
Deux photographies en tirage original signées à l'encre bleue par Mariette Lachaud, contrecollées sur une feuille de papier fort. Note autographe de Max Philippe Delatte au verso "1951 Photos prises par le secrétaire de Braque et disposées ainsi en vis-à-vis par Braque lui-même". La colle utilisée par Braque a éclairci le verso de la feuille et une petite surface en marge de la première photographie.
Rare double portrait photographique de Francis Ponge pris dans l'atelier de son ami Georges Braque par sa fidèle assistante, enrichi d'un envoi autographe du poète à Max-Philippe Delatte.
Probablement pris dans l'atelier de Braque à Varengeville, les portraits sont l'oeuvre de Mariette Lachaud, secrétaire de l'artiste et photographe discrète du quotidien de Braque, qui documentait les créations, promenades, et ses amitiés :
"Ponge rencontre [Braque] en mars 1945 à l’initiative de Jean Paulhan, qui vient de publier Braque, le patron (1945). Ponge a une grande amitié pour Braque, aîné qu’il admire. Le peintre devient une figure centrale dans sa réflexion sur la peinture : Ponge rédige neuf textes sur le peintre, de 1946 à 1980. Il n’a jamais autant écrit sur un autre artiste. Braque est également un repère théorique et esthétique pour Ponge, en tant que peintre mais aussi par ses déclarations et aphorismes, que l’on retrouve dans Le Cahier de Georges Braque (1948) et Le Jour et la Nuit (1952), recueil regroupant les cahiers de Braque de 1917 à 1952. Un dessin de Braque se trouve en couverture de Proêmes (1948) et du Peintre à l’étude (1949). Le peintre illustre également Cinq Sapates de cinq eaux-fortes.
Braque le réconciliateur (1946) est le premier texte que Ponge écrit sur Braque, où il explore son « idée intime globale » du peintre. Il lui consacre par la suite de nombreux autres textes : Braque ou l’art moderne comme évènement et plaisir (1947) ou Braque - dessins (1950). Dans Braque Japon (1952) en particulier, Ponge exprime la difficulté d’écrire sur la peinture, littérature et peinture se tenant à distance l’une de l’autre du fait de l’éloignement originel entre matière verbale et matière picturale. Ponge écrit encore Braque lithographe (1963), Braque votif (1964), À propos de Braque (1970), Braque ou un méditatif à l’œuvre (1970), et enfin un Bref condensé de notre dette à jamais et re-co-naissance à Braque particulièrement en cet été 80 (1980).
Au-delà de la réflexion sur la peinture, Ponge voit en Braque un « maître de vie », chez qui les qualités artistiques sont aussi des qualités morales." (Société des lecteurs de Francis Ponge)
Max Philippe Delatte était libraire dans le seizième arrondissement de Paris. Grand bibliophile, il avait noué des liens d’amitié avec Ponge et publiera la même année que ces portraits, une Bibliographie sommaire de l'oeuvre de Francis Ponge.