
Edition originale.
Reliure en demi maroquin caramel à petits coins, dos à quatre nerfs sertis de filets noirs, plats de papier à la cuve, gardes et contreplats de papier caillouté, ex-libris encollé sur un contreplat, tête dorée, couvertures et dos (insolé et comportant des manques) conservés. Discrètes restaurations aux mors.
Bel exemplaire agréablement établi.
Précieux envoi autographe signé de Victor Hugo à Constant Laurent.
Né le 19 mai 1807, Constant Laurent fut d'abord rédacteur du Corsaire avant d'en devenir propriétaire-gérant sous sa forme fusionnée de Corsaire-Satan à partir de 1844, l'une des feuilles littéraires les plus spirituelles et les plus influentes de la monarchie de Juillet, qui compta parmi ses collaborateurs Baudelaire, Banville, Henry Murger et Jules Sandeau. L'un des « sagittaires de la petite presse », selon le mot de ses contemporains. Victor Hugo le mentionne dans Choses vues parmi ceux qui lui apportent les nouvelles des réunions républicaines du quartier Saint-Germain puis en convive d'un dîner intime chez Paul Meurice, aux côtés d'Auguste Vacquerie et d'Ernest Lefèvre, les trois exécuteurs testamentaires de Hugo, et le cercle le plus fermé qui fût dans le Paris littéraire de l'époque. Son fils, homonyme, perpétua la tradition paternelle au Figaro, au Rappel et à La Justice, ce dont La Petite Revue prit acte avec ce mot bien frappé : « Autant d'esprit au Figaro que le père au Corsaire. »