
Première édition des prophéties d'Isaïe dans la traduction d'Antoine-Eugène Genoude, avec une dédicace au Roi, un discours préliminaire sur la poésie hébraïque et sur Isaïe, et des notes sur l'éloquence de l'Écriture sainte.
Exemplaire relié sans "La délivrance d'Israël", "Chœur imité de l'Écriture", "À Son Altesse Royale Madame, Duchesse d'Angoulême", la table et la page d'errata.
Belle reliure en plein maroquin rouge à long grain, roulette dorée en encadrement alternant lotus, palmettes et fleurs de lys sur les plats, armes de Charles X dorées au centre de chaque plat, dos lisse orné de cinq caissons, petits fers spéciaux estampés à l'or figurant un arc, une flèche, un carquois et un flambeau encadrés de feuilles de chêne, alternant avec des fleurs de lys, titre et auteur dorés, coupes et coiffes ornées de motifs dorés, roulette dorée intérieure, contreplats de papier moiré vert, tranches dorées. Quelques légers frottements et salissures à la reliure, accroc à la coiffe inférieure, rares rousseurs et piqûres aux feuillets, plis angulaires à deux feuillets, restauration marginale au dernier feuillet du texte.
L'une des premières publications d'Antoine-Eugène Genoude, traducteur et homme politique qui fit carrière durant la Restauration.
Les petits fers dorés qui ornent le dos de cet exemplaire, ont une double symbolique, religieuse et royale. Dans le chapitre 49 du livre d'Isaïe, le prophète fait allusion à son éléction divine : "[le Seigneur] a fait de moi une flèche acérée, il m’a caché dans son carquois". Dans le répertoire iconographique monarchique, les motifs de l'arc, la flèche et le carquois apparurent dès l'Antiquité. Ces symboles de la puissance politique et militaire du roi intégrèrent les reliures royales françaises à partir du XVIe siècle : certaines des plus précieuses reliures aux armes d'Henri II conservées à la Bibliothèque nationale de France portent ces motifs.
L'association du carquois et du flambeau que l'on retrouve sur cette reliure relève quant à elle de la symbolique du triomphe de l'Amour, qui était également fréquemment employé dans le décor architectural et le mobilier des châteaux de Fontainebleau et de Versailles. Le carquois y renferme les flèches de Cupidon, tandis que le flambeau représente la flamme de la passion : dans un contexte royal, ce motif célébrait l'union sentimentale et politique des souverains, l'amour étant garant de la paix et de la prospérité du royaume.
Prestigieuse reliure aux armes de Charles X en plein maroquin rouge à long grain, ornée de précieux petits fers spéciaux à symbolique royale.