Le roi des aulnes
Deux taches sur la tranche inférieure, sinon agréable exemplaire.
Envoi autographe signé de Michel Tournier à Pierre Lachens.
Édition originale, un des 48 exemplaires sur pur fil, seuls grands papiers.
Ouvrage orné d’illustrations de Jean Hugo.
Légers frottements aux extrémités de l’étui.
Superbe reliure en marqueterie de bois exotique sombre signée Pierre-Lucien Martin, datée de 1962.
Reliure en box marron chocolat à bandes, dos lisse, titre doré dans la longueur, premier plat formé d’un jeu de pièces de bois sombre mosaïquées, au veinage agencé en sens contraire, portant le titre gravé verticalement et le nom de l’auteure révélé en acrostiche, second plat formé d’une grande plaque du même bois déroulé bordé de box chocolat, gardes et contreplats de papier chocolat, tête dorée sur témoins, couvertures et dos conservés, étui de papier chocolat bordé de box chocolat, intérieur de feutrine brune, élégant ensemble signé Pierre-Lucien Martin et daté sur le second contreplat de 1962.
Essay on Dr. Young's on M. Champollion's Phonetic System of Hieroglyphics; With some additional discoveries, by which it may be applied to decipher the names of the ancient kings of Egypt and Ethiopia
Edition originale, illustrée de sept planches dépliantes de Hallmandel d'après G. Schärf.
Reliures en plein veau havane, dos à cinq nerfs sertis de filets dorés, pièce de titre de maroquin estampée dans la longueur, armes estampées de la Society of Writers to the Signet au centre des plats. Dos et coins restaurés, mors fragiles, épidermures et taches sur les plats.
Très rare et importante publication du consul général de Grande-Bretagne en Égypte en 1815, Henry Salt (1780-1827), qui s'est fortement impliqué dans la fouille de plusieurs sites historiques et la collecte de nombreuses antiquités. La plus remarquable d'entre elles, trouvée à Thèbes, est le buste colossal de Ramsès II, aujourd'hui au British Museum, qui aurait inspiré "Ozymandias" de Percy Shelley. Salt reproduit ici et explique soigneusement diverses inscriptions, portant les cartouches de dieux et pharaons égyptiens. Il a a apporté une contribution précieuse à la compréhension des hiéroglyphes, après les travaux de Thomas Young sur la pierre de Rosette et le célèbre déchiffrement présenté en 1822 par Jean-François Champollion. L'historiographie montrera même qu'il avait élucidé certains noms égyptiens indépendamment des découvertes de Champollion.
Provenance : reliures aux armes de la Society of Writers to the Signet, association d'avocats écossais fondée à la fin du XVIe siècle. Une étiquette de cote de bibliothèque encollée sur le contreplat.
Edition originale, un des exemplaires du service de presse.
Une discrète restauratiion à l'aide d'une petite pièce adhésive au verso du premier plat se prolongeant sur la première garde.
Envoi autographe signé d'André Breton: "A Claude Aveline, hommage d'André Breton".
Surnommé à 21 ans "le plus jeune éditeur du monde", Claude Aveline éditera à partir de 1922, grâce à André Gide et Georges Duhamel, une cinquantaine d'ouvrages. En 1934, il s'engagera en politique, aux côtés d'Henri Barbusse et Romain Rolland, dans le mouvement antifasciste puis, dès août 1940, dans la Résistance d'abord à Paris puis en zone libre où il echappera par miracle à une arrestation par la Gestapo en avril 1944.
Édition originale imprimée à 59 exemplaires numérotés sur vélin d'Arches, signée, au crayon rose, par André Masson en dessous de la justification du tirage.
Rare et bel exemplaire.
Ouvrage illustré de 2 eaux-fortes originales hors texte et à fond perdu d'André Masson.
Edition originale, un des 65 exemplaires sur vergé d'arches pur chiffon, le nôtre non numéroté maus bien justifié vergé d'arches en pied du second plat, seul grands papiers.
Deux petites traces d'insolation en tête et en pied du dos également un peu pincé en pied.
Agréable exemplaire.
Édition originale du premier livre de Pierre Drieu la Rochelle, un des 150 exemplaires numérotés sur vergé de Hollande, seuls grands papiers.
Précieux envoi autographe signé de Pierre Drieu la Rochelle : « à Charles Maurras ce témoignage inquiet. Pierre Drieu la Rochelle ex. sergent au 146e d'infanterie. 1er Octobre 1917. »
Important témoignage de l'admiration du jeune Drieu la Rochelle – alors en pleine construction intellectuelle – pour le « maître de Martigues » à qui il envoie cet exemplaire de ses poèmes de guerre composés en 1916 après avoir été blessé à Verdun.
Démobilisé et déçu d'une guerre pour laquelle il s'était engagé dans l'espoir de laver la défaite de 1870, Drieu oscille entre le communisme d'Aragon et le nationalisme intégral de Maurras. Ayant découvert ce dernier à l'adolescence, il le considère dès lors comme l'un de ses maîtres à penser aux côtés de Maurice Barrès, Rudyard Kipling et Friedrich Nietzsche. En novembre 1918, il lui écrira d'ailleurs : « C'est vous, c'est votre pensée prudente qui a détruit en moi, vers 1915 ou 1916, ma conception germanique de la guerre joyeuse. Ayant fait la guerre dans l'infanterie pendant le premier hiver, je savais déjà et de reste que la guerre n'était pas joyeuse... »
Glorifiant Maurras comme « le plus grand penseur politique du dernier siècle » (Gilles), il est – à l'instar de nombreux jeunes de sa génération – séduit par l'aura patriotique ainsi que le goût de l'action et de la morale incarné par le chef de file de l'Action Française. Tout au long des années 1920, l'ambivalent Drieu hésitera sur la voie politique à emprunter, avant d'évoluer vers le fascisme, abandonnant définitivement l'idéologie conservatrice maurrassienne.
Edition originale.
Reliure en plein maroquin olive, dos lisse abondamment orné de filets, roulettes et fleurons dorés, pièce de titre de maroquin rouge, roulettes et fers dorés, plats estampés à décor à la dentelle, chiffre central "CB" estampé au centre des plats et encadré de multiples filets et roulettes et surmonté d'un ruban, roulette en encadrement des plats, dentelle dorée intérieure, contreplats et gardes de papier à la colle rose, filet doré sur les coupes, toutes tranches dorées, reliure de l'époque attribuable au grand relieur Derôme le jeune. Déchirure marginale avec manque d'un mot et numéro de page (p. 57). Déchirure marginale sans manque p. 113 et p. 451. Très léger frottement sur un demi centimètre du mors supérieur, sinon un superbe exemplaire parfaitement conservé.
Orné d'une vignette de titre fleurdelisée ainsi que des bandeaux et culs de lampes.
Somptueuse reliure à la dentelle attribuable à Derôme, sur ce rare livre d'heures à l'usage des élèves de l'Ecole royale militaire.
Plusieurs fers dorés sont identiques à la reliure portant l'étiquette de Derôme conservée à la Bibliothèque nationale de France (RES-G-370).
Worldcat ne recense qu'un seul autre exemplaire en institutions (BnF).
Un chef d'oeuvre de la reliure du XVIIIe siècle parfaitement conservé.
Edition originale, un des exemplaires numérotés sur vélin, seul tirage.
Cartonnage de l'éditeur relié d'après la maquette originale de Paul Bonet.
Riche iconographie.
Agréable exemplaire complet de sa jaquette illustrée.
Précieux envoi autographe signé d'André Malraux : "Pour Georges Bataille André Malraux."
Edition originale imprimée à petit nombre de ce tiré à part du Mercure de France paru le 15 mai 1920. OCLC ne recense aucun exemplaire en bibliothèque américaine, et seulement trois en Europe (Bnf, Bibliothèque Doucet, Universitätsbibliothek Basel).
Petits manques et déchirures en marges des plats, second plat partiellement ombré, un manque en marge droite d'un feuillet en raison de la fragilité du papier.
Envoi autographe signé de Ricciotto Canudo au peintre Bernard de Blois : "... en sympathie de voisin de logis et d'esthétique. Canudo 1922."
Extrêmement rare édition originale de l'argument du ballet Skating-Rink, dans lequel les danseurs évoluent sur une patinoire, créé par les Ballets suédois sur une chorégraphie de Jean Börlin et la musique d'Arthur Honegger, ainsi que des costumes, rideau et décors de Fernand Léger.
Ce poème-livret futuriste s'inspire directement du film de Charlie Chaplin, Charlot patine (The Rink, 1916), utilisant la patinoire comme métaphore de la vie trépidante des villes modernes, avec ses répétitions mécaniques et son cercle vicieux d'attirance et de rejet.
L'envoi de Canudo date de l'année de la création du ballet, en 1922 au théâtre des Champs-Elysées par les Ballets Suédois, compagnie fondée par le collectionneur d'art suédois Rolf de Maré sur le modèle des Ballets Russes de Diaghilev. "L'action de ce « Ballet aux patins », sous-titre donné par Canudo à son poème livret, se déroule à Paris dans la salle du bal populaire Tabarin transformé en piste de patinage ou Skating Rink pour patin à roulette. Le Skating qui se pratiquait dans de grandes patinoires comme le Skating Palais de l'avenue du Bois de Boulogne avait conquis les bals populaires et les caf'conc' dès 1875 mais il y revint en force dans les années 1910 après la révolution du roulement à billes" (Josiane Mas). Le dynamisme de cette activité avait conquis les futuristes italiens adeptes des expressions du mouvement - et également inondé la culture populaire avec le film de Charlot, certainement découvert par Canudo lors d'une permission de l'armée française pendant la Première guerre mondiale.
La rare édition originale du poème de Canudo est le véritable point de départ de cette œuvre d'art totale que sera Skating-Rink - le texte autour duquel vont naître compositions musicales, costumes et chorégraphies. Son titre "pour la musique de..." laisse bien entrevoir une œuvre en cours de réalisation dont les artistes n'ont pas encore été tous choisis : Arthur Honegger, célèbre membre du "Groupe des Six", sera chargé en 1921 de la musique et n'en finira l'orchestration que 5 jours avant la création du ballet. Canudo incitera ses collaborateurs à étudier le film de Chaplin, qui se retrouve dans tous les aspects de la production : la figure du « fou » dans l'argument de Canudo deviendra un Charlot coloré et cubiste sous le pinceau de Fernand Léger, tandis que ses mouvements chorégraphiés par Börlin s'inspirent des acrobaties comiques et des innombrables tours de piste du skateur - métaphore du rythme envoûtant de l'industrie et l'agitation quotidienne de la ville moderne. Ces nouveaux concepts de danse et d'arts du spectacle alliaient, au grand dam des critiques, la modernité et la vie populaire inspirées du Nouveau Monde : "En dépit de leurs préoccupations nationales, ce qui rendait Skating Rink et Parade modernes, c'était leurs références américaines : tous deux se tournaient vers Hollywood - Skating Ring vers Charlie Chaplin, Parade vers Les Périls de Pauline -, tous deux faisaient référence au jazz et tous deux se référaient, bien que de manière indirecte, à la modernité mécanique américaine." (Ramsay Burt, Alien Bodies, 2002, p. 32).
Ce texte créé par une figure clé de l'avant-garde parisienne pour les Ballets suédois en 1920 appelle à la convergence entre les arts - littérature, peinture, danse et musique - transformant la scène en une pure manifestation cubiste et futuriste.
De toute rareté, d'autant plus enrichi d'un envoi autographe de Ricciotto Canudo.
Édition originale pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers.
Reliure de l'éditeur en plein cartonnage noir, dos lisse, plats illustrés.
Quelques frottements sur les coiffes.
Riche iconographie.
Précieux et rare envoi autographe signé de François Truffaut : "Pour, Georges Pellegrin qui me faisait la courte échelle pour repérer les extérieurs de jules et jim, bien amicalement François Truffaut."
Georges Pellegrin fut avec Robert Bober et Florence Malraux, l'assistant réalisateur de François Truffaut pour "Jules et Jim" et "L'amour à vingt ans".
ll collabora également avec Jean-Pierre Melville pour "L'armée des ombres" et "Le samouraï" pour lequel il fut scénariste.
Dernière édition clandestine de ce chef-d'œuvre de la littérature de la Résistance, publiée à 2100 ex, le nôtre un des 100 exemplaires numérotés sur papier couché, seul grand papier. Imprimée à Aurillac, dès la libération de la ville en aout 1943, alors qu'une partie du département est encore occupé, cette "seconde édition" à l'initiative du Comité National des Intellectuels, Section du Cantal, ne porte pas encore le nom de son auteur qui ne sera révélé que dans la première édition publique en octobre 1944, à l'occasion de la réédition de tous les volumes publiés sous l'Occupation.
Une petite pliure en pied du premier plat atteignant aussi les feuillets suivants, infimes piqûres en marge droite du premier plat.
Lettre autographe datée et signée d’Antonin Artaud, à en-tête de la brasserie Le Dôme, adressée à Maurice Martin du Gard, fondateur et directeur des Nouvelles Littéraires, 29 lignes à l’encre bleue d’une écriture nerveuse.
Traces de pliures et petites déchirures marginales inhérentes à l’envoi postal et à la manipulation. Petites taches au début de la lettre.
Antonin Artaud se bat pour publier son article sur la peinture de Balthus, exposée pour la première fois en France. Il défend avec férocité celui qu’il considère comme son « double », tant ils étaient semblables physiquement et intellectuellement.
« Chose curieuse, c'est la presse gaulliste qui attendait le discours de Compiègne avec la curiosité et l'impatience la plus marquées. [...] En fin de compte, le discours de Compiègne n'a apporté rien de neuf. Il a fait entendre que toutes ses mesures étaient arrêtées, et que sans doute aussi ses hommes étaient choisis. Il a déclaré que la situation était trop critique, en France, en Europe et dans le monde, pour permettre qu'on différât davantage. Mais il a persisté cependant à affirmer - c'est du moins ainsi que j'interprète un texte volontairement obscur [biffé : ambigu] - qu'il ne gouvernerait pas dans le cadre des institutions présentes [biffé : anciennes], et qu'il n'accepterait qu'un pouvoir taillé à sa mesure [...] Rien de bon ne peut en sortir, a-t-il conclu ; il n'est que temps de tirer la France de ce marécage pour l'installer sur le sol ferme et salubre de l'Etat fort.
Tout cela va fort bien. Seulement à l'heure même où le général prononçait contre les partis et les institutions parlementaires le réquisitoire altier, l'Assemblée nationale siégeait au Palais Bourbon. Elle promouvait l'examen des propositions relatives au prélèvement René Mayer. Et là, on voyait la coalition du parti gaulliste, avec ces mêmes « séparatistes » que le discours de Compiègne dénonçait comme des traîtres, s'étaler avec une impudence plus scandaleuse de jamais [...] Dénoncer l'impuissance parlementaire tout en l'organisant, stigmatiser la malfaisance et l'immoralité des partis tout en en fournissant l'exemple éhonté, c'est une attitude commode, mais qui brave par trop violemment le bon sens et l'honnêteté.
[...]
Certes, la situation intérieure est sérieuse, et la situation internationale ne l'est pas moins. Mais le redoutable hiver s'achève, le ravitaillement s'améliore. La tendance s'améliore vers la baisse des produits alimentaires s'accentue et s'accentuera dès que le courant parti des Etats-Unis aura atteint l'Europe. A Londres, pour la première fois, des possibilités d'accord sont apparues pour les problèmes allemands, même sur les Réparations, comme j'essaierai de le montrer à Charles Ronsac. A Bruxelles, Grande-Bretagne, France et Bénélux organisent la première cellule de la Fédération des Etats Européens. A Paris, dans quelques jours, les seize nations adhérentes au plan Marshall - qui sera voté avant la fin d'avril, sans restrictions graves ni conditions inapplicables - poseront les bases et étudieront les moyens de la planification économique européenne. Il n'y a qu'à persévérer dans cet effort dont les premiers résultats sont déjà tangibles. Le pays se sauvera lui-même. Il se sauvera par sa confiance en lui-même et par son courage. Il sauvera la Liberté. Il sauvera la Paix."
Edition originale, un des 6 exemplaires numérotés sur hollande, tirage de tête, celui-ci le numéro 1.
Reliure en demi maroquin bleu marine à coins, dos très légèrement éclairci à cinq nerfs, date dorée en queue, plats, gardes de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, tête dorée sur témoins, infimes frottements sur les coupes. couvertures et dos conservés, reliure signée Lavaux.
Exemplaire à toutes marges agréablement établi.
Ex-libris encollés sur une garde.
Exemplaire personnel de l'auteur, abondamment truffé, de cette magnifique chronique montmartroise. On y a monté sur onglet un portrait original de Roland Dorgelès à l'encre noire par Gus Bofa humoristiquement légendé : "Monsieur Roland Dorgelès dans son uniforme de rédacteur à la petite semaine"
ainsi que deux photographies originales, représentant le célèbre montmartrois Francisque Poulbot dans son théâtre de Guignols (Agence Rol, 1910) et une très rare photographie de la mémorable « Fête des Dernières Cartouches » organisée par Poulbot le 23 mai 1913. Nous n'avons trouvé qu'une seule autre photographie de cette soirée. On y voit la joyeuse bande des participants, chez Poulbot rue de l'Orient, déguisés en soldats de la guerre de 1870. Cette fête qui eut un retentissement considérable, est immortalisée par Dorgelès dans ce livre :
Portrait photographique original d'Alexandre Dumas avec envoi autographe signé, au format carte de visite, sur papier albuminé contrecollé sur un carton du studio de Charles Reutlinger à Paris.
Très bel envoi autographe signé en partie inférieure du cliché : "A Madame aimée Persat, A. Dumas"
La dédicataire est certainement la femme en secondes noces de Maurice Persat, officier ayant participé aux guerres napoléoniennes et aux guerres révolutionnaires en Amérique latine, en Espagne et en Grèce où il rachèta une jeune esclave turque, Adélé. De retour en France, elle fut placée au couvent sous la protection du gouverneur de Marseille et convertie au catholicisme alors que Persat, libéral et agitateur, était contraint de s'exiler. Dumas s'est très certainement inspiré de son histoire, relayée dans la presse marseillaise, pour sa célèbre héroïne du Comte de Monte-Cristo, Haydé. Adélé, quant à elle, meurt avec son enfant de phtisie en 1832. Persat se remaria en 1854 avec Henriette Charles Latour, à laquelle ce portrait de Dumas est certainement adressé.
Édition originale de l'adaptation théâtrale.
Reliure en demi maroquin rouge à coins, dos à cinq nerfs sertis de filets dorés orné de doubles caissons dorés et décorés, filets dorés en encadrement des plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier peigné, tranches peignées, reliure de l'époque.
Quelques taches sur les plats, exemplaire exempt de rousseur.
Envoi autographe signé de George Sand à l'acteur Fresne : « à monsieur Fresne, souvenirs affectueux. G. Sand. »
Fresne avait joué dans sa pièce Molière lors de sa création à la Gaîté en 1851.
"Ce 1er juillet Tilsit
Je reçois à l'instant ma petite Aimée tes lettres du 19 et 20 juin. Il me semble être près de toi et éprouver toutes les angoisses dont j'ai déjà été tourmenté dans les occasions pareilles, mon impatience d'apprendre l'événement est extrême. Le courage que tu montres à l'approche et sérieusement me rassure et dissipe les vives inquiétudes dont je ne pouvais me défendre il y a quelques temps.
[...]
Il faut occuper ma petite Aimée de bien soigner ta santé afin qu'en arrivant à Paris je te retrouve parfaitement remise de tes couches et que nous puissions jouir ensemble de Savigny le reste de la belle saison.
Car les affaires prennent ici une telle tournure que je puis conserver l'espérance de t'embrasser sous deux mois au plus tard. [...]
Il me semble ma bien bonne amie ne t'avoir jamais donné lieu à concevoir de pareilles craintes mais en voilà assez sur cet article.
Parlons un peu de notre Joséphine. Elle montre une intelligence bien supérieur [sic] à son âge que je lui scai [sic] gré de toutes ces gentillesses et de toute cette humeur qu'elle te montre.
Je lui envoie à cause de cela des caresses à discrétion. Mille choses tendres à notre bonne mère. Rassure la sur la santé de Desessart de Beaupré et de tout ce qui l'intéresse en me rapelant [sic] au souvenir de ma belle soeur annonce lui que son brave et estimable mari jouit d'une parfaite santé.
A Dieu ma petite Aimée, reçois les embrassemens de ton amoureux et fidel époux. L. Davout"
Lettre autographe signée de Marguerite Yourcenar datée du 23 janvier 1957, deux pages à l'encre noire sur un feuillet, enveloppe autographe jointe.
Sur deux pages à l'écriture dense, Yourcenar confie ses déboires éditoriaux à son ami intime le peintre Elie Grekoff, et relate le geste blasphématoire de son éditeur, qui avait déchiré "en deux ou plutôt en quatre" l'exemplaire dédicacé de son recueil de poèmes Les Charités d'Alcippe (1956) et lui avait renvoyé par la poste. Elle s'entretient de projets communs avec Grekoff et le prie d'accepter les profits d'un ouvrage qu'il a illustré pour elle.
Yourcenar écrit depuis les Etats-Unis, qu'elle rejoignit en 1939 avec sa compagne Grace Frick, alors professeure de littérature britannique à New York. Elles s'installèrent à partir de 1950 sur l'île des Mont Déserts, jouxtant le Canada, dans une maison baptisée Petite-plaisance qu'elle mentionne dans l'en-tête autographe de la lettre. Au beau milieu de la nature sauvage et des lacs cristallins, elle y écrira certains de ses écrits les plus célèbres, dont L'Oeuvre au noir. Des images fugaces de la vie recluse de l'écrivaine nous parviennent au fil des lignes : « Ici, travail abrutissant, favorisé par les grands froids, qui font qu'on ne sort qu'un bref moment, ou quand on y est obligé. Correction d'épreuves, correspondance en retard depuis des mois, traduction, et enfin le livre en train [...] les journaux arrivent très régulièrement, et si vite, dans le cas du Monde, que j'apprends par lui les nouvelles de New York avant d'avoir le temps d'aller au village acheter le New York Times ».
Le passage le plus poignant de la lettre concerne ses aventures mouvementées avec son éditeur Curvers, au sujet de son recueil de poèmes à la verve néoclassique Les Charités d'Alcippe. Yourcenar fait part de l'acte impardonnable de ce dernier, exaspéré par le mécontentement de l'écrivaine qui lui reprochait la parution hâtive du recueil : "Toute la légalité (et le sens commun) sont de mon côté, mais cela n'a pas empêché l'irascible liégeois de me renvoyer un ex. des 'Charités d'Alcippe' déchiré en deux ou plutôt en quatre. L'époque est à la violence". « L'affaire du monsieur de Liège », terme employé dans la lettre, se soldera par un véritable litige par avocats interposés. L'intransigeante exigence de l'écrivaine et sa constante préoccupation pour les droits d'auteur, lui vaudra plusieurs affaires, et même deux procès - avec le metteur en scène Jean Marchat, et son éditeur Plon.
Le destinataire de la lettre Élie Grekoff (1914-1985), peintre, illustrateur, maître cartonnier, demeurera un proche confident de la femme de lettres pendant des décennies, et travailla avec elle sur plusieurs projets éditoriaux et théâtraux. Il réalisa notamment les décors de sa pièce aux accents sartriens, Electre ou la chute des masques, créée au théâtre des Mathurins. La lettre garde également la trace de deux de leurs collaborations artistiques : l'édition d'un classique latin et d'un célèbre poème hindou, le Gita-Govinda, tous deux commentés par Yourcenar et illustrés par Grekoff. Dans quelques magnifiques lignes pleines de bonté, Yourcenar le prie d'accepter les bénéfices probablement issus de la parution des Bagatelles d'Amour de Laevius (1956) : "merci Elie, et je vous en prie, considérez les trente huit mille qui restent comme vôtres, puisque nous n'en avons que faire en ce moment. Et quand je dis comme vôtres, je ne parle pas seulement comme vous le faisiez, du cas de force majeure, guerre, accident ou maladie, mais aussi en vue de rendre un peu plus commode la vie journalière - provisions de charbon, si l'on peut de nouveau en faire, ou achat de sympathiques conserves et repas au restaurant qui vous éviteront l'ennui de faire la cuisine quand vous préféreriez dessiner".
Charmante et profuse lettre de la première femme élue à l'Académie Française, aux prises avec son éditeur, faisant part de son combat pour l'intégrité de son oeuvre à un proche confident.
Troisième tirage de cet album, premier plat de couverture tiré en 3 tons, noir, bistre avec dégradés et réhauts de blanc puis 24 lithographies en noir sur 12 feuillets recto-verso.
Reliure en demi veau gris, dos lisse, quelques épidermures, plats de couverture conservés, reliure signée de Charles Septier.
Cette oeuvre de son extrême jeunesse, réalisée en 1851, influencée par le style de Rodolphe Töppfer, est aujourd'hui considérée comme un incunable de la bande dessinée.
Rare édition originale de la traduction française.
Ouvrage illustré de 2 frontispices et 12 planches numérotées reliées en fin du second volume.
Petit manque au coin supérieur droit et une restauration marginale de la page de faux-titre du premier volume. Quelques rares rousseurs sans gravité, une auréole claire en marge droite de chacune de 12 gravures en fin du second volume.
Reliures en demi maroquin de Russie rouge, dos lisses ornés d'arabesques romantiques dorées, plats de papier marbré, accrocs et frottements sur les plats et les coupes, coins émoussés.
Le livre parut sous le titre The Universal Cook à Londres en 1792 ; sa quatrième édition est traduite en français et publiée en 1810.
Le cuisinier Universel est l'œuvre de deux célèbres chefs Francis Collingwood et John Woollams ayant officié dans les établissements les plus réputés du Strand de Londres : la London Tavern et The Crown and Anchor, connus pour servir les parlementaires du Whig-club.
Cet ouvrage compte parmi les rares exemples d'incursions de la cuisine britannique dans la culture gastronomique française qui exercera encore longtemps une hégémonie quasiment incontestée.
Sa publication était considérée comme une curiosité dans le milieu culinaire français, comme l'indique la préface de l'éditeur ; elle également vue comme une véritable prise de risque selon le grand bibliographe Oberlé :
« Admirons le courage de l'éditeur Tardieu, qui, en 1810, à une époque où nous n'avions pas d'ennemis plus détestés que les Anglais, osa faire traduire un livre chantant les fastes culinaires de la perfide Albion ».
Cette rare publication répondait cependant à une demande d'un public de gastronomes anglophiles : il n'est pas anodin que l'un des premiers restaurants de luxe parisiens ait été baptisé La Grande Taverne de Londres en raison du renom attaché, dès la fin du XVIIIe siècle, à la restauration telle qu'elle était pratiquée en Angleterre, et pour les plats que l'on y servait. L'ouvrage arrive en effet dans le contexte d'une France post-révolutionnaire, où la cuisine sort du milieu aristocratique. Les anciens cuisiniers au service de nobles désormais émigrés ouvrent des restaurants, où ils développent, à l'image de leurs confrères anglais, une véritable « science culinaire ».
Les recettes qui le composent illustrent les changements dans la culture culinaire anglaise au tournant du XIXe siècle. La hiérarchie du prestige, tenue jusqu'alors par la cuisine française avec ses rôts et potages, cède la place aux puddings et aux tartes. On recense seulement quatorze préparations « à la française » : fricandeau, canard, mauviettes, sole, turbot, biscuits, « selle de mouton [pullets] à la Saint-Menehould », « soupe lorraine »... La ville de Londres a remplacé la cour comme centre et moteur, et ses chefs cuisiniers donnent désormais le ton.
Une très rare apparition de la cuisine anglaise dans la gastronomie française, durant une période d'intenses hostilités entre les deux pays sous l'Empire.
Je ne sais pourquoi l'on persiste
A ressasser tous ses chagrins
Pourquoi lorsque l'on est trop triste
On veut prendre le dernier train
« Il faut avant de rentrer en cage [...] que je vous demande le grand service de faire entrer à l'hospice mon cousin (le petit Dacheux) à qui vous avez bien voulu faire avoir sa dispense d'âge. »
L'ancienne communarde vient en effet d'être condamnée à quatre mois de prison pour avoir prononcé un discours en faveur des mineurs de Decazeville, aux côtés de Jules Guesde, Paul Lafargue et Étienne Susini. Mais pour l'heure, c'est la condition de son cousin Lucien Dacheux qui la préoccupe :
« Son genou étant de plus en plus malade on l'envoie en congé de deux mois, mais il faut qu'il entre à l'hospice s'il ne veut pas rester estropié. De plus on n'a pu lui donner une mécanique pour son genou et en même temps le médecin lui disait que c'était indispensable - peut-être pourra-t-il en avoir une au Val de Grâce - je le recommande bien à vous et au citoyen Lafont - J'irai vous voir pour cela et une autre chose du même genre avant le 12 mais s'il était possible de faire entrer avant à l'hospice le petit Lucien Dacheux je serais bien heureuse car il sera tout à fait estropié et incapable de continuer son service où on est très content de lui. »
Louise Michel fit la connaissance de Clemenceau en octobre 1870 alors qu'il était maire de Montmartre et elle institutrice adjointe. Dès leur première rencontre naquit une forte amitié qui perdura jusqu'à la mort de Louise Michel. Clemenceau n'eut de cesse de la soutenir, particulièrement durant sont bannissement à Nouméa et ils entretinrent une importante correspondance.
Emouvante lettre, témoignage du dévouement sans faille de l'ancienne communarde et de la grande amitié qui unissait Louise Michel à Georges Clemenceau.
« À René Magritte, autre prince des Attractions, son ami André Breton".
Cette dédicace de Breton témoigne de la profonde estime mutuelle qui lie les deux artistes - n'en déplaise aux critiques cherchant dans leurs brouilles passées des signes de rupture définitive. C'est d'ailleurs dans la lettre à Magritte accompagnant l'exemplaire de son Ode que Breton qualifie ces désaccords de « rares orages indépendants » des deux hommes. Il signe ainsi implicitement la reconnaissance de la filiation entre surréalisme français et belge, dont Magritte est le chef de file incontesté bien que non déclaré.
Plus encore, cet échange et la lecture de l'ouvrage de Breton inspirent à René Magritte une réflexion introspective, véritable clé de lecture de son oeuvre, qu'il livre à son ami le 12 octobre 1961 :
« J'ai relu avec émotion L'Ode à Charles Fourier. Il va sans dire qu'elle est de loin supérieure aux commentaires qui l'accompagnent, si savants puissent-ils être. « Le La » fait désirer la connaissance de beaucoup d'autres pensées venues dans la nuit. L'attention apportée à ces pensées me semble bien n'être possible que si notre vie est vraiment « prise au sérieux ». Ce « sérieux étant le seul à permettre par ailleurs, de donner une estime valable à l'humour - un humour très précis. (Cette nuit, j'ai pensé à un volant d'automobile qui serait constitué par une pièce de lard). Sans doute la nuit pouvons-nous écouter ou voir ce qui ne nous est pas indifférent, le jour trop de choses indifférentes nous sollicitent. Il n'y a pas de rêves éveillés, il y a la liberté d'être attentif, le jour, à ce qui ne nous est pas indifférent. Je crois que le monde - comme rêve - ne s'offre à nous que dans le sommeil. » (Magritte, lettre à André Breton, 12 octobre 1961)
Précieuse dédicace du Pape du surréalisme à sa plus célèbre icône.
"Si quelque part au monde le coeur de la liberté continue à battre, s'il est un lieu d'où ses coups nous parviennent mieux frappés que de partout ailleurs, nous savons tous que ce lieu est l'Espagne."
"N'oublions pas que le monstre qui pour un temps nous tient encore à sa merci s'est fait les griffes en Espagne. C'est là qu'il a commencé à faire suinter ses poisons : le mensonge, la division, la démoralisation, la disparition, qui pour la première fois il a fait luire ses buissons de fusils au petit matin, à la tombée du soir ses chambres de torture. Les Hitler, les Mussolini, les Staline, ont eu là leur laboratoire de vivisection, leur école de travaux pratiques. Les fours crématoires, les mines de sel, les escaliers glissants de la N.K.V.D., l'extension à perte de vue du monde concentrationnaire ont été homologués à partir de là. C'est d'Espagne que part l'égouttement de sang indélébile témoignant d'une blessure qui peut être mortelle pour le monde. C'est en Espagne que pour la première fois aux yeux de tous, le droit de vivre libre a été frappé."
Dans un quartier fréquenté par des gens argentés
Où le client ne boit que du whisky cent pour cent
Y'a un p'tit bar genre acajou ciré et le soir
Y'a un piano avec un pianiste
"Votre petit livre est très original et vous y montrez des qualités de talent qui se développeront, si vous regardez en avant."
"Obermann et son petit fils le moine appartiennent au passé. Ils sont vrais et le timide Jean est bien tracé. Il y a de la grandeur et de la vérité dans ce type exceptionnel. Mais Constant d'Heurs est trop passif des événements. Il devrait réagir contre cet impuissant et le guérir ou le plaindre davantage [...]"
Sentencieusement, elle achève ainsi son courrier :
"Ne vous plaignez pas du travail ingrat et acceptez-le comme une bonne chose, les trois quarts de la vie sacrifiés à un devoir quelconque font le dernier quart très fort et très vivant. Il est très bon d'être attachés à la poésie et contrarié dans la possession d'un beau rêve. Dès qu'on peut le savourer sans relâche, il s'efface ou se trouble. Je vous en parle par expérience. On n'est jamais plus heureux et inspiré que quand on croit n'avoir pas le temps de l'être."
Très beau témoignage du rôle de premier plan que joua George Sand sur la scène littéraire du Second Empire.
Seconde édition illustrée.
Dos comportant quelques frottements.
Ouvrage illustré de dessins d'Horacio Cardo.
Rare envoi autographe erronément daté de 1949 et signé de Jorge Luis Borges à son égérie Ema Risso Platero : « à Emita, con afecto innumerable. »