Seconde édition, en partie originale, notablement augmentée de plusieurs pièces, complète du portrait caricatural de la veuve Oudot au frontispice, sur bois et imprimé en vert, comme le titre. Selon Barbier, le portrait burlesque aurait été gravé par l'un des auteur, le comte de Caylus lui-même.
Reliure d'époque en plein veau brun tacheté, dos lisse richement doré de fleurons, palmes et rinceaux, pièce de titre en maroquin brun-rougeâtre, triple filet doré, avec fleurons aux coins, en encadrement des plats, filet doré sur les coupes, toutes tranches dorées, chasses dorées, contreplats et gardes de papier marbré au motif petit peigne.
Petits manques aux coiffes, mors inférieur du premier plat fendu sur 2,5 cm, usures d'usages discrètes sur les mors, épidermures en marge des plats, premier plat baillant légèrement, coins émoussés.
Tache marginale à la p. 19.
Recueil de bons mots, satires, anecdotes, Les Étrennes de la St Jean sont une œuvre collective réunie autour du comte de Caylus, dans le salon de mademoiselle Quinault. Les membres du groupe (Montcrif, Voisenon, Crébillon fils...) se faisaient appeler Société du Bout-du-Banc et composèrent, à la suite de repas copieux et enjoués, plusieurs recueils : Les Étrennes de la Saint-Jean (l'un des plus connus et reconnus), Les Écosseuses ou les Œufs de Pâques, Histoire de Guillaume, Quelques Aventures curieuses et galantes des bals de bois, Recueil de ces Messieurs, etc.
« Le comte de Caylus, jeune homme, avait beaucoup sacrifié à la littérature des contes de fées, que les traductions de l'arabe et du persan, de Galland et de Pétis de la Croix, avaient mis à la mode ; on ne le retrouve pas dans ces créations artificielles, auxquelles il revint étant presque suptuagénaire. Mais dans l'intervalle sa personnalité d'écrivain se dégagea et se déclara dans le sens de ses mœurs et de ses goûts, et dans un milieu combien propice! La Société du bout du banc, cette académie de gauloiserie que présidait Melle Quinault; ces soupers, dont un encrier faisait le surtout, et que La Chaussée, d'Armenonville, Voisenon, Moncrif, le Grand Prieur de Vendôme, Duclos, Salley, Crébillon le fils enflammaient de leur verve grivoise et goguenarde. Tous gens de lettres peu philosophes, tous laissant aller le monde à sa guise, et le trouvant bien comme il était, tous de ce troupeau sacré d'Épicure, quelque peu métamorphosé par Circé, où chacun se contente, ou à peu près, pour son bonheur, de ce que leur présidente disait qui suffisait à Duclos, le moins délicat d'entre eux. La littérature populaire du XVIIIe siècle, c'est-à-dire qui a pris le peuple pour sujet de ses observations et de ses tableaux, est née dans cette compagnie de gaudriole et de folie, et le comte de Caylus a été son père naturel, et son père nourricier ; elle a pris ses premiers et vifs ébats dans ces Écosseuses (1739), dans ces Étrennes de la Saint-Jean (1742), dans ces Mémoires de l'Académie des colporteurs, dans ces Avantures des bals des Bois, dans ces Fêtes roulantes (1748), véritable lanterne magique de la vie du peuple parisien [...] »
Avertissement, Mémoires et réflexions du comte de Caylus, 1874
Seconde édition en partie originale d'un recueil du genre poissard, à la grande légèreté de ton et au style naïf, issu des soupers courus de la Société du Bout-du-Banc, où se réunissaient plusieurs "têtes bien faites" du XVIIIe siècle, dont Montesquieu et d'Alembert.