Reliure de l'éditeur en pleine toile, dos lisse, exemplaire complet de son rhodoïd qui comporte de petits manques angulaires.
Agréable exemplaire.
Lettre autographe signée d'Antonin Artaud, adressée à ses médecins, les docteurs Nodet et Chapoulot. 32 lignes au crayon violet d'une écriture nerveuse, sur un feuillet remplié, papier à petits carreaux.
Publiée dans Les lettres 1937-1943.
Antonin Artaud est alors interné depuis octobre 1937 après son voyage "christique" en Irlande. Le certificat du 16 octobre 1937 le décrit dans un "état psychotique à base d'hallucinations et d'idées de persécutions, d'empoisonnement par des gens hostiles à ses convictions religieuses de chrétien orthodoxe, se dit sujet grec, caricaturiste à Paris qu'il aurait quitté pour se réfugier à Dublin d'où on l'a refoulé, croit-il, pour l'agresser dans le bateau. Protestations paranoïaques". Le préfet de la Seine-Inférieure le déclare ensuite « dangereux pour l'ordre public et la sûreté des personnes ». Artaud s'évertua durant les prochains mois à sortir de cette situation et déclara être l'objet d'une méprise : "Vous m'avez dit à plusieurs reprises que ma sortie dépendait de la préfecture. Je me décide justement à vous communiquer deux ou trois choses qui seront de nature à intéresser vivement la préfecture de police en général et M. Langeron en particulier. Celui-ci d'ailleurs ne pourrait manquer de vous en savoir gré. Je me permets d'insister sur la responsabilité grave que vous encourriez en face des autorités compétentes en ne prenant pas au sérieux mes assertions."
Quelques semaines après, le 27 août, il exécuta ses menaces et écrivit au préfet Langeron (Les lettres 1937-1943), cependant cette lettre ne lui parviendra jamais.
A son arrivée à Sainte-Anne en avril 1938, Lacan l'examina et le trouva « irrémédiablement fixé » et perdu pour la littérature.
Belle lettre autographe empreinte de frénésie dans le style et la graphie.
Édition originale rare, avec la couverture et le titre à la date de 1874.
Reliure en demi maroquin noir à coins, dos à cinq nerfs, date en queue, filet doré sur les plats, contreplats et gardes de papier peigné, plats de couverture conservées, tête dorée, reliure signée Alix.
Imprimée en 1869 par Lacroix, cette édition ne fut pas mise dans le commerce par crainte de la censure. Seuls une dizaine d'exemplaires furent brochés et remis à l'auteur (cinq ont été recensés à ce jour). En 1874, Jean-Baptiste Rozez, autre libraire-éditeur belge, récupère le stock et publie l'ouvrage avec une couverture et une page de titre de relais à la date 1874, et sans mention d'éditeur.
C'est dans sa librairie que les poètes de la Jeune Belgique découvriront les premiers ce texte.
Littérature du vertige à la limite du soutenable, de l'outrance adolescente, d'une noirceur totale, Les Chants de Maldoror, ou l'épopée d'une figure du mal errant dans le monde, devint célèbre grâce aux surréalistes qui en firent un véritable manifeste esthétique.
Bel exemplaire élégamment établi.