Édition originale de l'ouvrage sur la Nîmes antique du professeur Johann Jacob Grasser, suisse de naissance mais nîmois à la parution de cette œuvre. Cet érudit collectionna les titres au cours de son existence ; il fut poète lauréat, historien, théologien, archéologue, pasteur, ainsi que comte palatin impérial, chevalier de l'ordre de l'Éperon d'or et citoyen romain (Comes sacri Palatii et Consistorii imperialis, Eques Auratus et Civis Romanus). Grasser dédia cet ouvrage à ses compagnons de voyage, Lucas Liechtenhan et Georg Eckenstein. Ses pérégrinations à travers l'Europe du début du XVIIe siècle l'amenèrent à être témoin de plusieurs événements marquants de son époque, notamment l'exécution en 1606 de Henry Garnet, l'un des comploteurs de la fameuse Conspiration des Poudres.
Reliure pastiche en percaline brune, pièce de titre en chagrin brun, papier marbré moucheté sur les plats.
Pièce de titre frottée et décollée à l'angle gauche inférieur, coiffes, coupes et coins très légèrement usés.
Deux déchirures en partie supérieure de la page de titre, affectant marginalement le texte, brunissure et tache en marge de cette même page. Bel état intérieur.
Deux tampons sur la page de titre, l'un armorié et l'autre de la bibliothèque « V. Rhedigersch. Stadtbibliothek Breslau ».
« Grasser, pendant les trois années qu'il passa à Nimes comme professeur au Collége des Arts, eut le temps d'étudier et de voir par lui-même nos antiquités; aussi ses descriptions et ses transcriptions sont-elles généralement exactes, du moins d'une exactitude relative, comme on l'entendait au xvie siècle. Voici la description dont il fait suivre les deux lignes de notre inscription : In superiori huius tabulæ parte, radius, quo textores utuntur; inferiore autem, forfex visitur; adeo ut liqueat mechanicas artes apud veteres honorifice habitas fuisse (p. 76). L'expression tabula employée par Grasser est fort juste et prouve qu'il avait vu la pierre. C'est, en effet, une stèle en pierre froide, qui n'a pas plus d'un décimètre d'épaisseur. »
Eugène Germer-Durand, "Découvertes archéologiques faîtes à Nîmes et dans le Gard pendant l'année 1873. Premier et second semestres", 1876