
Édition originale de l’ouvrage fondateur de Joseph Pitton de Tournefort (1656-1708), illustrée de trois titres-frontispices répétés, gravés par Cornelis Vermeulen et figurant le Jardin du roi, de 451 planches botaniques dessinées par Claude Aubriet - qui accompagnera plus tard l’auteur dans son voyage au Levant - et de 5 vignettes in texte. Épître dédicatoire au roi Louis XIV.
Trois volumes reliés en plein veau blond marbré glacé de l’époque. Dos à nerfs ornés du chiffre de Louis XIV dans quatre caissons, décorés de fleurs de lys, d’étoiles et de plantes ; pièces de titre et de tomaison en maroquin rouge, ornées de fleurs de lys et de soleils. Armes royales frappées au centre des plats, fer répertorié par Olivier-Hermal-Roton, planche 2494, n°10, dont l’usage se serait prolongé jusqu’au début du règne de Louis XV. Triple filet d’encadrement sur les plats, roulette intérieure et sur les coupes, tranches mouchetées. Habiles restaurations aux coiffes, mors et plats, quelques épidermures, un travail de vers ayant entraîné un manque aux armes du premier plat du volume III, fer partiellement effacé au quatrième caisson du dos du volume II.
Précieux exemplaire de présent, aux armes royales frappées sur les plats et au chiffre du souverain répété sur les dos, encadré de fleurs de lys angulaires.
Tournefort expose dans cet ouvrage capital un nouveau système de classification des plantes, qui obtint aussitôt un vif succès et contribua de manière décisive à faire progresser la notion de genre. « L’esprit clair et précis qui préside à la rédaction de l’ouvrage, ainsi que la qualité des illustrations de Claude Aubriet, futur peintre du roi, a considérablement contribué au succès de la classification. Le botaniste précise dans son avertissement : “La méthode suivie est fondée sur la structure des fleurs et des fruits. On ne saurait s’en écarter sans se jeter dans d’étranges embarras…” » (BnF).
Le succès de l’ouvrage fut tel que Tournefort en assura lui-même la traduction latine, afin que son système pût être lu et discuté dans toute l’Europe savante. La seconde édition française, elle, ne paraîtra qu’un siècle plus tard, en 1797 : signe assez sûr qu’un livre peut régner longtemps sans avoir besoin de se répéter.
Rare exemplaire aux armes de son illustre dédicataire, le Roi Soleil, de cet ouvrage « qui ne pouvait paraître que sous Son nom auguste » (épître, f. 2 verso). Stafleu, 14780.
Bel exemplaire de présent du texte fondateur de la botanique moderne, rehaussé de sa reliure aux armes et au chiffre de Louis XIV, dont le système de classification fit longtemps autorité en Europe, jusqu’à l’avènement de celui de Linné.