L'une des premières éditions collectives de ces sept nouvelles comiques, ces dernières ayant paru séparément avant cette date, par le Sieur de Préfontaine, présenté comme un auteur de premier ordre par Charles Louandre : « sans chercher à rabaisser en rien le mérite de Boileau, sans lui disputer son titre de législateur du goût, on peut dire que Charles Sorel, Furetière, Préfontaine, [...] ont contribué à côté de lui et avant lui à nettoyer le Parnasse français. »
L'édition originale de l'une des pièces de cet ouvrage, L'Assemblée des filoux et des filles de joie, est aujourd'hui introuvable ; sa version la plus ancienne se trouve ainsi dans les éditions de 1671.
Reliure du début du XIXe siècle en plein maroquin brun à long grain, dos lisse à six caissons dorés ornés d'urnes, pièce de titre en maroquin rouge, triple filet doré en encadrement des plats, coupes et chasses décorées d'une roulette dorée à motif de lignes diagonales, tranches dorées, contreplats et gardes marbrés à motif coquille. Ex-libris sur le verso de la première garde de « ED. PETIT ».
Page de garde déchirée en marge intérieure sur 5 cm, page de titre marginalement frottée, très légère mouillure marginale de la p. 297 à la p. 318. Bel et agréable exemplaire.
« Je me raille possible de moi-même, car je puis avoir été Maître d'hôtel, je puis avoir été Cavalier, & je pourrai aussi en cas de besoin être un assez bon Apoticaire. » (Préface de l'auteur)
« François Oudin de Préfontaine, [...] était, il faut l'avouer, un assez mauvais sujet, hantant les cabarets et les mauvais lieux plutôt que les ruelles, souvent ivre, mais toujours gai, malin et amusant ; il avait beaucoup d'instruction ; il connaissait les langues et les littératures étrangères, il écrivait en français comme un vrai Gaulois, et nous ne doutons pas que Molière ne fit ses délices de la lecture du Recueil de diverses pièces comiques et du Nouveau recueil de divertissements comiques (Paris, de Luyne, 1670, in-12), lequel est dédié au jeune marquis de Sévigné. C'est probablement dans ces deux ouvrages que Mme de Sévigné avait appris à aimer la gaudriole, sans faire le moindre tort à sa vertu. »
Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire et de la Société des amis de la Bibliothèque nationale et des grandes bibliothèques de France, 1861
La célèbre épistolière aurait été ainsi familière des œuvres du Sieur de Préfontaine ; elle fut également son élève. Ce dernier occupa un certain temps la situation de maître d’espagnol de différentes dames de la cour. Grand hispaniste, plusieurs spécialistes comme Jacques Berchtold s’accorderont pour dire qu'il contribua fortement au roman picaresque français du XVIIe siècle. Cet intérêt que le Sieur de Préfontaine nourrissait pour la culture ibérique transparaît aussi, selon la même source, dans les fameuses pièces comiques, gaillardes, et amoureuses proposées ici ; d’après Berchtold, Le Poète extravagant présente plusieurs similitudes avec la nouvelle Rinconète et Cortadillo de Miguel de Cervantes, et dans Le Cavalier Grotesque, le lecteur suit les aventures de Belleforest, qui font étroitement écho à celles de l'hidalgo Don Quichotte.
Au-delà des ressemblances avec la littérature hispanique, ces écrits renseignent aussi sur le contexte historique de l'époque. Maurice Lever (biographe du Marquis de Sade) écrira que la « langue de Préfontaine, avec son débraillé, ses incorrections, ses radotages, ses naïvetés, nous restitue la saveur du parler populaire ». Quelques moments de vie de filles de joie, d'un poète, de dames, d'un apothicaire ou encore de brigands, nous sont dévoilés dans les histoires rabelaisiennes de cet ouvrage.
Rare recueil rassemblant sept nouvelles de César-François Oudin de Préfontaine, homme de lettres à l'écriture populaire et argotique, qui fut également maître d'espagnol de Mme de Sévigné.