
Edition originale pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers, un des exemplaires du service de presse.
Agréable exemplaire.
Laconique mais important envoi autographe daté et signé d'Annie Ernaux à la précieuse lectrice de Gallimard, l'écrivaine Christiane Baroche : « merci. »
Paru trois ans après Les Armoires vides, Ce qu’ils disent ou rien, annonce déjà les grands motifs de l’œuvre à venir : la honte de classe, le déterminisme social, la difficulté d’être une femme. Le roman reçoit un accueil d’estime, loin encore de la reconnaissance que vaudront à l’auteure La Place (Renaudot 1984) puis le prix Nobel de littérature en 2022.
De même, l’écrivaine Christiane Baroche, n’est pas encore, l’année de cette dédicace, la lauréate du prix Goncourt des nouvelles. C’est en tant que très précieuse lectrice de manuscrits chez Gallimard qu’elle est ici remerciée d’un bref mais signifiant envoi. Nul doute que ce second roman de la jeune enseignante de banlieue doit à sa dédicataire l’avis favorable qui confirme son statut d’écrivain, quelques années avant La femme gelée et La Place.
Ernaux offrira d'ailleurs à Baroche un exemplaire de La Place enrichi d'une dédicace explicite: "Pour Christiane, qui m'a fait "naître" dans le bonheur il y a dix ans. Annie. 3/02/84."
Les deux femmes de lettre, ici à l’aube de leur carrière, entretiendront dès lors une relation d’amitié et d’admiration mutuelle dont témoigne leur correspondance et les articles élogieux de Christiane Baroche. Ce n’est qu’à partir de L’Occupation, que Baroche, alors journaliste du Magazine Littéraire deviendra plus critique et sévère avec les œuvres de sa consœur, sans que nous sachions si leur amitié en a été profondément altérée.