
Rare réédition illustrée des Encomia Coelituum de Giovanni Battista Mascolo, publiée conjointement à Vienne et à Augsbourg entre 1753 et 1755. Le texte, paru pour la première fois à Naples en 1638, est ici expressément réimprimé « ob raritatem & elegantiam » et enrichi d’un remarquable ensemble de 366 gravures, soit une image pour chaque jour de l’année. La plupart des compositions sont dues à Johann Wolfgang Baumgartner, auquel s’ajoutent notamment Franz Sigrist et d’autres artistes actifs à Augsbourg ; les planches sont gravées par plusieurs burinistes de ce milieu artistique.
Reliures de l’époque en demi-basane brune. Dos à nerfs ornés de filets, pièces de titre et de tomaison de basane verte. Habiles restaurations aux mors et aux coiffes. Frottements sur les plats de papier moucheté. La pagination est continue sur les quatre volumes et la collation paraît complète ; seule manque la page de titre de la troisième partie, vraisemblablement omise lors de la reliure. Ex-libris gravé Froissart ; second ex-libris manuscrit Augustin Sotteau.
Le titre signifie littéralement « Éloges des habitants du ciel ». Mascolo organise son recueil selon le calendrier des saints : à chaque jour correspond un éloge en vers néo-latins, conçu pour mettre les vertus chrétiennes en regard des exploits des héros de l’Antiquité gréco-romaine. Le texte, composé au XVIIe siècle par ce jésuite napolitain également connu pour ses écrits sur l’éruption du Vésuve de 1631, connut plusieurs rééditions avant de recevoir ici, plus d’un siècle plus tard, un nouvel habillage spectaculaire.
Cette transformation distingue particulièrement l’édition d’Augsbourg. Chaque saint prend place dans un décor de volutes, feuillages, architectures et motifs rocaille, selon un vocabulaire décoratif caractéristique du milieu augsbourgeois du milieu du XVIIIe siècle. Baumgartner, alors l’un des dessinateurs les plus recherchés de la ville, fournit l’essentiel des compositions, reprises au burin par plusieurs graveurs spécialisés.
L’ouvrage paraît précisément au moment où se structure ce milieu professionnel. La Societas Artium Liberalium, fondée à Augsbourg en 1753 autour du graveur et éditeur Johann Daniel Herz, finance cette entreprise ; deux ans plus tard, après l’octroi d’un privilège impérial, elle devient la Kaiserlich Franciscische Akademie. Les quatre volumes conservent ainsi la trace d’un moment très bref, où un vaste chantier éditorial religieux mobilise presque toute une génération de dessinateurs et graveurs augsbourgeois au moment même où leur activité cherche à se donner une organisation collective.
Avec ses 366 gravures, une pour chaque jour de l’année, cette édition transforme le calendrier spirituel de Mascolo en un véritable cycle d’images rococo ; publiée entre 1753 et 1755, elle accompagne presque exactement les années de naissance de la nouvelle société artistique augsbourgeoise.