Du musée
Ouvrage illustré de 6 photographies.
Rare et agréable exemplaire de cet ouvrage entièrement réalisé par les élèves de la prestigieuse Ecole Estienne.
Edition originale imprimée à petit nombre de cet extrait du Recueil des notices et mémoires de la Société archéologique de Constantine de l'année 1873.
Absent de Tailliart.
Premier plat de la couverture détaché puis recollé, manques sur le dos, petits manques angulaires sur les plats.
Rare ouvrage illustré de 14 planches hors texte chiffrées I-XII (il y a des planches VI bis et ter). Absent de Tailliart.
Engagé volontaire dans le Génie dès 1841, Baptiste-Charles Brunon (1821-1888) effectua la majeure partie de sa carrière militaire en Algérie : après la guerre de 1871, il retourna sur place pour diriger le Génie de Constantine.
Edition originale décrivant 388 numéros présentés lors de la vente.
Quelques prix d'adjudication en marge au crayon de papier, un manque en angle supérieur droit du premier plat et de la page de titre, petits manques angulaires sur les plat.
L'introduction est de Fröhner, mais l'expert était Hoffmann.
D'origine badoise, le numismate Ludwig Wilhelm Fröhner (1834-1925) s'installa à Paris en 1859 : il devint un des amis intimes de Napoléon III et l'aida dans la rédaction de son Histoire de Jules César (1865-1866), ce qui l'aida à obtenir à la fois la naturalisation (1866) et un poste intéressant au Louvre.
Par la suite, il se consacra à la rédaction de catalogues, qui devinrent alors des références majeures de l'Antiquité ainsi que de l'archéologie du haut moyen âge.
Edition originale du catalogue de l'exposition des oeuvres de Max Ernst s'étant tenue du 15 novembre à la fin d"cembre 1961.
Bel exemplaire.
Iconographie, avant-propos d'Alain Bosquet.
Envoi autographe signé de Max Ernst à madame de Harting.
Très rare édition originale de ce magnifique album photographique, réalisé au Caire en 1871, le premier catalogue illustré du premier musée consacré à l'Egyptologie.
Les photographies d'Hippolyte Délié et d'Emile Béchard montrent les salles et les antiquités du Musée de Boulaq, fondé au Caire en 1863 par le grand égyptologue Auguste Mariette (1821-1881)
L'album contient 40 photographies sur papier albuminé (env. 24,5 x 18 cm) contrecollées sur des feuillets de carton fort montés sur onglets et accompagnées d'un feuillet de commentaire (sauf les planches 4 et 11 qui en ont deux). Les épreuves sont placées au verso des planches, le recto comportant la légende imprimée.
Reliure en demi chagrin marron, dos à cinq nerfs orné de caissons à froid et fleurons dorés, quelques petits frottements sur le dos et les mors, coiffes un peu affaissées, encadrements d'entrelacs à froid sur les plats, texte en lettres dorées sur le premier plat, gardes et contreplats de soie moirée blanche comportant quelques petites rousseurs, tranches dorées, reliure de l'époque.
Restaurations sur le dos et un mors en tête, quelques rousseurs intérieures.
Bronze du crâne du Marquis de Sade exécuté par le Maître Fondeur d'art Avangini. Un des 99 uniques exemplaires numérotés portant l'empreinte de la signature de Sade, le nôtre le N°31.
On joint le certificat d'authenticité signé par la Comtesse de Sade et portant le cachet de cire de la famille.
Le vendredi 2 décembre 1814, à l'hospice de Charenton, mourait Donatien Alphonse François Marquis de Sade à l'âge de soixante-quatorze ans.
Au mépris de ses dispositions testamentaires, le Marquis fut inhumé religieusement dans le cimetière de la maison de Charenton. Ironie du destin, Sade, même mort, ne resta pas longtemps au sein de l'église, puisque, quelques années plus tard, sa tombe devait être « profanée », au nom de la science, par le médecin de l'hospice, docteur L. J. Ramon. Après avoir étudié l'occiput de l'énigmatique Marquis, il le confia à son confrère allemand Johann Spurzheim, disciple du célèbre Franz Joseph Gall, fondateur de la très récente et très en vogue phrénologie.
Spurzheim réalisa un moulage - aujourd'hui conservé au laboratoire d'anthropologie du Musée de l'Homme - du précieux crâne et exposa l'original au fil de ses conférences en Europe avant de l'égarer, semble-t-il en Allemagne ou en Amérique. Quelle liberté plus grande pouvait espérer celui qui vécut le plus clair de son temps enfermé ?
Le musée conserva également la notice de la très partiale analyse phrénologique de « l'organisation cérébrale du Marquis de Sade » réalisée par l'assistant de Spurzheim, qui n'est rien moins qu'un nouveau procès posthume se concluant sur une nouvelle condamnation sans appel :
« Issue des passions les plus honteuses et empreintes de sentiments de l'opprobre et de l'ignominie, une conception aussi monstrueuse, si elle n'était l'œuvre d'un insensé, rendrait son auteur indigne du nom d'homme et flétrirait à jamais la mémoire de sa postérité. »
Nous lui préférerons la plus honnête description qu'en fait le docteur Ramon dans ses Notes sur M. de Sade : « Le crâne de Sade n'a cependant pas été en ma possession pendant plusieurs jours sans que je l'aie étudié au point de vue de la phrénologie dont je m'occupais beaucoup à cette époque, ainsi que du magnétisme. Que résulta-t-il pour moi de cet examen ? Beau développement de la voute du crâne (théosophie, bienveillance) ; point de saillie exagérée derrière et au-dessus des oreilles (point de combativité - organes si développés dans le crane de du Guesclin) ; cervelet de dimensions modérées, point de distance exagérée d'une apophyse mastoïde à l'autre (point d'excès dans l'amour physique). En en mot, si rien ne me faisait deviner dans Sade se promenant gravement, et je dirai presque patriarcalement, l'auteur de Justine et de Juliette, l'inspection de sa tête me l'eut fait absoudre de l'inculpation de pareilles œuvres : son crâne était en tous points semblable à celui d'un Père de l'église. »
Témoin de l'impénétrable secret du Marquis et de son intolérable liberté, ce crâne de bronze, seule réplique de l'occiput mystérieusement disparu semble répondre à la question shakespearienne par une reformulation sarcastique :
Être où ne pas être !
Édition originale de cet album de caricatures de Frédéric-Auguste Bartholdi numéroté et paraphé de sa main (exemplaire n° 36 suivi de son initiale). Il a été imprimé « à petit nombre d’exemplaires » (Musée Bartholdi), dont nous n’avons trouvé que six en institutions (Musée de Colmar, BnF, Harvard, UPenn, NYPL, Rutgers University).
Reliure de l’éditeur en percaline bleue, dos lisse portant le titre estampé à l’or dans la longueur, plat supérieur encadré de multiples filets noirs, ancres et étoiles estampés en noir aux coins, titre et date estampés à l’or, plat inférieur encadré de filets noirs, étoiles noires aux angles et ancre au centre, tranches rouges. Mors légèrement frottés, plat supérieur moucheté de pâles taches dans la partie inférieure, quelques onglets des planches légèrement fendus en pied sans gravité.
Illustrée d’un titre-frontispice gravé, d’un faux-titre illustré de la tête de la Statue de la Liberté, et de 30 lithographies à pleine page rehaussées de couleurs à l’aquarelle.
Rarissime exemplaire de l’album de caricatures d’Auguste Bartholdi réalisé sur le paquebot en route vers les États-Unis pour l’exposition universelle de 1876, où il exposa une partie de la statue de la Liberté.
Ce curieux album contient la seule caricature de la Statue par Bartholdi jamais publiée : une vignette sur la page de faux-titre représentant le sommet de la tête couronnée de Lady Liberty, aux yeux rieurs émergeant au-dessus de l’Atlantique. Par ailleurs, les profits du recueil furent reversés à la souscription franco-américaine pour l’achèvement de la statue.
Edition en partie originale pour laquelle il n'est pas fait mention de grand papier.
Reliure en demi chagrin noir, dos à cinq nerfs sertis de guirlandes dorées, date dorée en queue, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier peigné, tête dorée.
Agréable exemplaire.
Edition originale, un des 20 exemplaires numérotés sur alfa, seuls grands papiers.
Iconographie.
Quelques très légères rousseurs sans gravité.
Bel exemplaire complet de sa jaquette illustrée.
Lettre autographe aux crayons bleu et rouge de Pablo Picasso à Max Pellequer, signé et daté par l'auteur du 7 juin 1956, à l'adresse autographe de sa villa « Californie ». 12 lignes au recto et deux lignes au verso sur un avis de parution imprimé d'un ouvrage de Thèrèse Leroy.
Traces de plis transversaux inhérents à l'envoi. Légère pliure à l'angle inférieur gauche.
Nous avons ici un rare témoignage écrit de Pablo Picasso se livrant à l'autodérision. Dans sa villa "Californie", Le peintre s'est servi d'un avis de parution imprimé de l'ouvrage "la technique du classement". Sous cette annonce, il s’est amusé à écrire les mots suivants : "Je vais m'y mettre. Un peu sur le tard", bien conscient de privilégier son art aux triviales tâches administratives. Picasso fait ainsi référence au sujet de sa missive, la découverte d'un nouveau document d'assurance sollicité par son destinataire. Max Pellequer, qui gérait ses finances, ne connaissait que trop bien le caractère désordonné de son ami, l'artiste aux 50 000 œuvres.
La composition graphique de cette courte missive témoigne elle-même des réelles préoccupations de Picasso qui a changé de couleur et de taille de caractères pour mettre au premier plan et au centre ce qui compte vraiment à ses yeux, la beauté et l’amitié :
« Mistral et soleil. Allez bien et bonne poignée de main de votre Picasso » !
Lettre autographe de Pablo Picasso à Max Pellequer, signée et datée par l'auteur du 23 septembre 1958. 13 lignes au crayon à mine multicolore (orange, rouge, bleue et vert) sur un feuillet "VIA WESTERN UNION".
Traces de plis transversaux inhérents à l'envoi. Déchirure à l'angle inférieur gauche.
La couleur n'est pas systématiquement utilisée dans les lettres de Pablo Picasso. Il semblerait que l'artiste ait voulu faire un geste aimable envers son ami et banquier Max Pellequer, car plus ses lettres sont esthétiques, plus elles sont précieuses. L'utilisation du crayon à mine multicolore dans une correspondance est une pratique partagée par plusieurs artistes, notamment Paul Éluard.
Elégante lettre autographe multicolore de Pablo Picasso à Max Pellequer, signée et datée par l'auteur du 20 décembre 1955. Un feuillet au crayon multicolore (bleu, vert, orange et rouge). [Vendue non encadrée]
Traces de plis transversaux inhérents à l'envoi.
Cette œuvre d'art littéralement « graphique » constitue un superbe maillon polychrome de la chaîne épistolaire qui lia le plus grand artiste du XXe siècle à son principal mécène.
Edition originale, un des 300 exemplaires numérotés sur hollande, le nôtre imprimé spécialement pour la sculptrice Renée Vautier, seuls grands papiers.
Reliure à la bradel en plein papier, dos lisse, plats de couverture comportant de discrètes restaurations conservés, larges témoins conservés, reliure signée Thomas Boichot.
Précieux envoi autographe signé de Paul Valéry, en dessous de la justification, à sa muse la sculptrice Renée Vautier qui réalisa notamment un célèbre buste du poète en 1935.
Edition originale ; seulement deux exemplaires au CCF (Archives nationales, Arras).
Dos fendu et comportant des manques.
Bien complet des deux rapports successifs (du 1er février 1862 ; du 6 juin 1863).
Edition originale de ce numéro entièrement consacré à Guillaume Apollinaire.
Nombreuses contributions dont celles de Guillaume Apollinaire, Tristan Tzara, Pierre Albert-Birot, Paul Dermée, André Salmon, Roche Grey. Iconographie, illustrations, fac-similés, exemplaire bien complet du portrait de Guillaume Apollinaire par Marcoussis.
Deux petites déchirures en tête et en pied du dos, agréable exemplaire.
Premier plat illustré d'un portrait de Guillaume Apollinaire par Pablo Picasso.
Edition originale pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers.
Riche iconographie.
Petites traces d'insolation sur le dos.
Précieux envoi autographe signé d'André Malraux à son amie, la grande résistante gaullienne Brigitte Friang : « Pour Brigitte. A. Malraux. Oct 1948. » enrichi d'un dessin original en couleur représentant le célèbre "dyable" marchant de profil tracé au crayon de papier rouge et bleu (pour l'oeil et les poils hérissés).
Edition originale imprimée à petit nombre sur papier vergé de cet extrait du Journal asiatique, un seul exemplaire au CCF (Strasbourg).
Rare exemplaire présenté dans son brochage d'origine sous couverture d'attente de papier bleu.
Traces d'étiquette en marge gauche du premier plat, agréable exemplaire.
En tête du premier plat de couverture, envoi autographe de Giovanni Antonio Arri à l'archéologue Désiré Raoul-Rochette (17891854), alors membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-lettres.
Edition originale de ce texte circonstanciel et orné de 4 planches hors-texte.
Dos muet légèrement décoloré, rare et agréable exemplaire.
Archevêque d'Alger depuis 1867, Charles Lavigerie (1825-1892) deviendra en 1884 primat d'Afrique par son cumul exceptionnel avec le siège de Carthage, restauré à son profit.
Il se préoccupa très tôt des fouilles du site de Carthage.
Exemplaire composite : le premier volume correspond à la deuxième édition américaine qui est en partie originale (avec titre seulement Incidents of travel in Yucatan), tandis que le second est en édition originale (avec l'intitulé complet) ; le texte du premier volume étant augmenté par rapport à celui de l'édition de 1841. Ce titre, tiré au départ à 15 000 exemplaires, connut un immense succès et fut réimprimé de multiples fois entre 1841 et 1852, date de la mort de l'auteur (cf Sabin 91 297 et 91 299.)
Ouvrage illustré de 96 gravures se répartissant ainsi : 54 illustrations (certaines à pleine page dans le texte) dont 21 planches hors texte (parmi elles, une carte et un frontispice en dépliant) pour le premier volume ; pour le second : 42 planches hors texte dont 2 à double page
Reliures en demi chagrin noir, dos à cinq nerfs sertis de filets noirs, légers frottements sans gravité sur les dos, petites taches de décoloration en marges gauches des plats, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier peigné, têtes dorées, reliures du début du XXe s.
L'ouvrage est important et correspond à la première prise de contact du public américain avec les vestiges de la civilisation maya, mais pas seulement : récit de voyage en plein dans la mode de l'époque, il mêle anecdotes diverses, portraits, description des lieux visités, une importante partie consacrée à la situation politique et la guerre civile qui ravageait l'Amérique centrale, sans compter la partie la plus originale, archéologique, qui ne compte pourtant que pour un tiers de l'œuvre.
Issu d'une riche famille new-yorkaise, John Lloyd Stephens (1805-1852) effectua deux voyages d'exploration en Amérique centrale suite à sa rencontre en 1836 avec le dessinateur Frederick Catherwood (1799-1854). À la suite du décès du représentant des États-Unis auprès de la Fédération d'Amérique centrale, Stephens usa de ses relations politiques pour se faire envoyer en mission diplomatique dans la région par le président Van Buren. L'Amérique centrale était alors en proie à un chaos indescriptible : une guerre civile opposait le gouvernement fédéral aux différentes entités qui composaient la Fédération et Stephens espérait que son passeport diplomatique lui assurerait une certaine protection au cours de son périple. Le 3 octobre 1839, Stephens et Catherwood s'embarquèrent dans un bateau britannique à destination du Belize d'où un périple de plusieurs mois les mènera à Copán, Quirigua, Toniná, Palenque et pour finir Uxmal. Le second voyage eut lieu en octobre 1842, suite au succès phénoménal de la première relation : il mena les deux amis d'Uxmal à Tulum, en passant par Sayil, Labná, Kabah ou encore Chichen Itzá, en tout plus de quarante sites mayas. Le texte de la seconde édition fut complété par l'expérience de ce second périple.
Provenance : Exemplaire de l'explorateur et archéologue Alexis-Antoine-Maurice de Périgny (1877-1935), avec vignette ex-libris contrecollée sur les premières gardes.
Les principaux voyages effectués par cet aventurier concernent précisément le Mexique et l'Amérique centrale (Guatemala, Costa Rica, 1909-1913). Il avait lui-même publié sur la région Le Yucatan inconnu (1908).
Edition originale rare selon Clouzot (cf Guide du bibliophile français XIXème siècle, page 256).
Quelques petites rousseurs sans gravité, une petite tache d'encre noire en pied des pages 354-355. Exemplaire bien de son feuillet d'errata en fin de volume.
Reliure en demi veau caramel, dos à cinq nerfs soulignés de pointillés dorés et orné de frises ainsi que de fleurons noirs, frises dorées en tête et en queue, quelques frottements sur le dos, pièce de titre de veau marron, frise verticale estampée à froid en encadrement des plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier oeil-de-chat, tête dorée, étiquette de librairie romaine en tête d'un contreplat, reliure pastiche signée à froid Durvand.
Ouvrage rare et important (cf Carteret) dans lequel apparaît pour la première fois, sur la page de titre, le pseudonyme de Stendhal.
Édition originale consistant en 15 numéros en 15 livraisons, abondamment illustrée de photos en noir et blanc. Bien complet du numéro spécial « Hommage à Picasso » (nº 3 de 1930) et de la table des matières de l’année 1929, un cahier séparé de 8 pages imprimées en noir sur papier couché et agrafées.
Quelques dos légèrement insolés sans gravité, petites rousseurs en marges de certains plats.
Ensemble présenté dans un coffret au dos carré lisse en maroquin bleu pétrole, portant le titre au paladium et encadré d'un filet au palladium, plats de papier décoratif bleu, contreplats doublés de daim bleu ciel, bel ensemble signé Boichot.
Collection complète de cette revue mythique et non conformiste lancée par Georges Bataille, donnant une place aux « domaines de l’art et du savoir non reconnus par la culture officielle ou controversés : la littérature populaire, le jazz, le café-concert, la publicité, la vie quotidienne » (Annie Pirabot) ainsi que objets et arts dits primitifs.
Textes de Jean Babelon, Jacques Baron, Georges Bataille, Alejo Carpentier, Arnaud Dandieu, Robert Desnos, Carl Einstein, Roger Gilbert-Lecomte, Marcel Griaule, Juan Gris, Eugene Jolas, Marcel Jouhandeau, Michel Leiris, Georges Limbour, Marcel Mauss, Léon Pierre-Quint, Jacques Prévert, Raymond Queneau, Zdenko Reich, Paul Rivet, Georges Ribemont-Dessaignes, Georges-Henri Rivière, André Schaeffner, Roger Vitrac, etc.
Nombreuses contributions graphiques en pleine page de Hans Arp, Constantin Brancusi, Giorgio De Chirico, Alberto Giacometti, Juan Gris, Henri Laurens, Fernand Léger, André Masson, Joan Miró, Pablo Picasso, Joseph Sima, etc.
Rare édition originale de la traduction française ou plutôt, de l'adaptation en français des impressions de voyage du Prince Soltykoff (cf Vicaire, VII, 575. Schwab, 544. Deux exemplaires seulement figurent au CCF.)
Ouvrage illustré d'un frontispice lithographié en deux teintes et de 20 lithographies teintées hors-texte par Trayer et Émile Beau d'après les dessins de l'auteur.
Reliure en demi chagrin vert, dos lisse orné de doubles filets dorés ainsi que de larges filets à froid, plats de cartonnage vert foncé, petites restaurations et frottements en têtes et en pieds des mors, gardes et contreplats de papier à la cuve, reliure de l'époque.
Quelques épidermures et très fines piqûres intérieures, sinon agréable exemplaire établi en reliure de l'époque.
Le prince Alexeï Soltykoff (1806-1859), issu des plus grandes familles de Russie, avait été envoyé en mission diplomatique à Téhéran en 1838, sous le règne de Muhammad shah. Il passa près d'un an dans le pays. Mais n'ayant aucune vocation pour la carrière diplomatique, il l'abandonna peu après son retour pour s'installer à Paris et préparer ses voyages en Inde.
Personnage original, voire excentrique, animé depuis l'enfance par la passion des voyages, le prince Soltykoff rêvait depuis toujours d'un Orient dont cette mission avait été l'occasion. Arrivé par le Caucase, il vécut jusqu'en mai 1839 à Téhéran qu'il put à loisir observer et décrire à travers le mode de vie de ses habitants. Les planches sont très intéressantes au point de vue des costumes (Saba, Bibliographie Française de l'Iran, p. 187 n° 211).
Edition originale de la traduction française de cette remarquable étude parue originellement à Vienne dans les Mines de l'Orient.
L'ouvrage, traduit et enrichi d'observation avec des notes explicatives, suivies d'une dissertation sur la situation du Pallacopas, par J. Raimond, est illustré de 6 gravures dépliantes hors-texte in fine (et non quatre comme indiqué au titre).
Reliure en demi basane verte, dos lisse éclairci orné d'un sphinx doré, titre doré, plats de papier oeil-de-chat, gards et contreplats de papier peigné, reliure moderne.
Quelques rousseurs affectant principalement les premiers feuillets.
Rich y donne "une description très détaillée de toutes les ruines et de tous les tertres [...] qui s'étendent à une grande distance sur les deux rives de l'Euphrate" (Michaud).
Ses travaux sur Babylone sont considérés comme le point de départ de l'archéologie mésopotamienne (Chahine, 4032).
Lettre autographe datée et signée d'André Breton, 21 lignes à l'encre bleue sur un feuillet, adressée à Georges Isarlo de la revue Combat-Art à propos d'un texte que lui a donné son ami José Pierre.
Fidèle à lui-même, le chef de file et Pape du surréalisme tient à éclaircir les choses vis-à-vis de son correspondant : "Vous comprendrez sûrement le souci que je puis avoir de ne pas, sous un vain prétexte d'anniversaire, laisser dénaturer le sens et gâter le fruit de quarante années de lutte et voudrez bien considérer qu'il a pour tous ses signataires - répondants du surréalisme aujourd'hui - la même importance vitale que pour moi."
Edition originale sans mention, bon achevé d'imprimer du 20 octobre 1912.
Dos et marges intérieures des plats restaurés, un discret pli sur au coin inférieur droit du premier plat.
Ouvrage illustré de 26 planches reproduisant des oeuvres de Paul Cézanne, Pablo Picasso, André Derain, Georges Braque, Jean Metzinger, Marie Laurencin, Albert Gleizes, Fernand Léger, Marcel Duchamp, Juan Gris et Francis Picabia.
Bel exemplaire malgré les restaurations, rare sans mention d'édition, de ce manifeste du Cubisme publié à l'occasion de l'historique exposition de la Section d'Or à la galerie La Boétie.
"Il est difficile d'imaginer aujourd'hui le retentissement du livre de Gleizes et Metzinger. Lu, relu, célébré ou rejeté, il est très vite traduit en russe et en anglais. L'avant-garde culturelle russe le discute avec passion. Du critique américain Arthur Jerome Eddy au peintre roumain Marcel Janco, on en recommande la lecture, au risque d'oublier que ce sont moins des théoriciens que de bons peintres qui s'y expriment. Le poète flamand Paul van Ostaijen juge le livre aussi utile pour un écrivain que pour un artiste, et, de fait, l'abandon du souci des ressemblances des peintres cubistes répond aux fragmentations du sens et aux images insolites d'Apollinaire ou de Reverdy. Du cubisme pouvait conclure : « Aux libertés partielles conquises par Courbet, Manet, Cézanne et les impressionnistes, le cubisme substitue une liberté infinie ». On sait maintenant que le cubisme n'était pas une rupture mais une porte grand ouverte sur l'avenir." (Serge Fauchereau)
Poème autographe d'André Pieyre de Mandiargues signé A.P.M. et daté du 5 juin 1974 intitulé "Le plus libre graveur" et qu'il dédia à Joan Miro .
Rédigé au stylo bille noir sur un feuillet, le poème, de 44 lignes, comporte quelques ratures et ajouts manuscrits ainsi qu'un ajout de feuillet découpé et encollé en angle inférieur droit du poème.
Ce texte tout à la gloire du peintre Joan Miro et de son style fut publié dans la revue XXe siècle en décembre 1974 :
"Feu d'air ou feu de terre
Feu de feu ou feu d'eau
Le haut feu de Miro
Se fait esprit de sel
Acide ardent fumant
Machoîre du dieu ivre
Qui va mordre le cuivre...
...
Parfois il grave sur le givre
il invente le regard
il noie le soleil
Il l'ébouillante
Parfois il balance l'homme
Il bascule la demoiselle,
...
La grande lingerie des noirs
Des bleus des rouges des roses
Des jaunes et des verts
Claquant au vent de Majorque
Un grand pavois d'allégresse
Imposé au blanc d'une page..."
Beau poème d'André Pieyre de Mandiargues magnifiant le style foisonnant de couleurs vives du peintre et graveur Joan Miro.
Lettre autographe signée et datée d'Auguste Bartholdi adressée à l'écrivain Edmond About. Trois pages à l'encre noire sur un bifeuillet à son en-tête. Traces de plis transversaux inhérents à l'envoi.
Bartholdi revient d'Egypte après avoir présenté son projet de statue-phare pour le canal de Suez, qui verra finalement le jour aux Etats-Unis sous le nom de Statue de la Liberté. Le sculpteur donne ses impressions après ce périple, et rapporte des soieries et des tapis persans du bazar pour son ami.
De mars à avril 1868, Bartholdi séjourne en Égypte pour soumettre son projet de monument au vice-roi Ismaïl-Pacha. L'idée d'une statue érigée à l'entrée du canal de Suez était née de la visite du sculpteur au pavillon de la société du canal à l'Exposition universelle de Paris. Ces travaux de percement méritaient à ses yeux une œuvre pharaonesque : il imagine alors un colosse féminin de cinquante mètres, tendant son bras vers le ciel et brandissant une lanterne - qu'il baptise « L'Egypte apportant la lumière à l'Asie », ou « L'Egypte éclairant l'Orient ». Le pacha ainsi que le constructeur en chef du canal Ferdinand de Lesseps ne furent pas conquis :
« De mon entreprise je ne puis pas vous donner de renseignements intéressants. Je ne sais vraiment pas moi-même si j'ai réussi ou non. Il faut attendre, j'ai trouvé un accueil bienveillant ; mais rien de caractérisé, à la mode Egyptienne. » L'idée prendra finalement germe outre-Atlantique, où son colosse sera accueilli avec enthousiasme par l'union franco-américaine et lui assurera une renommée internationale.
Outre ses excursions à dos de baudet pour trouver un emplacement à son œuvre sur les bords du canal, le sculpteur se prit à flâner dans les rues d'Alexandrie et du Caire, réalisant de nombreux croquis : « Je comptais retourner compléter mes études au bazar ; quand étant indisposé, j'ai été amené à partir brusquement [...] j'ai eu le plaisir de voir votre ami Arackel qui a été pour moi aussi aimable que votre lettre ». Bartholdi remercie également About pour son élogieuse critique de ses œuvres parue le 1er juin : « Il a fallu votre aimable petit mot dans la Revue des deux mondes pour me fourrer la plume dans les mains. Merci bien de votre caresse amicale » et l'entretient longuement à propos de soies et tapis qu'il lui avait promis : « L'habaye [abbaya] de soie bleue et or coûtait 180 au lieu de 175 et on ne me la laissait qu'a 130 dernier prix. Les tapis de Caramanie coûtaient 60 dernier prix, et je n'en ai vu que deux ou trois qui fussent beaux ».
Précieuse et esthétique lettre de Bartholdi, dont l'infructueuse entreprise en Egypte se traduira aux Etats-Unis par son immortelle statue, devenue le symbole de toute une nation.
Edition originale et collection complète des 9 cahiers G.L.M. parus entre mai 1936 et mars 1939.
Quelques dos légèrement décolorés comme souvent, sinon agréable exemplaire comlpet de son étui éditeur en plein cartonnage gris avec étiquette de titre rouge encollée sur le dos.
Nombreuses contributions de la plupart des poètes, écrivains et peintres surréalistes dont : André Breton, René Char, Paul Eluard, Philippe Soupault, René Crevel, Valentine Penrose, Federico Garcia Lorca, Pablo Neruda, Michel Leiris, Max Ernst, Man Ray, André Masson mais aussi de quelques pères spirituels du surréalisme comme Franz Kafka, Lewis Carroll et Raymond Roussel...
Chaque numéro est orné d'illustrations ou de dessins.
Rare et agréable ensemble.
Rare édition originale.
Aucun exemplaire au CCF.
Quelques déchirures et manques marginaux sur les plats.
C'est en 1838 que s'était ouvert à Philadelphie le "Chinese Museum", au premier niveau du Musée de Charles Willson Peale, sur la base des objets rapportés de Chine par le négociant quaker Nathan Dunn (1782-1844), revenu d'un long séjour commercial à Canton (1818-1832).
L'ensemble de cette collection fut montrée également à Londres en 1842, puis, après la mort de Dunn, en 1851, la seconde fois avec beaucoup moins de succès.
Le sort des objets qui la composaient demeure obscur, mais elle fut victime de son succès et semble avoir été à la fois pillée par des amateurs peu scrupuleux et dispersée aux enchères.
Édition originale ornée de trois planches dépliantes hors-texte ainsi que de nombreux hiéroglyphes dans le texte.
Notre exemplaire est présenté dans son brochage d'origine sous couverture d'attente de papier vert, étiquette de titre encollée en tête du dos.
Quelques rousseurs.
Le voyageur et orientaliste allemand Julius von Klaproth (1783-1835), un des plus grands linguistes de son temps, étudia essentiellement les langues asiatiques qu'il pratiquait presque toutes.
Dans cette violente critique de Champollion, publiée six mois après la mort prématurée de ce dernier, il essaie, avec quelque mauvaise foi, de prendre en défaut la méthode et les résultats du découvreur grenoblois, contestant en particulier l'antériorité et l'intérêt de sa découverte.
Rare édition originale illustrée, en fin de volume, de 2 planches dépliantes.
Seulement deux exemplaires au CCF (BnF et Strasbourg). Backer & Sommervogel III, 1242 (59).
Notre exemplaire est présenté sous couverture d'attente de papier jaune,
Quelques petites rousseurs sur les planches dépliantes.
Le Jésuite napolitain Raffaele Garrucci (1811-1885) se consacra à l'étude des Pères de l'Église ainsi qu'aux antiquités païennes et chrétiennes.
Il est devenu un des principaux disciples du père Giuseppe Marchi avec le célèbre Giovanni Battista De Rossi.
Billet autographe signé de Jean Paulhan, 20 lignes rédigées à l'encre noire adressée à Felia Leal, l'éditrice des "Paroles transparentes", ouvrage de Jean Paulhan orné de 14 lithographies originales de Georges Braque.
Traces laissées par la présence d'un trombone en angle supérieur gauche des feuillets.
Ce billet évoque un projet de travail avec Marc Chagall :
"Samedi,
Chère Felia
eh bien, Chagall approuve le petit résumé. Il en paraît même enchanté. Il a songé, dit-il, à des tas de choses de ce genre. Mais nous devons en parler dans quelques jours, à son passage à Paris. (Il se rend aux fêtes de l'anniversaire de Rembrandt, où l'invite la Hollande (ce dont il ne semble pas peu fier). Jean P. vous embrasse."
Enveloppe manuscrite rédigée par André Breton à l'attention de son amie Géo Dupin, responsable de la galerie d'art La cour d'Ingres, au 17 quai Voltaire, chez qui le pape du surréalisme achetait des tableaux.
L'adresse est rédigée à l'encre noire (quelques lettres ayant bavé).
Agréable exemplaire.
Carte postale photographique en noir et blanc réprésentant Ludmila Tcherina jeune.
Traces de punaises aux angles de la carte.
Envoi autogtraphe signé de Ludmila Tcherina, au feutre blanc, au grand collectionneur d'autographes Claude Armand : "A Claude bien amicalement Tcherina."
Provenance : du fond du grand collectionneur d'autographes Claude Armand.
Edition originale, avec la signature et la date de l'auteur en fac-simile "october 1940" sur la page de garde.
Charnières fendues, quelques rousseurs sur les gardes.
Reliure d'éditeur en percaline sable, pièce de titre noire sur le premier plat.
Bel exemplaire de ce carnet reproduisant 82 croquis réalisés dans les abris aériens de Londres durant le Blitz.
Longue lettre autographe datée d'août 1896 et signée de Paul Gauguin adressée au peintre Daniel de Monfreid. Quatre pages à l'encre noire sur deux feuillets.
Petites déchirures marginales sans atteinte au texte, traces de pli inhérentes à l'envoi.
En pleine descente aux enfers, abandonné dans son paradis artificiel tahitien, Gauguin se sent maudit : "Décidément, je suis né sous une mauvaise étoile" se lamente-t-il. Sa quête de liberté primitive le laisse dans le dénuement et la misère. Souffrant le martyre, le peintre envoie des tableaux à l'un de ses rares soutiens, son fidèle ami Daniel de Monfreid - mais se trompe d'adresse...
Publiée dans les Lettres de Paul Gauguin à Georges-Daniel de Monfreid, 1918, p. 146, n° XXIII ; notre lettre révèle le nom d'Émile Schuffenecker, son ami et comparse de la bourse de Paris puis de Pont-Aven - anonymisé dans la version publiée - que Gauguin vilipende à de nombreuses reprises dans ces pages.
Cette exceptionnelle missive est écrite à Tahiti, où le peintre était retourné l'année précédente, faisant ses adieux définitifs à la vieille Europe. Gauguin ressort tout juste d'un séjour à l'hôpital de Papeete afin de soigner ses jambes meurtries à la suite de coups reçus à Concarneau deux ans plus tôt, pour avoir défendu sa muse, Annah la javanaise. Le peintre n'échappe pas aux séquelles de cette altercation et souffre d'un terrible eczéma purulent à la jambe mais aussi de sa syphilis, noyant ses affres dans l'alcool. Les lettres de Gauguin de l'été 1896, dont celle-ci est un parfait exemple, "sentent la fièvre qui s'est emparée d'un esprit surchauffé par la douleur et le manque de sommeil" (David Haziot). Dans sa confusion, le peintre a mal rédigé l'adresse de l'atelier de Monfreid à la Cité Fleurie, célèbre résidence d'artistes aux allures de chalet où Gauguin avait séjourné : "Je vous ai envoyé le mois dernier un paquet de tableaux. J'ai bien peur pour eux car il me semble que j'ai mis 55 Bd Arago au lieu de 65". Dans cet envoi, figurait sa composition Eihaha Ohipa, peinte dans son atelier de Punaauia et désormais conservée au musée Pouchkine de Moscou. Expédiées par l'intermédiaire d'un officier de marine - le port restant à la charge de Monfreid - les toiles n'arriveront qu'en novembre.
Au-delà de ses craintes enfiévrées, Gauguin livre dans ces lignes un véritable manifeste de son intégrité d'artiste - pendant parfait de son célèbre autoportrait christique Près du Golgotha que le peintre réalise à la même période. Tout comme dans cette toile, son destin se confond avec celui du Christ : "dans les moments les plus difficiles de ma vie j'ai plus que partagé avec des malheureux et sans jamais d'autre récompense que le lâchage complet". Il avait en effet imposé les toiles de Schuffenecker dans des expositions impressionnistes, sauvé son ami Laval du suicide, et ouvert sa bourse à tant d'autres. Au lieu de lui rendre la pareille, Schuffenecker préfère se lamenter sur son propre sort : "Schuff m'écrit vraiment une lettre insensée et injuste et je ne sais que répondre car c'est un esprit malade [...] qu'il est plus malheureux que moi qui ai la gloire la force la santé. Parlons-en ! Je suis doué dit-il à en rendre les autres jaloux". Gauguin qui s'est toujours refusé à transiger et se compromettre, est finalement trahi par une de ses plus proches relations, Schuffenecker, qui devient dans la lettre un véritable Judas Iscariote :"Schuff vient de faire une pétition inutile je crois, pour que l'État vienne à mon aide. C'est la chose qui peut le plus me froisser. Je demande aux amis de me venir en aide pendant le temps qu'il faut pour rentrer dans mon argent qui m'est dû, et leurs efforts pour le recouvrer, mais mendier à l'État n'a jamais été mon intention". Le peintre arrive à un point de non-retour, non seulement meurtri dans sa chair, mais dans son amour-propre : "Tous mes efforts de lutte en dehors de l'officiel, la dignité que je me suis efforcé d'avoir toute ma vie, perdent de ce jour de leur caractère. De ce jour je ne suis plus qu'un intrigant braillard, mais si je m'étais soumis - oui je serais dans l'aisance. Ah vraiment, voilà un chagrin que je ne comptais pas avoir. Décidément je suis né sous une mauvaise étoile." Après cet ultime abandon, Gauguin laissera libre cours à sa frénésie artistique et sensuelle dans sa Maison du Jouir aux Marquises.
À bout de souffrance et sans le sou, Gauguin clame sa détresse et son orgueil brisé - un Christ Nabi délaissant sa croix, prêt à tomber dans la luxure et l'ivresse du pinceau.
Lettre autographe datée et signée d'Edgar Degas adressée au marchand Charles Deschamps, directeur de la succursale du galeriste Durand-Ruel à Londres. Trois pages à l'encre sur un feuillet double.
Petites déchirures marginales sans atteinte au texte, traces de pli inhérentes à la mise sous pli.
Rentré de la Nouvelle Orléans, Degas s'adresse à son marchand attitré à Londres et l'informe de l'arrivée prochaine d'une exquise composition de danseuses, Le Foyer de la danse à l'Opéra de la rue Le Peletier, désormais conservé au Musée d'Orsay : « En attendant vous allez recevoir le petit tableau que vous aviez vu en train et que vous aviez pris l'idée de vendre à M. Huth - Puissiez-vous le faire ! [...] Quant au prix, il me semble que 150 à 200 livres est bien » Deschamps exaucera les souhaits du peintre et vendra le tableau à Louis Huth, financier et mécène de Whistler, pour la somme de 140 livres. La toile fera ensuite partie de la prestigieuse collection d'Isaac de Camondo.
Degas se tourne vers Londres à une période où le marché de l'art anglais permet de pallier la débâcle qui a suivi la guerre franco-prussienne de 1870. Le peintre attend beaucoup de ce nouveau marché britannique en pleine expansion, financé par de lucratives expositions-événement attirant des millions de visiteurs ; le public anglais découvrit ainsi les toiles de Degas au cours de huit expositions de la Société des Artistes Français. Bien qu'il mentionne souvent dans sa correspondance des difficultés d'argent « J'ai vers la fin du mois pas mal à payer. Il me rentrerait quelque argent, que j'en serais enchanté [...] - Occupez-vous de moi, mon cher Deschamps, je vous en serai bien obligé - Dites-moi aussi si la saison n'est pas bien avancée. Je le crains » sa carrière outre-manche était assez florissante et ses ventes profitables. Le peintre ne manque pas de saluer la « colonie française » des peintres exilés, Giuseppe de Nittis et son ami intime James Tissot dont le succès financier constituait pour Degas un exemple de commercialisation efficace des peintures d'un artiste français dans ce pays. Mais à la différence de Tissot, le peintre refusera de s'adapter aux goûts du marché et concentrera ses efforts à défendre la cause impressionniste en France et à l'étranger.
Degas consacre également un passage à un avide collectionneur de ses œuvres, le baryton Jean-Baptiste Faure, commanditaire de sa célèbre série de toiles sur l'Opéra de Paris et propriétaire du Déjeuner sur l'herbe de Manet : « Je devais être à Londres depuis quelque temps, d'après mon dire. Je n'y suis pas parce que le tableau de [Jean-Baptiste] Faure n'est pas fini, que je ne voudrais aller le rencontrer là-bas sans lui donner de meilleures nouvelles, et que je n'ai plus guères le temps de flâner si je veux n'avoir pas encore au 1er septembre rien à lui livrer ». Ironiquement, Faure reprochera aux toiles de Degas de ne pas être correctement finies (!) et lui intentera un procès quelques années plus tard.
Une rare et exceptionnelle missive qui retrace le cheminement d'une célèbre œuvre de Degas et sa relation avec les marchands et collectionneurs, à l'aube de la première exposition des peintres impressionnistes qui se tiendra un an plus tard.
Liste manuscrite d'André Malraux (20 lignes au stylo bille bleu) apportant des précisions et des indications pour André Parinaud et concernant la parution de ses ouvrages formant la collection "Ecrits sur l'art" illustrés de photographies de Roger Parry.
Traces de pliures inhérentes à la mise sous pli.
Résistant participant à Combat, André Parinaud est un journaliste, chroniqueur, critique d'art et écrivain. De 1959 à 1967, il ccupe le poste rédacteur en chef de l'important hebdomadaire Arts regroupant l'élite de la création française dans tous les domaines artistiques : littérature, peinture, théâtre, cinéma... Il réalisera alors plus de 1000 interviews radiophoniques avec les plus grands écrivains et artistes dont Salvador Dali, Louis-Ferdinand Céline, Colette, Paul Léautaud, André Breton, Georges Simenon et André Malraux... Tout en continuant de travailler à l'O.R.T.F. et à la radio, il fonde plusieurs festivals ou manifestations artistiques comme Le Festival international du film d'art, l'Académie nationale des arts de la rue.
Edition originale, un des exemplaires du service de presse.
Iconographie in fine.
Précieux envoi autographe signé d'André Malraux au diplomate et grand résistant, fidèle parmi les fidèles du général De Gaulle, Gaston Palewski à qui est dédié cet ouvrage en dessous de la dédicace imprimée : "C'est pour vous distraire. Vous recevrez vos exemplaires convenables la semaine prochaine".
Édition originale parue en 20 livraisons, illustrée de vignettes gravées sur bois dans le texte d'après Célestin Nanteuil, Français, Karl Girardet, Jules David, etc. et de 20 planches gravées sur cuivre ou lithographiées d'après Diaz, Decamps, Hazé, A. Guignet, E. Hedouin, Théodore Chasseriau, Alophe, Couture, etc. In fine sont reliées les couvertures de toutes les livraisons. Les couvertures des livraisons annoncent fautivement 30 gravures au lieu des 20 qui furent jointes.
Reliure postérieure en demi-maroquin rouge de Russie à coins, dos à cinq nerfs richement orné, date dorée en queue, encadrement de filets dorés sur les plats de papier à la colle. Nombreux frottements et coins émoussés.
Provenance : de la bibliothèque de Victor Mercier avec son ex-libris Art Nouveau gravé par Adolphe Giraldon.
Edition originale illustrée de 15 gravures originales en taille douce, dont 10 en couleurs, de Maurice de Vlaminck, un des 250 exemplaires numérotés sur vélin d'Arches.
L'ouvrage est également illustré de 2 portraits d'Amedeo Modigliani représentant Maurice de Vlaminck et sa femme.
Reliure en plein maroquin vert Empire, dos à deux gros nerfs se prolongeant en triangles et à froid sur les plats, dos ornés de trois losanges dorés avec titre frappé à l'or et séparé par une barre dorée transversale, gardes et contreplats de papier marbré, encadrement de triples filets dorés sur les contreplats, couvertures et dos conservés, tête dorée, étui bordé de maroquin vert Empire, plats de papier marbré, reliure de l'époque signée des ateliers C. Muller, relieur nancéen.
Signature manuscrite de Maurice de Vlaminck au crayon de papier en dessous de son portrait en frontispice.
Dos légèrement assombri, sinon bel exemplaire.