Manuscrit de 4 pages, à l'encre noire sur un double feuillet, signé Perès et Grasset frères, Pitteu & Cie. Saint-Marc, 30 juin 1785 et intitulé Compte de dépense & de recette pour l’habitation de Monsieur le Vte de La Bourdonnaye
et [Au verso :] Etat des naissances de Nègres et mortalités & crues et déficits d’animaux [et] Etat des revenus fabriqués sur l’habitation de Monsieur le Vte de La Bourdonnaye. *
L’habitation du vicomte de La Bourdonnaye était une exploitation sucrière située aux Vérettes, dans les environs de Saint-Marc.
Présenté sur un double feuillet, ce compte de dépenses et de recettes couvre la période du 1er janvier au 30 juin 1785.
Parmi les dépenses, on trouve les appointements de l’économe, les gratifications accordées, notamment au maître sucrier, les achats de fournitures et surtout les achats de nourriture pour les ouvriers et les esclaves : « Pour la nourriture de Dussolier neveu pendant 80 jours qu’il a resté sur l’habitation à faire les deux moulins à 5 l. par jour, 400. Pour id. de 4 mulâtres ses ouvriers pendant 80 jours à 30 s. chaque par jour, 480. Pour id. de 6 Nègres ses ouvriers, pendant 80 jours à 15 s. chaque par jour, 360 » (20 mars 1785).
Il est aussi question du marronnage : « Payé à Francisque pour sa nourriture & celle de son mulet lors de son voyage au Mirebalais pour chercher Charles mulâtre qui étoit marron » (8 mars).
Les recettes indiquent, pour mémoire, les sommes réglées par Grasset frères, Pitteu et Cie pour le compte de l’habitation.
On lit ainsi : « Pour prix & frais de geôle du mulâtre Charles arrêté à l’Espagnol et pour son passage du Port au Prince icy, lesdits ont payé 535 l. 10 s. » (16 mai). « Lesdits ont payé à Dussolier charpentier pour la façon d’un moulin à bête, fourniture de bois compris, 7000 l. » (30 juin).
Puis on indique la somme totale reçue de Grasset frères, Pitteu et Cie pour solder le compte des dépenses du semestre, soit 6897 livres.
Au verso ont été récapitulés les naissances et décès des esclaves pendant cette période, ainsi que leur nombre au 30 juin 1785 : « 84 Nègres, 93 Négresses, 41 Négrillons, 17 Négrittes », soit un total de 235 esclaves.
La dernière page indique les recettes provenant de la vente de barriques de sucre, soit 208 538 l. pour le premier semestre 1785.
Précieux document sur une habitation de Saint-Domingue.