
Rare nouvelle édition réalisée à partir de la première traduction française établie en 1699 par William Popple et publiée chez la Veuve de J. van Dyck. Cette œuvre majeure de Martin Clifford, publiée anonymement en 1674 sous le titre de Treatise of Humane Reason, suscita de nombreuses protestations au sein de l'Église anglicane dès sa parution ; dans la lignée de Spinoza et avant Locke, l'auteur accorde une place importante à la raison dans l'exercice de la foi chrétienne. La position radicale de Clifford aurait été amoindrie dans la traduction française.
Reliure d'époque aux armes en veau moucheté, dos à cinq nerfs ornés de filets dorés, entre-nerfs à décor de fleurons dorés, pièce de titre en maroquin rouge, filet doré sur les coupes, tranches mouchetées de rouge. Les armes appartiennent à David Pierre Perrinet du Pezeau, receveur général des finances.
Frottements aux coiffes, petit trou en tête du dos, usures d'usage aux mors, premier plat baillant légèrement, coins émoussés.
Rousseurs et brunissures éparses, petite déchirure marginale aux pp. 19 et 21.
« Le livre de Clifford circula largement en Europe sous la forme d'une traduction française due à l'unitarien William Popple, apportant un nouvel élan au débat de longue haleine sur la tolérance entre Pierre Jurieu, Élie Saurin et Pierre Bayle. De larges extraits des deux œuvres se retrouvèrent, en traduction française, dans un traité anonyme (parfois attribué à A.-F. Boureau-Deslandes) intitulé De la certitude des connoissances humaines, ou Examen philosophique des diverses prérogatives de la Raison et de la Foi ; avec un Parallele entre l'une et l'autre : Traduit de l'Anglois, par F.A.D.L.V. (Londres, 1741). Dans son traité, Clifford ne cherchait pas tant à fonder la morale sur la raison qu'à reconnaître une dimension morale dans la rationalité elle-même. Ce qui importe n'est pas ce que les individus croient, mais comment ils le croient. Chaque individu se doit d'examiner avec conscience les fondements de ses croyances et de les énoncer honnêtement, « alors qu'au contraire, soumettre notre jugement à l'Autorité, ou à quoi que ce soit d'autre, confère universalité et perpétuité à toute erreur ».
« Varieties of Seventeenth- and Early Eighteenth-Century English Radicalism in Context », 2011
(traduction de l'anglais réalisée par nos soins)