Edition originale, un des 90 exemplaires numérotés sur vélin, le nôtre un des quelques hors commerce, seul tirage après 20 papier orangé.
Dos muet légèrement éclairci comme généralement et comportant une petite déchirure en tête, bel exemplaire.
Ouvrage illustré d'un frontispice de Max Ernst.
Précieux et surréaliste envoi autographe signé de Gilbert Lély à une figure tutélaire de la peinture surréaliste : "A monsieur Yves Tanguy en souvenir d'un passé pareil à un buffet Henri III. Lély."
"les poèmes de Lely révèlent la fascination qu'il ressent pour des événements où paraissent des êtres qui sont vraiment autres que lui, alors pourtant qu'il éprouve à leur égard un vrai sentiment, qui mobilise tout ce qu'il est. Par exemple, dans Je ne veux pas qu'on tue cette femme, dès 1936, son esprit se fixe sur la minute de l'exécution de Mata Hari, la jeune femme accusée d'espionnage, et c'est faire de cet instant, dont il imagine que la fatalité peut être inversée "les fusils ne tireront pas", écrit-il magnifiquement, "sa furie a désemparé la grossière mécanique du temps" - oui, c'est faire de cet instant l'objet central de la pensée du poème et un véritable mystère."
Emmanuel Rubio, Gilbert Lely, la passion dévorante, actes du colloque "Gilbert Lely : Le Centenaire", 2007, p. 18
Le recueil enthousiasmera les confrères de Lély au sein du mouvement surréaliste : selon Jean-Louis Gabin, André Breton aimait particulièrement le récit onirique "L'Anniversaire" , tandis que Char enverra de chaleureuses félicitations à la lecture de la scène d'inspiration sadienne "Le 9 août 1914..." plus tard connue sous le nom "Les Roses de Picardie".
Rare exemplaire, à l'envoi éminemment surréaliste : "Le comme surréaliste défie son sens commun. Plutôt qu’un opérateur de comparaison, il souligne un écart, une dissemblance. Il est l’agent d’une polarisation des termes, des objets qu’il rapproche. Il magnétise l’espace que parcourt bientôt une gerbe d’étincelles, l’arc électrique d’une relation qui défie la raison." (Didier Ottinger).