
Bristol autographe signé, daté du 25 avril 1987, 17 lignes au stylo bille noir, adressé à son amie l'écrivaine Christiane Baroche dans laquelle elle ne tarit pas d'éloges sur son dernier ouvrage L'hiver de beauté.
Enveloppe jointe.
"Ma chère Christiane,
après tout, je me console : celui qui a fauché "L'Hiver de Beauté" a eu du nez, il a passé de bons moments, avec ta superbe Isabelle, ta non moins acide et volontaire Queria. Tu as réussi un très beau livre dans une langue que je trouve de plus en plus rigoureuse, la construction est remarquable et "fluent" comme on dit en anglais, c'est très naturellement qu'on passe de l'une à l'autre femme. Il y a en particulier, une scène très belle, celle de l'accouchement de Madeleine. J'ai aussi un faible pour le personnage d'Hendricke. Bravo ! Je t'embrasse. Annie."
Christiane Baroche (1935-2024), lauréate du prix Goncourt de la nouvelle, fut pendant plus de dix ans lectrice de manuscrits pour Gallimard, l'éditeur d'Ernaux, avant de devenir elle-même romancière. C'est à ce titre qu'elle joua un rôle dans les débuts littéraires d'Ernaux au milieu des années 1970. Un exemplaire de La Place, dédicacé par Ernaux à Baroche neuf mois plus tôt, la remercie de l'avoir «fait "naître" (dans le bonheur) il y a dix ans ».
Un témoignage intime et spontané de l'amitié entre deux romancières Gallimard, saisi au moment même où Christiane Baroche venait de publier l'un de ses romans les plus ambitieux, sorte de spin-off des liaisons dangereuses autour du personnage de Merteuil.