Coupure de presse datée et signée par Joséphine Baker
Coupure de presse consistant en une photographie de Joséphine Baker en costume de scène qu'elle a signée et datée au feutre noir.
Bel exemplaire.
Coupure de presse consistant en une photographie de Joséphine Baker en costume de scène qu'elle a signée et datée au feutre noir.
Bel exemplaire.
Edition originale sur papier courant.
Reliure à la bradel en demi maroquin rouge à coins, dos lisse, date dorée en queue, encadrement de filets à froid sur les plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, couvertures et dos conservés, tête dorée, agréable reliure de l'époque signée Bernasconi.
Quelques rousseurs affectant essentiellement les premiers feuillets.
Envoi autographe signé de Claude Farrère à M. Briquet.
En regard de la page de justification du tirage, notre exemplaire est enrichi d'une aquarelle originale signée Henri Leclerc représentant l'héroïne de l'ouvrage accoudée au bastingage d'un navire, son soupirant se tenant debout et légèrement en retrait.
Très beau recueil de 49 aquarelles originales montrant la vie quotidienne au Tonkin, illustrant, pour la plupart, des scènes de la vie rurale.
Ces aquarelles, non signées, mesurent environ 20 x 15 cm (hors marge) et ont été finement exécutées à l'encre de Chine et à l'aquarelle, avec des rehauts de gouache, sur des feuilles de papier dont certaines portent le filigrane "Latune et Cie Blacons"; toutes sont montées sur onglets.
Reliure en demi percaline rouge à coins, dos lisse muet et recouvert de chagrin rouge, frottements sur le dos, plats de papier caillouté, gardes et contreplats de papier bleu, reliure de l'époque.
Quelques rousseurs en marges des aquarelles.
Les scènes représentent différents sujets : un poste militaire gardé par quatre soldats dont un en faction à l'entrée, un garde portant un uniforme blanc et tenant dans sa main droite un fusil muni d'une longue baïonnette, la tête recouverte d'un salacco (coiffe traditionnelle des tirailleurs indochinois), un vieillard assis sur une table et fumant la pipe tout en étant éventé par un domestique, un paysan travaillant la terre avec deux bœufs, une femme se recueillant devant une tombe, un autre paysan labourant la terre, deux villageois se rencontrant à proximité d'un petit pont, quatre personnes travaillant dans une rizière, un homme en costume devant un temple, trois paysans récoltant le riz, un combat de coqs, etc...
On y voit aussi de nombreux villageois transportant des denrées, des marchandises ou en train de pêcher, des lutteurs se produisant devant un notable, un enfant servant de guide à un aveugle, deux ouvriers transportant des pierres dans une brouette, une procession conduite par un dignitaire à cheval et emmenant un sanglier dans une cage, un prisonnier en train d'être fouetté, un autre sur le point d'être décapité, une scène de chasse, des musiciens, une femme utilisant un métier à tisser, des villageois en train de jouer, etc...
La présence occidentale n'est évoquée qu'une fois : un navire indochinois, voiles au vent, arbore trois étendards tricolores tandis qu'au second plan, un bâtiment à vapeur, probablement français, continue sa route…
On joint une pièce de cuir en veau fauve (4 x 32 cm) portant l'inscription à froid "Souvenir du Tonkin 1885-90".
Précieux témoignage sur le Tonkin au début du protectorat français.
Encre originale aux teintes magenta, brune, verte et bleue titrée et signée « Moscou / LD » par Léon Deubel, réalisée au verso d’une page de son recueil La Lumière natale.
Superbe klecksographie aux encres multicolores signée par le poète maudit Léon Deubel, inspirée par les Illuminations d’Arthur Rimbaud. Ce pliage précurseur de Rorschach fut réalisé à l’aide de technique de pliage chère à Victor Hugo.
Exceptionnel album contenant 54 caricatures originales et parfois légendées réalisées à l'encre de chine, au crayon, à l'aquarelle, (dont 3 petits dessins au crayon sur feuilles volantes) et des feuillets blancs.
Cet album amusant et personnel, visiblement composé par un artiste amateur, semble décrire les diverses aventures et mésaventures de quelques personnages récurrents, apparemment tous liés de près ou de loin à l'Ambassade de France près la Porte ottomane dont un morceau de papier à en-tête se trouve intercalé entre deux feuillets.
Reliure en plein vélin ivoire à recouvrement, dos lisse orné de filets rouges, un accroc restauré en tête du dos, filet rouge encadrant les plats, quelques taches sur les plats, gardes et contreplats de papier peigné, tranches rouges, reliure de l'époque.
L'album contient également 1 lettre autographe signé à l'encre noire agrémentées de caricatures en marges adressées à M. H. Fournier commençant par "Cher Washington n°2"
Le destinataire de la lettre satirique ornée de dessins insérée dans l'album semble être le diplomate Hugues Marie Henri Fournier (1821-1898) nommé en 1877 ambassadeur à Constantinople.
Les aventures du petit groupe, identifié par des légendes au crayon noir, semblent commencer à Florence en septembre 1872 pour se poursuivre à Rome.
On trouvera ainsi une aquarelle montrant le temple de Vesta.
En décembre 1872 d'après la légende à l'encre, le groupe composé des Vicomtes Bresson, de Mareuil, d'Hauterive et d'Hérisson est caricaturé à Rome, en visite au théâtre, au Capitole, à cheval, etc.
Un panorama aquarellé caricature de même la Guerre de 1870 et ses protagonistes.
Apparaissent également, caricaturés au crayon auprès de Fournier, le général de Castelbajac et le baron de Talleyrand.
On notera un beau portrait au crayon de Khalil Bey.
Le célèbre diplomate ottoman et collectionneur né au Caire en 1831 et mort à Istanbul en 1879, venait en effet, après son ambassade à Vienne de 1868, de revenir à Constantinople pour épouser en 1872 la princesse égyptienne Nazli Fazl. Outre son rôle dans la Guerre de Crimée, il est connu pour sa prestigieuse collection de tableaux qui, vendue aux enchères en 1868, contenait des oeuvres de Courbet (dont l'Origine du monde), d'Ingres, de Delacroix, etc...
Le comte d'Osmond, Alfred de Courtois ont aussi leur caricature.
On trouvera également dans l'album une vue intitulée Pointe imaginaire du sérail, et une aquarelle représentant une partie de Lawn-Tennis.
Unique ensemble.
Album de signatures conçu par Cecil Henland, exemplaire de 1908 comportant 36 signatures de grandes figures de la littérature, du cinéma, de la musique, de la presse et du théâtre français, chacune datée entre 1908 et 1910.
Reliure en chagrin rouge, dos lisse avec le titre estampé à l’or, vignette contrecollée sur le premier plat, tranches dorées, reliure de l’éditeur.
Illustrée d’un frontispice reproduit sur une vignette sur le plat représentant un exemple de fantôme (The Ghost of a Celebrated General) tiré de la signature du célèbre général Baden Powell, fondateur du scoutisme.
Un des plus précieux exemplaires de cet album fantomatique, préfigurant le test de Rorschach et les décalcomanies surréalistes, ayant appartenu à Yvonne Redelsperger, future femme de l’éditeur Gaston Gallimard.
Les plus grands figures du Paris artistique y ont laissé d’étranges signatures repliées lorsqu’elles étaient encore humides, révélant 36 squelettiques silhouettes d’encre à partir de leurs noms : Edmond Rostand, Georges Feydeau, Sacha Guitry, Maurice Leblanc et Gaston Leroux, Octave Mirbeau, Camille Saint-Saëns, ainsi que les proches amis de Proust, Paul Hervieu, Robert de Flers et Gaston de Caillavet – ces deux derniers étant passés à la postérité sous les traits de Robert de Saint-Loup dans La Recherche du temps perdu.
Encre originale dédoublée par pliage et signée dans l’œuvre « Marie-Laure », accompagnée d’une carte postale autographe signée adressée à Valentine Hugo et rehaussée de dessins et inscriptions autographes sur le dessin de la place Victor Hugo.
Superbe décalcomanie surréaliste de Marie-Laure de Noailles adressée à la peintre, modiste et photographe Valentine Hugo, la « Dame de Carreau » des surréalistes.
Page de titre encadrée du recueil 10 pointes sèches de Charles Kiffer sur Maurice Chevalier (Paris, Marcelle Lesage, [1935]), enrichie d'un envoi autographe signé de Charles Kiffer et d'une signature autographe de Maurice Chevalier. Encadrée au verso, figure la page de justification de l'exemplaire n°175 du recueil, numérotée et signée au crayon par Charles Kiffer. Quelques petits accrocs au cadre, feuillet de titre légèrement insolé.
Précieuse marque de reconnaissance du dessinateur et affichiste Charles Kiffer à son éditrice Marcelle Lesage et son collaborateur Jean Debucourt :"Pour Madame Marcelle Lesage avec mes hommages... les plus chevaleresques / Pour Debucourt avec ma très grande sympathie" inscrite à l'encre sur la page de titre de son recueil de portraits de Maurice Chevalier, comportant également la signature autographe de ce dernier.
Nouvelle édition et premier tirage des illustrations de Jacques Tardi.
Reliure de l'éditeur en plein cartonnage blanc, dos lisse.
Bel exemplaire.
Envoi autographe daté et signé de Jacques Tardi à Joëlle Passani enrichi d'un dessin original au feutre noir représentant, dans une vignette, Bardamu le visage triste.
Carte postale autographe inédite d'André Breton, signée par lui-même, sa femme Elisa, Benjamin Péret, Toyen et Jindrich Heisler, adressée à Marcel Jean et son épouse et rédigée au dos d'une vue photographique en noir et blanc des rochers de la Chaise-du-Curé de l'Île de Sein (Finistère).
Charmante carte postale poétique, rédigée lors d'un séjour breton : "la corne de brume manque à tous ses devoirs quoique le coupage au couteau soit de règle. Dans la vase à quoi se limite la vue de l'hôtel de l'Océan un bateau penché dit son nom : "Rose effeuillée". Rien de moins. Mais c'est toujours très bien dans l'ensemble." Revenant à des discussions plus "professionnelles", Breton demande des nouvelles du galeriste américain Sidney Janis : "Qu'est-il résulté de la visite Janis ?"
Lettre autographe signée "R" d'Auguste Renoir adressée à son ami et grand collectionneur de ses oeuvres Paul Berard. Une page et demi à l'encre noire sur un bifeuillet.
Trace de pli transversale inhérente à l'envoi.
Lettre autographe signée d'Auguste Renoir, datée de sa main du 5 février 1909. 2 pages à l'encre noire sur un bifeuillet.
Trace de pli horizontal inhérent à l'envoi.
Renoir rédige cette missive dans sa maison des Collettes à Cagnes, qui vit naître des œuvres d'une grande sensualité, et où il s'essaya également à la sculpture. Le peintre commande des pinceaux et mentionne ici la venue de la famille du docteur Emile Baudot, son médecin de longue date et médecin-chef de la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest. Renoir eut comme unique élève la fille du vénérable docteur, Jeanne Baudot, dont il fit le portrait et qui posa aux côtés de son maître pour une toile de Maurice Denis.
Maurice Gangnat était un mécène, grand collectionneur d'art et ami intime de Renoir, qu'il rencontra en 1904 par l'entremise de Paul Gallimard. Lorsque celui-ci le présenta à Renoir, ses tableaux l'enthousiasmèrent tant qu'il en acheta immédiatement douze, au prix de vingt-mille francs . Il avait l'instinct du connaisseur, et Renoir lui laissait choisir chaque printemps le meilleur de sa production : "Il a l'oeil " disait-il de lui.
Gangnat acheta entre 1905 et 1917 cent-quatre-vingt tableaux lors de ses séjours aux Collettes, dont trente-six paysages de Cagnes et de ses environs.
"Cher Monsieur Gangnat,
Je retrouve sur ma table une lettre que je croyais depuis longtemps à la porte.
Je vous disais que j'avais reçu un avis de la Banque marseillaise ou vous avez eu l'obligeance de déposer de l'argent pour moi et que je vous renverrais ( ?)
Je prends la liberté de vous charger de m'apporter un paquet de pinceaux. Millaud vous les apportera chez vous. Nous comptons toujours sur vous le plus tôt possible. Les Baudot doivent me faire leur visite annuel vers le commencement de mars. Ce pauvre docteur est replacé à la gare Saint Lazare. Ce mois-ci il s'y attendait. [...]
J'espère que vous êtes en bonne santé et prévenez nous pour vous aller chercher à la gare.
Ma femme et moi vous envoyons toutes nos amitiés ainsi qu'à Madame Gangnat et à Philippe [...]"
Charmante et visuelle lettre du peintre à un très proche ami, pendant sa période cagnoise, commandant des pinceaux pour ses futurs chefs-d'oeuvre, notamment son Ode aux fleurs réalisée cette année-là.
Portrait de Tsugouharu Foujita, photographie originale sur papier albuminé. Tampon bleu de l'atelier "Photographie Simon's 40, rue de Passy, Paris" au verso du cliché.
Superbe portrait enrichi d'un bel envoi autographe de Foujita à la plume, écrit le jour de son anniversaire : "A Lolotte Rabinovitz / Avec mes amitiés / Je suis toujours / prêt à toi [sic] / à Yoshinoya New York / ma fête 27 nov 1930".
Ami, tu veux / Devenir poète / Ne fais surtout pas / L'imbécile / N'écris pas / Des chansons trop bêtes / Même si les gourdes / Aiment ça
Catalogue d'exposition des oeuvres peintes de Tony Curtis présentées à la Center Art Galleries d'Hawaï.
Catalogue illustré de reproductions d'oeuvres de Tony Curtis.
Bel exemplaire. Nous joignons l'enveloppe d'expédition du catalogue.
Signature manuscrite de Tony Curtis au feutre bleu sur le premier plat du catalogue.
Provenance : du fonds du grand collectionneur d'autorgaphes Claude Armand.
Retirage d'une photographie en noir et blanc représentant Joan Crawford dans les années 1950.
Bel exemplaire. Nous joignons l'enveloppe d'expédition adressée au collectionneur.
Envoi autographe signé de Joan Crawford au grand collectionneur d'autographes Claude Armand : "Dear Claude thnak you for your warming letter. Bless you Joan Crawford."
Coupure de presse de la Tribune de Genève avec photographie d'Uri Geller évoquant ses talents de magicien et de tordeur de métal.
Rare signature manuscrite d'Uri Geller au feutre noir sur sa photographie.
Emouvante lettre autographe signée du peintre Pierre Puvis de Chavannes, sur deux pages d'un feuillet remplié, qui se désole de ses tableaux entreposés au musée d'Amiens attendant d'être exposés.
Le peintre s'adresse à un destinataire probablement en poste au musée de Picardie d'Amiens, qui lui avait donné des nouvelles de ses oeuvres conservées dans le musée encore en travaux d'angrandissement : "J'étais en effet très attristé de savoir d'une part mes tableaux en péril, et ceux qui doivent les compléter enfermés depuis plus de deux ans dans une caisse qui menaçait de devenir un cercueil - je m'y sentais avec eux - je souffrais aussi de voir fuir cet été incandescent et si propice à la construction sans qu'une pierre eût été posée, ce que vous dites me rassure pour l'avenir." Il évoque également son ami Charles Borély, premier conservateur du musée de Picardie, qui n'a pas pu voir le musée achevé : "Puisse Dieu me porter vie et me permettre de voir s'achever ce monument - mon pauvre ami Borély si dévoué à son musée n'aura pas eu cette joie".
Trois photographies originales de Maurice Béjart enfant aux côtés de sa mère, prises à Mougins. Nous joignons le faire-part de naissance, datant du 1er janvier 1927, imprimé à son nom « Maurice Jean Berger ».
Provenance : archives personnelles de Maurice Béjart.
Journal intime autographe de Maurice Béjart écrit sur un agenda de l'année 1969 célébrant le centenaire de la naissance de Mahatma Gandhi.
52 feuillets autographes, rédigés aux stylos rouge et bleu dans un cahier à spirales. Ce journal figure parmi les très rares manuscrits de Béjart en mains privées, les archives du chorégraphe étant partagées entre sa maison bruxelloise, la fondation Béjart de Lausanne et le Théâtre Royal de la Monnaie.
Journal du chorégraphe Maurice Béjart, écrit durant l'année 1969. Rarissime collection de pensées, d'interrogations, d'introspections sous le prisme de l'hindouisme et de la sagesse bouddhique, que Béjart adopte à la suite d'un premier voyage en Inde en 1967.
Le journal constitue un témoignage emblématique de l'époque indo-hippie des années 1960, renaissance spirituelle et artistique qui inspira au chorégraphe de nombreux ballets (Messe pour le temps présent, Bhakti, Les Vainqueurs).
Une sélection de ce journal fut publiée par Maurice Béjart dans le second tome de ses mémoires (La Vie de Qui ? Flammarion, 1996).
Durant l'année 1969, Béjart prend quotidiennement des notes dans un agenda publié à la mémoire de Mahatma Gandhi. Fasciné par le mysticisme hindou depuis un voyage en Inde en 1967, il remplit ce journal spirituel de nombreux mantras et prières (« Krishna guide mon char, la lumière est au bout du chemin. OM » ; « Le Bouddha est partout présent » ; « Laisser Dieu entrer, mais comment ouvrir la porte ? ») et invoque tant les divinités hindoues que les Bodhisattvas Manjur et Tar - figures apaisantes du panthéon bouddhique. La « période indienne » de Béjart fut particulièrement riche en chefs-d'œuvre chorégraphiques, dont on suit la progression dans son journal (Baudelaire en début d'année, la création des Vainqueurs à Bruxelles et des Quatre fils Aymon à Avignon, ainsi que le tournage et la projection de son ballet indien Bhakti). à la croisée du New Age et du mouvement hippie, la « conversion » de Béjart est symptomatique d'une époque en refus du progrès et en soif de spiritualité : « Calcutta n'est pas l'Inde mais notre visage occidental. Ce n'est pas la religion ni la pensée traditionnelle qui est coupable mais le capitalisme. L'Inde pays riche avant la colonisation ». La visite des Beatles dans l'ashram du guru Maharishi et le concert de Ravi Shankar à Woodstock en 1969 marquèrent le début d'une véritable passion occidentale pour la musique et la culture indiennes, qui fut déterminante dans les ballets de Béjart à cette époque.
L'Inde s'offre également aux yeux de Béjart comme un lieu où l'art et les traditions ancestrales n'ont pas subi les perversions du positivisme. Il cherchera dans ses créations à exprimer l'esprit d'une culture qui unit intimement le corps et l'esprit, et dans laquelle la danse joue un rôle cosmique et spirituel majeur.
Les systèmes de danse indienne et les chants védiques découverts grâce à l'orientaliste Alain Daniélou furent insérés dans ses ballets - en 1968, il ouvre la Messe du temps présent par un long solo de vînâ qui dura quinze minutes : « Béjart est dans son quart d'heure hindou. Et là-bas, les quarts d'heure hindous, ça peut durer des heures... » commenta Jean Vilar, directeur du festival d'Avignon. Un vent de mode indienne passera également dans les costumes de la troupe du Ballet du XXème siècle : larges pantalons de soie, tuniques, bijoux et yeux orientaux. Dans le journal, Béjart affirme qu'il n'y a « pas de vérité sans yoga », un art découvert auprès d'un maître indien que l'on trouve dans nombre de ses ballets sous la forme d'exercices de danse à la barre. Il décide également de faire de Bhakti « un acte de Foi » en filmant lui-même la chorégraphie du ballet, et prépare pendant l'été les Vainqueurs, une rencontre insolite entre Wagner et les ragas traditionnels indiens.
Au-delà de l'artiste prolifique, on découvre aussi dans le journal la personnalité troublée du chorégraphe, en proie au doute et à la mélancolie : « état vague d'apesanteur physique et de vide moral. Léthargie ou paresse. Faiblesse. Vertige. Torpeur. Inconscience ». Malgré les succès, Béjart tentera d'apaiser son état fragile par la méditation et l'enseignement de prophètes et brahmanes indiens, qu'on rencontre au fil des pages du journal (Ramana Maharshi, Swami Ramdas, le Dalaï-Lama, Apollonios de Tyane). Ses amours parfois contrariées avec son danseur fétiche Jorge Donn l'accaparent et le plongent dans l'angoisse - à la veille de la première des Vainqueurs, il écrit « Avant-générale. Chaos. [Jorge] Donn parti. Tara absente. Moi perdu. ». Déchiré entre la jouissance et la maîtrise de soi, il voyage à rythme effréné avec sa troupe du Ballet du XXème siècle, d'abord aux Pays-Bas puis en Italie à Milan, Turin et Venise : « Je quitte Venise complètement asservi à la paresse au sexe et à la facilité et pourtant étrange bien-être de la brute qui a bu et baisé ». Pourtant, ces moments heureux ne parviennent pas à satisfaire Béjart, pour qui la « Joie a un arrière-goût de mort » malgré la « vie de travail et de discipline » qu'il s'impose durant cette année riche en créations. à la fin de sa vie, Béjart reviendra avec humour sur ses frasques indiennes et le ton résolument sombre de son journal : « Je ne peux pas m'empêcher de rire de cet idiot qui pleure et qui geint, alors qu'il créait des ballets en grand nombre [...] Quand je pense qu'à la fin de ce journal de 1969 je songeais résolument à la retraite ? ! ».
Rarissime document retraçant la rencontre entre l'Orient et l'Occident dans la vie intime et l'œuvre chorégraphique de Maurice Béjart. Ce journal incarne une époque de contre-culture et de syncrétisme culturel qui marqua durablement le ballet d'avant-garde européen.
Provenance : archives personnelles de Maurice Béjart.
Manuscrit autographe signé du peintre et écrivain Jacques-Emile Blanche, intitulé « Serge de Diaghileff ». 5 feuilles rédigées à l'encre noire, avec de nombreuses corrections en bleu. Foliotation autographe à l'encre noire, et foliotation postérieure au crayon bleu. Le feuillet 4, initialement en deux parties, a été assemblé à l'aide d'un morceau d'adhésif collé au verso.
Passages biffés et corrections.
Très bel éloge funèbre de Jacques-Emile Blanche à son ami Serge Diaghilev, directeur des célèbres Ballets Russes.
Le peintre et écrivain Jacques-Emile Blanche rend hommage au génie de Serge Diaghilev, peu après sa disparition à Venise en 1929. Choisi comme « parrain » des Ballets Russes, le peintre suivit avec attention l'action du chorégraphe comme régénérateur des arts scéniques et applaudit Le Sacre du printemps de Stravinski. Il réalisa également de nombreux portraits des danseuses des Ballets russes, qu'il présenta en 1912 à la Biennale de Venise.
Au début du siècle, la compagnie de Diaghilev « les Ballets russes », avait en effet ébloui tous les publics européens par un art riche et vivace qui, de forme nouvelle en forme nouvelle, resta pendant vingt ans à l'avant-garde. Le peintre se souvient de sa première rencontre avec Diaghilev, personnage au charme incontestable : « j'éprouvai qu'on ne pouvait lui résister. Son autorité, ses caprices d'enfant gâté, on les subissait, tant son intelligence éclatait dans ses paroles d'adolescent. Il ressemblait, alors, assuraient ses compatriotes, au Tzar Alexandre Ier ». Il revient sur l'existence troublée de l'impresario et ses éblouissants succès avec les Ballets Russes : « Eh quoi ! vingt ans d'expériences, vingt ans d'incomparables spectacles - et la perfection d'une technique de plus en plus déconcertante, ne nous conseilla-t-il pas d'accorder crédit illimité à notre cher ami, le plus artiste des hommes - et somme toute, le plus sûr de soi-même, malgré l'extravagance, le paradoxe de la vie qu'il menait et qu'il imposait à sa troupe ? ».
Blanche souligne le goût de Diaghilev pour la culture française, qu'il partageait avec ses amis et collaborateurs. L'amour de cette culture, hérité des milieux aristocratiques russes, faisait de lui « Le plus parisien des cosmopolites, croyant au prestige de Paris comme un boulevardier du second Empire ». On apprend également le projet jamais réalisé de Diaghilev de se rendre à Moscou et de monter des ballets dans la jeune URSS, considérée à l'époque comme une terre d'avant-garde politique et artistique. La lettre s'achève sur une poignante évocation de Venise, où Diaghilev s'est éteint le 19 août 1929 :
« voici qu'un funèbre cortège de gondoles accompagne sur la lagune torride [...] les restes de notre cher camarade. Il est bien - puisqu'il devait nous quitter - qu'il fermât les yeux sur la cité du Sang, de la volupté et de la Mort ».
Admirable panégyrique du créateur et impresario Serge de Diaghilev par Jacques-Emile Blanche, fidèle ami et portraitiste des Ballets Russes.
Lettre autographe multicolore de Pablo Picasso à Max Pellequer, signée et datée par l'auteur du 27 janvier 1956, à l'adresse autographe de sa villa "La Californie". 14 lignes aux crayons vert, bleu, rose, orange, rouge, violet et turquoise sur un feuillet filigrané "BFK Rives".
Infimes traces de plis transversaux inhérents à l'envoi.
La couleur n'est pas systématiquement utilisée dans les lettres de Pablo Picasso. Il semblerait que l'artiste ait voulu faire un geste aimable envers son ami et banquier Max Pellequer, car plus ses lettres sont esthétiques, plus elles sont précieuses. Pour parler de son art, Pablo Picasso opte pour la couleur rouge : "je continue mon travail avec ardeur". Un choix significatif qui reflète toute l'énergie que l'artiste souhaite insuffler à ses créations.
Lettre autographe multicolore de Pablo Picasso à Max Pellequer, signée et datée par l'auteur du 5 juin 1956, à l'adresse autographe de sa villa "La Californie". 12 lignes aux crayons orange, rose, bleu, jaune et violet sur un feuillet.
Infimes traces de plis transversaux inhérents à l'envoi.
Très élégante missive calligraphiée aux pastels gras par Pablo Picasso.
Lettre autographe multicolore de Pablo Picasso à Max Pellequer, signée et datée par l’auteur du 13 juin 1957, à l’adresse de sa villa « La Californie ». 2 pages sur un feuillet, 22 lignes aux crayons vert, bleu et rouge sur un feuillet filigrané. Infimes traces de plis transversaux inhérents à l’envoi.
Exceptionnel témoignage de la passion de Pablo Picasso pour la tauromachie, thème récurrent de son art depuis ses toutes premières œuvres peintes dès l’âge de huit ans (« Le petit Picador jaune », 1899).
Pablo Picasso détaille pour Max Pellequer et sa femme l’organisation d’un séjour à Arles les 5, 6 et 7 juillet 1957, auquel l’artiste les invite avec une poignée d’amis. Avec un enthousiasme non dissimulé, il leur annonce avoir réservé leurs chambres au « Norpinus » [hôtel Nord-Pinus] et leurs places pour la corrida. Ce n’est qu’après ces informations que le peintre évoque le vernissage de son exposition au Musée Réatu et le dîner officiel avec le grand collectionneur Douglas Cooper et le maire d’Arles, Charles Privat : « Dîner Cooper & maire ». Une représentation d’« Aïda aux arènes » est également programmée durant cette escapade arlésienne qui se clôture le 7 par une magistrale « course de toros avec présence d’un roi nègre ».
Carnet personnel de Thierry Mugler contenant des dessins originaux et aphorismes autographes inédits.
Reliure à la bradel en pleine toile noire. Sur le premier plat, Thierry Mugler a peint une étoile blanche au correcteur.
Quinze pages du cahier ont été remplies par le styliste :
• La première au feutre bleu fluo présente le mot « Yes » ainsi qu'un grand point d'exclamation se terminant par la mythique étoile muglerienne.
• Sur une double page, le mot « blanc » rehaussé au correcteur et en majuscules sur fond de feutre noir, au feutre orange les mots « Indehain » ( ?) et « tribe » avec un dessin de soleil, plusieurs notes au stylo bille noir : « Aelino Rock-Elektro », « DJ », « Syath Choreographie ».
• Une double page présentant un très beau dessin de femme noire nue, plantureuse et à l'opulente chevelure rose, à gauche au stylo bille noir les mots « Super nova mama » ainsi qu'une étoile rehaussée au feutre violet.
• Une double page présentant trois lignes aux feutres vert, rouge et violet : « - La Perle de l'Afrique... / rien qui bouge ! ! ! / Le chic des mains de Paris ! » Le dernier point d'exclamation se termine par une étoile.
• Plusieurs dessins d'étoiles et esquisses de bouteilles de parfum au crayon de papier.
• Une liste de noms au crayon de papier, en face de certains la lettre « G » au feutre bleu, la mention « Kab » au feutre rouge et un tortillon au feutre orange.
• Une double page présentant en pied une planète sur laquelle est dessiné un phallus ; au-dessus, plusieurs lignes aux feutres bleu, violet, orange, vert et rouge constituant le texte suivant : « Alice se perdit dans Brocéliande et se fit courser par le centaure Manfred...et ses dangereux attributs...Pauvre petite fille riche...Ce n'est pas le luxe qui va la sauver. Ombre d'arbres sous la lune « EN TRAVERS » CQFD... Testostérone et innocence...la Belle et la Bête ! ! ! Rugissement furieux de métal...Perforation du Tympan et l'Hymen...L'HISTOIRE DU MONDE ! »
• Une double page au crayon de papier sur laquelle il a réalisé en marge gauche un croquis de pole danseuse la tête à l'envers ; autour le texte suivant : « Strip Tease intello : laide, pas laide... Qui suis je ? Oui !... Je suis belle. Non ! Je suis laide... Regardez moi ! Non ne me regardez pas ! Voyez moi ! Aimez moi ! BAISE MOI ! ! ! VAS T'EN ! Reviens. Folle... Pas folle... Grand Corps Malade ? Fabien » [Grand Corps Malade, de son vrai prénom Fabien, composa une chanson pour le spectacle de music-hall Mugler Follies].
• Une note au crayon : « Acte Vente Chelsea AT 92 ». Thierry Mugler vendit son penthouse dans le quartier de Chelsea à New York en 2012.
Les archives personnelles de Thierry Mugler sont d'une insigne rareté.
Lettre autographe aux crayons bleu et rouge de Pablo Picasso à Max Pellequer, signé et daté par l'auteur du 7 juin 1956, à l'adresse autographe de sa villa « Californie ». 12 lignes au recto et deux lignes au verso sur un avis de parution imprimé d'un ouvrage de Thèrèse Leroy.
Traces de plis transversaux inhérents à l'envoi. Légère pliure à l'angle inférieur gauche.
Nous avons ici un rare témoignage écrit de Pablo Picasso se livrant à l'autodérision. Dans sa villa "Californie", Le peintre s'est servi d'un avis de parution imprimé de l'ouvrage "la technique du classement". Sous cette annonce, il s’est amusé à écrire les mots suivants : "Je vais m'y mettre. Un peu sur le tard", bien conscient de privilégier son art aux triviales tâches administratives. Picasso fait ainsi référence au sujet de sa missive, la découverte d'un nouveau document d'assurance sollicité par son destinataire. Max Pellequer, qui gérait ses finances, ne connaissait que trop bien le caractère désordonné de son ami, l'artiste aux 50 000 œuvres.
La composition graphique de cette courte missive témoigne elle-même des réelles préoccupations de Picasso qui a changé de couleur et de taille de caractères pour mettre au premier plan et au centre ce qui compte vraiment à ses yeux, la beauté et l’amitié :
« Mistral et soleil. Allez bien et bonne poignée de main de votre Picasso » !
Photographie en noir et blanc représentant Tony Curtis souriant.
Bel exemplaire, l'encre ayant un peu bavé sur deux dernières lettres de Curtis.
Signature manuscrite de Tony Curtis à l'encre bleue en marge gauche du cliché.
Provenance : du fonds du grand collectionneur d'autographes Claude Armand.
Retirage d'une photographie représentant Shirley Temple enfant allongée sur un lit.
Bel exemplaire.
Envoi autographe daté de 1988 et signé de Shirley Temple, au feutre noir, au grand collectionneur d'autographes Claude Armand.
Coupure de presse illustrée d'une photographie représentant Joséphine Baker sur scène.
Pliure centrale horizontale, petites déchirures sans gravité en marge droite de la coupure.
Envoi autographe signé de Joséphine Baker au feutre noir quelques mois avant sa disparition : "A Claude Armand ami de Jospéhine Baker 1975".
Carte postale photographique en noir et blanc représentant Gilbert Bécaud.
Discographie de Gilbert Bécaud au verso de la carte qui comporte de petits manques de papier.
Envoi autographe signé de Gilbert Bécaud au grand collectionneur d'autographes Claude Armand : "A Claude Gilbert" enrichi d'un petit chat dessiné au stylo bille bleu.
Lettre autographe multicolore de Pablo Picasso à Max Pellequer, signée et datée par l'auteur du 23 septembre 1959, à l'adresse autographe de sa villa "La Californie". 10 lignes aux crayons bleu et vert sur un feuillet filigrané "BFK Rives".
Infimes traces de plis transversaux inhérents à l'envoi. Discrètes traces de transfert d'une précédente lettre sans gravité.
Très élégante missive calligraphiée aux pastels gras bleu et vert par Pablo Picasso.
Lettre autographe de Pablo Picasso à Max Pellequer, signée et datée par l'auteur du 23 septembre 1958. 13 lignes au crayon à mine multicolore (orange, rouge, bleue et vert) sur un feuillet "VIA WESTERN UNION".
Traces de plis transversaux inhérents à l'envoi. Déchirure à l'angle inférieur gauche.
La couleur n'est pas systématiquement utilisée dans les lettres de Pablo Picasso. Il semblerait que l'artiste ait voulu faire un geste aimable envers son ami et banquier Max Pellequer, car plus ses lettres sont esthétiques, plus elles sont précieuses. L'utilisation du crayon à mine multicolore dans une correspondance est une pratique partagée par plusieurs artistes, notamment Paul Éluard.
Carte postale oblongue en couleurs représentant Charles Aznavour les mains croisées sous son menton.
Bel exemplaire.
Signature manuscrite de Charles Aznavour au feutre noir en marge droite de la carte.
Provenance : du fonds du grand collectionneur d'autographes Claude Armand.
Photographie en noir et blanc représentant Melina Mercouri jeune allongée dans la paille et mâchonnant un brin de paille.
Bel exemplaire. Coupures de presse encollées au verso de la photographie.
Signature manuscrite de Melina Mercouri à l'encre bleue.
Provenance : du fonds du grand collectionneur d'autographes Claude Armand.
Photographie en noir et blanc représentant Micheline Presle dans les années 1950.
Bel exemplaire.
Envoi autographe signé de Micheline Presle au grand collectionneur d'autographes Claude Armand : "A Claude Armand mon amical souvenir. Micheline Presle."
Carte postale en couleurs représentant Ginger Rogers jeune et coiffée d'un chapeau.
Bel exemplaire.
Signaure manuscrite de Ginger Rogers au feutre bleu.
Provenance : du fonds du grand collectionneur d'autographes Claude Armand.
Photographie en noir et blanc représentant Debbie Reynolds souriant et de profil.
Bel exemplaire. Nous joignons l'enveloppe manuscrite expédiée par Debbie Reynolds au grand collectionneur d'autographes Claude Armand.
Envoi autographe signé de Debbie Reynolds à Claude Armand : "To Claude best wishes. Debbie Reynolds."
Elégante lettre autographe multicolore de Pablo Picasso à Max Pellequer, signée et datée par l'auteur du 20 décembre 1955. Un feuillet au crayon multicolore (bleu, vert, orange et rouge). [Vendue non encadrée]
Traces de plis transversaux inhérents à l'envoi.
Cette œuvre d'art littéralement « graphique » constitue un superbe maillon polychrome de la chaîne épistolaire qui lia le plus grand artiste du XXe siècle à son principal mécène.
Photographique originale en noir et blanc représentant Mistinguett coiffée d'un chapeau.
Très légères éraflures sans gravité en marges de la photographie.
Tirage argentique d'époque. Cachet imprimé du studio photographique P. Apers à Paris en marge droite du cliché.
Envoi autographe daté et signé de Mistinguett à André Saudemon, à l'encre noire, en pied de la photographie.
Photographie originale en noir et blanc de l'Associated press british représentant Cliff Richard posant à Athènes avec, en arrière-plan, l'Acropole à l'occasion de la sortie du film "Summer holiday".
Bel exemplaire. Etiquette de l'Associated press british encollée au verso. Signatures manuscrites des acteurs Roy Castle et Lebbi Siffre en dessous.
Signature manuscrite de Cliff Richard au feutre noir en marge gauche du cliché.
Provenance : du fonds du grand collectionneur d'autographes Claude Armand.
Photographie en noir et blanc représentant Betty Grable.
Bel exemplaire. Coupures de presse encollées au verso du cliché.
Signature manuscrite de Betty Grable au feutre violet en marge gauche de la photographie.
Provenance : du fonds du grand collectionneur d'autographes Claude Armand.
Retirage d'une belle photographie des années 1950 représentant "The look" de profil, la main droite sur une hanche.
Signature manuscrite de Lauren Bacall au feutre noir.
Provenance : du fonds du grand collectionneur d'autographes Claude Armand.
Retirage d'une photographie représentant Gloria Swanson jeune de face.
Bel exemplaire.
Signature manuscrite de Gloria Swanson à l'encre bleue.
Provenance : du fonds du grand collectionneur d'autographes Claude Armand.
Portrait photographique d'Erroll Garner le représentant assis devant son piano.
Bel exemplaire.
Envoi autographe signé d'Erroll Garner, à l'encre bleue, en marge supérieure gauche de la photographie.
Provenance : du fonds du grand collectionneur d'autographes Claude Armand.
Photographie en noir et blanc représentant Cliff Richard légèrement de face.
Bel exemplaire.
Signature manuscrite de Cliff Richard à l'encre noire en marge droite du cliché.
Provenance : du fonds du grand collectionneur d'autographes Claude Armand.
Portrait photographique, en noir et blanc, représentant Glenn Ford dans les années 1930-1940.
Bel exemplaire.
Signature manuscrite au feutre noir de Glenn Ford en marge supérieure gauche du cliché.
Provenance : du fonds du grand collectionneur d'autographes Claude Armand.
Photographie en noir et blanc représentant Shirley Temple enfant.
Bel exemplaire.
Envoi autographe daté de 1988 et signé de Shirley Temple au grand collectionneur d'autographes Claude Armand.
Photographie en noir et blanc représentant Alice Faye jeune.
Bel exemplaire.
Signature manuscrite d'Alice Faye à l'encre argentée en marge droite de la photographie.
Provenance : du fonds du grand collectionneur d'autographes Claude Armand.
Lettre autographe signée de Jean-Auguste-Dominique Ingres à Charles Paillet avec son adresse et titre autographes "commissaire expert honoraire des Musées Royaux", tampons postaux. Traces de plis inhérents à l'envoi. Une déchirure marginale restaurée, sans atteinte au texte.
Exceptionnel manuscrit dans lequel Ingres donne les descriptions et les consignes d'exposition de ses deux tableaux inspirés de la vie de l'Arétin : "L'Arétin et l’envoyé de Charles Quint" et L’Arétin chez le Tintoret".
Lettre autographe signée et datée "20 floréal an 79 19 mai" [19 mai 1871?], 3 pages sur un bifeuillet bleu. Un petit manque affectant quelques lettres, traces de pli inhérentes à l'envoi.
Rare missive d'un peintre et illustrateur Gérard-Séguin, connu pour son portrait d'Honoré de Balzac (Musée des beaux Arts de Tours). En pleine Commune de Paris, alors que la famine et les combats font rage, l'artiste lance un appel désespéré plein de gouaille.
Cette lettre est l'un des rares manuscrits conservés d'un artiste prolifique dont la biographie demeure incomplète : "On connaît mal la vie et l’œuvre de Jean Alfred Gérard-Séguin, si ce n’est qu’il fut élève de Jérôme-Martin Langlois à l’École des Beaux-Arts de Paris, exposa au Salon entre 1831 et 1868 et, ami de l’éditeur Pierre-Jules Hetzel, travailla essentiellement dans l’illustration d’édition en fournissant des dessins pour divers livres, comme La Comédie Humaine de Balzac, dont il peignit aussi le portrait. Sous l’égide de Prosper Mérimée et des premières commissions des Monuments historiques, il assura aussi les relevés des fresques de Saint-Savin-sur-Gartempe." (musée de Valence). Républicain endurci, il soutient la Commune et avait déjà réalisé un important tableau historique sur la Révolution de 1848, représentant un "gardien de la paix et de la République". Gravement appauvri par le siège et âgé de 67 ans, il regrette pourtant dans ces lignes de ne pas pouvoir rejoindre les rangs des combattants communards.
Album contenant 44 planches de costumes dessinés au crayon (les deux premières) ou aquarellées (toutes les autres), contrecollées sur papier fort, parfois légendées, non signées.
Reliure en demi basane verte, dos lisse orné de filets noirs et dorés, ainsi que de guirlandes et fleurons dorés, frottements sur le dos, plats en toile cerise gaufrée, coins émoussés, quelques accrocs sur les coupes, reliure de l'époque.
Bel album de costumes bretons dans la manière d'Hippolyte Lalaisse et de sa Galerie armoricaine de 1848.
On remarquera la prédominance des départements bretonnants (Morbihan occidental et Finistère) : 1. [Joueur de cornemuse assis]. - 2. [Danse paysanne]. - 3. Femme des environs d'Auray (Morbihan). - 4. Petit pâtre du Morbihan. - 5. Femme de Plouay (Morbihan). - 6. Homme de Faouët (Morbihan). - 7. Femmes de Josselin (Morbihan). - 8. Femme de Pluméliau (Morbihan). - 9. Femmes de Ploëmeur (Morbihan). - 10. Femme de Ploërmel et fermier des environs (Morbihan). - 11. Femme d'Auray (Morbihan). - 12. Femme de Lanzac (Morbihan). - 13. Homme de Lanzac. - 14. Femme de Guéméné près Pontivy (Morbihan). - 15. Femme d'Elven (Morbihan). - 16. Laitière de St-Paterne à Vannes (Morbihan). - 17. Femme de Douarnenez (Finistère). - 18. Homme de Pont-L'Abbé (Finistère). - 19. Femme de Pont-L'Abbé. - 20. Pêcheur de Douarnenez (Finistère). - 21. Laitière de Douarnenez. - 22. Mariée de Kerfeunteun (Finistère). - 23. Homme de Châteauneuf-du-Faou (Finistère). - 24. Femmes de Plougastel, près Brest (Finistère). - 25. Homme de Plougastel. - 26. Femme de Locmaria, près Quimper, cultivateur d'Elliant (Finistère). - 27. Paysan de Riec (Finistère). - 28. Jeune fille de Bannalec (Finistère). - 29. Homme de Saint-Thégonnec (Finistère). - 30. Femmes des environs de Pont-Lannay (Finistère). - 31. Mariés de Kerlouan (Finistère). - 32. Hommes et femmes des environs de Pontcroix (Finistère). - 33. Cultivateur de Saint-Évarzec (Finistère). - 34. [Femme et deux enfants]. - 35. [Présentation d'un nouveau-né à un calvaire]. - 36. Femme de Ploëne près Moncontour (Côtes-du-Nord). ) 37. Femme d'Antrain (Ille-et-Vilaine). - 38. Homme et femme de Cancale (Ille-et-Vilaine). - 39. Femme de Saint-Servan et de Dinan, près Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). - 40. Demoiselles de Pornic (Loire-Inférieure). - 41. Homme de Bourg-de-Batz, en costume de fête (Loire-Inférieure). - 42. Femme du Bourg-de-Batz en costume de fête. - 43. Mariés du Bourg-de-Batz. - 44. Jeunes paludières en costume de travail.
Exemplaire de Léon Noël, avec vignette ex-libris encollée sur le contreplat.
Portrait photographique des studios Disney en noir et blanc représentant Walt Disney. Un infime trait noir au niveau des cheveux.
Rare et belle signature manuscrite de Walt Disney à l'encre noire inscrite dans le cliché.
Photographie originale représentant Charles Gounod de face.
Tirage argentique d'époque contrecollé sur un carton réalisé par le photographe Isidore Alphonse Chalot au 18, rue Vivienne à Paris.
Indications manuscrites, aux encres noire puis bleue, au verso de la photographie par le dédicataire A. Lasserre contrôleur à l'Opéra Garnier : "Portrait de Ch. Gounod signé le soir de la 926eme représentation de Faust (samedi 29 septembre 1888) A. Lasserre.
Une autre indication manuscrite, au crayon de papier, en marge droite du verso : 1867e représentation de Faust le 28 septembre 1929.
Tampon imprimé "Maison Martinet Albert Hautecoeur, 18, bd des Capucines" en pied du verso.
Signature manuscrite datée de Charles Gounod en angle supérieur droit de la photographie : "Ch. Gounod 29 7bre / 88."
Lettre autographe datée et signée de Cécile Sorel, 23 lignes à l'encre bleue sur un double feuillet, au chiffre de Cécile Sorel, comtesse de Ségur par son mariage.
Trace de pliures inhérentes à la mise sous pli.
L'actrice remercie son correspondant, journaliste au Théâtre, pour sa critique élogieuse : "Vous savez combien tout ce qui vient de vous touche le plus sensible de mon coeur, jugez de ma joie en lisant les belles lignes que vous me consacrez."
Pour le remercier, elle lui adressé des fleurs et l'invite à lui rendre visite bientôt : "faites-moi la joie de venir déjeuner et causer avec moi de la pièce qui dort dans vos cartons et de laquelle j'attends une revanche."
Lettre autographe signée de Jean-Jacques Henner à son ami Castagnary, 18 lignes à l'encre noire sur un bi-feuillet.
La lettre est preque dénuée de ponctuation.
Une date inscrite à l'encre violette, probablement celle de la réception, par le destinataire, de la missive.
"Mon cher ami,
votre très aimable invitation m'est arrivée malheureusement un peu en retard vous aviez l'adressé place Clichy au lieu de place Pigalle et à mon grand regret je ne suis pas libre j'en suis désolé vous savez tout le plaisir que j'ai a venir chez vous soyez donc mon interprète auprès de madame Castagnary et excusez moi. Votre tout dévoué JJHenner."
Billet autographe signé de Caran d'Ache adressé à une amie, 18 lignes au crayon de papier sur un bi-feuillet, chaque lettre étant inscrite en majuscule.
Déchirures restaurées à l'aide de pièces adhésives, petits manques angulaires sans gravité.
"Admirable madame ! Grandpierre & non Dampierre est votre proche voisin rue d'Offemont. Je me traîne à vos pieds heureux de baiser la pointe de vos pieds. Caran d'Ache."
La rue d'Offemont, située plaine Monceau, est désormais la rue Henri Rochefort.
Lettre autographe datée et signée de Théophile-Alexandre Steinlen, 30 lignes à l'encre noire depuis son domicile montmartrois du 21, rue Caulaincourt, adressée à ses amis Lefèvre.
Traces de pliures inhérentes à la mise sous pli, petites déchirures marginales.
Le peintre s'enquiert de la santé de madame Lefèvre alors souffrante et demande à son correspondant de tout mettre en ordre dans leur maison de Saint Ay, sa femme et modèle Massia y logeant bientôt.
Steinlen est retenu à Paris : "Pour moi, je ne se sais trop ce que je ferai, en tout cas, je ne puis quitter Paris avant le 15 - d'ici là des évènements peuvent survenir qui me bloqueront ici... ou ailleurs - s'ils ne s'arrangent pas de la façon que je souhaite St Ay ne me verra pas cette année..."
Edition originale de ce programme de théâtre présentant le Kean de Jean-Paul Sartre d'après Alexandre Dumas adapté, au théâtre Marigny en 1988, par Robert Hossein avec, dans le rôle principal Jean-Paul Belmondo,
Bel exemplaire. Iconographie.
Signature manuscrite de Jean-Paul Belmondo au feutre noir sur la couverture du programme.
Billet autographe daté et signé d'Henri Laurens, 7 lignes à l'encre noire, adressé à un Mr Fardel, probablement Gildas Fardel le grand collectionneur d'art.
Bel exemplaire.
Henri Laurens doit annuler et décaler leur rendez-vous, n'étant pas à son atelier l'heure prévue.
Grand collectionneur d'art abstrait, Gildas Fardel donna une partie de sa collection au musée des Beaux-Arts de Nantes en 1958.
Exceptionnel recueil manuscrit enluminé, contenant 35 poèmes de Stéphane Mallarmé copiés à l’époque sans doute par Joris-Karl Huysmans, sur vergé de Hollande filigrané, d’après les pré-originales des poèmes parus en revue. La majorité des poèmes est précédée d’une page indiquant le titre et la source.
Illustré d’un beau portrait de Stéphane Mallarmé au fusain par Charles Tichon d’après une photo de jeunesse de Van Bosch. Il a été reproduit en couverture du numéro d’Empreintes consacré à Mallarmé (Bruxelles, L’Écran du Monde, n° 10-11). Une variante a été publiée en 1889 dans Caprice Revue (2e année, n° 60).
Également illustré de deux compositions florales à la gouache et l’aquarelle ornant les poèmes Les Fleurs et Apparition, ainsi qu’une page ornée du nom de l’auteur dessiné. Bien que non signées, les compositions florales sont attribuables à Louise ou Marie Danse.
Reliure à la Bradel, plats de soie moirée crème aux motifs floraux, gardes et contreplats de papier à motifs, deux signets en soie moirée verte décorée de motifs floraux polychromes. Mouillures en partie inférieure du second plat, coins frottés, quelques accrocs aux fils de soie ornant le dos, et frottements sur les plats.
Superbe manuscrit de 35 poèmes de Mallarmé antérieur à la parution de son premier recueil de poésies complètes – qui ne connut d’ailleurs que 47 exemplaires (Poésies photolithographiées, Revue indépendante, 1887). Cet ensemble soigneusement calligraphié est attribué à la main de Joris-Karl Huysmans, grand admirateur du poète, qui aurait offert les manuscrits à son ami Jules Destrée.
Photographie originale en noir et blanc représentant Michel Polnareff dans la rue, debout face à un gardien.
Bel exemplaire. Signature manuscrite de Michel Polnareff sur un morceau de feuillet encollé au verso de la photographie.
Signature manuscrite de Michel Polnareff en partie supérieure du cliché.
Provenance : du fonds du grand collectionneur d'autographes Claude Armand.
Coupure du journal Le Patriote de Nice et du Sud-Est (25 octobre 1959) enrichie d'un envoi autographe signé de Pablo Picasso au large feutre rouge. Un feuillet remplié.
Graphique et insolite dédicace signée de Picasso sur la une d'un journal niçois célébrant son 78e anniversaire : « Pour Max Pellequer / son ami / Picasso ». Beau témoignage d'amitié sur un important journal engagé qui accueillit entre ses pages de nombreuses œuvres originales du grand artiste.
Dessin original à la mine de plomb et crayons de couleur bleu et rose signé de la main d'Antoine de Saint-Exupéry, sur feuillet filigrané « Navarre ».
Pli horizontal.
L'écrivain-artiste signait très rarement ses oeuvres graphiques.
Cet étonnant personnage en costume et nœud papillon, fruit de l'imaginaire baroque et débordant de l'auteur du Petit Prince, est l'un des rares dessins portant sa signature.
Dessin original à la mine de plomb et crayons de couleur rose et bleu signé de la main d'Antoine de Saint-Exupéry, sur feuillet filigrané « Navarre ».
Pli horizontal, annotation au crayon en marge supérieure gauche, minuscule manque en marge inférieure droite du feuillet.
L'écrivain-artiste signait très rarement ses œuvres graphiques.
Superbe caricature exupérienne, véritable personnage de bande dessinée, et l'un des rares dessins signés de l'écrivain.
Lettre autographe datée et signée d'Henri Martin, peintre post-impressionniste qui fut l'élève de Jean-Paul Laurens, 20 lignes rédigées à l'encre noire.
Pliure centrale inhérente à l'envoi postal. En fin de missive, quelques notes de calcul à l'encre noire probablement tracées par le récipiendaire.
Dessin original à la mine de plomb et crayon de couleur rose signé de la main d'Antoine de Saint-Exupéry, sur feuillet filigrané « Navarre ».
Pli horizontal, annotation au crayon en partie supérieure gauche, minuscules déchirures en marge inférieure.
Précieux dessin signé par Saint-Exupéry - l'écrivain-artiste signait très rarement ses œuvres graphiques - d'un personnage aux proportions caricaturales, non sans rappeler quelques les traits de la physionomie même de l'écrivain.
Lettre autographe du peintre Eugène Delacroix à son ami le baron Félix Feuillet de Conches, chargé du protocole au sein du ministère des affaires étrangères sous Charles X et Louis Philippe. Une page à l'encre noire sur un feuillet remplié, adresse autographe au verso. Restes de cachet et tampons postaux en date du 7 octobre.
Le peintre écrit à son ami Feuillet de Conches, écrivain distingué aux livres appréciés, qui amassa également une belle collection d'oeuvres d'art et d'autographes dans son appartement de la rue Neuve-des-Mathurins auquel cette lettre est adressée.
Superbe missive pleine d'humour du peintre, enchanté de sa retraite champêtre loin de Paris.
"Eugène Delacroix s'installe à Champrosay, au bord de la forêt de Sénart, en région parisienne, à partir de l'été 1844. Il consigne dans son journal les impressions que lui inspire la nature lors de ses promenades régulières dans la campagne. Il exécute de nombreuses esquisses, retravaillées par la suite dans ses grandes compositions. Mais il peint également des paysages plus ambitieux, qui témoignent de l'importance que prend pour lui, durant ses années de maturité et de vieillesse, l'observation d'une nature désormais regardée pour elle-même." (MuMa)
"Je vous réponds tard, cher Feuillet, mais vous m'excuserez : je vous promets un Gros, très heureux de l'ajouter à la collection. Je vous plains de vivre loin des champs. Si nous étions encore au temps des Métamorphoses d'Ovide je pourrais me croire en danger de me voir un de ces jours changé en arbre. Je suis fou de ces arbres innocents et si beaux et la nature humaine d'autre part perd tous les jours dans mon estime. J'en sépare comme de raison les amis comme vous et le peu de gens qui conservent un peu de raison.
Je vous embrasse en attendant cet hiver
Eug. Delacroix"
Lettre autographe daté et signée de Jean Hélion adressée à Raymond Queneau, 41 lignes (quatre pages sur deux feuillets) rédigées à l'encre noire.
Jean Hélion ne peurt répondre favorablement à une invitation lancée par son ami Raymond Queneau en partie en raison de son esprit casanier : "J'ai pris l'habitude de rester chez nous, le samedi après-midi : à l'atelier jusqu'à 5 heures et là-haut jusqu'à l'heure du dîner pour y recevoit toutes sortes de jeunes gens que je n'ai pas le temps de voir un par un... Mais j'aimerais davantage vous montrer à vous seul, un peu tranquille et à n'importe quelle heure. Ne passez-vous jamais de ce côté ?"
Il s'inquiète du cheminement politique d'un de leurs amis en commun, le militant pacifiste Garry Davis qui créa en 1948 le mouvement des Citoyens du Monde et en 1954 l'organisation World Service Authority : "Je m'occupe encore de ce bon Garry Davis, qui s'engage maintenant dans la non-violence, mais d'une façon qui pourrait être violente... Breton a tapé dessus comme sur des cymbales. Mais moi, par amitié, autant que pour une confiance dans sa force instinctive, je l'aiderai tant que possible... Il veut encore consulter ses amis, et il en a grand besoin. Camus, Mounier, Altman, l'abbé Pierre et quelques autres lui sont demeurés dévoués."
Lettre autographe signée de Germaine de Staël, datée de sa main du 9 janvier 1809 adressée à Julie Nigris, fille d'Elisabeth Vigée-Lebrun. Deux pages à l'encre noire sur un bifeuillet. Adresse autographe au verso et traces de cachet portant ses armes, ainsi que des tampons postaux.
Plis inhérents à l'envoi déchirure avec manque, sans atteinte au texte, sur le feuillet d'adresse, dû à l'ouverture du cachet.
Publiée en addendum dans les Souvenirs de Madame Vigée Lebrun, 1837, t. III, pp. 264-265.
Germaine de Staël s'impatiente de recevoir son portrait sous les traits de son héroïne Corinne, commandée à la célèbre portraitiste Elisabeth Vigée-Lebrun. La lettre est un précieux maillon de la longue et fascinante histoire de ce portrait, que la baronne découvrira quelques mois plus tard.
"J'ai renoncé Madame, à la gravure du portrait de Madame votre mère, c'est trop cher pour ma fantaisie et je viens d'éprouver un procès considérable qui m'oblige à des ménagements de fortune. Mais avez-vous la bonté de me dire quand le portrait de Corinne me sera remis par Mad. Le Brun ? Mon intention était de lui envoyer mille écus en le recevant mais n'ayant pas de ses nouvelles je ne sais pas du tout ce que je dois faire. Soyez assez bonne pour vous en mêler, et me négocier à cet égard ce que je désire. Une négociation qui me serait bien douce aussi c'est celle qui vous amènerait en Suisse cet été. Prosper dit qu'il y viendra. M. de Maleteste ne se laisserait-il pas séduire par cette réunion de tous ses amis ? J'ose me mettre du nombre. En le voyant une fois il m'a semblé que je rencontrais une ancienne connaissance."
Germaine de Staël s'adresse à la fille de Vigée-Lebrun, Julie, en l'invitant ainsi que sa mère à égayer son exil. Elle tente également de rassembler à Coppet son propre amant ainsi que celui de Julie - Prosper de Barante et le marquis de Maleteste. Abhorrant la solitude, elle était résolue à inviter une foule de personnalités intéressantes. Deux ans plus tôt, Vigée-Lebrun avait commencé chez la baronne le portrait d'après nature de cette dernière sous les traits de l'héroïne de son dernier roman Corinne. L'artiste y avait rencontré les célèbres protagonistes du fameux groupe de Coppet : Frédéric de Prusse, Benjamin Constant et Juliette Récamier. Germaine avait déjà requis un changement auprès de Vigée Le Brun à peine la toile commencée et demandé un différent paysage de fond. Consciente de l'aspect ingrat de son modèle - ni elle ni la baronne ne s'en cachent - Vigée-Lebrun livrera un portrait ambitieux, à l'antique certes, mais à l'allure furieusement romantique, capturant le regard inspiré de la baronne au détriment de l'aspect néo-classique attendu. Malgré ses enthousiastes premières réactions, Germaine de Staël en commandera un autre à l'artiste local Firmin Massot. Ce dernier réalisera une piètre quoique fidèle copie de la composition originale, à l'exception du visage, et tout particulièrement du regard qu'il fait vide de toute émotion. La réaction de la baronne illustre le dilemme irréconciliable dont souffraient les femmes de lettres en ce début de XIXe siècle : tiraillées entre l'exercice d'un art intellectuel que Vigée-Lebrun avait magnifiquement capturé dans ce portrait, et les critères normatifs de la féminité auxquels Germaine de Staël voulait ressembler.
Précieux feuillet de correspondance, qui réunit deux femmes illustres, la commanditaire et l'artiste dont les visions de la féminité s'affronteront bientôt de part et d'autre du chevalet.