
Edition originale de la traduction du Pirqué Abhoth (Pirkei Avot) par Ernest Weill, grand rabbin de Colmar et du Haut-Rhin.
Rare plaquette en parfait état mis à part quelques rares bavures sur certains feuillets.
WorldCat ne recense que cinq exemplaires en collections publiques, conservés à la Bibliothèque Sainte-Geneviève, à la Bibliothèque œcuménique et scientifique d’études bibliques (Paris), à la National Library of Israel, à la Bar-Ilan University et à la Harvard Library.
Rare édition rabbinique en français publiée à Colmar dans la première décennie qui suivit le retour de l’Alsace à la France.
Traduction de vulgarisation déstinée majoritairement à la jeunesse du Pirqué Abhoth, un important texte rabbinique qui appartient la Mishna, première compilation écrite de la Loi orale. A la différence des autres traités, il réunit des sentences et des maximes de portée essentiellement morale, la matière juridique n’y occupant qu’une place très réduite.
Due à l’une des figures marquantes du judaïsme alsacien, père du résistant Joseph Weill, cette traduction omet certaines sentences de l’original afin d’en faciliter la lecture, l’ouvrage étant plutôt destiné à "provoquer la méditation qu’à servir à l’usage rituel". Elle compte parmi les publications qu’Ernest Weill fit paraître sous l’égide des "Amis de la tradition juive", association cultuelle qu’il avait fondée à Colmar en 1922 dans le but du maintien de la pratique religieuse parmi les Juifs français. Ce Pirqué Abhoth de 1928 peut être rapproché du Choul’hâne Aroukh abrégé, dont la publication en fascicules commence l’année suivante : les deux ouvrages mettent à la portée des fidèles l’éthique d’un côté et la pratique de l’autre, en langue française. En effet, cette traduction française paraît dix ans après le retour de l'Alsace à la France, au sein d'une communauté dont les langues usuelles avaient longtemps été l'allemand, langue de la scolarité sous l'annexion, et le judéo-alsacien (yédisch-daïtsch), parler traditionnel des Juifs d'Alsace, que Weill pratiquait lui-même. Le choix du français permettait alors d’atteindre l’ensemble des juifs de France ainsi qu’une jeunesse alsacienne désormais scolarisée en cette langue, à une époque où la production juive imprimée en Alsace restait modeste et composée surtout de périodiques et de calendriers.
Publiée à Colmar en 1928, dix ans après le retour de l’Alsace à la France, cette traduction témoigne du passage progressif au français d’un judaïsme longtemps germanophone et judéo-alsacien.