Lettres à un ami allemand
Edition originale, un des 25 exemplaires numérotés sur pur fil, tirage de tête.
L'ouvrage que Camus dédia à son ami René Leynaud.
Rare et agréable exemplaire.
Unicas, moutons quintupèdes, licornes, arlésiennes, perles rares, pièces mythiques, aiguilles de meule, ambroisies, pierres philosophales et autres merveilles à nulle autre pareilles...
Edition originale, un des 25 exemplaires numérotés sur pur fil, tirage de tête.
L'ouvrage que Camus dédia à son ami René Leynaud.
Rare et agréable exemplaire.
Rarissime édition originale, imprimée vraisemblablement en Prusse, de cet essai rédigé directement en français par le baron de Bielfeld (1716-1770), inspecteur des universités prussiennes et ami de Frédéric le Grand dès le temps où celui-ci n'était que prince héritier de Prusse.
GV 1700-1910, t. 111, p. 374. Pas dans Conlon (qui ne cite que l'éd. d'Amsterdam de la même année). Aucun exemplaire aux U.S.A.
Reliure en plein maroquin rouge à décor doré, dos lisse orné à la grotesque, roulettes dorées sur les coiffes, triple filet d'encadrement sur les plats, filets dorés sur les coupes, gardes et contreplats de papier à motifs étoilés et dorés, encadrement d'une dentelle dorée sur les contreplats, toutes tranches dorées, reliure de l'époque.
Petites taches noires sur les plats, quelques petites rousseures sans gravité.
L'auteur a certainement eu l'intention dans cet ouvrage de complaire à son souverain en montrant combien les princes de la maison de Brandebourg, et tout particulièrement « le monarque qui occupe aujourd'hui le trône », avaient eu « la glorieuse maxime d'accorder à leurs sujets une entière liberté de penser & une protection généreuse à tous les talents ».
Exemplaire de grande qualité, dans une reliure parisienne sortie d'un des meilleurs ateliers de la capitale et conservée quasiment sans défaut.
Edition originale, un des 30 exemplaires numérotés sur Hollande, tirage de tête.
Reliure en plein maroquin ébène, dos lisse orné de petits rectangles de maroquin grenat et de box gris perle, ces derniers encadrant les initiales de l'auteur et du titre, le premier chiffre de la date, écrite en chiffres romains, apparait dans un carré de box gris perle, plats de maroquin en encadrement de larges plaques de daim chocolat, premier plat avec un grand rectangle de papier granité avec titre et date de l'édition sertis de maroquin grenat, les initiales encadrées de rectangle de papier provenant d'une carte de la Haute-Savoie, contreplats et gardes de papier bleuté, couvertures et dos conservés, tête dorée, chemise cartonnée avec un dos en rhodoïd, étui bordé de maroquin ébène, ensemble signé par Pierre-Lucien Martin et daté 1964.
Ces "mémoires-autobiographie" de Simone de Beauvoir, qui vont de sa réussite à l'agrégation préparée avec Jean-Paul Sartre à la Libération de Paris en août 1944.
Superbe et célèbre reliure, réalisée à quelques exemplaires différant légèrement, par Pierre-Lucien Martin, un des maîtres de la reliure française du XXème siècle.
Deuxième édition en partie originale, avec une nouvelle préface (« An Constantin Frantz », datée du 28 avril 1868 à Tribschen bei Luzern). La première édition a été publiée chez le même éditeur en 1852.
Reliure en plein maroquin bordeaux, dos à cinq nerfs, date dorée en queue, gardes et contreplats de papier coquille, encadrement d'une dentelle dorée sur les contreplats, premier plat de couverture conservé, tête dorée, double filet doré sur les coupes.
Quelques rousseurs, plus prononcées sur certains feuillets, une petite restauration au coin supérieur droit page IX-XIV sans atteinte au texte, une annotation au crayon pages 116 et 139, habiles restaurations en tête et en pied du mors supérieur.
Exceptionnel et intime envoi autographe signé de Richard Wagner à un ou une mystérieuse dédicataire :
« Hierbei sollst du meiner gedenken, denn alles habe ich ernstlich gemeint. R. W. »
[Tu te souviendras de moi, car tout cela je l'ai pensé sérieusement].
Cette émouvante confidence manuscrite à la tonalité éminemment personnelle, de surcroît sur le plus important de ses écrits théoriques, se distingue radicalement des expéditifs « Zur Erinnerung » écrits par le compositeur sur ses partitions d'opéra, ou des petits mots qu'il avait coutume de distribuer aux mécènes à l'issue de ses représentations.
Nous n'avons pu référencer aucun autre exemplaire d'Oper und Drama avec envoi passé sur le marché ou dans une institution. L'autobiographie et la correspondance du compositeur révèlent cependant l'existence de deux dédicaces sur cette œuvre majeure. Un premier envoi est adressé à Theodor Uhlig sur le manuscrit original du texte, avec une citation autographe inspirée de Goethe. Le second et seul autre envoi mentionné dans une lettre de Wagner aurait été réalisé sur la présente édition pour Malwida von Meysenbug. S'il n'est pas impossible que notre exemplaire du « livre de tous les livres sur la musique », selon Richard Strauss, soit celui-ci, le style et la teneur de l'envoi permettent de légitimement attribuer cet exemplaire à un dédicataire plus prestigieux encore.
Première édition collective en partie originale, « extrêmement importante » selon Clouzot : « De plus en plus recherchée, à juste raison, elle comporte en édition originale : une partie des Fleurs du Mal, les Petits Poèmes en prose, les Curiosités esthétiques (sauf les deux Salons), L'Art romantique (sauf Gautier et Wagner). »
Les Fleurs du Mal est en troisième édition – et dernière voulue par l'auteur – en partie originale, à la bonne date de 1868. Vingt-cinq poèmes des Fleurs du Mal paraissent ici pour la première fois, l'édition totalisant à présent 151 poèmes (contre 100 pour l'édition de 1857).
Volume 1 : Les Fleurs du Mal, volume 2 : Curiosités esthétiques, volume 3 : L'Art romantique, volume 4 : Petits Poèmes en prose, volume 5 : Histoires extraordinaires, volume 6 : Nouvelles Histoires extraordinaires et volume 7 : Aventures d'Arthur Gordon Pym - Eurêka.
Reliures en demi chagrin bordeaux, dos à cinq nerfs ornés de fleurons dorés, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier caillouté, reliures de l'époque.
Une très évocatrice lettre autographe de charles Baudelaire citant toutes ses œuvres en cours signée « C. B. » et adressée à Auguste Poulet-Malassis a été montée sur onglet en tête des Fleurs du Mal. Quatre pages rédigées au crayon de papier sur un double feuillet en date du 13 juin 1859. Cette lettre a été publiée dans Les Lettres (Mercure de France, 1906). Baudelaire écrit de Honfleur à son éditeur, où il se trouve chez sa mère depuis avril 1859. Cette dernière a réservé à son fils deux pièces mansardées de sa maison et la proximité de la mer semble propice au travail : « Vous me direz ce que vous pensez de mon Salon. Et de mon Gautier ? Dans peu de temps, je vais pouvoir vous livrer votre Opium et Haschisch, et peu de temps après, les Curiosités complètes, qui seront suivies des Nouvelles fleurs. » Le poète doit travailler sans relâche pour éponger ses dettes parisiennes et notamment celles contractées auprès du destinataire de cette lettre : "Puis-je aller à Paris, sans crainte ? Sans inquiétude ? "Je fais allusion au billet de 430 […], et à la promesse de renouvellement que vous m'avez faite à Paris. […] Vous vous brouilleriez avec De Broise, si vous aviez un protêt, et si j'en avais un ici, ma mère me flanquerait à la porte. Or, je veux utiliser jusqu'à la fin de l'année la bonne disposition du travail où je suis. »
Rare et précieux ensemble en reliure uniforme de l'époque de la célèbre première édition des œuvres complètes précédée de la longue et belle notice de Théophile Gautier rendant hommage à son disciple « impeccable », enrichi d'une belle lettre autographe dans laquelle l'Albatros évoque ses principales œuvres.
Journal intime autographe de Maurice Béjart écrit sur un agenda de l'année 1969 célébrant le centenaire de la naissance de Mahatma Gandhi.
52 feuillets autographes, rédigés aux stylos rouge et bleu dans un cahier à spirales. Ce journal figure parmi les très rares manuscrits de Béjart en mains privées, les archives du chorégraphe étant partagées entre sa maison bruxelloise, la fondation Béjart de Lausanne et le Théâtre Royal de la Monnaie.
Journal du chorégraphe Maurice Béjart, écrit durant l'année 1969. Rarissime collection de pensées, d'interrogations, d'introspections sous le prisme de l'hindouisme et de la sagesse bouddhique, que Béjart adopte à la suite d'un premier voyage en Inde en 1967.
Le journal constitue un témoignage emblématique de l'époque indo-hippie des années 1960, renaissance spirituelle et artistique qui inspira au chorégraphe de nombreux ballets (Messe pour le temps présent, Bhakti, Les Vainqueurs).
Une sélection de ce journal fut publiée par Maurice Béjart dans le second tome de ses mémoires (La Vie de Qui ? Flammarion, 1996).
Durant l'année 1969, Béjart prend quotidiennement des notes dans un agenda publié à la mémoire de Mahatma Gandhi. Fasciné par le mysticisme hindou depuis un voyage en Inde en 1967, il remplit ce journal spirituel de nombreux mantras et prières (« Krishna guide mon char, la lumière est au bout du chemin. OM » ; « Le Bouddha est partout présent » ; « Laisser Dieu entrer, mais comment ouvrir la porte ? ») et invoque tant les divinités hindoues que les Bodhisattvas Manjur et Tar - figures apaisantes du panthéon bouddhique. La « période indienne » de Béjart fut particulièrement riche en chefs-d'œuvre chorégraphiques, dont on suit la progression dans son journal (Baudelaire en début d'année, la création des Vainqueurs à Bruxelles et des Quatre fils Aymon à Avignon, ainsi que le tournage et la projection de son ballet indien Bhakti). à la croisée du New Age et du mouvement hippie, la « conversion » de Béjart est symptomatique d'une époque en refus du progrès et en soif de spiritualité : « Calcutta n'est pas l'Inde mais notre visage occidental. Ce n'est pas la religion ni la pensée traditionnelle qui est coupable mais le capitalisme. L'Inde pays riche avant la colonisation ». La visite des Beatles dans l'ashram du guru Maharishi et le concert de Ravi Shankar à Woodstock en 1969 marquèrent le début d'une véritable passion occidentale pour la musique et la culture indiennes, qui fut déterminante dans les ballets de Béjart à cette époque.
L'Inde s'offre également aux yeux de Béjart comme un lieu où l'art et les traditions ancestrales n'ont pas subi les perversions du positivisme. Il cherchera dans ses créations à exprimer l'esprit d'une culture qui unit intimement le corps et l'esprit, et dans laquelle la danse joue un rôle cosmique et spirituel majeur.
Les systèmes de danse indienne et les chants védiques découverts grâce à l'orientaliste Alain Daniélou furent insérés dans ses ballets - en 1968, il ouvre la Messe du temps présent par un long solo de vînâ qui dura quinze minutes : « Béjart est dans son quart d'heure hindou. Et là-bas, les quarts d'heure hindous, ça peut durer des heures... » commenta Jean Vilar, directeur du festival d'Avignon. Un vent de mode indienne passera également dans les costumes de la troupe du Ballet du XXème siècle : larges pantalons de soie, tuniques, bijoux et yeux orientaux. Dans le journal, Béjart affirme qu'il n'y a « pas de vérité sans yoga », un art découvert auprès d'un maître indien que l'on trouve dans nombre de ses ballets sous la forme d'exercices de danse à la barre. Il décide également de faire de Bhakti « un acte de Foi » en filmant lui-même la chorégraphie du ballet, et prépare pendant l'été les Vainqueurs, une rencontre insolite entre Wagner et les ragas traditionnels indiens.
Au-delà de l'artiste prolifique, on découvre aussi dans le journal la personnalité troublée du chorégraphe, en proie au doute et à la mélancolie : « état vague d'apesanteur physique et de vide moral. Léthargie ou paresse. Faiblesse. Vertige. Torpeur. Inconscience ». Malgré les succès, Béjart tentera d'apaiser son état fragile par la méditation et l'enseignement de prophètes et brahmanes indiens, qu'on rencontre au fil des pages du journal (Ramana Maharshi, Swami Ramdas, le Dalaï-Lama, Apollonios de Tyane). Ses amours parfois contrariées avec son danseur fétiche Jorge Donn l'accaparent et le plongent dans l'angoisse - à la veille de la première des Vainqueurs, il écrit « Avant-générale. Chaos. [Jorge] Donn parti. Tara absente. Moi perdu. ». Déchiré entre la jouissance et la maîtrise de soi, il voyage à rythme effréné avec sa troupe du Ballet du XXème siècle, d'abord aux Pays-Bas puis en Italie à Milan, Turin et Venise : « Je quitte Venise complètement asservi à la paresse au sexe et à la facilité et pourtant étrange bien-être de la brute qui a bu et baisé ». Pourtant, ces moments heureux ne parviennent pas à satisfaire Béjart, pour qui la « Joie a un arrière-goût de mort » malgré la « vie de travail et de discipline » qu'il s'impose durant cette année riche en créations. à la fin de sa vie, Béjart reviendra avec humour sur ses frasques indiennes et le ton résolument sombre de son journal : « Je ne peux pas m'empêcher de rire de cet idiot qui pleure et qui geint, alors qu'il créait des ballets en grand nombre [...] Quand je pense qu'à la fin de ce journal de 1969 je songeais résolument à la retraite ? ! ».
Rarissime document retraçant la rencontre entre l'Orient et l'Occident dans la vie intime et l'œuvre chorégraphique de Maurice Béjart. Ce journal incarne une époque de contre-culture et de syncrétisme culturel qui marqua durablement le ballet d'avant-garde européen.
Provenance : archives personnelles de Maurice Béjart.
Édition originale complète des 12 livraisons de cette luxueuse et éphémère revue fondée et dirigée par Jacques d'Adelswärd-Fersen, un des rarissimes exemplaires sur japon, seuls grands papiers, comportant quatre états des gravures en couleurs.
Reliures en demi-percaline sable, pièces de titre en maroquin brun, plats de papier marbré, dos et couvertures conservés pour chaque numéro, bel exemplaire à toutes marges.
Notre exemplaire comporte bien les quatre états en couleurs réservés aux exemplaires de luxe, tirés sur divers papiers, de chacune des 23 héliogravures d'esthétique Arts & Crafts, symboliste, Renaissance, Art Nouveau et antique, d'après Maxwell Armfield, Henri Saulnier Ciolkowski, Léonard Sarluis, Bernardino Luini, Giovanni Antonio Bazzi, Gustave Moreau, Raphaël, Léonard de Vinci, Pollaiolo, le Corrège, Piero de la Francesca, Rubens, Jose de Ribera, Francisco Goya, Mederhausem Rodo, Cardet, et des statues et stèles du musée de Naples et d'Athènes.
L'élégante maquette de couverture est signée George Auriol, maître de la typographie Art Nouveau.
Contributions de Laurent Tailhade, Émile Verhaeren, Renée Vivien, Colette Willy, Joséphin Peladan, Jean Moréas, Henri Barbusse, Arthur Symons, Jacques d'Adelswärd-Fersen, J. Antoine-Orliac, Paterne Berrichon, Jules Bois, Jean Bouscatel, Tristan Derème, Léon Deubel, André du Fresnois, Maurice Gaucher, René Ghil, Henri Guilbeaux, J.-C. Holl, Tristan Klingsor, Ernest La Jeunesse, Gabriel de Lautrec, Abel Léger, Legrand-Chabrier, Louis Mandin, Filippo Tommaso Marinetti, Francis de Miomandre, John-Antoine Nau, Maurice de Noisay, Julien Ochsé, Edmond Pilon, Ernest Raynaud, André Salmon, Valentine de Saint-Point, Robert Scheffer, Tancrède de Visan...
Très bel exemplaire sur japon, d'une extrême rareté, de la première revue homosexuelle française.
Edition originale, un des 12 exemplaires numérotés sur papier de Hollande, seul tirage en grand papier.
Exemplaire complet de son plan dépliant in-fine.
Reliure en plein maroquin fauve, dos à cinq nerfs, date en queue, contreplats de papier peigné bordés d'une riche roulette dorée, gardes de papier peigné, filet doré sur les coupes, roulette dorée sur les coiffes, couvertures et dos conservés, toutes tranches dorées sur témoins, étui bordé de maroquin fauve, ensemble signé Semet et Plumelle.
Provenance : des bibliothèques du Docteur André Chauveau, Lucius Wilmerding et RBL avec leurs ex-libris encollés.
Magnifique exemplaire d'une insigne rareté en grand papier.
Edition originale illustrée de dessins de l'auteur.
Petites piqûres sans gravité sur le premier plat, derniers feuillets un peu cornés en angles supérieurs droits.
Les différents appareils de navigation aérienne, leur construction, historique de l'aviation, aviettes, planeurs, bicyclettes volantes, les avions-jouets.
Rare ouvrage d'Henry de Graffigny qui inspira Louis-Ferdinand Céline pour le personnage de Roger-Marin Courtial des Péreires, inventeur loufoque de génie, dans Mort à Crédit.
Rare et fragile édition originale de cet humoristique tract antinazi.
Cité dans Jeanne Grall, Le Calvados dans la guerre, 1939-1945. La vie quotidienne sous l'occupation, 1986, p. 162.
Pliures verticales et horizontales sur le document.
Ce rare document commence par décliner les qualités et dernières volontés d'Adolf Hitler : "Hitler dit Adolphe pour les Naziqués et Dodofe pour les Gretchen de mon ex-Reich de Fridolins, déclare ce qui suit :
Près de vomir mon âme au diable, atteint d'une dysenterie accuentuant la couleur brune des pans de ma chemise, ayant les fesses en capilotade (résultat des coups de pieds au cul cueillis sur tous les fronts d'Europe)..."
Lettre autographe signée d'Ernest Hemingway, inédite à notre connaissance, adressée à Roberto Herrera Sotolongo, 2 pages à l'encre bleue sur un feuillet ligné et enveloppe autographe signée « E. Hemingway », tampon postal indiquant la date du 19 septembre 1953.
La missive débute en espagnol et se poursuit en anglais, avant de s'achever sur quelques mots d'espagnol signés du surnom d'Hemingway connu dans tout Cuba, « Mister Papa ».
Magnifique lettre d'Hemingway racontant son safari au Kenya en 1953, adressée à son ami et secrétaire cubain. Hemingway dévoile le véritable dénouement de la chasse au lion à crinière noire, thème central de son récit du safari resté inachevé, qui connaîtra deux éditions posthumes : True at First Light (1999) puis Under Kilimanjaro (2005).
L'écrivain aventurier partage ses rencontres avec une girafe, un impala, ainsi que des chasses à la lance avec les Masaï restées inédites, renouant avec les émotions de son premier périple africain qui, vingt ans plus tôt, lui avait inspiré ses grands textes The Green Hills of Africa, The Snows of Kilimanjaro et The Short Gappy Life of Francis Macomber.
Il évoque également une tragédie familiale : la rare tentative de réconciliation initiée par son troisième enfant, Gigi, qui souffrait de dysphorie de genre.
Édition originale consistant en 15 numéros en 15 livraisons, abondamment illustrée de photos en noir et blanc. Bien complet du numéro spécial « Hommage à Picasso » (nº 3 de 1930) et de la table des matières de l’année 1929, un cahier séparé de 8 pages imprimées en noir sur papier couché et agrafées.
Quelques dos légèrement insolés sans gravité, petites rousseurs en marges de certains plats.
Ensemble présenté dans un coffret au dos carré lisse en maroquin bleu pétrole, portant le titre au paladium et encadré d'un filet au palladium, plats de papier décoratif bleu, contreplats doublés de daim bleu ciel, bel ensemble signé Boichot.
Collection complète de cette revue mythique et non conformiste lancée par Georges Bataille, donnant une place aux « domaines de l’art et du savoir non reconnus par la culture officielle ou controversés : la littérature populaire, le jazz, le café-concert, la publicité, la vie quotidienne » (Annie Pirabot) ainsi que objets et arts dits primitifs.
Textes de Jean Babelon, Jacques Baron, Georges Bataille, Alejo Carpentier, Arnaud Dandieu, Robert Desnos, Carl Einstein, Roger Gilbert-Lecomte, Marcel Griaule, Juan Gris, Eugene Jolas, Marcel Jouhandeau, Michel Leiris, Georges Limbour, Marcel Mauss, Léon Pierre-Quint, Jacques Prévert, Raymond Queneau, Zdenko Reich, Paul Rivet, Georges Ribemont-Dessaignes, Georges-Henri Rivière, André Schaeffner, Roger Vitrac, etc.
Nombreuses contributions graphiques en pleine page de Hans Arp, Constantin Brancusi, Giorgio De Chirico, Alberto Giacometti, Juan Gris, Henri Laurens, Fernand Léger, André Masson, Joan Miró, Pablo Picasso, Joseph Sima, etc.
Nouvelle édition comportant une fausse mention de 128e édition.
Reliure en demi maroquin coq de bruyère, dos à cinq nerfs sertis de filets noirs, encadrement d'un filet doré sur les plats de papier à motifs africanisants, gardes et plats de papier vert amande, couvertures conservées, restaurations sur les plats, tête dorée, reliure signée Boichot.
Envoi autographe signé d'Antoine de Saint-Exupéry sur la page de faux-titre : "Pour madame Capietto. En souvenir de quelques passages à Alger et, cette fois ci, d'une semaine bien mélancolique. Et avec toute mon amitié.
Antoine de Saint Exupéry."
Edition originale illustrée du célèbre pochoir original en couleurs "Aidez l'Espagne!", imprimé sur Arches, par Joan Miro.
Contributions littéraires de Christian Zervos à propos du "Guernica" de Pablo Picasso, Jean Cassou, Georges Duthuit, Pierre Mabille, Michel Leiris, Paul Eluard, René Char...
Numéro illustré de nombreuses reproductions d'oeuvres de Pablo Picasso, de l'oeuvre de Joan Miro "Le faucheur".
Quelques traces de frottements et déchirures sur le dos comme souvent, une pliure verticale sur le second plat, bel état intérieur.
Exceptionnel recueil manuscrit enluminé, contenant 35 poèmes de Stéphane Mallarmé copiés à l’époque sans doute par Joris-Karl Huysmans, sur vergé de Hollande filigrané, d’après les pré-originales des poèmes parus en revue. La majorité des poèmes est précédée d’une page indiquant le titre et la source.
Illustré d’un beau portrait de Stéphane Mallarmé au fusain par Charles Tichon d’après une photo de jeunesse de Van Bosch. Il a été reproduit en couverture du numéro d’Empreintes consacré à Mallarmé (Bruxelles, L’Écran du Monde, n° 10-11). Une variante a été publiée en 1889 dans Caprice Revue (2e année, n° 60).
Également illustré de deux compositions florales à la gouache et l’aquarelle ornant les poèmes Les Fleurs et Apparition, ainsi qu’une page ornée du nom de l’auteur dessiné. Bien que non signées, les compositions florales sont attribuables à Louise ou Marie Danse.
Reliure à la Bradel, plats de soie moirée crème aux motifs floraux, gardes et contreplats de papier à motifs, deux signets en soie moirée verte décorée de motifs floraux polychromes. Mouillures en partie inférieure du second plat, coins frottés, quelques accrocs aux fils de soie ornant le dos, et frottements sur les plats.
Superbe manuscrit de 35 poèmes de Mallarmé antérieur à la parution de son premier recueil de poésies complètes – qui ne connut d’ailleurs que 47 exemplaires (Poésies photolithographiées, Revue indépendante, 1887). Cet ensemble soigneusement calligraphié est attribué à la main de Joris-Karl Huysmans, grand admirateur du poète, qui aurait offert les manuscrits à son ami Jules Destrée.
Nouvelle édition et premier tirage des superbes illustrations de Pierre Bonnard, un des 20 exemplaires numérotés sur japon, seuls grands papiers.
Reliure à la bradel en demi percaline bleue à coins, dos lisse orné d’un fleuron central doré, double filet doré en queue, pièce de titre de chagrin marron chocolat comportant de petites éraflures, plats de papier marbré, couvertures et dos conservés, reliure de l’époque signée Carayon.
Notre exemplaire est présenté sous une chemise en demi maroquin bleu, dos à cinq nerfs, mention dorée « ill. de P. Bonnard » en queue du dos, plats de papier coquille et sous un étui bordé de maroquin bleu, plats de papier œil-de-chat, ensemble signé T. Boichot.
Dos légèrement bruni, coins légèrement émoussés.
Ouvrage illustré de 68 dessins de Pierre Bonnard, le second plat de couverture est également illustré d’un dessin de Félix Vallotton pour l’édition de Poil de carotte parue chez le même éditeur deux ans plus tôt.
Rare et agréable exemplaire établi dans une reliure de l’époque par Carayon.
Rare exemplaire de ce tract de propagande éditée par l’Occupant nazi et devenu la plus célèbre image de la Résistance. Cette réduction de la célèbre affiche rouge au recto, comporte, au verso, un paragraphe de commentaire fustigeant « l’Armée du crime contre la France ». On lit au début de ce tract une dénonciation du « rêve mondial du sadisme juif », et que « si des Français sabotent, pillent et tuent [...] ce sont toujours des juifs qui les inspirent ».
Un discret pli horizontal, sinon superbe état pour un document à vocation éphémère.
Nous joignons la rare brochure intitulée « L’armée du crime » sous le format d’un journal illustré de photographies de 14 pages.
Une trace de pliure horizontale. Bel exemplaire.
« Je lis seulement aujourd'hui votre article sur Germinal et j'ai à vous remercier bien vivement des choses aimables qui s'y trouvent. »
« Mais pourquoi dites-vous que je conduis le naturalisme ? Je ne conduis rien du tout. Voici bientôt quatre ans que je n'ai écrit une ligne dans un journal, je travaille dans mon coin, en laissant rouler le monde où il lui plaît. Quant à mon parti pris d'ordures, y croyez-vous réellement ? Laissez donc cela aux insulteurs impuissants, faites-moi l'honneur de croire à des convictions de ma part. Je puis être dans une erreur détestable, mais j'ai le droit de bûcher, car c'est une foi entêtée que je professe. »
Rarissime et véritable édition originale jamais mise dans le commerce et qui est restée à l’état d’exemplaire d’épreuve sous couverture muette à l’attention des correcteurs des éditions Gallimard ; les exemplaires en grands papiers (13 pur fil et 1050 cartonnages Bonet imprimés sur alfa) n’ayant jamais été tirés.
L’achevé d’imprimer date du 31 juillet 1944 et l’intégralité du tirage de cette édition a été pilonnée.
Petits manques et déchirures angulaires sur les plats, trois auréoles claires sur les seconds plats et sur le dos devant accueillir une couverture n’ayant jamais été réalisée à notre connaissance, nous notons la présence de traces de décoloration due à la colle.
Ouvrage d’une insigne rareté imprimé certainement à une petite dizaine d’exemplaires pour les correcteurs de chez Gallimard.
Dessin original à la mine de plomb et crayons de couleur bleu et rose signé de la main d'Antoine de Saint-Exupéry, sur feuillet filigrané « Navarre ».
Pli horizontal.
L'écrivain-artiste signait très rarement ses oeuvres graphiques.
Cet étonnant personnage en costume et nœud papillon, fruit de l'imaginaire baroque et débordant de l'auteur du Petit Prince, est l'un des rares dessins portant sa signature.
Lettre autographe très probablement inédite signée adressée par Juliette Drouet à son amant Victor Hugo, quatre pages rédigées à l'encre noire sur un bifeuillet.
Pliures transversales inhérentes à l'envoi, pli unifiant les deux feuillets renforcé d'une fine bande de papier encollé à peine perceptible.
Absente de la très complète édition en ligne des lettres de Juliette Drouet à Hugo du Centre d'Études et de Recherche Éditer/Interpréter (Université de Rouen-Normandie).
Très belle déclaration d'amour et d'admiration de Juliette Drouet, le lendemain de la plaidoirie d'Hugo défendant son fils. Charles Hugo avait été traduit devant les assises, et condamné malgré l'intervention de son père, pour avoir vaillament fustigé la mise à mort de Claude Montcharmont.
Le grand amour d'Hugo adresse cette lettre en des temps troublés, où père et fils se retrouvent au devant de la scène pour leurs prises de position abolitionnistes. Scandalisé par l'exécution de Montcharmont, un braconnier du Morvan de 29 ans, Charles Hugo fait paraître un article dans l'Evénement qui lui vaut un procès pour atteinte au respect dû aux lois : la Seconde république n'existe déjà plus que de nom, et la presse fait l'objet d'attaques fréquentes, encore aggravées ici par la notoriété des Hugo. Victor tient à défendre son fils et livre un plaidoyer resté célèbre : "Mon fils, tu reçois aujourd'hui un grand honneur, tu as été jugé digne de combattre, de souffrir peut-être, pour la sainte cause de la vérité. A dater d'aujourd'hui, tu entres dans la véritable vie virile de notre temps, c'est-à-dire dans la lutte pour le juste et pour le vrai. Sois fier, toi qui n'est qu'un simple soldat de l'idée humaine et démocratique, tu es assis sur ce banc où s'est assis Béranger, où s'est assis Lamennais !"
Malgré l'historique intervention d'Hugo, Charles est condamné à six mois de prison et 50 francs d'amende - une décision que fustige amèrement Juliette, submergée par l'angoisse à l'issue du procès : "J'ai beau savoir que cet arrêt inique est non seulement supporté avec courage par vous tous, mais accepté avec orgueil et avec joie par le plus directement intéressé dans cette malheureuse condamnation, la fatigue et l'inquiétude que j'ai éprouvé pendant toute cette interminable journée d'hier m'a laissée une douloureuse courbature physique et morale".
12 juin jeudi matin 7h [1851]
Bonjour, mon pauvre sublime petit homme, bonjour, mon pauvre généreux homme. [...] Pourvu que l'émotion et la fatigue ne t'aient pas fait mal. [...] Jusque là ma pensée sera si souvent de la crainte à l'espérance et de l'espérance à la crainte avec cela que j'ai la tête brisée depuis hier. J'ai beau savoir que cet arrêt inique est non seulement supporté avec courage par vous tous, mais accepté avec orgueil et avec joie par le plus directement intéressé dans cette malheureuse condamnation, la fatigue et l'inquiétude que j'ai éprouvé pendant toute cette interminable journée d'hier m'a laissée une douloureuse courbature physique et morale dont je n'ai pas encore pu triompher jusqu'à présent. Je compte beaucoup sur la salutaire réaction que me causera le bonheur de te savoir pas plus satisfait que ce jour dernier [...] Ce que je sais ce qui ne s'embrouille jamais dans mon cœur c'est que je t'aime à l'adoration et que tu es le soleil de mon âme et la joie de mes yeux.
Superbe lettre, témoignage du désir commun de justice qui habitaient les plus célèbres amants du XIXe siècle.
Lettre autographe signée d’Honoré de Balzac adressée à son ami l’écrivain Charles de Bernard. Une page rédigée à l’encre noire sur un bifeuillet. Au verso du dernier feuillet, figure l’adresse du destinataire [Charles de Bernard du Grail] rédigée de la main de Balzac, ainsi que des tampons postaux et le cachet portant les armes des Balzac d’Entraigues, que l’écrivain s’était appropriées.
Quelques infimes trous sans atteinte au texte, traces de plis inhérentes à l’envoi.
Publiée dans sa correspondance (Paris, Calmann Lévy, 1876, CXIV, p. 252-253).
Balzac écrit cette missive quatre jours après sa toute première rencontre et son premier baiser avec Madame Hanska à Neuchâtel, à la suite de longs mois d’échanges épistolaires.
« J’ai été très heureux ici. Je suis très content de ce que j’ai vu, le pays est délicieux ; mais vous savez que Jupiter a deux tonneaux et que les dieux n’ont point de faveurs qui soient pures. »
Lettre autographe signée de Camille Saint-Saëns adressée à l'essayiste, musicologue et critique musical Adolphe Boschot, 43 lignes rédigées à l'encre noire sur un double feuillet bordé de noir. Pliure transversale inhérente à l'envoi avec légères déchirures aux extrémités, enveloppe jointe de la main de Saint-Saëns à l'adresse de Boschot, au 71 rue de Grenelle. Note au crayon d'un précédent bibliographe au verso de l'enveloppe.
« Car les volontaires des Forces Françaises de l'intérieur [...] tous également fiers d'avoir libéré leurs provinces sans appui direct des forces débarquées estiment n'en avoir pas assez fait et se sont lancés, dans un élan spontané vraiment admirable [...] à la poursuite des hitlériens qu'ils veulent reconduire qu'au Rhin. [...] Un bon nombre se servent de véhicules de réquisition ou de récupération. Tel est le cas du 8e Dragons, groupe de reconnaissance motorisé de la colonne formée par les F.F.I. de Corrèze, qui arrive à Paray-le-Monial, le 7 septembre, en même temps que le 2e Dragons. Le Chef d'escadron Merlat qui le commande se met aussitôt à disposition du lieutenant-colonel Demetz qui l'incorpore d'emblée à son groupement. »
Edition originale pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers de ce catalogue réalisé à l'occasion de l'exposition Charlotte Perriand - Un art de vivre présentée au Musée des arts décoratifs du 5 février au 1er avril 1985.
Une éraflure en angle inférieur droit du second plat décoloré.
Iconographie, agréable exemplaire.
Rare envoi autographe daté et signé de Charlotte Perriand à Michel Troche : "... que d'efforts conjugués...Vive l'amité. Charlotte"
Edition originale, un des 45 exemplaires numérotés sur papier de jute du Rajasthan, seuls grands papiers.
Signature manuscrite d'Emil Cioran au colophon.
Dos très légèrement éclairci sans gravité.
Rare et bel exemplaire comportant bien les 3 peintures tantriques hors-texte imprimées en couleurs sur papier crème.
« On assiste depuis quelques mois à une chasse passive en règle des patriotes, trop bien notés, il semble, au temps où risquer sa vie et celle des siens n'était pas un article de devanture.
L'odieux de cette façon d'agir est qu'elle rappelle étrangement les hitlériens. Déshonorer, ensuite on attend et on voit. Quelle que soit l'estime dont un être est entouré, une visite policière laisse toujours un relent d'équivoque, pense-t-on.
Plus que jamais vigilance, solidarité. » (7 décembre 1945 (texte adressé par René Char à Francis Ponge)
Édition originale de cette affiche mythique de « l'Affaire de Céreste » imprimée par René Char à quelques exemplaires et placardée dans le petit village de Céreste, cœur de son réseau de résistance. Papier légèrement jauni, quelques déchirures marginales sans manque.
D'une insigne rareté, cette affiche est absente de toutes les institutions et des salles de vente. La BNF, elle-même, ne dispose que d'une reproduction offerte par Pierre-André Benoit.
Edition originale imprimée à petit nombre de ce tiré à part du Mercure de France paru le 15 mai 1920. OCLC ne recense aucun exemplaire en bibliothèque américaine, et seulement trois en Europe (Bnf, Bibliothèque Doucet, Universitätsbibliothek Basel).
Petits manques et déchirures en marges des plats, second plat partiellement ombré, un manque en marge droite d'un feuillet en raison de la fragilité du papier.
Envoi autographe signé de Ricciotto Canudo au peintre Bernard de Blois : "... en sympathie de voisin de logis et d'esthétique. Canudo 1922."
Extrêmement rare édition originale de l'argument du ballet Skating-Rink, dans lequel les danseurs évoluent sur une patinoire, créé par les Ballets suédois sur une chorégraphie de Jean Börlin et la musique d'Arthur Honegger, ainsi que des costumes, rideau et décors de Fernand Léger.
Ce poème-livret futuriste s'inspire directement du film de Charlie Chaplin, Charlot patine (The Rink, 1916), utilisant la patinoire comme métaphore de la vie trépidante des villes modernes, avec ses répétitions mécaniques et son cercle vicieux d'attirance et de rejet.
L'envoi de Canudo date de l'année de la création du ballet, en 1922 au théâtre des Champs-Elysées par les Ballets Suédois, compagnie fondée par le collectionneur d'art suédois Rolf de Maré sur le modèle des Ballets Russes de Diaghilev. "L'action de ce « Ballet aux patins », sous-titre donné par Canudo à son poème livret, se déroule à Paris dans la salle du bal populaire Tabarin transformé en piste de patinage ou Skating Rink pour patin à roulette. Le Skating qui se pratiquait dans de grandes patinoires comme le Skating Palais de l'avenue du Bois de Boulogne avait conquis les bals populaires et les caf'conc' dès 1875 mais il y revint en force dans les années 1910 après la révolution du roulement à billes" (Josiane Mas). Le dynamisme de cette activité avait conquis les futuristes italiens adeptes des expressions du mouvement - et également inondé la culture populaire avec le film de Charlot, certainement découvert par Canudo lors d'une permission de l'armée française pendant la Première guerre mondiale.
La rare édition originale du poème de Canudo est le véritable point de départ de cette œuvre d'art totale que sera Skating-Rink - le texte autour duquel vont naître compositions musicales, costumes et chorégraphies. Son titre "pour la musique de..." laisse bien entrevoir une œuvre en cours de réalisation dont les artistes n'ont pas encore été tous choisis : Arthur Honegger, célèbre membre du "Groupe des Six", sera chargé en 1921 de la musique et n'en finira l'orchestration que 5 jours avant la création du ballet. Canudo incitera ses collaborateurs à étudier le film de Chaplin, qui se retrouve dans tous les aspects de la production : la figure du « fou » dans l'argument de Canudo deviendra un Charlot coloré et cubiste sous le pinceau de Fernand Léger, tandis que ses mouvements chorégraphiés par Börlin s'inspirent des acrobaties comiques et des innombrables tours de piste du skateur - métaphore du rythme envoûtant de l'industrie et l'agitation quotidienne de la ville moderne. Ces nouveaux concepts de danse et d'arts du spectacle alliaient, au grand dam des critiques, la modernité et la vie populaire inspirées du Nouveau Monde : "En dépit de leurs préoccupations nationales, ce qui rendait Skating Rink et Parade modernes, c'était leurs références américaines : tous deux se tournaient vers Hollywood - Skating Ring vers Charlie Chaplin, Parade vers Les Périls de Pauline -, tous deux faisaient référence au jazz et tous deux se référaient, bien que de manière indirecte, à la modernité mécanique américaine." (Ramsay Burt, Alien Bodies, 2002, p. 32).
Ce texte créé par une figure clé de l'avant-garde parisienne pour les Ballets suédois en 1920 appelle à la convergence entre les arts - littérature, peinture, danse et musique - transformant la scène en une pure manifestation cubiste et futuriste.
De toute rareté, d'autant plus enrichi d'un envoi autographe de Ricciotto Canudo.
Édition originale de cette suite complète en 18 planches numérotées en taille-douce rehaussées en couleur, sur papier vergé "J. Honig & Zoonen" représentant 72 marchands accompagnés d'une légende en dessous de chaque personnage. Premier tirage, les suivants présenteront les figures numérotées individuellement et entourées d'une bordure.
Reliure en demi maroquin terre de Sienne à coins, dos lisse, titre estampé à l'or dans la longueur, plats de papier oeil de chat, gardes et contreplats de papier peigné, premier plat de la couverture d'attente conservé, tête dorée.
Rarissime et plus ancienne suite d'estampes connue représentant des marchands ambulants et colporteurs d'Espagne. Chaque figure est accompagnée de la profession ou la réclame criée par le vendeur en dialecte castillan.
Édition originale tirée à 36 exemplaires ornée en frontispice d’un portrait de l’auteur, un des 30 exemplaires numérotés sur vélin, seul tirage après 1 japon et 5 hollande.
Admirablement imprimé, cet objet bibliophilique rarissime est particulièrement précieux pour sa complémentarité avec l’édition originale du Voyage au bout de la nuit.
Bel exemplaire présenté sous une chemise en pleine toile beige (comportant une claire mouillure en pieds) qui semble être la chemise-étui de l’éditeur.
Ex-libris encollé au verso du premier plat.
"Ce 1er juillet Tilsit
Je reçois à l'instant ma petite Aimée tes lettres du 19 et 20 juin. Il me semble être près de toi et éprouver toutes les angoisses dont j'ai déjà été tourmenté dans les occasions pareilles, mon impatience d'apprendre l'événement est extrême. Le courage que tu montres à l'approche et sérieusement me rassure et dissipe les vives inquiétudes dont je ne pouvais me défendre il y a quelques temps.
[...]
Il faut occuper ma petite Aimée de bien soigner ta santé afin qu'en arrivant à Paris je te retrouve parfaitement remise de tes couches et que nous puissions jouir ensemble de Savigny le reste de la belle saison.
Car les affaires prennent ici une telle tournure que je puis conserver l'espérance de t'embrasser sous deux mois au plus tard. [...]
Il me semble ma bien bonne amie ne t'avoir jamais donné lieu à concevoir de pareilles craintes mais en voilà assez sur cet article.
Parlons un peu de notre Joséphine. Elle montre une intelligence bien supérieur [sic] à son âge que je lui scai [sic] gré de toutes ces gentillesses et de toute cette humeur qu'elle te montre.
Je lui envoie à cause de cela des caresses à discrétion. Mille choses tendres à notre bonne mère. Rassure la sur la santé de Desessart de Beaupré et de tout ce qui l'intéresse en me rapelant [sic] au souvenir de ma belle soeur annonce lui que son brave et estimable mari jouit d'une parfaite santé.
A Dieu ma petite Aimée, reçois les embrassemens de ton amoureux et fidel époux. L. Davout"
Lettre autographe datée et signée d'Edgar Degas adressée au marchand Charles Deschamps, directeur de la succursale du galeriste Durand-Ruel à Londres. Trois pages à l'encre sur un feuillet double.
Petites déchirures marginales sans atteinte au texte, traces de pli inhérentes à la mise sous pli.
Rentré de la Nouvelle Orléans, Degas s'adresse à son marchand attitré à Londres et l'informe de l'arrivée prochaine d'une exquise composition de danseuses, Le Foyer de la danse à l'Opéra de la rue Le Peletier, désormais conservé au Musée d'Orsay : « En attendant vous allez recevoir le petit tableau que vous aviez vu en train et que vous aviez pris l'idée de vendre à M. Huth - Puissiez-vous le faire ! [...] Quant au prix, il me semble que 150 à 200 livres est bien » Deschamps exaucera les souhaits du peintre et vendra le tableau à Louis Huth, financier et mécène de Whistler, pour la somme de 140 livres. La toile fera ensuite partie de la prestigieuse collection d'Isaac de Camondo.
Degas se tourne vers Londres à une période où le marché de l'art anglais permet de pallier la débâcle qui a suivi la guerre franco-prussienne de 1870. Le peintre attend beaucoup de ce nouveau marché britannique en pleine expansion, financé par de lucratives expositions-événement attirant des millions de visiteurs ; le public anglais découvrit ainsi les toiles de Degas au cours de huit expositions de la Société des Artistes Français. Bien qu'il mentionne souvent dans sa correspondance des difficultés d'argent « J'ai vers la fin du mois pas mal à payer. Il me rentrerait quelque argent, que j'en serais enchanté [...] - Occupez-vous de moi, mon cher Deschamps, je vous en serai bien obligé - Dites-moi aussi si la saison n'est pas bien avancée. Je le crains » sa carrière outre-manche était assez florissante et ses ventes profitables. Le peintre ne manque pas de saluer la « colonie française » des peintres exilés, Giuseppe de Nittis et son ami intime James Tissot dont le succès financier constituait pour Degas un exemple de commercialisation efficace des peintures d'un artiste français dans ce pays. Mais à la différence de Tissot, le peintre refusera de s'adapter aux goûts du marché et concentrera ses efforts à défendre la cause impressionniste en France et à l'étranger.
Degas consacre également un passage à un avide collectionneur de ses œuvres, le baryton Jean-Baptiste Faure, commanditaire de sa célèbre série de toiles sur l'Opéra de Paris et propriétaire du Déjeuner sur l'herbe de Manet : « Je devais être à Londres depuis quelque temps, d'après mon dire. Je n'y suis pas parce que le tableau de [Jean-Baptiste] Faure n'est pas fini, que je ne voudrais aller le rencontrer là-bas sans lui donner de meilleures nouvelles, et que je n'ai plus guères le temps de flâner si je veux n'avoir pas encore au 1er septembre rien à lui livrer ». Ironiquement, Faure reprochera aux toiles de Degas de ne pas être correctement finies (!) et lui intentera un procès quelques années plus tard.
Une rare et exceptionnelle missive qui retrace le cheminement d'une célèbre œuvre de Degas et sa relation avec les marchands et collectionneurs, à l'aube de la première exposition des peintres impressionnistes qui se tiendra un an plus tard.
Rare édition originale de la traduction française.
Ouvrage illustré de 2 frontispices et 12 planches numérotées reliées en fin du second volume.
Petit manque au coin supérieur droit et une restauration marginale de la page de faux-titre du premier volume. Quelques rares rousseurs sans gravité, une auréole claire en marge droite de chacune de 12 gravures en fin du second volume.
Reliures en demi maroquin de Russie rouge, dos lisses ornés d'arabesques romantiques dorées, plats de papier marbré, accrocs et frottements sur les plats et les coupes, coins émoussés.
Le livre parut sous le titre The Universal Cook à Londres en 1792 ; sa quatrième édition est traduite en français et publiée en 1810.
Le cuisinier Universel est l'œuvre de deux célèbres chefs Francis Collingwood et John Woollams ayant officié dans les établissements les plus réputés du Strand de Londres : la London Tavern et The Crown and Anchor, connus pour servir les parlementaires du Whig-club.
Cet ouvrage compte parmi les rares exemples d'incursions de la cuisine britannique dans la culture gastronomique française qui exercera encore longtemps une hégémonie quasiment incontestée.
Sa publication était considérée comme une curiosité dans le milieu culinaire français, comme l'indique la préface de l'éditeur ; elle également vue comme une véritable prise de risque selon le grand bibliographe Oberlé :
« Admirons le courage de l'éditeur Tardieu, qui, en 1810, à une époque où nous n'avions pas d'ennemis plus détestés que les Anglais, osa faire traduire un livre chantant les fastes culinaires de la perfide Albion ».
Cette rare publication répondait cependant à une demande d'un public de gastronomes anglophiles : il n'est pas anodin que l'un des premiers restaurants de luxe parisiens ait été baptisé La Grande Taverne de Londres en raison du renom attaché, dès la fin du XVIIIe siècle, à la restauration telle qu'elle était pratiquée en Angleterre, et pour les plats que l'on y servait. L'ouvrage arrive en effet dans le contexte d'une France post-révolutionnaire, où la cuisine sort du milieu aristocratique. Les anciens cuisiniers au service de nobles désormais émigrés ouvrent des restaurants, où ils développent, à l'image de leurs confrères anglais, une véritable « science culinaire ».
Les recettes qui le composent illustrent les changements dans la culture culinaire anglaise au tournant du XIXe siècle. La hiérarchie du prestige, tenue jusqu'alors par la cuisine française avec ses rôts et potages, cède la place aux puddings et aux tartes. On recense seulement quatorze préparations « à la française » : fricandeau, canard, mauviettes, sole, turbot, biscuits, « selle de mouton [pullets] à la Saint-Menehould », « soupe lorraine »... La ville de Londres a remplacé la cour comme centre et moteur, et ses chefs cuisiniers donnent désormais le ton.
Une très rare apparition de la cuisine anglaise dans la gastronomie française, durant une période d'intenses hostilités entre les deux pays sous l'Empire.
« Nous l'appelions Papapa. La légende veut - il nous entourait de légendes ! - qu'un matin d'autrefois, à Hauteville-House, tandis qu'il travaillait debout dans cette cage de verre, perchée au haut de la maison, petit Georges entrât et dit : - Bonjour Papapa ! [...] A entendre le fils de son fils Charles, qui venait de mourir, prononcer ce mot inconnu, le grand-père eux une immense joie, car il connaissait le secret langage des enfants : le bégaiement de Georges faisait de lui deux fois un père, beaucoup plus qu'un grand-père. [...] - Maintenant, je m'appelle Papapa, dit-il, doucement. Et jusqu'à sa mort, nous lui donnâmes, ma sœur et moi, ce nom doublement tendre et que toujours il chérit. » (Georges-Victor Hugo, Mon grand-père)
Pour "Les hommes d'aujourd'hui", édition originale de cette rare collection quasi complète constituée de 436 numéros sur 469 livraisons de quatre pages, chacune illustrée d'un portrait-charge en couleurs et parfois d'illustrations in-texte.
Pour "Les femmes du jour", édition originale de cette très rare collection complète en 11 livraisons parues entre 1886 et 1892 (le dernier très rare numéro concernant Réjane étant paru en 1892, six ans après les 10 autres).
Reliures des "Les hommes d'aujourd'hui" en demi percaline bleu ciel, dos lisses, pièces de titre de maroquin bleu ornées de doubles filets, plats de papier marbré (4 volumes). Les pages de titre en couleurs ont été conservées et reliées. Déchirure marginale sans atteinte au texte (n°163 ; n° 165 ; n° 184, p. 2). Restaurations maginales sans atteinte au texte sur 8 ff. entre les n° 214 et 223. Deux feuillets du numéro 224 doublés. Déchirure marginale avec manque (n° 345, p.1). Les cahiers du premier volume accusent des différences de format ; certains sont davantage rognés que d'autres.
Reliure de "Les femmes du jour" en demi percaline rouge, dos lisse, pièce de titre de maroquin bleu nuit ornées de doubles filets, titre doré dans la longueur, plats de papier marbré.
Impressionnante galerie de personnalités contemporaines croquées et racontées par les artistes et écrivains les plus avant-gardistes de l'époque.