
Édition originale sur papier courant pour le second volume, mention de mille pour le premier.
Petites rousseurs sans gravité sur les tranches supérieures.
Agréable ensemble présenté sous chemise et étui en plein cartonnage blanc.
Précieux envoi autographe signé de Marcel Pagnol à Maurice Druon sur chacun des volumes : "à Maurice Druon, écrivain véritable, hommage du romancier amateur, son ami, MarcelPagnol. 1958" et "Cher Maurice, puisque ça te plaît, voilà la suite. Mais rassure-toi, il n'y en a plus qu'un ! affectueusement, Marcel."
"C'est par Joseph Kessel que Marcel et Maurice firent connaissance. [...] Contrairement à certains représentants de l'intelligentsia parisienne, Maurice Druon a parfaitement reconnu le caractère universel et intemporel des récits de Marcel Pagnol : 'Communiquer et durer, les deux buts de l'art d'écrire', lui rappelle-t-il. (Nicolas Pagnol, Thierry Dehayes (éd.), Je te souhaite beaucoup d'ennemis comme moi. Correspondances intimes et littéraires, 2017, p. 252)
L'écrivain véritable, selon l'humoristique formule de Pagnol dans ce premier envoi, a été subjugué par La Gloire de mon père :
"Cher grand Marcel,
C’est une merveille ! Savoureux, plaisant, tendre, français parce que provençal, et provençal parce que latin ! La caresse du soleil et le parfum des « herbettes », la saveur de l’huile d’olive, et la nostalgique glissade du temps. On lit cela avec l’accent, et aussi avec une petite larme dans le coin du sourire. Des souvenirs dans la grande lignée. Comme tu es humain sous de plaisantes apparences !
J’ai l’impression, maintenant, d’être devenu un de tes amis d’enfance, en te lisant. Et j’attends la suite à La Gloire de mon père comme une récompense.
Je t’admire et je t’embrasse.
MauriceP.-S. : Je n’oublierai jamais l’essai des fusils de chasse contre la porte des cabinets. Je hurlais de rire, seul, à deux heures du matin, dans le silence de la rue de Grenelle." (lettre du 29 mars 1958, ibid.)
Pagnol fera référence à cette lettre passionnée dans l'envoi suivant "puisque ça te plaît, voilà la suite". Druon saluera également le second volume de ses souvenirs dans une lettre "Si je te parle moins du Château de ma mère, c’est que je ne puis que te répéter tout ce que je t’ai écrit pour le premier volume. Comme je me réjouis qu’il y en ait un troisième ! Ce sont les Bucoliques d’Aubagne. 'Vous seuls savez chanter, bergers de la Provence !'" (ibid., lettre du 1er juin 1958).