
Très rare édition originale imprimée à 150 exemplaires signés au colophon par Conrad Rooks. Seulement deux exemplaires en bibliothèque, à l'American College of Greece et à la Princeton University Library.
Dos et plats marginalement insolés, deux taches en marge droite du second plat.
Rare envoi autographe daté et signé depuis Paris à Sueeva Viegand
Rarissime édition originale du poème de Conrad Rooks, né dans les vapeurs d'alcool, de peyotl et de champignons hallucinogènes, qui donnera naissance à l’un des plus importants films de la Beat Generation réalisé par Robert Franck.
Aucun exemplaire n’est passé en vente selon RHB, et seulement deux institutions en conservent un exemplaire.
"desperate now
I poured the iodine
of whiskey, beer and pastisse,
bottles and rivers of liquid fire balm
on the spreading cancerous sore
....
what augury
contained in the amber Johny [sic] Walkers
and Dewar's White Label"
Après la mort soudaine de son père en 1962, Conrad Rooks met fin à une période de dépendance à l'alcool et aux stupéfiants et se rend en Suisse pour une cure de repos qui lui permet de se sevrer. En janvier 1963, il fait imprimer à petit nombre sous les presses de l'athénien Christos Christou ce fameux poème qu’il dédie à la mémoire de son père, riche homme d'affaires. L'enfance opulente de Rooks l'avait vite fait tomber dans l'addiction : “Litte rich boys/ We are all doomed immured in pleasure/ and desire/ there are no Buddhas on Wall Street” écrit-il dans ces lignes. Le titre du poème renvoie à la localité de l'État de New York où Rooks a résidé à partir de l'âge de neuf ans. "Chappaqua" serait un mot amérindien désignant un "lieu sacré de l'eau courante", où certaines tribus enterraient leurs morts, ceux-ci disparaissant pour transiter vers un état spirituel :
"I have returned to Chappaqua
sacred place of Running waters
to the swing on the dying
old tree
Etearnity [sic] is galloping now
down Roaring Brook Lane"
Selon Beatbooks, un extrait du poème a paru en 1963 dans le premier numéro de la revue grecque d'avant-garde το Άλλο στην τέχνη dirigée par Leonidas Christakis. Rooks vivait alors en Grèce dans un cercle où se trouvaient également, à diverses périodes des années 1960, Sinclair Beiles, Gregory Corso, Harold Norse, Ted Joans, Alan Ansen, Philip Lamantia, John Esam et Dan Richter, et des œuvres de ces auteurs paraissaient dans des petites revues proches des Beats, dont Pali et Residu (cette dernière dirigée par Richter).
Rooks conçoit après le projet de réaliser un film, la démarche devant avoir une fonction thérapeutique et l'aider à prévenir toute rechute. En janvier 1964, Rooks entame le tournage de Chappaqua, en adaptation de ce poème éponyme. Le tournage s'étend sur près de trois ans. Le film est financé par l'héritage de son père ainsi que par des emprunts contractés auprès de sa famille et de ses proches, pour un montant total avoisinant 450 000 dollars. Le tournage, largement improvisé, reposait sur une méthode où Rooks se mettait volontairement dans un état de frénésie et de panique afin d'entrer en contact avec sa psyché et ses capacités créatrices ; il filmait selon l'inspiration du moment, parfois sans interruption pendant vingt-quatre heures. Le film a été tourné en France, au Mexique, en Inde, à Ceylan, en Angleterre, ainsi que dans quarante-huit États américains. Parmi les acteurs, outre Rooks qui joue le personnage principal ('‘Russell Harwick’), on retrouve notamment Jean-Louis Barrault (‘Dr. Benoit’), William Burroughs (‘Opium Jones’), Allen Ginsberg (‘Messie’), Ornette Coleman (‘Peyote Eater’), Moondog (‘The Prophet’), sur une musique de Ravi Shankar avec la collaboration de Philip Glass.