
Très rare édition originale de cet atlas seul comportant une carte dépliante et 46 planches montées sur onglets proposant 135 figures.
Reliure à la bradel en demi percaline noire à coins, dos clisse abîmé en pied, étiquette de titre en partie effacée en long, plats de cartonnage recouvert de papier marbré comportant des éraflures et manques de papier, coins émoussés, quelques accrocs sur les coupes.
Atlas seul, très rare, de cette monographie sur les Chibchas ou Tchibtchas ou Muiscas.
L’atlas archéologique de la civilisation à l’origine du mythe de l’Eldorado, imprimé à Bogotá.
Les Muiscas, également appelés Chibchas, sont une communauté précolombienne de l’actuelle Colombie vivant essentiellement autour de l’actuelle Bogotá, conquise en 1536 par le conquistador Gonzalo Jiménez de Quesada à la recherche de l’Eldorado. Ils forment la culture précolombienne qui atteint le plus haut degré de développement politique en Colombie, constituant une confédération de caciquats dotée d’un système uniforme de routes, de langue, de religion et de lois. Fabricants de remarquables objets en or utilisés comme offrandes votives, ils exploitent aussi des mines de sel et d’émeraudes et sont à l’origine de la cérémonie de l’Homme doré depuis laquelle naît la légende de l’Eldorado.
Vicente Antonio Restrepo Maya (Medellín, 5 février 1837 – Bogotá, 5 juillet 1899) est un écrivain, historien et homme politique colombien d’envergure. Né à Medellín, il part étudier à Paris à l’âge de 14 ans, d’abord auprès des Frères des Écoles chrétiennes à Passy, puis à l’École des mines de Paris, avant de compléter sa formation en Allemagne. De retour en Colombie, il fonde avec son frère un laboratoire pour la fonte et l’essai de l’or, introduit la photographie en Antioquia vers 1860, et laisse une œuvre d’historien comprenant notamment une étude sur les mines d’or et d’argent de Colombie (1888) et des notes biographiques sur Gonzalo Jiménez de Quesada, fondateur du Nuevo Reino de Granada.
Los Chibchas antes de la conquista española, publié en 1895, constitue l’œuvre maîtresse de Restrepo. Il se compose d’un volume de texte (Imprenta de La Luz, Bogotá, xx-239 pages, abordant l’origine des Chibchas, leur organisation politique, leurs dieux et cultes, leurs vêtements et ornements) et de l’atlas archéologique ici présent, publié séparément sans mention d’éditeur ni de lieu. La page de titre, dans la sobriété d’un in-quarto sans ornement, ne porte que le titre, le nom de l’auteur et la date. La carte dépliante, intitulée Carta del Territorio de los Chibchas, a été construite par le cartographe Manuel M. Paz d’après les indications de Restrepo. Les 46 planches montées sur onglets réunissent 135 figures reproduisant par la phototypie les objets archéologiques muiscas les plus significatifs : statuettes anthropomorphes en bois, tunjos votifs en or et en alliage, figurines de la balsa cérémonielle liée à la légende de l’Eldorado, céramiques zoomorphes et anthropomorphes issues de collections colombiennes.
La rareté de cet atlas est attestée par les collections françaises : au Catalogue collectif de France, il ne figure qu’au Muséum national d’Histoire naturelle, tandis que le volume de texte n’est conservé qu’au musée du Quai Branly.