
Edition originale.
Reliure en demi chagrin rouge brun, plats de papier marbré brun, dos à quatre nerfs, caissons estampés à froid entre les nerfs, auteur et titre dorés, contreplats de papier marbré vert. Reliure frottée, épidermures et manques, coiffe de tête arrachée, dos insolé, feuillets brunis en marges, quelques rousseurs.
Précieux envoi autographe signé de Maxime Du Camp à Charles de La Rounat sur la page du faux-titre : "à Charles de la Rounat son tout dévoué Maxime Du Camp".
Longue note manuscrite rancunière, datée d'octobre 1871 et signée C. de la Rounat, sur une page de garde en début de volume.
Environ treize ans après avoir reçu cet ouvrage en cadeau de la part de son auteur, Charles de La Rounat déverse tout son fiel sur Maxime Du Camp dans un texte inscrit à l'encre sur la première garde. Le dramaturge, journaliste et ancien directeur du Théâtre de l'Odéon y rappelle les circonstances dans lesquelles son ancien ami aurait fait preuve d'opportunisme politique. "Réactionnaire" avant 1848, puis bonapartiste en 1851, devenu républicain par dépit, il finit par être privé d'un poste sénateur à cause de la guerre de 70. Ajoutons, au crédit du propos de La Rounat, que quelques années après cette accusation, Maxime Du Camp fustigera la Commune dans un livre qui lui vaudra un fauteuil à l'Académie française en 1880. Dans ce contexte, tel que le restitue Charles de La Rounat, le titre de ce recueil paraît alors particulièrement provocateur.
Ce texte acerbe résume les "convictions" changeantes de Maxime du Camp et permet à Charles de La Rounat de régler ses comptes à la suite d'une injustice personnelle qu'il estime avoir subie de sa part. Dès 1855, Du Camp accueillait régulièrement les articles de La Rounat dans sa Revue de Paris, mais lorsque son ami collabora avec le journal officiel du gouvernement français, le Moniteur universel, Du Camp refusa alors de le republier dans sa revue.
Comme le suggère cette dernière anecdote rapportée par La Rounat, son ressentiment repose sans doute autant sur une atteinte personnelle à sa carrière que sur de réels griefs politiques. Oscillant entre enthousiasme républicain et dévouement au pouvoir impérial, Maxime Du Camp reflète surtout les tourments des hommes de lettres du XIXe siècle dans le tumulte politique de l'époque.
Amusante diatribe contre le parcours politico-professionnel de Maxime Du Camp et savoureux témoignage de la discorde entre deux amis et collaborateurs littéraires, fondée sur la désapprobation par Charles de La Rounat d'un certain opportunisme politique de Maxime Du Camp.