Manuscrit autographe signé de trois pages sur trois feuillets et neuf lignes (au verso du premier feuillet) de Gracchus Babeuf, nom qu’il adopte en 1794. Il écrit encore sous le nom de François-Noël Camille dans l’en-tête manuscrit autographe sur le premier feuillet (« F.N. Cam. Babeuf citoyen français »). Pagination autographe en partie supérieure gauche de chaque feuillet. Infimes déchirures marginales sans atteinte au texte, rares rousseurs, infime pli central horizontal.
Ce long discours est l’un des premiers documents d’importance où Babeuf, le Marat de Picardie et précurseur du communisme, parle de lui-même après avoir consacré sa plume à défendre les droits de paysans et ouvriers depuis les débuts de la Révolution. Dans ce véritable credo du révolutionnaire, Babeuf remplace le rejet de Satan par celui de l’aristocratie et ses œuvres. Il entend prouver que son passé de feudiste (consistant à refaire ou à retrouver les titres en vertu desquels les seigneurs pouvaient prétendre percevoir sur les paysans des droits tombés en désuétude) fait paradoxalement de lui le plus apte à abolir le régime féodal et ses privilèges de propriété - pour arriver à la communauté de biens tant désirée.
« La féodalité n'est qu'un système d'esclavage et de tyrannie ; ma patrie veut être libre, elle ne doit rien conserver, de ce qui se rattache à un pareil régime. Naguère, en me parlant des ex-seigneurs, on m'adressait très sérieusement cette question : - y renoncez-vous? -oui, ai-je répondu, j'y renonce et pour toujours. »