
Seconde édition, revue et corrigée, ornée d'illustrations dans le texte (dont un portrait de l'auteur et deux pavillons en couleurs) et d'un tableau dépliant hors-texte en fin de volume.
Quelques petites rousseurs, traces de papier adhésif en tête et en pied des gardes, légèrement salies.
Le San Min Zhuyi (三民主義), traduit ici par « triple démisme », constitue le testament politique de Sun Yat-sen (1866-1925), père fondateur de la République de Chine et figure tutélaire du nationalisme chinois moderne. Élaborés dès 1905 au sein de la Ligue jurée (Tongmenghui), ces trois principes, nationalisme (minzu), démocratie (minquan) et bien-être du peuple (minsheng), furent exposés dans une série de seize conférences publiques données à Canton en 1924, quelques mois seulement avant la mort de leur auteur. Texte fondateur du Kuomintang, le San Min Zhuyi continua d'exercer une influence déterminante sur la politique de la République de Chine, à Taïwan comme sur le continent, bien au-delà de l'adoption officielle du marxisme-léninisme par le Parti communiste.
Aucun des trois termes ne recouvre exactement la signification qu'il possède en Occident : le nationalisme suniste est d'abord anticolonial et antiféodal ; la démocratie, conçue comme un régime à construire par étapes sous la tutelle d'un parti éclairé ; le « démisme » social, enfin, irrigué de références aussi bien confucéennes que georgistes.
La traduction et le vaste appareil critique sont l'œuvre du père Pascal M. d'Elia (1890-1963), jésuite et sinologue, rattaché au Bureau sinologique de Zi-Ka-Wei, institution fondée par la Compagnie de Jésus à Shanghai au XIXe siècle et devenue l'un des principaux centres d'études chinoises d'Extrême-Orient. cet ouvrage parut à un moment décisif : le San Min Zhuyi venait d'être érigé en idéologie officielle de la République de Chine et enseigné dans les écoles comme matière d'examen obligatoire. Pour les missionnaires étrangers, elle offrait un accès rapide à la pensée du père de la nation ; pour le gouvernement de Nankin, elle témoignait de la loyauté de l'Église envers la patrie chinoise. Le succès fut immédiat : le gouvernement de Nankin commanda cinq mille exemplaires de l'ouvrage. Cette version française annotée demeure l'une des rares traductions complètes et scientifiques du texte accessibles en langue occidentale.