Dernier jeu d'épreuves corrigées de l'ouvrage le plus important d'Henri Calet : Le Tout sur le tout, 136 feuillets en 17 cahiers non brochés, dont le « Bon à tirer » date du 1er juin 1948. Les pages sont numérotées de 10 à 271 (et, au crayon, de 9 à 274).
"En 1947, Henri Calet entreprit la rédaction d’Aux vingt arrondissements, promis aux Éditions de Minuit, qui allait finalement paraître chez Gallimard en 1948 sous le titre Le Tout sur le tout. Le 6 décembre 1948, Calet reçut pour ce livre – son meilleur pour beaucoup – le premier prix de la Cote d’amour, décerné par un jury exclusivement féminin. Il couronnait un récit triste et tendre, d’une grande mélancolie, laissant s’épandre à tout instant le charme et l’humour de la vie. L’édition originale du Tout sur le tout comporte un achevé d’imprimer en date du 17 juin 1948. L’ouvrage fut mis en vente le 24 juillet de la même année. [...] Outre un certain nombre d’indications techniques dues à Jacques Festy, directeur de fabrication aux éditions Gallimard, elles comportent les ultimes corrections autographes de Calet, régulières et lisibles" (J.-P. Baril).
"À travers Le Tout sur le tout est amorcée une réflexion critique sur la littérature autobiographique. On passe d'une écriture de soi affectivement très engagée - explosive, en quelque sorte -, à un genre original et subtil qui mêle l'attitude distanciée des Mémoires à l'aspect itératif d'un journal de bord. À genre nouveau, langue nouvelle : l'écriture sismographique de La Belle Lurette s'efface au profit de ce ton mitigé, mi-figue mi-raisin, empreint de la nostalgie savoureuse qui fait le charme propre d'Henri Calet." (Frédérique Martin-Scherrer)
L'exemplaire le plus désirable et dernière étape de la genèse de ces "souvenirs d'homme de quarante ans", qui constituent son dernier livre et l'un de ses grands chefs-d'oeuvre.
Collection : Jean-Pierre Baril.