Edition originale illustrée de 3 titres-frontispices répétés représentant le jardin du roi, 451 planches dessinées par Aubriet (celui-là même qui accompagnera l'auteur dans son voyage au Levant) et 5 vignettes in-texte. Epître au roi Louis XIV.
Reliures en plein veau blond marbré glacé d'époque, dos à nerfs ornés du chiffre de Louis XIV dans 4 caissons décorés de fleurs de lys, d'étoiles et plantes, pièces de titre et de tomaison en maroquin rouge, pièces de tomaison ornée de fleurs de lys et de soleils, armes royales frappées sur les plats (OHR n°2494, 10, toujours employé au début du règne de Louis XV), triple filet d'encadrement, roulette intérieure et sur les coupes, tranches mouchetées, habiles restaurations aux coiffes et mors, quelques épidermures, un travail de vers ayant entraîné un manque aux armes du premier plat du vol. III, fer partiellement effacé au 4e caisson du vol. II.
Précieux exemplaire de présent, aux armoiries royales de Louis XIV frappées sur les plats et au chiffre du souverain sur le dos, encadré de fleurs de lys angulaires. Ouvrage d'autorité, sur lequel on se réfèrera pendant plus d'un siècle pour la classification des plantes.
Tournefort expose dans cet ouvrage fondateur un nouveau système de classification des plantes qui obtient aussitôt un prodigieux succès, et contribue à faire progresser la notion de genre et donne une impulsion nouvelle à la taxonomie : "L’esprit clair et précis qui préside à la rédaction de l’ouvrage, ainsi que la qualité des illustrations de Claude Aubriet, futur peintre du roi, a considérablement contribué au succès de la classification. Le botaniste précise dans son avertissement : "La méthode suivie est fondée sur la structure des fleurs et des fruits. On ne saurait s’en écarter sans se jeter dans d’étranges embarras…" En effet, les deux critères, fleur et fruit, lui permettent d’établir les genres, alors qu’il définit les classes sur le seul critère de la fleur. Énorme succès, l’ouvrage est traduit en latin par Tournefort lui-même pour qu’il puisse être lu dans toute l’Europe." (BnF). La seconde édition française ne paraîtra qu'un siècle plus tard.
Rare exemplaire aux armes de son illustre dédicataire, le Roi Soleil, de cet ouvrage "qui ne pouvait paraître que sous Son nom auguste" (épître, f. 2 verso).
Stafleu, 14.780.