
Edition originale de cette brochure rare de Benoiston de Châteauneuf, non répertoriée par Ferguson dans la bibliographie de référence sur l'Australie, et dont le catalogue collectif OCLC ne signale aucun exemplaire conservé aux États-Unis ni au Royaume-Uni.
Notre exemplaire est présenté dérelié.
Statisticien pionnier, auteur de travaux remarqués sur la mortalité et sur l'enfance abandonnée, Benoiston de Châteauneuf (1776-1856) plaide ici pour l'adoption par la France du système britannique de transportation pénale, sur le modèle du bagne de Nouvelle-Galles du Sud, dont il détaille le fonctionnement et les résultats en insistant sur les exemples de réhabilitation obtenus outre-mer. Il élargit sa démonstration par une comparaison avec la déportation russe en Sibérie et les présides espagnols d'Afrique du Nord, avant de proposer les îles antillaises de Vieques, La Désirade et Saint-Martin comme destinations possibles pour les criminels français. La colonisation pénale française prendra en réalité, à partir de la loi du 30 mai 1854, la direction de la Guyane puis de la Nouvelle-Calédonie ; le texte de Benoiston n'en demeure pas moins l'un des jalons français de ce débat pénitentiaire ouvert dès la Restauration.
Cette brochure n'est pas seulement un texte français isolé sur la question pénitentiaire : elle a directement nourri l'un des grands récits français d'exploration du Pacifique et de description de la colonie pénale australienne.
En effet, la publication fut retenue par Louis de Freycinet comme source majeure pour ses développements sur le système pénitentiaire de Nouvelle-Galles du Sud dans le récit de son voyage sur l'Uranie. La State Library of New South Wales conserve un feuillet du manuscrit autographe de Freycinet où celui-ci a transcrit une longue citation tirée du livre de Benoiston, dans la partie historique de l'ouvrage publié en 1839, au chapitre consacré à la colonie de Port Jackson et aux réflexions sur les camps de travaux forcés.
Un exemplaire rare, à l'intersection de l'histoire pénale française et de la bibliographie australienne, dont la trace se retrouve jusque dans les manuscrits d'un explorateur français du Pacifique.