
Seconde édition, augmentée, de ce conte animalier paru pour la première fois en 1943 aux mêmes éditions avec des illustrations d'André Collot. La présente édition est enrichie de deux contes inédits, Les Derniers Jours de Baingué et Les Fourmis, et ornée des compositions en couleurs de Gaston Barret.
Reliure de l'éditeur en plein cartonnage beige, dos lisse, exemplaire complet de sa jaquette illustrée qui comporte quelques petites déchirures marginales.
Précieux envoi autographe signé de René Maran à Maurice Genevoix : « À M. Maurice Genevoix, qui honore l'Académie Française de son caractère et de son talent. René Maran. »
Maran salue ainsi la récente réception de Genevoix à l'Académie française, élu le 24 octobre 1946 et reçu sous la Coupole le 13 novembre 1947. Toutefois, cette déférence se traduit par une formule d'une élégance tendue qui semble autant célébrer son dédicataire que fustiger discrètement une institution à laquelle ce patriote devait reprocher les engagements ambigus.
Ce très bel exemplaire n’en demeure pas moins le témoin d’une savoureuse rencontre entre deux auteurs unis par l'amour de la nature et de l'animal, l'un chantre de la Sologne et de la Loire, l'autre de la brousse africaine.
Mbala l'éléphant appartient au vaste « Cycle de la brousse africaine » que Maran construisit sur quarante ans, aux côtés de Batouala, Djouma chien de brousse, Le Livre de la brousse et Bacouya le cynocéphale. Dans ce conte d'une prose inlassablement travaillée, où termes indigènes et mots rares de la poésie médiévale française se mêlent à une description poétisée de la nature équatoriale, l'éléphant Mbala incarne la souveraineté et la vulnérabilité d'un monde africain confronté, en arrière-plan, à l'ordre colonial, selon la méthode naturaliste propre à Maran : laisser les faits parler d'eux-mêmes, sans jugement explicite.
Parfait exemplaire unissant les destins politiques et écologiques des écrivains et des continents.