Édition originale d'un polygraphe et historien ferrarais oublié, dont l'œuvre proposée ici rencontra pourtant un vif succès à sa sortie, et fut suivie de deux éditions ultérieures, en 1577 et 1599. Selon Marc Adam Kolakowski, Alessandro Sardi, avec Johannes Boemus, sont des auteurs précurseurs de l'usage des « points de vue antiquaire et ethnographique » dans l'étude des religions antiques.
Belles lettrines historiées représentant plusieurs divinités gréco-romaines.
Reliure postérieure en plein parchemin à rabats, dos portant le titre à l'encre brune et deux annotations certainement issues d'une classification de bibliothèque, également à l'encre brune, lacets apparents. Ex-libris à l'encre noire sur la page de titre au nom de : « Louis Joséphi Civitatis Novae ».
Infimes trous sur les plats bâillant légèrement, tache marginale sur le plat supérieur, discrets trous de vers sur les contreplats, mouillure en marge des pp. 17 à 63, 79 à 113 et 225 à 255. Bel état général.
Plusieurs lignes soulignées à l'encre brune aux pp. 6, 13, 43, 242, 252, 254, 255, 256, 260, 261, 262, et quelques corrections, également à l'encre brune, aux pp. 38, 39 et 241. Dans les deux cas, il s'agit probablement de la même plume que celle signant l'ex-libris.
« On y parcourt en vrac la variété des coutumes de Rome, des cités grecques, d’Égypte, de Perse et d’Inde liées aux mariages, à la naissance, à l’éducation ; on y parle des vêtements, de l’alimentation, de la médecine, des testaments et des funérailles, avant d’aborder la fondation des cités, les colonies, l’organisation des états (tribus, classes, ordres, magistratures, lois à Athènes et à Rome), les royautés de Perse et des Parthes, les juges, les tribunaux et les châtiments. On traite enfin de la guerre et de ses rites, avant de consacrer une vingtaine de pages (186–195) aux sacrifices, animaux et humains, avec comparaison des procédures grecques et romaines, considérations sur les autels, les temples, les images de culte, les grottes sacrées, les oracles, les prêtres, augures, pontifes, vestales flamines, saliens, hiérophantes, galles et autres sacerdotes y compris égyptiens. De là on passe sans transition aux habitats (maisons, villes), aux jeux poétiques, olympiques, isthmiques, pythiques néméens et autres, puis aux processions, lectisternes, supplications, pour clore par un chapitre sur la vie des anciens chrétiens.
Alessandro Sardi le dit à la seconde page de son "Proemium" :
"J'ai donc écrit sur les Mœurs, et en ne les séparant pas toujours en fonction des peuples et des nations, de crainte de répéter trop souvent les mêmes choses, ou des choses semblables, alors que les mœurs ne diffèrent en rien ou parfois si peu ; mais j'ai procédé en les réunissant en fonction des actions les unes après les autres, en partant des noces, et jusqu'aux cortèges funèbres, et de là me dirigeant vers celles qui sont apparues négligées au cours de l'exposé : la guerre, les sacrifices et tout ce genre de choses." »L'invention de la religion grecque, Philippe Borgeaud, Kernos 30, 30 | 2017