
Manuscrit anonyme de 23 pages, complet pour ce premier cahier, accompagné d’un feuillet de titre portant une table manuscrite en neuf articles et intitulé Cap de Bonne Espérance. 1er cahier. Le titre annonce un premier cahier, sans qu’aucune suite ne soit jointe au présent ensemble. L’écriture présente sur une page une reprise visible, un mot ayant été raturé puis corrigé ; le manuscrit semble donc relever d’un texte de travail plutôt que d’une mise au net définitive. Une petite tache brune affecte l’une des pages du récit d’arrivée, sans gêne pour la lecture.
L’ensemble est conservé en feuilles sous chemise en demi-chagrin bleu marine à plats de papier marbré, dans un étui bordé de chagrin bleu marine à plats de papier marbré, dont le dos porte un titre doré.
Le manuscrit saisit le Cap à un moment de transition encore très lisible : le port est désormais britannique, le salut au canon se négocie avec le gouverneur et le pavillon anglais répond à celui du navire . Dans la ville pourtant, l’auteur retrouve encore partout les traces de l’ancienne colonie hollandaise. Cette superposition des régimes, des langues et des habitudes donne au récit une tonalité particulière : le voyageur découvre moins une ville neuve qu’un territoire récemment passé d’un empire à l’autre.
À cette observation politique et urbaine s’ajoute un autre visage du Cap, plus mondain et plus familier aux voyageurs européens : celui de Constantia. Le vin qu’il y goûte appartient déjà à une véritable géographie du prestige, servi sur les tables européennes et jusque dans l’exil de Napoléon à Sainte-Hélène. Le manuscrit passe ainsi du cérémonial militaire à la sociabilité des domaines viticoles, puis au paysage lui-même avec l’ascension de la Montagne de la Table.
En quelques pages de ce cahier, le Cap apparaît successivement comme port britannique, ancienne ville hollandaise, étape française, vignoble célèbre et paysage spectaculaire. Plus qu’un simple récit d’escale, le texte conserve le portrait très concret d’un lieu encore partagé entre plusieurs histoires.
À notre connaissance inédit, ce cahier offre ainsi un témoignage de première main sur le Cap vraisemblablement rédigé dans les années 1820, à un moment où l’administration britannique est déjà solidement installée tandis que la ville conserve encore partout l’empreinte de son passé hollandais.