demi chagrin maroquiné rouge, dos lisse orné de fleurons dorés, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, couvertures conservées (second restauré à l'aide d'une pièce adhésive), reliure moderne.
Rare thèse de biologie de Paul Bert (1833-1886), qui fut à la fois médecin, physiologiste, pédagogue et surtout homme politique républicain.
En tête de la page de titre, envoi autographe signé de Paul Bert au docteur Comol.
Edition originale pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers.
Iconographie.
Bel exemplaire en dépit du dos légèrement décoloré.
Précieux et bel envoi autographe signé de Louis Aragon à Maurice Druon : "A Maurice Druon, pour qu'il sache que de temps je m'égarée dans Césarée. [sic] Louis".
Edition originale collective sur papier courant.
Agréable exemplaire.
Précieux envoi autographe signé de Louis Aragon : "A Maurice Druon, pour n'en pas perdre l'habitude. Louis."
Edition originale de ce recueil de discours politiques.
Reliure en pleine percaline rouge, dos lisse muet comportant de légères traces de frottements, mentions dorées frappées sur le premier plat : "République de Guinée R.D.A. à S.E. Jean Paul Sartre. N°30", gardes blanches partiellement ombrées, reliure nominative de l'époque offerte à Jean-Paul Sartre.
En frontispice, portrait photographique portant la signature autographe du président Ahmed Sékou Touré : Secrétaire Général du Parti Démocratique de Guinée, Responsable Suprême de la Révolution.
Édition originale rare et recherchée, exemplaire de première émission.
Notre exemplaire est bien complet de la liste des souscripteurs et de l’avertissement qui furent supprimés lorsque le solde de cette édition passa aux mains d’un autre éditeur : Dion-Lambert et comprend bien la faute de pagination au tome 2 : page 164 au lieu de 364. Enrichi d’une lettre de l’auteur avec sa signature autographe, rédigée et datée du 14 avril 1839, par son secrétaire. Une page à l’encre noire sur un double feuillet. Légèrement ombrée sur l’extrémité supérieure, avec quelques rousseurs, trois déchirures marginales sans atteinte au texte dues au décachetage, et les plis habituels inhérents à l’envoi.
L'ensemble est enrichi d’ une exceptionnelle, prophétique et macabre lettre de François-René de Chateaubriand. Signée de la main chancelante de l’auteur, cette lettre vraisemblablement inédite a été rédigée par son secrétaire : « Vous connaissez la main de [Hyacinthe] Pilorge que j’employe pour remplacer la mienne souffrante de la goutte » explique l’auteur en guise d’introduction à la lettre.
Reliures en demi chagrin noir, dos lisses ornés de doubles filets dorés et doubles caissons estampés à froid, plats de cartonnage noir, très légers frottements sans aucune gravité sur certains plats, contreplats et gardes de papier à la cuve, tranches mouchetées, reliures de l’époque. Rousseurs éparses.
Edition originale, un des 750 exemplaires numérotés sur vélin, le nôtre non justifié, seul tirage avec 50 Japon.
Agréable exemplaire.
Précieux et bel envoi autographe surréaliste signé de Benjamin Péret : "... pourquoi la chevelure, me direz-vous? Oui, pourquoi? Parce que les cheveux remplacent les parapluies..." à son ami Léo Malet.
Édition originale, un des 52 exemplaires numérotés sur montval, le nôtre le deuxième exemplaire des 12 hors commerce, tirage de tête.
Reliure en demi maroquin à grain long gris anthracite, dos lisse, nom de l’auteur, titre de l’ouvrage, date et mention au palladium « exemplaire j. kessel », plats de papier à motifs abstraits, gardes et contreplats de papier gris souris, couvertures et dos conservés, reliure signée Thomas Boichot.
Quelques petites rousseurs affectant principalement les premiers et derniers feuillets.
Exceptionnel et émouvant envoi autographe signé à pleine page de Maurice Druon à Joseph Kessel : « Il fallait bien, mon grand Jef, que le premier livre que je t’envoie depuis que tu es Immortel soit les mémoires de Zeus. Je remercie les Destins de m’avoir donné un tel oncle et d’avoir permis que nous nous aimions si bien. Je t’embrasse. Maurice Mai 1963. »
Edition originale sur papier courant.
Reliure en demi chagrin vert, dos lisse décoloré comportant des éraflures, pièce de titre de chagrin havane, plats de papier, modeste reliure de l'époque.
Exceptionnel envoi autographe daté et signé d'Albert Paraz à son maître et ami Louis-Ferdinand Céline et sa femme Lucette : "A vous deux et je serais seulement heureux si Valsez saucisses pouvait distraire Lucette et l'amuser. Vence 24 juin 1950. A Paraz."
Lettre autographe signée de Georges Bataille à Denise Rollin, 40 lignes à l'encre noire, 2 pages sur un feuillet.
La relation entre Georges Bataille et Denise Rollin a duré de l'automne 1939 à l'automne 1943 et a laissé une courte mais passionnante correspondance. La présente lettre date des débuts de leur histoire mais laisse déjà apparaître les angoisses de Bataille : « Peut-être ai-je été trop heureux avec vous pendant quelques mois, même alors que l'angoisse ne tardait jamais beaucoup à interrompre, au moins pour un temps, un bonheur qui était presqu'un défi. »
Amoureux passionné, il passe de l'exaltation au doute le plus profond et offre même à sa maîtresse une potentielle échappatoire à leur relation : « Si vous ne pouvez plus supporter, me supporter, je vous en supplie, ne vous trompez plus : dites que c'est moi, et non une maladresse que j'aurais pu éviter, qui est facilement réparable. » Il se propose en tant que victime sacrificielle sur l'autel de leur amour plutôt que de vivre une histoire fade et sans saveur : « Comprenez-moi quand je vous dis que je ne voudrais pas que tout s'enlise, que je veux bien accepter la souffrance pour moi, plutôt que pour vous et moi une sorte de médiocrité infirme. »
Plus tôt dans la lettre, c'est à l'humour qu'il a recourt pour la distraire de ses préoccupations : « J'ose à peine vous faire rire en vous racontant que je maigris, que mes pantalons tombent quelquefois, parce que je n'ai pas encore pris l'habitude de serrer la ceinture au nouveau cran. » Puis, il se refait suppliant : « je vous écris comme un aveugle, parce qu'en me parlant comme vous le faites quand vous me quittez ou quand vous me téléphonez, vous me faites tomber dans une obscurité presqu'insupportable. » Avant de tenter de se raisonner lui-même : « il y a des moments où j'ai honte de douter de vous et d'avoir peur, ou encore de perdre stupidement la tête. » Enfin, cerné par toutes ses incertitudes d'homme amoureux, Bataille tente de trouver du répit dans l'évocation de la famille qu'il a recomposée avec Denise et son fils Jean (alias Bepsy) : « Si vous m'écrivez, dites-moi comment est Bepsy, c'est la seule chose, peut-être, que vous pouvez me dire qui ne touche plus en moi un point douloureux. »
Edition originale, un des 160 exemplaires numérotés sur vélin lana, le nôtre un des 60 hors commerce, seuls grands papiers.
Reliure en demi maroquin noir à grains longs, dos lisse, nom de l'auteur, titre de l'ouvrage, date et mention au palladium "EX. JOSEPH KESSEL 1958", plats de papier façon bois, gardes et contreplats de papier gris souris, couvertures et dos conservés, reliure signée Thomas Boichot.
Quelques rousseurs affectant principalement les plats de couverture ainsi que premiers et derniers feuillets.
Exceptionnel et émouvant envoi autographe signé de Maurice Druon à Joseph Kessel : "A toi mon grand Jef, cet Alexandre le grand né lui aussi sous le signe du Lion en même temps que du Bélier et que tu as aidé de tes conseils et de ton exemple en t'embrassant très fort. Maurice Juin 58."
Edition originale.
Reliure de l'éditeur, dos lisse de toile vert olive partiellement décoloré, coiffe supérieure arasée, plats de cartonnage crème mouchetés de rose, coins émoussés, gardes ombrées.
Envoi autographe signé de Thomas Nelson Page en tête de la page de titre.
Edition originale, un des exemplaires du service de presse.
Précieux envoi autographe signé de Paul Eluard à Benjamin Fondane.
Dos comportant trois petits accrocs restaurés et sans gravité.
Emouvante dédicace de poète à poète, réalisée à l'aube de la guerre durant laquelle les deux amis participeront ensemble à des revues de résistance poétique telle que l'Honneur des poètes.
La déportation et la mort de Fondane en 1944 avec celle de nombreux autres amis artistes et poètes marquera profondément Eluard qui composera en leur honneur un superbe hommage poétique, "Eternité de ceux que je n'ai pas revus", égrénant le nom de chaque disparu :
"Visages clairs souvenirs sombres
Puis comme un grand coup sur les yeux
Visages de papier brûlé
Dans la mémoire rien que cendres
La rose froide de l'oubli
Pourtant Desnos pourtant Péri
Crémieux Fondane Pierre Unik
Sylvain Itkine Jean Jausion
Grou-Radenez Lucien Legros
Le temps le temps insupportable
Politzer Decour Robert Blache
Serge Meyer Mathias Lübeck
Maurice Bourdet et Jean Frayse
Dominique Corticchiato
Et Max Jacob et Saint-Pol Roux
Rien que le temps de n'être plus
Et rien que le temps d'être tout"
Édition originale, un des 95 exemplaires hors commerce numérotés sur pur fil, seuls grands papiers.
Reliure en demi maroquin fauve, dos lisse, nom de l’auteur, titre de l’ouvrage, date et mention dorés « ex. j. kessel », plats de papier fauve, gardes et contreplats de papier rouille, couvertures et dos conservés, reliure signée Thomas Boichot.
Quelques rousseurs affectant principalement les plats de couverture ainsi que premiers et derniers feuillets.
Exceptionnel et émouvant envoi autographe signé de Maurice Druon à Joseph Kessel : « À toi mon grand Jef, prince des Cavaliers, avec la joie de t’avoir rejoint parmi les Immortels, cette histoire de famille en t’embrassant pour tous les jours des hommes. Maurice 1967. »
Edition originale de la traduction française pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers.
Une pliure en angle supérieur gauche du second plat de couverture et des derniers feuillets.
Iconographie.
Précieux envoi autographe signé de Madeleine Albright à Bernard Kouchner : "To my dear friend Bernard always true to his beliefs and a great partner. With deep admiration and affection. Madeleine 15/11/03."
Edition originale sur papier courant.
Agréable exemplaire.
Précieux envoi autographe signé d'André Pieyre de Mandiargues : "A Henri Michaux le coeur de son vieil ami André Pieyre de Mandiargues" enrichi de la signature manuscrite d'Yvonne Caroutch.
Édition originale rare.
Reliure en demi maroquin caramel, dos à cinq nerfs, contreplats et gardes de papier peigné, couvertures restaurées conservées, toutes tranches peignées. Rousseurs.
Important envoi autographe signé d’Honoré de Balzac sur la page de faux-titre à son meilleur ami Laurent-Jan, dédicataire de Vautrin, modèle de Bixiou, de Léon de Lora et de nombreux autres personnages de La Comédie humaine.
Il fut pour Balzac à la fois son meilleur ami, son secrétaire fondé de pouvoir, son nègre littéraire et peut-être même... son « dilectus ».
Édition originale, un des 230 exemplaires numérotés sur Auvergne, le nôtre un des 75 exemplaires hors commerce, seul tirage après 10 chine et quelques hors commerce, exemplaire spécialement imprimé pour René Daumal.
Ouvrage illustré en frontispice d'une lithographie originale d'Étienne Cournault.
Infimes piqûres sans gravité en marges des plats.
Bel exemplaire complet de sa bande annonce.
Exceptionnel et superbe envoi autographe signé du 27 décembre 1936 de René Daumal à sa future compagne Véra Milanova : « à Véra Milanova – à toi Véra, d'abord ces anciens mensonges (que je n'ai pu nourrir qu'en ton absence) pour leur faire une sépulture définitive ; puis ces quelques ombres de vérités que tu m'as aidé à comprendre ; mais surtout, Véra, je préfère te dédier une grande page blanche, neuve, invisible, où nous écrirons sans mots notre histoire. Prends ce petit tombeau d'un ancien René Daumal, de la main de ton Nasha. 27 décembre 1936. »
Edition originale, un des exemplaires du service de presse composté M.F. sur le premier plat et numérotés à la presse à la justification du tirage.
Petites déchirures restaurées sur le dos et en tête du premier plat, légères traces de pliures marginales sur le premier plat.
Précieux envoi autographe signé de Louis Pergaud à J.H. Rosny jeune. Lauréat du "Prix Goncourt" 1910 pour son recueil de nouvelles De Goupil à Margot, l'écrivain adresse ce nouvel ouvrage à l'un des membres historiques du jury.
Edition originale sur papier courant.
Reliure en demi maroquin rouge, dos à cinq nerfs sertis de filets dorés et orné de doubles caissons dorés et décorés, mention dorée en queue du dos "Ex. de Sainte-Beuve", doubles filets dorés sur les plats de papier marbré, petites taches noires sur les plats, gardes et contreplats de papier peigné, couvertures conservées, tête dorée.
Rousseurs éparses.
Précieux envoi autographe signé d'Auguste Brizeux : "A Sainte-Beuve, au poète et à l'ami. A. Brizeux."
Ami, tu veux / Devenir poète / Ne fais surtout pas / L'imbécile / N'écris pas / Des chansons trop bêtes / Même si les gourdes / Aiment ça
Edition originale.
Reliure en demi chagrin vieux rouge comportant quelques discrètes restaurations, dos à cinq nerfs, date en queue, plats de papier à la cuve, contreplats et gardes doublés de papier peigné, couvertures conservées, tête rouge, reliure de l'époque
Très précieux envoi autographe signé de Victor Hugo à Alphonse Daudet.
Tampon de la bibliothèque de Madame Daudet sur la première garde.
Victor Hugo représente pour Alphonse Daudet, comme pour les autres écrivains de sa génération, le maître incontesté du Panthéon des arts. Sa figure tutélaire parsème les œuvres de Daudet, fréquemment convoquée aux côtés de celles de Rousseau, Byron, Sand et Delacroix.
Si durant l'enfance et la jeunesse de Daudet, Hugo, géant exilé sur son île de Guernesey, demeure un idéal inaccessible, « presque en dehors de l'humanité », son retour en France lui permet de le rencontrer enfin. Aux alentours de 1875, peu après la parution de ses premiers ouvrages, Alphonse et Julia Daudet sont ainsi accueillis chez Hugo qui vit désormais avec Juliette Drouet.
Ils deviendront dès lors des intimes de la maison jusqu'à la mort du poète. Victor Hugo participe à l'éducation du jeune Léon Daudet, meilleur ami du petit-fils de Hugo, Georges et, plus tard, époux éphémère de Jeanne.
Dans ses Souvenirs d'un cercle littéraire, Julia Daudet évoque leur amitié de dix années avec l'« idole de toute la France poétique » :
« Je vois Victor Hugo au grand bout de sa table ; le maître vieilli, un peu isolé, un peu sourd, trône avec des silences de dieu, les absences d'un génie au bord de l'immortalité. Les cheveux tout blancs, la tête colorée, et cet œil de vieux lion qui se développe de côté avec des férocités de puissance ; il écoute mon mari et Catulle Mendès entre qui la discussion est très animée à propos de la jeunesse et de la célébrité des hommes connus et de leur séduction auprès des femmes. [...] Pendant le débat on est passé au salon, Victor Hugo songe au coin du feu, et célèbre, universel et demi-dieu, regrette peut-être sa jeunesse, tandis que Mme Drouet sommeille doucement. »
L'amitié entre le dernier grand écrivain romantique et l'un des maîtres de l'école naturaliste naissante témoigne de l'acuité de Victor Hugo qui, au faîte de sa gloire, conserve une attention particulière et bienveillante pour la littérature moderne pourtant éloignée du lyrisme hugolien.
Cette dédicace de Hugo à Daudet sur une œuvre qualifiée, avec Le Pape et La Pitié suprême, de « testament philosophique » par Henri Guillemin, résonne symboliquement comme le legs à un fervent disciple de la responsabilité politique et morale de l'écrivain.
Provenance: Alphonse Daudet, vente Sicklès (1990, IV, n°1200) puis vente Philippe Zoummeroff (2 Avril 2001).
Extrait de Souvenirs d'un cercle littéraire par Julia Daudet :
" Comment oublier cette première visite chez lui, rue de Clichy, dans le modeste appartement tellement disproportionné à sa gloire, à l'idée qu'on se faisait de cette gloire qui eût comblé des palais : Il se lève du siège qu'il occupait au coin du feu, en face de Mme Drouet, sa vieille amie, (...) je suis étonnée de sa petite taille, mais bientôt, quand il va m'accueillir et me parler, je le trouverais très grand, très intimidant. Et cette timidité que je ressentis alors, je l'éprouverai toujours en face d Victor Hugo, résultat de cette grande admiration, de ce respect, comme d'un dieu absent, que mes parents m'avaient inculqué pour le poète de génie. Je ne vaincrai jamais ce tremblement de la voix chaque fois que je répondrai à ses paroles obligeantes, et je m'étonnerai pendant près de dis ans d'entendre des femmes, admises auprès de lui, l'entretenir de leur intérieur et de leurs futilités habituelles.
Ce soir-là, quand il m'eut présentée, toute confuse, à Mme Drouet, elle me dit avec une charmante bonne grâce : — Ici, c'est le coin des vieux et vous êtes trop jeune pour nous. Mais M. Victor Hugo va vous présenter à sa bru, Mme Lockroy; lui seul a qualité pour cela.
Et je fus conduite à l'autre bout de la pièce, médiocrement grande, pourtant, mais qui était comme séparée en deux par une table surmontée d'un éléphant de bronze, très majestueux, japonais ou chinois, je pense. Il suffisait à faire deux petits groupements très distincts qui communiquaient facilement, mais sans se confondre.
A ce moment de son retour, Victor Hugo était éblouissant d'esprit, de souvenirs nombreux et racontés avec une verve inépuisable, quand la politique n'envahissait pas trop sa table hospitalière. Et quelle grâce dans l'accueil, quelles nobles façons, quel beau sourire de grand-père sous ses cheveux que j'ai vus peu à peu blanchir jusqu'à la neige des quatre-vingts ans. Les poètes, tous les poètes fréquentaient ce salon de la rue de Clichy, et plus tard l'hôtel de l'avenue d'Eylau. Mais là, fut-ce le changement de place ? Il y eut comme une marche descendue dans la santé, puis dans l'esprit du beau vieillard. Et pourtant, il aimait toujours à recevoir ses amis, et l'hospitalité de cette maison ouverte n'était pas un de ses moindres charmes, car, autour de la table, embellie en un bout par les deux petits-enfants du Maître, les convives cherchaient encore leur mot d'ordre aux yeux de l'hôte, et lui-même retrouvait parfois une veine de souvenirs si vivants, si pittoresquement exprimés, qu'on en restait ébloui toute une soirée. Mme Drouet vieillissait doucement auprès de lui, abritée sous deux bandeaux de neige, d'une élégance un peu théâtrale et surannée, jusqu'au jour où un mal impitoyable creusa ses traits si fins, en fit l'effigie douloureuse qu'a peinte Bastien Lepage, qui devait mourir en proie aux mêmes tortures. Dans les derniers temps, le Maître regardait douloureusement, aux dîners intimes, cette assiette vide, cette noble figure ravagée.
— Madame Drouet, vous ne mangez pas, il faut manger, avoir du courage.
Manger! Elle se mourait. Le savait-il? Essayait-il de se leurrer lui-même le beau vieillard si résistant et si fort, et qui voyait partir cette compagne de cinquante années!
Dans le grand salon où se penche le beau portrait de Bonnat, au geste paternel, où le buste par David préside immensément ; dans le petit salon, orné de ces tapisseries rayées et multicolores qui semblaient tendues pour Dona Sol ; dans le jardin rejoint à la vérandah par un perron de deux marches réapparaissent Leconte de Lisle, Meurice et Vacquerie, Paul de Saint-Victor, le souriant Banville, Flaubert et Goncourt conversant ensemble, Mallarmé, Léon Cladel, François Coppée, Catulle Mendès, Clovis Hugues, ombres dans un Eden évanoui ; puis Léon Glaize, Gustave Rivet, Pierre Elzéar, la toute petite Mme Michelet offrant des roses un soir de fête, puis des ambassadeurs, des diplomates, l'empereur du Brésil; des peintres, des sculpteurs, et tant d'hommes politiques que je n'en sais plus les noms !
Voici l'impression immédiate que je traçai de l'une de ces soirées où nous nous étions rendus, Alphonse Daudet et moi, un soir de neige, où pendant le trajet notre cheval tomba trois fois en traversant l'esplanade des Invalides :
Je vois Victor Hugo au grand bout de sa table; le maître vieilli, un peu isolé, un peu sourd, trône avec des silences de dieu, les absences d'un génie au bord de l'immortalité. Les cheveux tout blancs, la tête colorée, et cet œil de vieux lion qui se développe de côté avec des férocités de puis- sance ; il écoute mon mari et Catulle Mendès entre qui la discussion est très animée à propos de la jeunesse et de la célébrité des hommes connus et de leur séduction auprès des femmes. Alphonse prétend que dans un salon rempli de talents de toutes sortes, de tout âge, un tout jeune homme, l'auteur inconnu, le poète ignoré aura pour lui les regards féminins s'il est beau. Catulle Mendès lui répond qu'il restera d'abord inaperçu, et que toute les femmes iront à la notoriété : ceci me paraît plus vrai. Les femmes heureusement n'ont point que les yeux de leur visage, mais ceux de l'esprit et du cœur. Pour les intellectuelles, la beauté d'un artiste, d'un grand poète ne compte pas, c'est le regard du penseur, la physionomie tourmentée de l'homme qui vit de ses sensations. Elles vont au talent, au chagrin qui passe, elles ne songent guère à la beauté physique. Maintenant on pourrait répondre que c'est par une sympathie ambitieuse qu'elles recherchent les auteurs célèbres, mais l'autre sentiment, celui qui les attirerait vers cette jeunesse tentante dont parle Alphonse, me paraît moins avouable.
Et je ris de cette prétention des deux causeurs charmants, de nous classer, de nous analyser. Mais dire la femme, c'est comme si on disait l'oiseau ; il y a tant d'espèces et de genres, les ramages et les plumages sont tellement différents !
Pendant le débat on est passé au salon, Victor Hugo songe au coin du feu, et célèbre, universel et demi-dieu, regrette peut-être sa jeunesse, tandis que Mme Drouet sommeille doucement. Ses beaux cheveux blancs ombrant sa fine tête comme deux ailes de colombe, et les nœuds de son corsage suivant sa respiration douce, presque résignée, de vieille femme endormie.
Ce fut bientôt après cette soirée qu'eut lieu la grande manifestation de Paris défilant, avenue d'Eylau, devant les fenêtres de cette petite chambre qui devint mortuaire en mai 1885, remplie de roses et simplement meublée, telle que la représente, au musée Victor Hugo, une pièce prise dans l'ancien appartement du poète, place Royale.
Bien évocateur, ce vieux logis du Marais," et quand on pense que Victor Hugo y composa presque toutes ses pièces historiques on se représente le poète, ouvrant, aux heures matinales qui lui étaient familières, cette haute fenêtre sur les hôtels tous égaux et du même style, qui entourent la Place, et se remémorant les tournois, les duels, les promenades et les agitations de plusieurs générations disparues sous l'ombre de ces arcades anciennes et solides et ne gardant pas trace de la fugitive humanité.
Nous dînions encore chez Victor Hugo la semaine qui précéda sa mort. Il nous dit en entrant plus pâle qu'à l'ordinaire, la démarche fléchie :
— Je vais bientôt m'en aller, je le sens ; puis s'appuyant à l'épaule de Georges : Sans 'cela' il y a longtemps que je serais parti.
Je n'ai jamais oublié l'accent un peu solennel et comme prophétique de ces paroles, j'en fus pénétrée de tristesse et de pressentiment; j'y sentis la dispersion de ce centre unique au monde et qui ne put se reformer jamais !"
Edition originale pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers.
Exemplaire bien complet de sa jaquette marginalement et légèrement insolée sur le dos et les plats, petites déchirures en tête du premier plat.
Précieux envoi autographe daté et signé de Elias Canetti à Raymond Queneau : " Für Raymond Queneau aus Freude über eine unerwartete Begegnung, Juni 1951 ", "Pour Raymond Queneau, joie d'une rencontre inattendue".
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Exceptionnelle et très esthétique carte d'Albert Einstein à « l'ami des plus grands génies de son temps » - selon Schrödinger - le mathématicien et physicien Ludwig Hopf, qui permit la rencontre d'Einstein avec un autre génie du XXe siècle : Carl Jung. Le maître invite ici son élève à un dîner comptant au nombre des invités le scientifique Max Abraham, futur grand rival des années zurichoises et fervent opposant à la théorie de la relativité d'Einstein.
Le destinataire de cette carte, Ludwig Hopf, rejoint Einstein en 1910 en tant qu'assistant et élève à ses séminaires de physique et de théorie cinétique à l'Université de Zürich. Ils signent deux articles fondamentaux sur les aspects statistiques de la radiation et donnent leurs noms à la force de résistance « Einstein-Hopf ». Leurs échanges épistolaires retracent le complexe cheminement des travaux d'Einstein sur la relativité et la gravitation, témoignant de leur grande complicité et du précieux apport de Hopf dans les recherches du maître. Quelques mois après l'écriture de cette missive, Hopf trouvera même une erreur dans les calculs d'Einstein sur les dérivées de certaines composantes de la vitesse que ce dernier corrigera dans un article l'année suivante. Ils forment également un duo musical et interprètent les grands génies de la musique, Hopf accompagnant au piano le violon du maître sur des morceaux de Bach et Mozart.
Einstein invite par cette carte son élève et ami Hopf à un dîner avec Max Abraham, à l'aube d'une controverse scientifique majeure qui les opposera à partir de 1911. La théorie de la relativité restreinte selon Abraham ne convaincra pas Einstein qui soulignera le peu de moyens de vérification par l'observation et son manque de prédiction de la courbure gravitationnelle de la lumière. En 1912, leur différend deviendra public par publications interposées. Abraham ne reconnaîtra jamais la validité de la théorie einsteinienne.
Au cours de leurs brillants échanges artistiques et intellectuels, Hopf a sans doute réussi là où Freud avait échoué comme il lui avouera dans une lettre : « Je romprai avec vous si vous vous glorifiez d'avoir converti Einstein à la psychanalyse. Une longue conversation que j'ai eue avec lui il ya quelques années m'a montré que l'analyse lui était tout aussi hermétique que peut m'être la théorie de la relativité. » (Vienne, 27 septembre 1931). Fervent adepte de la psychanalyse, Hopf est en effet connu pour avoir présenté le célèbre psychanalyste Carl Jung à Einstein. Hopf et son maître partiront tous deux pour l'Université Karl-Ferdinand de Prague en 1911, où ils fréquenteront l'écrivain Franz Kafka et son fidèle ami Max Brod dans le salon de Mme Fanta.
Avec l'avènement du régime nazi, les destins de ces deux théoriciens de la mécanique du monde seront marqués par les persécutions et l'exil, Einstein se réfugiant tout d'abord en Belgique, Hopf en Grande-Bretagne après sa mise à pied en 1934 de l'université d'Aix-la-Chapelle à cause de ses origines juives. Les deux savants continueront à entretenir une prolifique correspondance au cœur de la tourmente, Einstein suggérant à Hopf l'ouverture d'une université à l'étranger pour les étudiants allemands exilés. Hopf s'éteindra peu de temps après avoir pris la chaire de mathématiques du Trinity College de Dublin en juillet 1939.
Précieuse invitation du grand physicien à l'ultime dîner réunissant la "vieille école" scientifique symbolisée par Max Abraham, à l'aube de la publication de la théorie de la relativité générale, qui bouleversera les conceptions classiques de l'espace et du temps et propulsera la Science dans le XXe siècle.
"Lieber Herr Hopf, ich hatte bei unserer Verabredung vergessen, dass ich morgen 6 Uhr Fakultätssitzung habe. Deshalb habe ich Herrn Abraham für morgen nach der [biffé :Vorlesung] Sitzung zum Abendessen gebeten (halb 8 Uhr). Ich bitte Sie, auch zu kommen. Herrn Rusch werde ich auch einladen und wahrscheinlich Herrn Prof[essor] Zermelo. Mit besten Grüssen / Ihr Einstein"
"Cher Monsieur Hopf, j'avais oublié lors de notre rendez-vous que j'avais une réunion de faculté demain à 6 heures. C'est pourquoi j'ai demandé à Monsieur Abraham de venir dîner demain après la [biffé :conférence] séance (7h30). Je vous prie de venir également. J'inviterai également Monsieur Rusch et probablement Monsieur le Prof[essor] Zermelo. Avec mes meilleures salutations / Votre Einstein"
Edition originale, un des exemplaires du service de presse.
Petites traces d'insolation sans gravité en tête et en pied du dos.
Précieux envoi autographe signé de Francis Ponge : "Pour Marthe et Henri Calet leur ami. Francis Ponge."
Lettre autographe signée de Charles Baudelaire, rédigée au crayon de papier, adressée à sa mère. Papier en-tête à tampon sec du Grand Hôtel Voltaire, Faubourg Saint-Germain. Adresse de Madame Aupick à Honfleur (Calvados) de la main de l'auteur ainsi que plusieurs tampons postaux en dates des 13 et 14 juillet 1858. Quelques soulignements, biffures et corrections de l'auteur. Trace de sceau de cire avec initiales de Charles Baudelaire au crayon, probablement de la main de l'auteur. Un morceau de papier du second feuillet a été amputé, sans atteinte au texte.
Cette lettre a été publiée pour la première fois dans la Revue de Paris le 15 septembre 1917.
Ancienne collection Armand Godoy, n° 102.
Précieux document, témoignage d'un moment décisif de la vie du poète : la réconciliation avec la désormais veuve Aupick, cette mère sacrée « qui hante le cœur et l'esprit de son fils ».
Édition originale imprimée à petit nombre de ce tiré à part de la Revue de Paris du 15 février 1906.
Émile Boutmy fut le fondateur de l’École libre des sciences politiques, futur Institut d’études politiques de Paris, plus connue sous le nom de Sciences Po.
Plats marginalement brunis, inévitables petites déchirures marginales et légers manques sans gravité au regard de la fragilité de cette brochure.
Précieux envoi autographe signé de Lucien Lévy-Brühl : « À Émile Durkheim, affectueusement, L. L. B. »
Edition originale, un des exemplaires du service de presse.
Couvertures et dos très discrètement restaurés.
Précieux envoi autographe signé de Pierre Drieu La Rochelle à Henri Béraud.
Edition originale, un des exemplaires du service de presse.
Reliure à la bradel en plein cartonnage façon bois, dos lisse, pièce de titre de maroquin rouge, couvertures et dos conservés, reliure signée de Thomas Boichot.
Bel exemplaire agréablement établi.
Précieux envoi autographe signé de Jacques Chardonne à Henri Béraud.
Edition originale, un des 1200 exemplaires numérotés sur alfa, seuls grands papiers après 50 Marais.
Dos très légèrement passé comme généralement.
Précieux envoi autographe signé de Henri Michaux à Raymond Queneau.
Edition originale, enrichie d'une lettre autographe signée de Louise Colet, 3 pages sur un bifeuillet montée sur onglet en tête du volume. Quelques petites rousseurs, une très pâle mouillure marginale affectant les derniers feuillets.
Reliure en demi maroquin noir à coins, dos à cinq nerfs sertis de doubles filets à froid, date en queue, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, couverture montée sur onglet conservée (petits petits manques angulaires comblés), élégante reliure signée Patrice Goy.
Rare envoi autographe à la marquise de Boissy, Teresa Guiccioli, qui fut la maîtresse du mari de Louise Colet et demeura célèbre pour sa liaison avec Lord Byron.
Colet la décrira en ces termes dans le roman : « Une femme qui a été à Byron ce que Béatrix fut à Dante et Vittoria Colonna à Michel-Ange, c’est-à-dire l’inspiration et l’amour » (p. 201).
Rare ensemble.
Exemplaire parfaitement établi.
Édition originale, un des exemplaires du service de presse.
Reliure en demi chagrin noisette, dos lisse orné de caissons décorés de motifs floraux dorés, initiales C. T. dorées en queue, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, couvertures conservées, tête dorée, un coin supérieur émoussé, reliure très légèrement postérieure. Discrètes restaurations sur les mors, deux petites déchirures marginales sur les pages de titre et faux-titre.
Ex-libris à la plume de Charles Terrasse, fils du dédicataire de l’envoi, en tête d’une garde.
Précieux envoi autographe signé d’Alfred Jarry à l’un de ses plus proches collaborateurs : « À Claude Terrasse son admirateur et son ami. Alf. Jarry. »
Edition originale, un des exemplaires du service de presse.
Quelques piqûres en marges des plats.
Précieux envoi autographe signé de Marcel Aymé : "A monsieur Valery Larbaud en sincère hommage. Marcel Aymé."