
Édition originale, publiée à Paris en 1933 chez Jules Meynial sous la direction de Jacques de Brunhoff. Tirage limité à 500 exemplaires numérotés sur papier d’Arches. L’ouvrage est illustré de 48 dessins en noir dans le texte et de 32 planches hors texte d’après Alexandre Iacovleff, tirées en bistre et noir.
Broché sous couverture rempliée imprimée. Petits manques en tête et en pied du dos, une déchirure restaurée en tête ; petites déchirures et taches sur le second plat. Dernière garde légèrement ombrée par endroits, avec quelques rousseurs marginales. Agréable exemplaire.
Lorsque paraît Le Théâtre japonais en 1933, Iacovleff travaille depuis plus de quinze ans sur les paysages, les figures et les arts de l’Extrême-Orient. Parti en Asie en 1917, le peintre séjourne en Chine puis passe plusieurs mois dans l’île japonaise d’Izu Ōshima ; il ne regagnera pas la Russie après la Révolution et s’établira en France. De ces voyages naissent bientôt Dessins et peintures d’Extrême-Orient, publié chez Lucien Vogel en 1920, puis Le Théâtre chinois, édité en 1922 par Maurice de Brunhoff. En 1933, avec Le Théâtre japonais, Iacovleff retrouve le monde du spectacle asiatique, cette fois à travers le kabuki.
La continuité est aussi éditoriale. Jacques de Brunhoff appartient à une famille déjà très présente dans l’édition et la presse illustrée : son père Maurice avait publié Le Théâtre chinois, tandis que ses frères Jean et Michel feront respectivement connaître Babar et Vogue France.
Pour le Japon, le regard de Iacovleff est cette fois accompagné par le texte de Serge Elisseeff. Arrivé au Japon en 1908 après une année d’études à Berlin, Elisseeff entre à l’Université impériale de Tokyo et devient en 1912 le premier étudiant occidental à y obtenir son diplôme. Installé à Paris après avoir quitté la Russie bolchevique, il enseigne notamment à l’École pratique des hautes études avant de rejoindre Harvard, où il devient en 1934 le premier directeur du Harvard-Yenching Institute.
Son texte se partage en quatre grandes parties consacrées à l’histoire du kabuki, à l’acteur et à son art, aux pièces et à leurs auteurs, puis aux salles de théâtre elles-mêmes. Les dessins de Iacovleff accompagnent ainsi une étude écrite par un auteur qui connaissait directement la langue, la culture et les institutions japonaises.
Entre Le Théâtre chinois de 1922 et Le Théâtre japonais de 1933, Iacovleff revient donc au monde du spectacle asiatique avec un autre compagnon de route et sous la direction d’une nouvelle génération des Brunhoff. Le Japon qu’il avait découvert en voyage devient ici, seize ans plus tard, la matière d’un grand livre illustré.