Une dangereuse rencontre
Agréable exemplaire.
Envoi autographe daté et signé d'Ernst Jünger à Madeleine Clouzot : "... après notre excellent déjeuner..."
Elles sont le signe d'un désir, d'une confiance dans le dédicataire, elles sont une mise à nu de l'individu derrière l'écrivain, une ultime trace du geste d'écriture sur l'œuvre achevée et une soumission intime au regard particulier, d'un proche, d'un pair ou d'un influent critique, avant le grand lever de rideau…
Edition originale, un des exemplaires numérotés sur alfa réservés au service de presse.
Dos très légèrement insolé sinon agréable exemplaire.
Envoi autographe signé d'Irène Némirovsky à Charles Laval.
Edition originale, un des 160 exemplaires numérotés sur vélin lana, le nôtre un des 60 hors commerce, seuls grands papiers.
Reliure en demi maroquin noir à grains longs, dos lisse, nom de l'auteur, titre de l'ouvrage, date et mention au palladium "EX. JOSEPH KESSEL 1958", plats de papier façon bois, gardes et contreplats de papier gris souris, couvertures et dos conservés, reliure signée Thomas Boichot.
Quelques rousseurs affectant principalement les plats de couverture ainsi que premiers et derniers feuillets.
Exceptionnel et émouvant envoi autographe signé de Maurice Druon à Joseph Kessel : "A toi mon grand Jef, cet Alexandre le grand né lui aussi sous le signe du Lion en même temps que du Bélier et que tu as aidé de tes conseils et de ton exemple en t'embrassant très fort. Maurice Juin 58."
Edition originale.
Reliure de l'éditeur, dos lisse de toile vert olive partiellement décoloré, coiffe supérieure arasée, plats de cartonnage crème mouchetés de rose, coins émoussés, gardes ombrées.
Envoi autographe signé de Thomas Nelson Page en tête de la page de titre.
Edition originale de la traduction française pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers.
Une pliure en angle supérieur gauche du second plat de couverture et des derniers feuillets.
Iconographie.
Précieux envoi autographe signé de Madeleine Albright à Bernard Kouchner : "To my dear friend Bernard always true to his beliefs and a great partner. With deep admiration and affection. Madeleine 15/11/03."
Précieux ensemble des quatre premiers volumes de l’édition intégrale, respectant le découpage original américain. Le volume 1, présenté dans un coffret en métal à lettres repoussées et enrichi d’une carte dépliante du domaine de Westeros, est un exemplaire du tout premier tirage collector français publié en 2012, particulièrement recherché pour sa rareté. Les tomes 2 et 3 sont des tirages de 2013, le tome 4 de 2014.
Tous les volumes sont enrichis d’une exceptionnelle signature autographe de George R. R. Martin sur la page de titre réalisée à l’occasion de l’unique séance de signature que l’auteur a consacrée à ses fans français, à Dijon le 3 juillet 2014. Le cinquième volume ne paraîtra qu’en 2015.
Couvertures illustrées en couleurs à rabats. Coins légèrement émoussés, discrets frottements d’usage aux dos des volumes 2 et 3, traces de plis anciens à l’angle du plat supérieur du volume 3, à l’angle du plat inférieur du volume 4 et sur le premier rabat du volume 3, tranches faiblement jaunies ou noircies pour les volumes 2, 3 et 4. Coffret légèrement frotté sur le dos et les plats.
Édition originale, un des 50 exemplaires numérotés sur alfa, seuls grands papiers. Quelques petites rousseurs notamment sur les gardes.
Rare envoi autographe signé de Moïse Twersky : « À mon ami René Jasinski en témoignage de reconnaissance et d’amitié, ces quelques scènes de la vie juive new-yorkaise. T. Twersky » enrichi d’une phrase en hébreu dont la traduction en français réalisée par l’auteur est jointe sur un feuillet volant : « Traduction de l’inscription hébraïque : sixième jour de la semaine “Pekoudè” année 5692 depuis la création du monde dans la sainte communauté de Paris », soit, d’après nos calculs, le vendredi 4 mars 1932.
Nouvelle édition.
Bel exemplaire.
Envoi autographe signé d'Albert Cossery à un ami : "Pour Jean-Pierre à qui je souhaite une vie de miel. Albert Cossery."
Nouvelle édition illustrée de 2 photographies hors-texte, mention de mille.
Reliure à la bradel en demi toile bordeaux, dos lisse, premier plat de couverture illustré et taché conservé, plats de papier marbré, reliure moderne.
Quelques rousseurs marginales.
L'ouvrage est signé de Chevalier X, pseudonyme du capitaine Martin. Envoi autographe daté et signé du capitaine Martin à Hardy (Jean Tardy, 1902-1987, très célèbre illusionniste) : "A mon ami Hardy pour son grand succès du Casino du 12 mars 1929 Alger. Chevalier X alias Martin.
Nouvelle édition.
Agréable exemplaire.
Bel envoi autographe signé d'Albert Cossery à un ami : "Pour Jean-Pierre que Dieu le garde des imbéciles. Albert Cossery.
Edition originale pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers.
Dos insolé comportant une petite déchirure en pied.
Envoi autographe signé de Roland Barthes à Pierre Dumayet.
Edition originale pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers.
Agréable exemplaire.
Envoi autographe signé de Valéry Giscard d'Estaing à Michel et Suzanne Blanvart.
Edition originale pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers.
Agréable exemplaire.
Envoi autographe signé d'Yves Coppens à Emile Noël.
Edition originale pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers.
Petites taches sans gravité sur les plats.
Envoi autographe signé de Georges Didi-Huberman à une amie prénommée Annick.
Edition originale, un des exemplaires du service de presse.
Agréable exemplaire.
Envoi autographe signé d'André Suarès à Georges Le Cardonnel : "... qui doit tout lire & n'en pense pas moins..."
Edition originale, un des exemplaires du service de presse.
Reliure à la bradel en plein papier à motifs abstraits, dos lisse, date dorée en queue, pièce de titre de maroquin rouille, couvertures conservées, reliure signée P. Goy & C. Vilaine.
Envoi autographe signé de André Malraux à J. Ernest-Charles.
Edition originale sur papier courant.
Agréable exemplaire.
Précieux envoi autographe signé d'André Pieyre de Mandiargues : "A Henri Michaux le coeur de son vieil ami André Pieyre de Mandiargues" enrichi de la signature manuscrite d'Yvonne Caroutch.
Edition originale de la traduction française établie par Pierre Jean Jouve du livret de Georg Büchner de l'opéra d'Alban Berg, un des 40 exemplaires sur pur fil, le nôtre imprimé spécialement pour Charles Orengo,
Dernière garde partiellement ombrée, agréable exemplaire.
Envoi autographe daté et signé de Pierre Jean Jouve à Charles Orengo, journaliste puis créateur des Editions du Rocher en 1943.
Edition originale sur papier courant.
Petits manques habilement comblés en tête et en pied du dos.
Rare envoi autographe signé de Albert Cohen à Denise Mercier.
Édition originale rare.
Reliure en demi maroquin caramel, dos à cinq nerfs, contreplats et gardes de papier peigné, couvertures restaurées conservées, toutes tranches peignées. Rousseurs.
Important envoi autographe signé d’Honoré de Balzac sur la page de faux-titre à son meilleur ami Laurent-Jan, dédicataire de Vautrin, modèle de Bixiou, de Léon de Lora et de nombreux autres personnages de La Comédie humaine.
Il fut pour Balzac à la fois son meilleur ami, son secrétaire fondé de pouvoir, son nègre littéraire et peut-être même... son « dilectus ».
Edition originale de la traduction française pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers, un des exemplaires du service de presse.
Quelques petites taches sur le dos très légèrement frotté, légères rousseurs affectant principalement les gardes.
Très rare envoi autographe signé d'Otto Rank : "à Monsieur Sébastien Charlety en hommage de ma très haute estime. Otto Rank.
Edition originale.
Notre exemplaire est présenté dans son brochage d'origine sous couverture d'attente de papier violet.
Une trace de pliure verticale sur l'ensemble de la brochure.
Envoi autographe signé de Lambert-Adolphe Quételet à Edmond Becquerel en tête de la page de titre.
Naturaliste, mathématicien et astronome, Lambert-Adolphe Quételet (1796-1874) est le fondateur de l'Observatoire de Bruxelles.
Edition originale, un des exemplaires du service de presse composté M.F. sur le premier plat et numérotés à la presse à la justification du tirage.
Petites déchirures restaurées sur le dos et en tête du premier plat, légères traces de pliures marginales sur le premier plat.
Précieux envoi autographe signé de Louis Pergaud à J.H. Rosny jeune. Lauréat du "Prix Goncourt" 1910 pour son recueil de nouvelles De Goupil à Margot, l'écrivain adresse ce nouvel ouvrage à l'un des membres historiques du jury.
Edition originale pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers.
Reliure en demi chagrin aubergine, dos à quatre nerfs orné de triples caissons dorés et décorés, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, tranches mouchetées, reliure de l'époque.
Ce recueil de poésie est suivi d'études sur Henry Murger par Théophile Gautier, Jules Janin, Arsène Houssaye, Paul de Saint-Victor...
Notre exemplaire est enrichi d'un billet autographe signé d'Henry Murger indiquant à son correspondant qu'il lui rendra visite bientôt.
Edition originale.
Reliure en demi chagrin marron, dos éclairci à cinq nerfs, date dorée en queue, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier peigné, tête marbrée, reliure de l'époque.
Petites rousseurs sans gravité essentiellement en début de volume.
Envoi autographe signé des frères Goncourt à Mr Simon.
Edition originale pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers.
Exemplaire complet de sa jaquette illustrée qui comporte, comme souvent, de petites déchirures marginales, deux déchirures recollées en pied du dos de l'ouvrage, une pâle mouillure au verso du second plat.
Rare envoi autographe signé de Georges Brassens : "à yoyo amical souvenir georges brassens."
Edition originale sur papier courant.
Reliure en demi maroquin rouge, dos à cinq nerfs sertis de filets dorés et orné de doubles caissons dorés et décorés, mention dorée en queue du dos "Ex. de Sainte-Beuve", doubles filets dorés sur les plats de papier marbré, petites taches noires sur les plats, gardes et contreplats de papier peigné, couvertures conservées, tête dorée.
Rousseurs éparses.
Précieux envoi autographe signé d'Auguste Brizeux : "A Sainte-Beuve, au poète et à l'ami. A. Brizeux."
Edition originale pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers.
Agréable exemplaire.
Envoi autographe signé de Robert Badinter à son cousin et ancien président de Médecins du monde : "Pour Claude Moncorgé, affectueusement, son cousin. Robert."
Ami, tu veux / Devenir poète / Ne fais surtout pas / L'imbécile / N'écris pas / Des chansons trop bêtes / Même si les gourdes / Aiment ça
Edition originale.
Reliure en demi chagrin vieux rouge comportant quelques discrètes restaurations, dos à cinq nerfs, date en queue, plats de papier à la cuve, contreplats et gardes doublés de papier peigné, couvertures conservées, tête rouge, reliure de l'époque
Très précieux envoi autographe signé de Victor Hugo à Alphonse Daudet.
Tampon de la bibliothèque de Madame Daudet sur la première garde.
Victor Hugo représente pour Alphonse Daudet, comme pour les autres écrivains de sa génération, le maître incontesté du Panthéon des arts. Sa figure tutélaire parsème les œuvres de Daudet, fréquemment convoquée aux côtés de celles de Rousseau, Byron, Sand et Delacroix.
Si durant l'enfance et la jeunesse de Daudet, Hugo, géant exilé sur son île de Guernesey, demeure un idéal inaccessible, « presque en dehors de l'humanité », son retour en France lui permet de le rencontrer enfin. Aux alentours de 1875, peu après la parution de ses premiers ouvrages, Alphonse et Julia Daudet sont ainsi accueillis chez Hugo qui vit désormais avec Juliette Drouet.
Ils deviendront dès lors des intimes de la maison jusqu'à la mort du poète. Victor Hugo participe à l'éducation du jeune Léon Daudet, meilleur ami du petit-fils de Hugo, Georges et, plus tard, époux éphémère de Jeanne.
Dans ses Souvenirs d'un cercle littéraire, Julia Daudet évoque leur amitié de dix années avec l'« idole de toute la France poétique » :
« Je vois Victor Hugo au grand bout de sa table ; le maître vieilli, un peu isolé, un peu sourd, trône avec des silences de dieu, les absences d'un génie au bord de l'immortalité. Les cheveux tout blancs, la tête colorée, et cet œil de vieux lion qui se développe de côté avec des férocités de puissance ; il écoute mon mari et Catulle Mendès entre qui la discussion est très animée à propos de la jeunesse et de la célébrité des hommes connus et de leur séduction auprès des femmes. [...] Pendant le débat on est passé au salon, Victor Hugo songe au coin du feu, et célèbre, universel et demi-dieu, regrette peut-être sa jeunesse, tandis que Mme Drouet sommeille doucement. »
L'amitié entre le dernier grand écrivain romantique et l'un des maîtres de l'école naturaliste naissante témoigne de l'acuité de Victor Hugo qui, au faîte de sa gloire, conserve une attention particulière et bienveillante pour la littérature moderne pourtant éloignée du lyrisme hugolien.
Cette dédicace de Hugo à Daudet sur une œuvre qualifiée, avec Le Pape et La Pitié suprême, de « testament philosophique » par Henri Guillemin, résonne symboliquement comme le legs à un fervent disciple de la responsabilité politique et morale de l'écrivain.
Provenance: Alphonse Daudet, vente Sicklès (1990, IV, n°1200) puis vente Philippe Zoummeroff (2 Avril 2001).
Extrait de Souvenirs d'un cercle littéraire par Julia Daudet :
" Comment oublier cette première visite chez lui, rue de Clichy, dans le modeste appartement tellement disproportionné à sa gloire, à l'idée qu'on se faisait de cette gloire qui eût comblé des palais : Il se lève du siège qu'il occupait au coin du feu, en face de Mme Drouet, sa vieille amie, (...) je suis étonnée de sa petite taille, mais bientôt, quand il va m'accueillir et me parler, je le trouverais très grand, très intimidant. Et cette timidité que je ressentis alors, je l'éprouverai toujours en face d Victor Hugo, résultat de cette grande admiration, de ce respect, comme d'un dieu absent, que mes parents m'avaient inculqué pour le poète de génie. Je ne vaincrai jamais ce tremblement de la voix chaque fois que je répondrai à ses paroles obligeantes, et je m'étonnerai pendant près de dis ans d'entendre des femmes, admises auprès de lui, l'entretenir de leur intérieur et de leurs futilités habituelles.
Ce soir-là, quand il m'eut présentée, toute confuse, à Mme Drouet, elle me dit avec une charmante bonne grâce : — Ici, c'est le coin des vieux et vous êtes trop jeune pour nous. Mais M. Victor Hugo va vous présenter à sa bru, Mme Lockroy; lui seul a qualité pour cela.
Et je fus conduite à l'autre bout de la pièce, médiocrement grande, pourtant, mais qui était comme séparée en deux par une table surmontée d'un éléphant de bronze, très majestueux, japonais ou chinois, je pense. Il suffisait à faire deux petits groupements très distincts qui communiquaient facilement, mais sans se confondre.
A ce moment de son retour, Victor Hugo était éblouissant d'esprit, de souvenirs nombreux et racontés avec une verve inépuisable, quand la politique n'envahissait pas trop sa table hospitalière. Et quelle grâce dans l'accueil, quelles nobles façons, quel beau sourire de grand-père sous ses cheveux que j'ai vus peu à peu blanchir jusqu'à la neige des quatre-vingts ans. Les poètes, tous les poètes fréquentaient ce salon de la rue de Clichy, et plus tard l'hôtel de l'avenue d'Eylau. Mais là, fut-ce le changement de place ? Il y eut comme une marche descendue dans la santé, puis dans l'esprit du beau vieillard. Et pourtant, il aimait toujours à recevoir ses amis, et l'hospitalité de cette maison ouverte n'était pas un de ses moindres charmes, car, autour de la table, embellie en un bout par les deux petits-enfants du Maître, les convives cherchaient encore leur mot d'ordre aux yeux de l'hôte, et lui-même retrouvait parfois une veine de souvenirs si vivants, si pittoresquement exprimés, qu'on en restait ébloui toute une soirée. Mme Drouet vieillissait doucement auprès de lui, abritée sous deux bandeaux de neige, d'une élégance un peu théâtrale et surannée, jusqu'au jour où un mal impitoyable creusa ses traits si fins, en fit l'effigie douloureuse qu'a peinte Bastien Lepage, qui devait mourir en proie aux mêmes tortures. Dans les derniers temps, le Maître regardait douloureusement, aux dîners intimes, cette assiette vide, cette noble figure ravagée.
— Madame Drouet, vous ne mangez pas, il faut manger, avoir du courage.
Manger! Elle se mourait. Le savait-il? Essayait-il de se leurrer lui-même le beau vieillard si résistant et si fort, et qui voyait partir cette compagne de cinquante années!
Dans le grand salon où se penche le beau portrait de Bonnat, au geste paternel, où le buste par David préside immensément ; dans le petit salon, orné de ces tapisseries rayées et multicolores qui semblaient tendues pour Dona Sol ; dans le jardin rejoint à la vérandah par un perron de deux marches réapparaissent Leconte de Lisle, Meurice et Vacquerie, Paul de Saint-Victor, le souriant Banville, Flaubert et Goncourt conversant ensemble, Mallarmé, Léon Cladel, François Coppée, Catulle Mendès, Clovis Hugues, ombres dans un Eden évanoui ; puis Léon Glaize, Gustave Rivet, Pierre Elzéar, la toute petite Mme Michelet offrant des roses un soir de fête, puis des ambassadeurs, des diplomates, l'empereur du Brésil; des peintres, des sculpteurs, et tant d'hommes politiques que je n'en sais plus les noms !
Voici l'impression immédiate que je traçai de l'une de ces soirées où nous nous étions rendus, Alphonse Daudet et moi, un soir de neige, où pendant le trajet notre cheval tomba trois fois en traversant l'esplanade des Invalides :
Je vois Victor Hugo au grand bout de sa table; le maître vieilli, un peu isolé, un peu sourd, trône avec des silences de dieu, les absences d'un génie au bord de l'immortalité. Les cheveux tout blancs, la tête colorée, et cet œil de vieux lion qui se développe de côté avec des férocités de puis- sance ; il écoute mon mari et Catulle Mendès entre qui la discussion est très animée à propos de la jeunesse et de la célébrité des hommes connus et de leur séduction auprès des femmes. Alphonse prétend que dans un salon rempli de talents de toutes sortes, de tout âge, un tout jeune homme, l'auteur inconnu, le poète ignoré aura pour lui les regards féminins s'il est beau. Catulle Mendès lui répond qu'il restera d'abord inaperçu, et que toute les femmes iront à la notoriété : ceci me paraît plus vrai. Les femmes heureusement n'ont point que les yeux de leur visage, mais ceux de l'esprit et du cœur. Pour les intellectuelles, la beauté d'un artiste, d'un grand poète ne compte pas, c'est le regard du penseur, la physionomie tourmentée de l'homme qui vit de ses sensations. Elles vont au talent, au chagrin qui passe, elles ne songent guère à la beauté physique. Maintenant on pourrait répondre que c'est par une sympathie ambitieuse qu'elles recherchent les auteurs célèbres, mais l'autre sentiment, celui qui les attirerait vers cette jeunesse tentante dont parle Alphonse, me paraît moins avouable.
Et je ris de cette prétention des deux causeurs charmants, de nous classer, de nous analyser. Mais dire la femme, c'est comme si on disait l'oiseau ; il y a tant d'espèces et de genres, les ramages et les plumages sont tellement différents !
Pendant le débat on est passé au salon, Victor Hugo songe au coin du feu, et célèbre, universel et demi-dieu, regrette peut-être sa jeunesse, tandis que Mme Drouet sommeille doucement. Ses beaux cheveux blancs ombrant sa fine tête comme deux ailes de colombe, et les nœuds de son corsage suivant sa respiration douce, presque résignée, de vieille femme endormie.
Ce fut bientôt après cette soirée qu'eut lieu la grande manifestation de Paris défilant, avenue d'Eylau, devant les fenêtres de cette petite chambre qui devint mortuaire en mai 1885, remplie de roses et simplement meublée, telle que la représente, au musée Victor Hugo, une pièce prise dans l'ancien appartement du poète, place Royale.
Bien évocateur, ce vieux logis du Marais," et quand on pense que Victor Hugo y composa presque toutes ses pièces historiques on se représente le poète, ouvrant, aux heures matinales qui lui étaient familières, cette haute fenêtre sur les hôtels tous égaux et du même style, qui entourent la Place, et se remémorant les tournois, les duels, les promenades et les agitations de plusieurs générations disparues sous l'ombre de ces arcades anciennes et solides et ne gardant pas trace de la fugitive humanité.
Nous dînions encore chez Victor Hugo la semaine qui précéda sa mort. Il nous dit en entrant plus pâle qu'à l'ordinaire, la démarche fléchie :
— Je vais bientôt m'en aller, je le sens ; puis s'appuyant à l'épaule de Georges : Sans 'cela' il y a longtemps que je serais parti.
Je n'ai jamais oublié l'accent un peu solennel et comme prophétique de ces paroles, j'en fus pénétrée de tristesse et de pressentiment; j'y sentis la dispersion de ce centre unique au monde et qui ne put se reformer jamais !"
Edition originale sur papier courant.
Reliure à la bradel en demi percaline grise, dos lisse orné d'un fleuron central doré, double filet et date dorés en queue, pièce de titre de chagrin havane, plats de papier oeil-de-chat, gardes et contreplats de papier bleu, reliure de l'époque.
Précieux envoi autographe signé de Jean Richepin à Léon Deschamps.
Edition originale pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers.
Exemplaire bien complet de sa jaquette marginalement et légèrement insolée sur le dos et les plats, petites déchirures en tête du premier plat.
Précieux envoi autographe daté et signé de Elias Canetti à Raymond Queneau : " Für Raymond Queneau aus Freude über eine unerwartete Begegnung, Juni 1951 ", "Pour Raymond Queneau, joie d'une rencontre inattendue".
Edition originale imprimée à 245 exemplaires numérotés, seul tirage après 10 papier fort.
Reliure à la bradel en demi percaline bleue, dos lisse orné d'un motif floral doré, double filet doré en queue du dos, pièce de titre de chagrin rouge comportant un tout petit manque, plats de papier à la cuve, couvertures conservées, reliure de l'époque.
Envoi autographe signé de Paul Fort.
Edition originale, un des exemplaires du service de presse.
Petites traces d'insolation sans gravité en tête et en pied du dos.
Précieux envoi autographe signé de Francis Ponge : "Pour Marthe et Henri Calet leur ami. Francis Ponge."
Edition originale, un des 100 exemplaires numérotés sur hollande.
Quelques petites rousseurs, deux déchirures et légers manques sur le dos.
Signature manuscrite de Paul Léautaud en dessous de la justification du tirage.
Edition originale publiée à compte d'auteur et à petit nombre.
Quelques petites rousseurs.
Reliure à la bradel en plein papier rappelant la couverture quadrillée or de l'ouvrage, dos lisse, pièce de titre de maroquin rouge, fragiles couvertures conservées, tête dorée, reliure signée Thomas Boichot.
Rare envoi autographe signé d'Auguste Villiers de l'Isle-Adam au marquis de Monthec.
Edition originale, un des 10 exemplaires numérotés sur hollande, tirage de tête.
Quelques petites rousseurs essentiellement en début et fin de volume.
Envoi autographe signé de Maurice Genevoix à Jacques Gommy : "... en pensant aux forêts qu'il aime, avec les hommages et les amitiés de Maurice Genevoix."
Édition originale imprimée à petit nombre de ce tiré à part de la Revue de Paris du 15 février 1906.
Émile Boutmy fut le fondateur de l’École libre des sciences politiques, futur Institut d’études politiques de Paris, plus connue sous le nom de Sciences Po.
Plats marginalement brunis, inévitables petites déchirures marginales et légers manques sans gravité au regard de la fragilité de cette brochure.
Précieux envoi autographe signé de Lucien Lévy-Brühl : « À Émile Durkheim, affectueusement, L. L. B. »
Edition originale, un des 150 exemplaires numérotés, seuls grands papiers.
Envoi autographe signé de Jean-Pierre Abel à Paul Devivat.
Rare et bel exemplaire à toutes marges.
Edition originale, un des exemplaires du service de presse.
Couvertures et dos très discrètement restaurés.
Précieux envoi autographe signé de Pierre Drieu La Rochelle à Henri Béraud.
Edition originale, un des exemplaires du service de presse.
Reliure à la bradel en plein cartonnage façon bois, dos lisse, pièce de titre de maroquin rouge, couvertures et dos conservés, reliure signée de Thomas Boichot.
Bel exemplaire agréablement établi.
Précieux envoi autographe signé de Jacques Chardonne à Henri Béraud.
Edition originale, un des 1200 exemplaires numérotés sur alfa, seuls grands papiers après 50 Marais.
Dos très légèrement passé comme généralement.
Précieux envoi autographe signé de Henri Michaux à Raymond Queneau.
Édition originale parue dans les oeuvres complètes de l'auteur.
Quelques rousseurs.
Reliure en demi chagrin maroquiné noir, dos lisse orné de triples filets à froid et de fleurons dorés, plats de papier caillouté, gardes et contreplats de papier à la cuve, reliure de l'époque.
Envoi autographe signé de George Sand : "à mon ami Charles Fournier."
Précision manuscrite de George Sand en dessous du titre sur la page de titre : "suite de Flamarande" paru la même année et chez le même éditeur que "Les deux Frères".
Edition originale imprimée à tout petit nombre de cet extrait de la Revue archéologique.
Ce fascicule est illustré de quelques figures dans le texte et, en début de volume, d'une planche hors-texte.
Charles Simon Clermont-Ganneau (1846-1923), orientaliste et archéologue, fit d'importantes découvertes archéologiques en Palestine où il séjournait depuis 1867 comme drogman-chancelier au consulat de France. Nommé consul à Jaffa en 1881, il accepta une mission sur la côte égyptienne à l'est du Nil en Philistide, Phénicie et Palestine ; il en a exposé les résultats dans les Archives des missions scientifiques.
Jusqu'à sa mort, il mènera parallèlement une carrière de diplomate et d'archéologue. Clermont-Ganneau a aussi démasqué de nombreuses fraudes archéologiques.
Précieux envoi autographe de Charles Clermont-Ganneau au vicomte Charles-Jean-Melchior de Vogüé (1829-1916), également archéologue en même temps que diplomate.
Edition originale, un des exemplaires numérotés sur alfa.
Agréable exemplaire.
Envoi autographe signé d'Irène Némirovsky à monsieur Maier.
Edition originale, un des exemplaires du service de presse.
Dos comportant de petits manques en pied, taches claires et traces d'éraflures en tête et en pied du premier plat, infimes rousseurs sur les gardes, la dernière garde est entièrement annotée par le dédicataire au crayon de papier.
Envoi autographe signé d'Irène Némirovsky à Michel Corday.
Edition originale imprimée à 2000 exemplaires numérotés, le nôtre sous couverture et étiquette de revente chez Gallimard.
Bel envoi autographe signé de Jules Roy : "A Jean-Paul Bonnafous ces vieux chants d'un temps de misère, cordialement, Jules Roy."
Édition originale, un des exemplaires du service de presse.
Reliure en demi chagrin noisette, dos lisse orné de caissons décorés de motifs floraux dorés, initiales C. T. dorées en queue, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, couvertures conservées, tête dorée, un coin supérieur émoussé, reliure très légèrement postérieure. Discrètes restaurations sur les mors, deux petites déchirures marginales sur les pages de titre et faux-titre.
Ex-libris à la plume de Charles Terrasse, fils du dédicataire de l’envoi, en tête d’une garde.
Précieux envoi autographe signé d’Alfred Jarry à l’un de ses plus proches collaborateurs : « À Claude Terrasse son admirateur et son ami. Alf. Jarry. »
Edition originale sur papier courant.
Dos légèrement insolé comportant un petit manque ainsi qu'une déchirure recollée en pied.
Envoi autographe signé de Georges Bernanos à Robert Garric : "... bien fraternellement et fidèlement..."