Difficile liberté - Essais sur le Judaïsme
Un petit accroc sans gravité en pied du dos légèrement ridé.
Envoi autographe signé d'Emmanuel Lévinas à son proche ami le philosophe Charles Galpérine et son épouse Rachel.
Lorsque le dédicataire est prestigieux, lorsque la dédicace s'inscrit dans l'histoire de l'écrivain ou apporte un éclairage nouveau sur l'oeuvre... l'autographe d'exception témoigne d'un événement majeur : la rencontre de l'oeuvre avec l'Histoire.
Edition originale, un des 75 exemplaires numérotés sur papier couleurs surfine.
Ouvrage illustré de 3 aquatintes de Mimi Parent.
Une éraflure de trois taches claires sur le premier plat.
Agréable exemplaire.
Précieux et surréaliste envoi autographe signé de José Pierre à Marie Cermínová Toyen :"A Toyen, les violons monégasques fabriqués secrètement dans les presbytères en partant de l'anémone de mer, José."
Signatures de José Pierre et Mimi Parent en dessous de la justification du tirage.
Edition originale sur papier courant.
Petites déchirures en tête et en pied du dos.
Précieux envoi autographe signé d'Henri de Montherlant à Georges Bataille.
Edition originale, un des 200 exemplaires numérotés sur papier vert lumière, seuls grands papiers annoncés.
Reliure en demi maroquin turquoise à coins, dos lisse, date dorée en queue, plats, gardes et contreplats de papier marbré, couvertures et dos conservés, tête dorée, élégante reliure de l'époque signée G. Gauché.
Très bel exemplaire parfaitement établi en reliure de l'époque par Georges Gauché et complet de son prière d'insérer.
Précieux envoi autographe signé de René Crevel : « Mon cher Georges, voici, dans sa forme la plus réussie ! Le clavecin de Diderot. Si tu peux l'aider à jouer sa musique ? De toute mon affection. René. »
Seconde édition (la dédicace à Pierre Laffitte est datée de 1879).
Il s'agit d'une étude sur la folie du point de vue positiviste, basée sur les travaux d'Auguste Comte.
Le dédicataire, Pierre Laffitte, était le directeur de la revue "Le Positivisme".
Dos fendillé comportant de petits manques, quelques rousseurs, une pliure transversale en pied du premier plat, petites déchirures marginales sur les plats, premier plat recollé.
Précieux envoi autographe signé d'Emile François Eugène Sémérie à Émile Zola sur le faux-titre : "A Mr. Émile Zola. Sémerie, d'Aix" (ce dernier mot est souligné).
On connaît les liens entre le positivisme et le naturalisme, doctrine littéraire élaborée dans les années 1860-80 : la philosophie positiviste (observation de la réalité et appréciation de l'expérience) influença les écrivains naturalistes dans leur souci de reproduire avec objectivité la réalité.
Zola donna une contribution essentielle au mouvement avec son étude sur le "Roman expérimental" (1880).
Edition originale de la traduction française établie par J. de Rey-Pailhade et Henry-Joseph Sauvaire imprimée à petit nombre de cet extrait du Journal asiatique.
Quelques petites rousseurs, agréable et rare exemplaire.
Reliure en demi toile verte, dos lisse, pièce de titre de chagrin rouge, plats de papier oeil-de-chat, tranches mouchetées.
Ouvrage orné de 2 planches à double page hors-texte.
Né à Marseille, Henri Sauvaire (1831-1896) avait commencé dans le service consulaire, avant de se reconvertir dans l'archéologie orientale.
Sur la page de faux-titre, envoi autographe d'Henri-Joseph Sauvaire à l'archéologue Alban-Emmanuel Guillaume-Rey (1837-1916), spécialiste de la Syrie médiévale.
Edition originale de la traduction française, fausse mention de deuxième édition.
Reliure à la bradel en pleine percaline verte, dos lisse orné d'un fleuron central doré, pièce de titre de basane havane, couvertures conservées, reliure de l'époque signée à froid de Pierson.
Quelques petites rousseurs.
Très rare et précieux envoi autographe daté et signé par Ivan Tourguéniev à Anatole France : "Monsieur Anatole France / hommage de l'auteur / 1876".
Édition originale du premier livre de Pierre Drieu la Rochelle, un des 150 exemplaires numérotés sur vergé de Hollande, seuls grands papiers.
Précieux envoi autographe signé de Pierre Drieu la Rochelle : « à Charles Maurras ce témoignage inquiet. Pierre Drieu la Rochelle ex. sergent au 146e d'infanterie. 1er Octobre 1917. »
Important témoignage de l'admiration du jeune Drieu la Rochelle – alors en pleine construction intellectuelle – pour le « maître de Martigues » à qui il envoie cet exemplaire de ses poèmes de guerre composés en 1916 après avoir été blessé à Verdun.
Démobilisé et déçu d'une guerre pour laquelle il s'était engagé dans l'espoir de laver la défaite de 1870, Drieu oscille entre le communisme d'Aragon et le nationalisme intégral de Maurras. Ayant découvert ce dernier à l'adolescence, il le considère dès lors comme l'un de ses maîtres à penser aux côtés de Maurice Barrès, Rudyard Kipling et Friedrich Nietzsche. En novembre 1918, il lui écrira d'ailleurs : « C'est vous, c'est votre pensée prudente qui a détruit en moi, vers 1915 ou 1916, ma conception germanique de la guerre joyeuse. Ayant fait la guerre dans l'infanterie pendant le premier hiver, je savais déjà et de reste que la guerre n'était pas joyeuse... »
Glorifiant Maurras comme « le plus grand penseur politique du dernier siècle » (Gilles), il est – à l'instar de nombreux jeunes de sa génération – séduit par l'aura patriotique ainsi que le goût de l'action et de la morale incarné par le chef de file de l'Action Française. Tout au long des années 1920, l'ambivalent Drieu hésitera sur la voie politique à emprunter, avant d'évoluer vers le fascisme, abandonnant définitivement l'idéologie conservatrice maurrassienne.
Edition originale, un des exemplaires numérotés sur vélin, seul tirage.
Cartonnage de l'éditeur relié d'après la maquette originale de Paul Bonet.
Riche iconographie.
Agréable exemplaire complet de sa jaquette illustrée.
Précieux envoi autographe signé d'André Malraux : "Pour Georges Bataille André Malraux."
Edition originale sur papier courant comportant bien le bon achevé d'imprimer du 6 mai 1959, fausse mention de deuxième édition.
Dos très légèrement insolé.
Précieux envoi autographe daté et signé d'Eugène Ionesco à la metteuse en scène, dramaturge et écrivaine Simone Benmussa sur la page de faux-titre.
Notre exemplaire est présenté sous chemise en demi maroquin bordeaux, dos lisse, date en queue, plats de papier bois, étui bordé de maroquin bordeaux, plats de papier bois, ensemble attribué à Thomas Boichot.
Edition originale sur papier courant, fausse mention de troisième édition, complet du bifeuillet d'errata.
Discrètes restaurations sur le dos, bel exemplaire tel que paru.
Précieux envoi autographe signé de Marcel Proust au dramaturge Jacques Darval : "à Monsieur Jacques Darval / Hommage reconnaissant / Marcel Proust".
Darval, de son vrai nom Louis Valeton, est l'auteur de plusieurs pièces de théâtre et d'un grand nombre de spectacles de revues de danse dans les années 1920.
Édition originale pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers.
Envoi autographe signé d'Henri Charrière au journaliste et historien Gilbert Guilleminault.
Henri Charrière, dit Papillon, pupille de la nation et petit délinquant, avait été condamné au bagne en 1931 pour un meurtre qu'il a toujours nié. Plus de trente ans après, il relate sa terrible expérience dans ce texte autobiographique. Il y décrit la violence, l'injustice, les maladies ou les tentatives d'évasion, couronnées par des années d'exil en Amérique du Sud : « Pur de tout contact, notera son éditeur, et de toute ambition littéraire, ce qu'il écrit c'est "comme il vous le raconte", on le voit, on le sent, on le vit [...]. » Le livre rencontre un immense succès avant d'être adapté au cinéma avec Steve McQueen dans le rôle principal.
"Ce 1er juillet Tilsit
Je reçois à l'instant ma petite Aimée tes lettres du 19 et 20 juin. Il me semble être près de toi et éprouver toutes les angoisses dont j'ai déjà été tourmenté dans les occasions pareilles, mon impatience d'apprendre l'événement est extrême. Le courage que tu montres à l'approche et sérieusement me rassure et dissipe les vives inquiétudes dont je ne pouvais me défendre il y a quelques temps.
[...]
Il faut occuper ma petite Aimée de bien soigner ta santé afin qu'en arrivant à Paris je te retrouve parfaitement remise de tes couches et que nous puissions jouir ensemble de Savigny le reste de la belle saison.
Car les affaires prennent ici une telle tournure que je puis conserver l'espérance de t'embrasser sous deux mois au plus tard. [...]
Il me semble ma bien bonne amie ne t'avoir jamais donné lieu à concevoir de pareilles craintes mais en voilà assez sur cet article.
Parlons un peu de notre Joséphine. Elle montre une intelligence bien supérieur [sic] à son âge que je lui scai [sic] gré de toutes ces gentillesses et de toute cette humeur qu'elle te montre.
Je lui envoie à cause de cela des caresses à discrétion. Mille choses tendres à notre bonne mère. Rassure la sur la santé de Desessart de Beaupré et de tout ce qui l'intéresse en me rapelant [sic] au souvenir de ma belle soeur annonce lui que son brave et estimable mari jouit d'une parfaite santé.
A Dieu ma petite Aimée, reçois les embrassemens de ton amoureux et fidel époux. L. Davout"
Lettre autographe signée du maréchal Davout à son épouse, Aimée Leclerc. 2 pages et demi à l'encre noire sur une double feuille. Traces de plis inhérentes à l'envoi.
Lettre, très probablement inédite ("la correspondance intime du maréchal Davout cesse d'août à novembre [1807]" indique à tort la marquise de Blocqueville dans Le Maréchal Davout, prince d'Eckmühl, raconté par les siens et par lui-même) adressée à sa très chère épouse, belle-soeur de Pauline Bonaparte. Installé dans son palais à mi-chemin entre Varsovie et Łódź, Davout désormais gouverneur général du Duché de Varsovie se languit de son épouse et de leur propriété de Savigny sur Orge : "mais quoique cet endroit soit un des beaux du pays il est à cent mille lieux de Savigny". Il incite surtout la maréchale à apparaître à la cour et demeurer proche de l'Empereur ; elle était notamment chargée de faire les demandes de permission de son mari auprès de Napoléon lui-même. Davout ne pouvait que difficilement s'échapper de Pologne ("Si je pouvais prévoir l'époque de mon retour définitif") afin de s'occuper, entre autres, des affaires maritales de sa cousine Hélène Davout : "je te prierais si notre cousine n'a pas un grand attachement pour son futur de la convaincre que dans les prochains six mois nous trouverons à l'établir plus avantageusement mais il peut survenir des événements qui ne permettent pas d'aller en permission". Cette dernière finira par épouser à Varsovie en 1808 le général François-Louis Coutard.
Lettre très visuelle portant une belle signature du maréchal Davout.
Lettre autographe signée du maréchal Davout, alors gouverneur général de Pologne, adressée à son épouse Aimée Leclerc, belle-soeur de Pauline Bonaparte. Trois pages à l'encre noire sur une double feuille, avec son adresse autographe au verso, ainsi que le tampon de la Grande Armée, et un cachet de cire brisé, armorié au chiffre « LD » sur grand manteau et bâtons de Maréchal sous couronne.
Déchirures dues à l'ouverture avec atteinte à deux mots de la troisième page.
Après l'éclatante victoire personnelle de Davout à Auerstaedt, les batailles de Iéna, d'Eylau et de Friedland qui mettent fin à la guerre contre la quatrième coalition, Davout récolte les fruits de sa réussite. Couvert d'honneurs et de bienfaits par l'Empereur, il jouit de ses vastes terres en tant que nouveau gouverneur général de la Pologne.
Lettre autographe datée et signée de Jacques Chardonne adressée à son ami Roger Nimier (54 lignes à l'encre bleue) à propos du style de Paul Morand, père spirituel des Hussards, Roger Nimier et Antoine Blondin étant considérés, bien malgré eux, comme chefs de file de ce mouvement littéraire.
Traces de pliures inhérentes à la mise sous pli de la lettre, enveloppe jointe.
Jacques Chardonne entend battre en brèche deux fausses idées concernant Paul Morand, la première étant d'ordre stylistique : "Il y a une double méprise touchant Morand. On a vu en lui un "moderne"... mais il est essentiellement un "naturaliste" ; sa doctrine en art est exactement celle de Maupassant et Flaubert." tenant ce dernier pour un écrivain majeur : "Mais il a infiniment plus de talent et d'intelligence que les écrivains de l'école naturaliste." ; la seconde d'ordre psychologique : "Il est l'hygiène et la sagesse incarnées, dans sa personne. Mais il a encanaillé par son oeuvre la jeunesse qui venait après lui. C'est lui qui a failli tuer Sagan."
Jacques Chardonne ironise ensuite sur les talents de Françoise Sagan tout en exaltant la prédominance et la maîtrise de son ami Paul Morand en tout ce qu'il entreprend de faire : "C'est Morand qui achetait les terribles voitures de Sagan. Mais lui sait conduire." tout en se rappelant les conseils de prudence que prodigua Bernard Frank à l'auteur de Bonjour tristesse : "Bernard Frank dit : elle ne tient pas la route, ta bagniole... Sagan, vexée, accelère. Et tout chavire."
En grand frère de plume, Jacques Chardonne rassure Roger Nimier sur son propre talent : "Morand est très content de vous. Je dis que Gaston (Gallimard) semble avoir beaucoup d'amitié pour vous." et félicite son correspondant pour la qualité d'Artaban, revue à laquelle collabore Roger Nimier, Jacques Chardonne étant mis à l'honneur dans un récent numéro : "... surpris de me voir en première page; le texte me remplit de fierté. J'ai méprisé les honneurs, afin d'être honoré. Je ne pouvais être mieux servi que dans ce petit texte." et attribue la paternité du texte le concernant à l'un de ses émules Hussards : "... je me dis : c'est Nimier, ou Hecquet, ou Milliau. A vrai dire, je ne sais. Et je remercie le Seigneur."
Terrassé par tant d'hommages qui lui sont rendus, Jacques Chardonne, lucide, préfère éviter de trop être sous les feux de la rampe : "Voilà pourquoi je ne veux plus rien publier. Dès que l'on vous applaudit, il faut s'en aller."
Très belle lettre de Jacques Chardonne encensant son ami Paul Morand, père spirituel des Hussards, et évoquant le terrible accident de voiture de Françoise Sagan à bord d'une Aston Martin le 13 Avril 1957. Evocation prémonitoire : Roger Nimier se tuant cinq ans plus tard sur l'autoroute de l'Ouest, le 28 Septembre 1962, également au volant d'une Aston Martin.
« Nous l'appelions Papapa. La légende veut - il nous entourait de légendes ! - qu'un matin d'autrefois, à Hauteville-House, tandis qu'il travaillait debout dans cette cage de verre, perchée au haut de la maison, petit Georges entrât et dit : - Bonjour Papapa ! [...] A entendre le fils de son fils Charles, qui venait de mourir, prononcer ce mot inconnu, le grand-père eux une immense joie, car il connaissait le secret langage des enfants : le bégaiement de Georges faisait de lui deux fois un père, beaucoup plus qu'un grand-père. [...] - Maintenant, je m'appelle Papapa, dit-il, doucement. Et jusqu'à sa mort, nous lui donnâmes, ma sœur et moi, ce nom doublement tendre et que toujours il chérit. » (Georges-Victor Hugo, Mon grand-père)
Edition originale, un des exemplaires du service de presse.
Iconographie in fine.
Précieux envoi autographe signé d'André Malraux au diplomate et grand résistant, fidèle parmi les fidèles du général De Gaulle, Gaston Palewski à qui est dédié cet ouvrage en dessous de la dédicace imprimée : "C'est pour vous distraire. Vous recevrez vos exemplaires convenables la semaine prochaine".