
Bristol autographe signé, daté du 18 novembre 1984, 12 lignes au stylo bille bleu, adressé à son amie la femme de lettres Christiane Baroche dans laquelle elle évoque son dernier ouvrage "Plaisirs amers" et toute l'amitié qui lie les deux femmes écrivains.
Enveloppe manuscrite à l'adresse de Christiane Baroche jointe.
Belle et affectueuse lettre de remerciement, écrite six jours après l'annonce du prix Renaudot décerné à Ernaux pour La Place :
« Merci Christiane de ta lettre qui m'a fait très chaud au coeur, car les moments de "gloire" sont aussi ceux qu'on a envie de traverser avec les gens qu'on aime bien. Je t'embrasse. Annie. »
Ernaux y ajoute en post-scriptum sa joie d'apprendre l'accueil réservé sur le petit écran au premier roman de Christiane Baroche, Plaisirs amers, paru quelques mois plus tôt :
« PS. Jacques Duchateau a formidablement bien parlé de 'Plaisirs amers" à Droit de réponse, j'étais ravie. »
Christiane Baroche (1935-2024), lauréate du prix Goncourt de la nouvelle, fut pendant plus de dix ans lectrice de manuscrits pour Gallimard, l'éditeur d'Ernaux, avant de devenir elle-même romancière. C'est à ce titre qu'elle joua un rôle dans les débuts littéraires d'Ernaux au milieu des années 1970. Un exemplaire de La Place, dédicacé par Ernaux à Baroche neuf mois plus tôt, la remercie de l'avoir «fait "naître" (dans le bonheur) il y a dix ans ».
Le présent billet, rédigé au lendemain immédiat du prix Renaudot 1984, capture ainsi un moment d'intimité entre deux écrivaines au parcours étroitement lié, l'une accédant à la consécration alors que l'autre voit son propre premier roman "naitre" à son tour.