
Manuscrit de la traduction française, demeurée inédite, de la Giurisprudenza marittima-commerciale antica e moderna, vaste traité en quatre volumes de l'avocat milanais Luigi Piantanida, publié à Milan entre 1806 et 1808 et dédié à Napoléon. La traduction de J. Brunet. In-folio (25,5 × 39,3 cm), 680 pages manuscrites non chiffrées.
Reliure moderne de style en demi-veau fauve marbré à petits coins de vélin, dos lisse richement orné de fers dorés et de caissons à décor de frises grecques, pièce de titre de maroquin rouge, plats de papier marbré présentant quelques légères éraflures.
Le volume est précédé de deux beaux portraits gravés : celui de Luigi Piantanida, légendé « L'Avv.to Luigi Piantanida Milanese, Membro di varie Accademie », et celui de Napoléon Ier en empereur des Français et roi d'Italie. Y est joint un bifeuillet imprimé in-8 de trois pages (Paris, Hacquart, 1808) contenant le discours prononcé devant le Corps législatif, le 4 novembre 1808, par le député Jean-Augustin Pénières-Delzors en réponse à l'hommage que Piantanida venait de rendre à l'assemblée en lui offrant son ouvrage.
Avocat à Milan, alors capitale du royaume d'Italie, Luigi Piantanida entreprit avec cette Giurisprudenza marittima-commerciale antica e moderna l'une des plus ambitieuses synthèses juridiques consacrées au droit maritime et commercial sous le Premier Empire. Dédié à Napoléon, l'ouvrage fut officiellement présenté au Corps législatif français le 4 novembre 1808. Le discours de réponse, conservé ici dans son édition originale, constitue un témoignage direct de cet hommage rendu par l'auteur au pouvoir impérial et de l'accueil qui lui fut réservé par les institutions françaises.
À partir d'une vaste histoire de la navigation et des législations maritimes, depuis les Égyptiens et les Phéniciens jusqu'aux grandes puissances européennes modernes, Piantanida expose les principes du droit maritime et commercial alors en vigueur. La traduction française reproduit cette architecture érudite, ouvrant sur une ample dissertation historico-politique avant d'aborder successivement les codes maritimes, les juridictions consulaires et d'amirauté, ainsi que les droits et obligations des armateurs, capitaines, équipages et négociants.
Restée inédite, cette traduction témoigne de la diffusion des grands traités juridiques italiens dans l'espace francophone à l'époque napoléonienne. Elle révèle également l'intérêt porté, au-delà des Alpes, à une œuvre conçue pour contribuer à l'unification doctrinale du droit commercial au sein de l'Europe impériale.
En réunissant la traduction manuscrite d'un important traité de droit maritime, les portraits de son auteur et de Napoléon, ainsi que le discours officiel prononcé lors de la présentation de l'ouvrage au Corps législatif, cet ensemble constitue un témoignage exceptionnel sur la circulation des savoirs juridiques et des échanges intellectuels dans l'Europe du Premier Empire.