
Deuxième édition imprimée à 75 exemplaires.
Dos muet restauré, couvertures quelque peu salies, quelques petites rousseurs.
L'ouvrage, qui forme le premier volet (sur trois) de la série Le Mariage indigène dans les colonies et les protectorats de la France, s'écarte notablement des productions du magistrat Claude-Arthur Daguin (1849-1944), qui portaient essentiellement sur Nogent-en-Bassigny et sa région.
Rarissime contribution d’un magistrat colonial spécialisé dans le droit musulman, tirée à 75 exemplaires, ouverte sur un exergue qui retourne le regard colonial.
Claude-Arthur Daguin (Nogent-en-Bassigny, 1849 – Astaffort, 1944) est magistrat, officier de l’Instruction publique, officier de l’Ordre tunisien du Nichan Iftikhar, chevalier de l’Ordre du Dragon d’Annam, un cursus honorum colonial qui dit à lui seul l’étendue d’une carrière menée successivement en Indochine et en Afrique du Nord. En Tunisie et en Algérie, où il est alternativement en poste, il consacre une œuvre juridique considérable au droit foncier, à la procédure devant les tribunaux indigènes, à la compétence des cadis et au statut des terres domaniales.
Le présent ouvrage, premier volet d’une trilogie consacrée au mariage en islam, paraît une première fois en 1906 puis en cette deuxième édition de 1907, publiée à Paris chez Lucien Dorbon, libraire rue de Seine, et tirée à seulement 75 exemplaires. La rareté est constitutive de la publication, conçue pour un lectorat de spécialistes et de praticiens du droit colonial.
L’exergue choisi par Daguin est remarquable à plus d’un titre. Extrait d’un discours prononcé à la Chambre des Députés le 7 juin 1901 par le député Marchal, il affirme que
« la législation musulmane constitue à la femme une situation certainement supérieure au point de vue juridique » et que « la femme associée, entrant en ménage, garde sa personnalité, la propriété de ses biens, le droit de les administrer sans l’autorisation de son mari »
Ces avantages étaient alors refusés aux françaises par le Code civil napoléonien. Cet exergue place d’emblée l’ouvrage sous un signe inattendu : non le mépris colonial du droit indigène, mais un regard comparatiste qui reconnaît la supériorité juridique d’un système que l’administration coloniale cherchait par ailleurs à contenir.
le texte s’ouvre sur la classification juridico-canonique du mariage en islam, selon laquelle celui-ci est obligatoire, recommandé ou interdit selon les circonstances propres au croyant.
L’auteur mobilise en notes de bas de page une érudition comparée allant de la loi hébraïque à la lex Julia et Papia Poppea de l’Antiquité romaine.