
Édition originale de cet important album consacré à Alger et à plusieurs villes de la Régence, publié à Paris chez Charles Motte en 1835. L’ouvrage réunit 50 lithographies sur Chine monté, d’après les dessins d’Émile-Aubert Lessore et William Wyld, imprimées par Charles Motte. Il parut d’abord en cinq livraisons thématiques consacrées aux bâtiments, paysages, types et scènes, avant d’être réuni en volume. Cf. Gérard Sangnier, Bibliothèque algérienne, n° 207 ; Playfair, 517 ; Tailliart, 896 ; Gay, 919 ; Brunet III, 1018. Pas dans Blackmer.
Reliure de l’époque en demi-chevrette verte. Dos lisse orné de triples filets dorés et de fleurons estampés à froid, frises dorées en tête et en queue, celle de tête partiellement effacée. Plats de papier marbré présentant quelques décolorations marginales. Dos restauré. Rousseurs éparses.
Lessore et Wyld séjournent en Algérie en 1833, trois ans seulement après la prise d’Alger par les troupes françaises. Ils dessinent alors une ville encore largement intacte dans ses structures anciennes, avant les transformations urbaines profondes qui accompagneront l’installation coloniale. Les cinquante planches fixent rues, intérieurs, monuments, métiers, costumes et scènes de la vie quotidienne ; à Alger s’ajoutent également des vues de Bône, Oran, Tlemcen et Mascara.
Lessore, formé notamment auprès d’Ingres, et Wyld, lié à Horace Vernet, donnent à cet ensemble une grande variété de regard, centré sur l'observation des lieux, avec un goût du pittoresque. Wyld dédie le recueil à Vernet, qu’il retrouve en Algérie et qui jouera ensuite un rôle important dans sa carrière. Cette dédicace n’est pas anodine : celui-ci devient dans les années 1830 l’un des principaux peintres des campagnes françaises en Algérie, contribuant à fixer une iconographie militaire et coloniale que les vues de Lessore et Wyld abordent ici sur un registre plus pittoresque et topographique.
Tailliart saluera plus tard ces planches comme « de très belles gravures, très précieuses pour la connaissance du vieil Alger ». Publié en 1835 à partir de dessins pris deux ans plus tôt, cet ensemble compte parmi les premiers grands recueils lithographiques à fixer Alger après 1830.