L'amour bourgeois
Bel exemplaire.
Depuis toujours on fête l’Amour, jamais ses guerres. Et pourtant prends garde à toi, Valentin : tes disciples sont indisciplinés, car l’amour est pluriel et les amours, singulières !
Edition originale, un des 80 exemplaires numérotés sur vélin pur chiffon de lana, seuls grands papiers.
Très bel exemplaire.
Insolite manuscrit de Guy de Maupassant, donnant une fausse composition du vaccin contre la rage, qu'il appelle « Élixir Pasteur », fabriqué entre autres avec « sept larmes de candidat académique repoussé », « cinq gouttes de bave de journaliste » et « un centimètre d'orgueil de romancier ».
« Elixir Pasteur
Vous prenez un chien enragé que vous faites manger par un lapin ; vous faites ensuite dévorer ce lapin par un mouton, le mouton par un rat, le rat par une mouche, la mouche par une araignée et l'araignée par une grenouille.
Ce dernier animal reçoit donc le virus rabique à sa septième puissance et il enrage instantanément.
Vous lui enlevez alors l'œil gauche dont vous extrayez le fluide visuel au moyen d'une seringue à morphine. Vous mettez ce fluide dans un petit pot de granit avec cinq gouttes de bave de journaliste, quarante gouttes de salive d'avocat, dix-huit gouttes nasales d'un invalide, sept larmes de candidat académique repoussé, deux milligrammes de sang froid du général Brière de Lille, un centimètre d'orgueil de romancier - vous faites bouillir pendant dix-huit heures et puis vous communiquez ce remède au malade au moyen d'un petit clystère.
C'est par cette méthode que tout accident a été évité pendant le dernier congrès. »
Cette amusante prescription est adressée à la comtesse Potocka, riche aristocrate mondaine et intellectuelle dont la grande beauté et la personnalité volage apparaissent en filigrane de nouvelles et de chefs-d'œuvre romanesques de l'auteur (Mont-Oriol, Notre cœur, humble drame).
Manuscrit érotique constitué de deux ais de bois biseautés avec deux peintures et 10 feuilles avec une peinture sur le recto et un texte en tibétain manuscrit sur le recto. Le texte est le même sur les 10 feuilles, il s'agit d'un mantra. Sur deux des feuillets il est presque totalement effacé. Au recto des deux ais de bois se trouve également deux mantras manuscrits différents. Les peintures sont réalisées directement sur le bois et les feuilles. La dimension des peintures varient quelque peu, de 5,5 cm, 6 cm à 12, 14 cm en largeur.
Cette forme, 2 morceaux de bois avec des feuilles au milieu, est traditionelle. L'ensemble était souvent attaché par une ficelle, ou par des trous dans le bois dans lesquelles on passait une ficelle. Très bon état de l'ensemble, avec de petits taches sur les peintures sur bois.
Les peintures déroulent 12 positions sexuelles dans un environnement abstrait et géométrique, constitué de courbes. Dans plusieurs peintures les couleurs du fond, du sol changent. La femme porte systématiquement une couronne. Il est aisé de distinguer le caractère religieux ou sacré de la sexualité dans ces images. Les couleurs utilisées sont vives, avec une omniprésence du orange, de traits dorés et blancs, du jaune...
Édition originale.
Reliure en demi maroquin noir à coins, dos à quatre nerfs sertis de pointillés dorés et orné de doubles caissons dorés décorés en angles, date et mention « Ex. de J. Drouet » dorées en queue, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, couvertures et dos conservés, tête dorée, reliure signée de René Aussourd.
Quelques petites rousseurs principalement en début et fin de volume.
Précieux envoi autographe signé de Victor Hugo à Juliette Drouet, le grand amour de sa vie : « à vous, ma dame. Humble hommage. V. »
L'exemplaire provient de la bibliothèque de Pierre Duché. Ce dernier avait acheté en bloc la bibliothèque de Juliette Drouet et avait confié les volumes à René Aussourd pour les faire relier de manière uniforme avec l'inscription permettant leur identification en queue.
Ex-libris encollés sur un contreplat et une garde.
C'est à la fin de l'année 1878, soit après plus de quarante ans de relation, que Victor Hugo et son amante emménagent enfin ensemble avenue d'Eylau, dans le petit hôtel où le poète finira sa vie. « À partir de ce moment, on peut dire que la vie de Juliette ne fut plus guère qu'une tristesse ininterrompue, une servitude de toutes les heures. Elle souffre elle-même d'un cancer à l'estomac, elle sait qu'elle est condamnée, condamnée à mourir de faim ! » (Louis Guimbaud, Victor Hugo et Juliette Drouet, Paris, 1927). Malgré ses souffrances et sa grande faiblesse physique, elle tient toujours avec fidélité le rôle de garde-malade de son « Toto ». C'est d'ailleurs à cette époque que Bastien Lepage peint d'elle un portrait d'un réalisme frappant : « De son visage de déesse, sérieux et calme, la maladie impitoyable a fait une pauvre figure humaine, tirée et creusée, sillonnée de rides dont chacune semble conter quelque douleur. » (op. cit.)
Religions et religion paraît deux ans avant la disparition de Juliette ; il s'agit de l'un des derniers ouvrages qu'Hugo dédicace humblement au grand et dévoué amour de sa vie. Hugo rendra d'ailleurs hommage au dévouement sans faille de sa compagne en lui offrant une photographie sur laquelle il inscrit : « Cinquante ans, c'est le plus beau mariage. ».
Exemplaire de la plus intime provenance.
Édition originale rare et très recherchée (...) dont une partie seulement des exemplaires possède une préface. (cf. Clouzot). L'important historique du procès auquel a donné lieu Le Lys dans la vallée qui précède le roman n'a pas été maintenu dans les éditions postérieures et il fait souvent défaut à une partie des exemplaires publiés chez Werdet.
Exemplaire bien complet de la préface et de l'historique du procès qui opposa Balzac à l'éditeur François Buloz.
Reliures en demi basane verte, dos lisses ornés de motifs typographiques romantiques dorés, frises dorées en têtes et en queues, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, tranches marbrées, reliures romantiques de l'époque.
Quelques petites rousseurs, étiquette de description de libraire encollée en tête d'un contreplat du premier volume.
Exceptionnel exemplaire établi dans une élégante reliure du temps.
Édition originale, un des 150 exemplaires numérotés sur Hollande, seuls grands papiers après 5 Japon.
Très bel exemplaire, tel que paru, enrichi d'une importante pièce autographe d'Elme-Marie Caro, 1 page à l'encre brune sur un feuillet double, non daté [1887 ?].
Dernier roman de Maupassant, Notre Cœur est également l'un des plus autobiographiques. Fortement inspiré des célèbres « Salons » littéraires et artistiques tenus par des femmes du monde, que fréquentait Maupassant, le roman confronte un homme de lettres à l'une de ces maîtresses femmes du Paris de la fin du XIXème. Ainsi décrit-il Michèle de Burne comme « un être raffiné, de sensibilité indécise, d'âme inquiète, agitée, irrésolue, qui semblait avoir passé déjà par tous les narcotiques dont on apaise et dont on affole les nerfs ».
à travers cette femme moderne, libérée mais oppressante, qui ne trouve de plaisir amoureux que dans la réduction en esclave de son amant, Maupassant établit en creux le portrait de la comtesse Potocka dont il est un des plus fervents « Macchabées » ou « morts d'amour », selon les règles du jeu littéraire instaurées dans son célèbre Salon.
Notre exemplaire est enrichi d'une précieuse « Convocation extraordinaire du Club des Macchabées », amusante pièce autographe rédigée par le philosophe Elme-Marie Caro.
La comtesse Potocka y est désignée en ces termes : « la Patronne, chef du Pouvoir Exécutif et Décoratif des Macchabées » et la liste des « convoqués spécialement et d'office, sans atermoiements ni excuses » réunit quelques habitués du Salon de la comtesse : Clovis Bachelier, Adrien de Montebello, Olivier Taigny et Dubois y représentent l'administration, Jean Béraud et Henri Gervex le monde artistique, Georges Legrand, Elme-Marie Caro, Gustave Schlumberger les Lettres. Le « Président » de cette société n'est autre que Coquelin aîné de la Comédie française.
Maupassant, bien qu'il n'apparaisse pas sur cette invitation tenait cependant un rôle majeur au sein de ce Salon puisqu'il était le « Secrétaire perpétuel du Conseil permanent du Club des Macchabées ».
Précieux témoignage de cette fascinante comtesse qui inspira Maupassant mais également Marcel Proust pour sa duchesse de Guermantes et Aimé Guerlain qui créa pour elle son parfum Shore's caprice.
Édition en partie originale qui reprend les discours les plus célèbres, dont certains, mémorables, prononcés à la tribune de l'Assemblée nationale législative, le discours sur la révision et le plaidoyer prononcé au procès de son fils, le 11 juin 1851, devant la cour d'assises de la Seine, défendant l'inviolabilité de la vie humaine ; fausse mention de huitième édition.
Bien complet du rare portrait de l'auteur par Masson tiré sur Chine, en frontispice.
Quelques rares rousseurs.
Précieux envoi autographe signé de Victor Hugo à Juliette Drouet : « à mon pauvre doux ange aimé. V. »
Précieux exemplaire de la muse et maîtresse de Victor Hugo. Cette dédicace pleine de compassion et de regret est une réponse de Hugo à la tragédie que vit Juliette cette année-là, alors qu'elle vient de découvrir qu'Hugo la trompe depuis sept ans avec Léonie Biard, qui, en juin 1851, envoie à Juliette les lettres que Victor lui a adressée. Hugo prêtera serment de fidélité éternelle à Juliette en juillet et lui dédicacera en août ce plaidoyer pour une justice plus clémente.
À l'automne, Juliette exigera qu'Hugo rencontre Madame Biard pour lui signifier leur rupture, entrevue dont elle dirigea chaque détail du protocole, et auquel Hugo se soumit.
Provenance : bibliothèques Pierre Duché (1972, n° 75) et Philippe Zoummeroff (2001, n° 71).
Edition originale, un des exemplaires du service de presse.
Une petite déchirure recollée en pied du premier plat.
Exemplaire complet de son prière d'insérer.
Très précieux et émouvant envoi autographe daté et signé de Maurice Blanchot à sa mère et à sa soeur : "Personne ne reçoit tant de Dieu que celui qui est entièrement mort. Saint Grégoire. Pour sa chère maman et sa vieille Marg, en toute affection. Maurice."
Édition originale, un des 90 exemplaires sur hollande, le nôtre un des quelques hors-commerce lettrés.
Reliure à la bradel en demi box brun, dos lisse, plats de papier fantaisie, gardes et contreplats de papier brun, couvertures conservées, tête dorée, reliure signée de Goy & Vilaine.
Précieux envoi autographe signé de Paul Valéry : « A Victoria Ocampo, - a sus piès de Vd - ce petit rien qu'elle a bien voulu désirer. »
Superbe dédicace qui inaugure la fidèle amitié unissant les deux écrivains par-delà les différences.
A la mort de Valéry en 1945, Victoria Ocampo relatera cette première rencontre de décembre 1928 lors d'un dîner d'écrivains auquel est conviée la jeune Argentine tout juste débarquée à Paris.
Evénement fondateur de leur amitié et de l'admiration mutuelle dont témoigne leur émouvante correspondance, c'est à l'aune de cette première impression que Victoria Ocampo décrira sa relation avec le poète et « les sentiments contradictoires que suscitèrent en [elle] la rencontre de l'œuvre et de l'homme qui la conçut : émerveillement, étranglement, admiration, accablement, bonheur. Effets, sur une Sud-Américaine, amoureuse du génie français, d'une des plus grandes intelligences européennes, lorsqu'elle s'en approcha - un peu tremblante - comme d'un feu qui vous attire et vous tient à distance du même coup. »
Nul doute que l'impression de Valéry ne fut pas moins intense pour qu'il lui adresse, peu après, cette dédicace pleine d'humilité qui ne laisse pas d'évoquer les précieux envois de Victor Hugo à Juliette Drouet « à vos pieds, Ma Dame ».
Confidente épistolaire du poète déchu durant les dures années de guerre, Ocampo lui rendra à sa mort un vibrant hommage « par-delà l'intelligence et la bêtise, par-delà la vie. Avec mon respect, mon culte, ma tendre affection si nouée à l'humain. Avec tout ce qui en moi, tant que je vivrai, ne cessera de le sentir vivant, ne cessera d'être le lieu périssable où son immortalité commence. »
Quelques petites rousseurs.
Exemplaire parfaitement établi.