Envoi autographe daté de 1979 et signé de Georges Simenon à W.G. Silverwood.
Sur un plateau, l'Etat te donne / Une assiette... C'etait trop beau / Elle est vide. Et toi, tu t'etonnes? / Mais c'est l'assiette de l'impot.
« Le temps de rire aux assassins / Le temps d'atteindre l'autre rive / Le temps de courir vers la femme / Il avait eu le temps de vivre »
Belle lettre autographe signée de Georges Auric, alors mobilisé (27e corps, 3e unité, 1ère section) adressée à son amie Bolette Natanson. Quatre pages rédigées à l'encre noire sur un papier vergé. Pliures transversales inhérentes à la mise sous pli de la missive.
Dans cette ambivalente lettre, à la fois teintée d'optimisme et de pessimisme, Georges Auric remercie son amie pour les nouvelles qu'elle lui donne et pour les livres qu'elle lui fait parvenir, le distrayant ainsi de son effroyable existence au front : "... il revèle bien des coins lumineux dans un monde où les cachots sont les domiciles quotidiens d'une humainté pitoyable."
Il lui fait part de sa terrible expérience de la guerre qui le dépasse : "la bataille, le canon qui tue Dieu dans le coeur de la France et sanctifie l'Allemagne... toute cette machination prodigieuse... où ce sont les innocents qui reçoivent le coup de poignard dans le dos... l'escamotage inimaginable de cette vigne humaine qui ne mûrira jamais..." tout en entretenant quand même une lueur d'espoir dans tout ce chaos : "... on aime plus que jamais la France qui peut supporter cela et le monde qui vit cela, avec à côtés les petits et les grands drames quotidiens de la vie, la grande misère de l'or, de l'amour et de la gloire. Quelle folie. On voudrait être un humain d'après tout cela, voir, vivre, comprendre."
Enfin Georges Auric se remémore, avec regrets, les moments passés, les occasions manquées et fugaces de la vie tout en attendant la mort qui rôde dans les tranchées : "... on oublie de vivre. On oublie de voir. Qu'ai-je vu ? Qu'avez-vous vécu ? Il y a quelques petits frissons et quelques coups de soleil qui m'on fait palpiter cinq minutes... J'ai manqué bien des occasions avec une amère jouissance et un fou mépris... Maintenant, j'attends le coup de fusil, la tranchée où l'on meurt... et je ne sais pas si je ressusciterais un jour à ma vie..."
Superbe et touchante lettre dans laquelle Georges Auric se montre, comme ses frères d'infortune et d'armes, indélébilement marqué par l'affreuse expérience de la Grande Guerre.
Evoluant depuis sa plus tendre enfance dans les milieux artistiques - elle est la fille d'Alexandre et la nièce de Thadée Natanson, les créateurs de la fameuse Revue Blanche - Bolette Natanson (1892-1936) se lia d'amitié avec Jean Cocteau, Raymond Radiguet, Georges Auric, Jean Hugo ou encore Colette.
Passionnée par la couture, elle quitte Paris pour les Etats-Unis avec Misia Sert, grande amie de Coco Chanel et est embauchée chez Goodman. Avec son mari Jean-Charles Moreux, ils créèrent en 1929 la galerie Les Cadres boulevard Saint-Honoré et fréquentèrent de nombreux artistes et intellectuels. Leur succès fut immédiat et ils multiplièrent les projets : la création de la cheminée de Winnaretta de Polignac, la décoration du château de Maulny, l'agencement de l'hôtel particulier du baron de Rothschild, la création de cadres pour l'industriel Bernard Reichenbach et enfin la réalisation de la devanture de l'institut de beauté de Colette en 1932. Bolette Natanson encadra également les œuvres de ses prestigieux amis peintres : Bonnard, Braque, Picasso, Vuillard, Man Ray, André Dunoyer de Segonzac, etc. En dépit de cette fulgurante ascension, elle mettra fin à ses jours en décembre 1936 quelques mois après le décès de son père.
Belle lettre autographe signée de Colette adressée à son amie Bolette Natanson. Deux pages rédigées à l'encre sur un papier bleu. Pliures transversales inhérentes à la mise sous pli de la missive.
Colette, alors dans sa "petite maison" de la Treille Muscate à Saint-Tropez, se languit de l'absence de son amie, lui décrivant la nature avec la poésie caractérisant son style : "On voudrait beaucoup t'avoir ci, simplement parce qu'il fait radieux, que la région est plus verte et plus fraîche qu'elle ne fut jamais, que les prés sont comme en mai, - et que tu es Bolette." Elle raconte également à sa "chère Bolette" sa visite de la veille chez l'actrice Simone Berriau à Hyères au domaine viticole de Mauvanne. En 1935, Colette a d'ailleurs écrit le scénario de Divine, dans lequel Simone tint le premier rôle. Colette fait un compte rendu de la propriété des plus détaillés à son amie Bolette passionnée de décoration d'intérieur : "l'intérieur neuf d'une énorme maison parfaitement neuve et ordonnée, le luxe des salles de bains (très bien, d'ailleurs) et le vide majestueux, à caractère définitif, d'une maison aménagée pour des ombres". Elle lui parle avec passion des "produits de Cogolin", tapis d'un grand luxe réalisés dans la région : "tu sais si je m'excite sur de pareilles matières !"Evoluant depuis sa plus tendre enfance dans les milieux artistiques - elle est la fille d'Alexandre et la nièce de Thadée Natanson, les créateurs de la fameuse Revue Blanche - Bolette Natanson (1892-1936) se lia d'amitié avec Jean Cocteau, Raymond Radiguet, Georges Auric, Jean Hugo ou encore Colette.
Passionnée par la couture, elle quitte Paris pour les Etats-Unis avec Misia Sert, grande amie de Coco Chanel et est embauchée chez Goodman. Avec son mari Jean-Charles Moreux, ils créèrent en 1929 la galerie Les Cadres boulevard Saint-Honoré et fréquentèrent de nombreux artistes et intellectuels. Leur succès fut immédiat et ils multiplièrent les projets : la création de la cheminée de Winnaretta de Polignac, la décoration du château de Maulny, l'agencement de l'hôtel particulier du baron de Rothschild, la création de cadres pour l'industriel Bernard Reichenbach et enfin la réalisation de la devanture de l'institut de beauté de Colette en 1932. Bolette Natanson encadra également les œuvres de ses prestigieux amis peintres : Bonnard, Braque, Picasso, Vuillard, Man Ray, André Dunoyer de Segonzac, etc. En dépit de cette fulgurante ascension, elle mettra fin à ses jours en décembre 1936 quelques mois après le décès de son père.
Deux poèmes manuscrits inédits de Pierre Drieu La Rochelle intitulés "Orchestre nègre" (de 20 vers) et, au verso du même feuillet, "Over there" (comportant 14 vers) rédigés à l'encre noire en hommage à l'arrivée des soldats américains venus sur le sol français pour renforcer et conclure cette première guerre mondiale qui n'en finissait pas.
Sans doute impressionné par ces Noirs américains qui amenaient leur culture et leur musique, le premier poème a pour titre "Orchestre nègre" :
"Le tambour du nègre battait au coeur du monde
Sa bouche blanche neigeait de nos rêves belliqueux
Mon intérêt épars
A quelques astres
se concentra, ce soir, dans le signe éphémère
que tracait en noir ce pantin frénétique.
Qu'un délire monte en moi du fond des foules fauves.
Hourra ! entrez messieurs, les obus vous font place
Une parade énorme
tonne
sur un continent
craquant.[...]"
Certaines idées de ce poème seront reprises dans le poème "Jazz" (in Fond de Cantine, 1920).
Puis, au verso du feuillet, Pierre Drieu La Rochelle a inscrit un autre poème au titre tout aussi américanophile, "Over there" qui sera lui aussi remanié et intitulé "Croisade" (ibid) :
" 'lo ! voici les Américains.
Croisés, aux couleurs de la terre.
Qui réveilleront l'armée dans son linceul de ciel.
Ils ont allié leur âme au fer de leur canon
et leur or est fondu avec leur soleil neuf[...]"
Les poèmes autographes de guerre de Pierre Drieu La Rochelle sont très rares.
Nos ancêtres les Gaulois
Cheveux blonds et têtes de bois
Longues moustaches et gros dadas
Ne connaissaient que ce refrain-là
Provenance : Fondation Boris Vian.
Faut êt' gentils / Avec son père, avec sa mère / Faut êt' gentils / Sauf si c'est des vrais tortionnaires / Faut êt' gentils, oui / Toujours gentils