
Rare édition originale orné de 2 planches hors-texte dont un frontispice et un grand fac-similé dépliant du texte de l'inscription.
Reliure en demi basane verte, dos décoloré à cinq nerfs orné de filets à froid, queques frottements sur le dos, plats de papier marbré, gardes ezt contreplats de papier à la cuve, tranches mouchetées, coins émoussés.
Quelques rousseurs.
Cette inscription avait été mise au jour à Marseille en juin 1845, et elle avait déjà suscité quantité de tentatives d'interprétation.
Elle est actuellement connue comme le "Tarif de Carthage" et fut à l'origine du mythe tenace de l'origine phénicienne de la cité : le règlement religieux qu’elle transcrit parut apporter la preuve que des cultes phéniciens étaient pratiqués à Marseille, et les travaux de l'abbé Bargès allèrent trop dans ce sens pour ne pas influencer les érudits.
Mais rien dans les découvertes archéologiques ultérieures ne laisse penser qu’une communauté phénicienne ait jamais existé à Marseille. L'abbé Bargès (1810-1896), originaire d'Auriol, connut une carrière atypique par son excellente connaissance des langues orientales (hébreu, arabe), et se spécialisa tout particulièrement dans l'épigraphie, sans négliger d'autres disciplines. Le monde phénicien l'intéressait tout particulièrement parce qu'il soutint longtemps l'origine punique de Marseille, et il publia six monographies sur les inscriptions en langue phénicienne de 1847 à 1888 ; la nôtre fait partie de ce cycle. Cf. Hermary (Antoine) : Marseille phénicienne, un mythe du XIXe siècle, in : Pour une histoire de l'archéologie, XVIIIe siècle -1945.