
Première édition de cette version remaniée et illustrée de l’Histoire de la vie de Jésus-Christ de François de Ligny, publiée à Paris en 1804 par les soins de l’abbé de Sambucy. L’ouvrage est illustré de 75 figures - 40 au tome I, dont le frontispice, et 35 au tome II, également avec frontispice - gravées sous la direction de L. Petit d’après des tableaux des écoles italienne, française et flamande, ainsi que d’une carte dépliante de la Palestine. Entièrement imprimé sur papier vergé filigrané « Vie de J.C. ».
Brunet décrit cette publication comme une « belle édition de cet ouvrage estimé », ornée de 75 gravures d’après les principales écoles de peinture.
Somptueuses reliures légèrement postérieures, vers 1825, en plein maroquin bleu marine à long grain, attribuables à Thouvenin d’après le grand fer employé sur le plat supérieur. Dos lisses richement ornés de motifs dorés répartis dans deux grands caissons, chacun centré d’une petite croix et encadré à froid ; roulettes dorées en tête et en queue. Plats décorés d’un grand fer central à froid, entouré d’un premier encadrement doré composé de plusieurs fers, puis d’un second encadrement à froid de palmettes. Roulettes sur les coiffes, fers et roulettes sur les coupes, riche dentelle intérieure, tranches dorées. Titre et tomaison dorés. Très légères traces d’insolation au dos et aux mors du second volume ; remarquable état de conservation.
La reliure n’est pas signée, mais son attribution à Thouvenin repose sur le rapprochement du grand fer central avec un décor répertorié sous son nom. Par son maroquin à long grain, ses larges compositions à froid et son répertoire de palmettes, elle appartient pleinement au goût de la Restauration.
François de Ligny avait publié une première version de son Histoire de la vie de Jésus-Christ dès 1774. Quinze ans après sa mort, l’abbé de Sambucy reprend le texte, l’augmente et lui donne en 1804 une nouvelle présentation, beaucoup plus ambitieuse. Les épisodes évangéliques sont désormais accompagnés d’un véritable cycle d’images empruntées aux grands maîtres : le récit de la vie du Christ passe ainsi par Raphaël, Rubens, Poussin, Véronèse, Titien, Le Sueur ou Van Dyck, traduits par la gravure sous la direction de L. Petit.
Une vingtaine d’années plus tard, l’exemplaire reçoit à son tour un nouvel habit. À la grande édition illustrée de 1804 répond alors une reliure de la Restauration où le maroquin, les fers à froid et les ors prolongent naturellement l’ambition luxueuse du livre.