Katiouchka danseuse de music-hall
Deux petites déchirures en tête et en pied du dos.
Bel et rare exemplaire à toutes marges et pour lequel la belle couverture a été illustrée par le costumier José de Zamora.
" À quoi bon fréquenter Platon, quand un saxophone peut aussi bien nous faire entrevoir un autre monde ? "
Cioran, Syllogismes de l'amertume
Je m'en allais à la plage / Avec mon petit panier / Chercher des crab', des coquillages / Et des tas de crustacés
Édition originale rare, avec la couverture et le titre à la date de 1874.
Reliure en demi maroquin noir à coins, dos à cinq nerfs, date en queue, filet doré sur les plats, contreplats et gardes de papier peigné, plats de couverture conservées, tête dorée, reliure signée Alix.
Imprimée en 1869 par Lacroix, cette édition ne fut pas mise dans le commerce par crainte de la censure. Seuls une dizaine d'exemplaires furent brochés et remis à l'auteur (cinq ont été recensés à ce jour). En 1874, Jean-Baptiste Rozez, autre libraire-éditeur belge, récupère le stock et publie l'ouvrage avec une couverture et une page de titre de relais à la date 1874, et sans mention d'éditeur.
C'est dans sa librairie que les poètes de la Jeune Belgique découvriront les premiers ce texte.
Littérature du vertige à la limite du soutenable, de l'outrance adolescente, d'une noirceur totale, Les Chants de Maldoror, ou l'épopée d'une figure du mal errant dans le monde, devint célèbre grâce aux surréalistes qui en firent un véritable manifeste esthétique.
Bel exemplaire élégamment établi.
"Y a des bals pour les pompiers / Et les joyeux militaires. / Y en a pour les vieux notaires / Et les sombres charcutiers."
Edition originale sur papier courant.
Ouvrage orné, en frontispice, d'une illustration de Joan Miro.
Très précieux envoi autographe signé de Janine Queneau à son grand ami Boris Vian : "A Boris dont je crains d'avoir bien mal suivi les conseils. Avec beaucoup d'affection. Janine."
Provenance : Fondation Boris Vian.
Lettre autographe inédite signée d'Edgar Degas à Albert Bartholomé, peintre et plus tard sculpteur et grand ami de Degas.
Sa femme est Prospérie de Fleury, décédée en 1887, déjà malade en 1885. 4 pages à l'encre noire sur un feuillet remplié. Une pliure centrale inhérente à la mise sous pli du courrier.
Belle lettre inédite témoignant de l'autre grande passion de Degas après la danse : le chant.
"Dieppe, chez M. Halévy, rue de la Grève, 1 Septembre 85
Si je n'ai pas de nouvelles de votre femme, ni de vous, mon cher ami, je n'ai aucune peine à vous avouer que c'est par ma faute et que je l'ai bien mérité! Ecrivez-moi, dites-moi où et comment vous êtes tous les deux, continuez à me croire tous les deux meilleur que je ne le parais.
J'aime toujours Sigurd et je l'aime de plus en plus, je n'ai vu Reyer qu'une fois et dans la rue. Et je n'ai pas oublié de lui parler de l'admiration qu'il avait provoquée beaucoup plus immédiatement sur moi que sur une personne qui, pour être ni bonne ni blanchisseuse, ni du commun, méritait quelque considération. On vous fera voir cet ogre charmant cet hiver. Mais sans piano.
La partition qu'on me joue ici est paraît-il des plus mal arrangées. C'est un certain Vidal qui est l'arrangeur, et Reyer s'en lave d'autant plus les mains, qu'il ne sait pas jouer du piano, qu'il compose dans les bois et non au clavecin et qu'il ne sait pas la musique. Oeuvre admirable, qui me fait tant de bien, que je ne peux plus m'en passer. Le jeune [Jacques-Emile] Blanche, notre voisin, me la joue tous les jours, à défaut de votre femme.
Avez-vous jamais vu le Mont Saint-Michel ? Pourrions-nous un jour y aller passer quelques jours ensemble ? Que c'est beau, que c'est attachant. En un mois j'y suis allé deux fois. Les grandes marées de la fin de septembre vont m'y ramener une troisième. Ecrivez-moi le plus tot que vous pourrez, je serai encore ici toute la semaine.
Je vous sers à tous deux bien affectueusement la main."
Manuscrit autographe signé du chorégraphe Maurice Béjart.
10 feuillets rédigés au stylo bleu. Foliotation autographe.
Épreuves manuscrites de Maurice Béjart pour son ouvrage Béjart-theâtre : A-6-Roc (Éditions Plume, 1992), à propos de sa pièce A-6-Roc créée la même année au théâtre de Vidy à Lausanne.
Après la fondation du « Béjart Ballet Lausanne » et son départ définitif de Belgique en 1987, Maurice Béjart poursuit sa mise en scène d'opéras, entreprend la réalisation de films et publie plusieurs livres (roman, souvenirs, journal intime...). Par ailleurs, il écrit et met en scène sa troisième pièce de théâtre A-6-Roc jouée à Lausanne en 1992, qu'il publie avec des commentaires dans un ouvrage intitulé Béjart-theâtre : A-6-Roc. La pièce met en scène sept personnages en quête d'un paradis perdu, et engage une profonde réflexion sur la mémoire et l'enfance du chorégraphe. Béjart tient le rôle principal et donne la réplique à Gil Roman, son danseur fétiche de la période lausannoise, qui lui succédera à la tête de sa troupe en 2007.
A-6-Roc fut probablement la pièce préférée de Béjart et sera la seule qu'il acceptera de publier. Largement inspirée du théâtre de Jean Anouilh et plus encore de celui d'Eugène Ionesco, elle emprunte également à son enfance dans le Sud de la France. Ce manuscrit, qui livre de précieuses indications de mise en scène et de décor, fut publié avec le texte original de la pièce en 1992. Le présent, le passé et le futur se rencontrent dans la pièce à travers trois personnages – une figure de patriarche que Béjart interprète lui-même, une autre incarnant la jeunesse joué par Gil Roman (« 6 doit avoir au moins le double d'âge de Mr A. Cette différence de génération crée leur tension et aussi leur complicité ») et un clown, appelé Roc, interprété par l'acteur Philippe Olza. On y décèle sans peine l'influence du théâtre de l'absurde tant dans les choix scéniques que la psychologie des personnages : « cette première séquence de la pièce, qui peut durer de 3 à 6 ou 7 minutes, n'est qu'un mouvement mécanique de corps [...] évoquant l'activité inutile et vaine des univers concentrationnaires ».
Le dramaturge Béjart n'en restera pas moins fidèle à l'idée « spectacle total » qui fit sa célébrité en tant que chorégraphe. La danse et le mouvement inondent la pièce – notamment dans le chœur théâtral (« quatre personnages devrais-je dire, car rien ne me déplaît plus que l'uniformité des pseudo-chœurs grecs et autres corps de ballet esthétisants ») et Béjart consacre les quatre derniers feuillets à la musique (« elle joue tout au long de la pièce comme les dauphins qui suivent un bateau ») allant de Nino Rota à la musique sirupeuse de Jackie Gleason. Au-delà du théâtre, Béjart désire créer avec A-6-Roc une œuvre d'art complète incluant tous les autres genres du spectacle, et démontre dans ce manuscrit son talent de de dramaturge et de metteur en scène.
Précieux manuscrit sur la dernière pièce de théâtre écrite, mise en scène et interprétée par Béjart. Il figure parmi les très rares documents du chorégraphe en mains privées, ses archives étant partagées entre sa maison bruxelloise, la fondation Béjart de Lausanne et le Théâtre Royal de la Monnaie.
Provenance : archives personnelles de Maurice Béjart.
Lettre dactylographiée et signée d'André Malraux à Maurice Béjart. Une feuille à en-tête du Ministre d'état chargé des Affaires Culturelles, portant un tampon du 29 janvier 1969.
André Malraux souhaite placer le chorégraphe Maurice Béjart à la tête du Ballet de l'Opéra de Paris.
Provenance : archives personnelles de Maurice Béjart.
Rarissime poème satirique autographe de Louis Aragon, intitulé « Distiques pour une Carmagnole de la Honte », écrit entre septembre 1944 et février 1945. 26 vers sur un feuillet rédigé à l'encre noire, avec une note de l'auteur à l'encre bleue en bas de page.
Notre manuscrit fait partie d'un ensemble de treize poèmes rédigé au premier semestre de l'année 1945 et destiné à paraître dans une anthologie poétique (Aragon, chez Pierre Seghers éditeur à Paris, Collection « Poètes d'aujourd'hui » n° 2, 20 juillet 1945). Il fut adressé par Aragon comme copie de travail à son directeur de publication et ami Claude Roy. Ce poème autographe constitue le seul manuscrit connu des Distiques, le large fonds d'archives Triolet-Aragon de la Bibliothèque nationale de France n'en conservant ni manuscrit ni jeu d'épreuves.
Édition originale imprimée à 570 exemplaires.
Reliure en plein maroquin turquoise, dos légèrement bruni à quatre nerfs, date dorée en queue, contreplats en maroquin blanc décorés en angles d'allégories poétiques dorées, encadrement de triples filets dorés sur les contreplats, gardes de soie moirée turquoise, gardes suivantes de papier à la cuve, couvertures et dos conservés, tranches dorées, élégante reliure signée de Marius Michel.
Rare envoi autographe signé de Paul Verlaine sur ce texte à Emile Le Brun.
Signature manuscrite du dédicataire en tête d'une garde en guise d'ex-libris.
Bel exemplaire parfaitement établi en maroquin doublé par l'un des maîtres de la reliure du XXème siècle.
Édition originale.
Reliure en demi cuir rouge de Russie à coins, dos à quatre nerfs orné de filets et de doubles caissons dorés, date en queue dans un cartouche, contreplats et gardes de papier à la cuve, rares couvertures et dos conservés, tête dorée sur témoins, reliure signée de Bernasconi.
Le feuillet de nomenclature des œuvres de Victor Hugo est bien présent. Quelques traces de pliure sur certains feuillets.
Un précieux poème autographe de Victor Hugo intitulé « La pauvre fleur disait au papillon céleste », sur deux feuillets repliés, a été monté sur onglet en regard de la version définitive adoptée par l'auteur et imprimée page 223 du recueil. Il s'agit d'une première version, composée de quatre quatrains. Ces vers seront repris avec quelques variantes par Hugo dans la version définitive, augmentée toutefois de quatre nouveaux quatrains.
Ce poème a été composé par Hugo pour sa maîtresse Juliette Drouet, rencontrée deux ans auparavant. Il symbolise la nature de leur relation - le poète pris dans sa vie conjugale et littéraire, la jeune femme condamnée à l'attendre -, et aura une grande importance dans leur imaginaire commun : Juliette Drouet citera fréquemment le vers « Et moi je reste seule à voir tourner mon ombre / À mes pieds ! » dans ses lettres d'amour à Victor Hugo. On retrouve également le double motif de la fleur et du papillon aux côtés de leurs initiales entrelacées, dans le décor peint du salon chinois provenant de Hauteville Fairy, résidence de Juliette Drouet à Guernesey, décor conçu par l'écrivain lui-même et aujourd'hui conservé à la Maison Victor Hugo à Paris.
Bel exemplaire non rogné, établi dans une charmante reliure signée, enrichi d'un très rare poème autographe de Victor Hugo écrit pour Juliette Drouet.
Mention de seconde édition, illustrée de deux planches de musique (exemples d'airs qu'on peut apprendre aux serins) et d'une représentant des cages.
Reliure en pleine basane brune mouchetée d'époque. Dos à nerfs orné. Pièce de titre en maroquin rouge. Mors fendus en tête et queue. Coins émoussés et dénudés. Frottements. Rousseurs éparses. Trace de mouillure jaune sur les six premiers feuillets.
Traité et manuel d'élevage des serins de Canarie en captivité : nourriture, nid, soins, prix, variétés... Ces oiseaux de volière étaient en effet particulièrement appréciés pour leur beauté, leurs couleurs et leur chant.
Édition originale, rare, des deux tomes parus respectivement en 1724 et 1726. Elle est illustrée de 2 vignettes en-tête, 8 pages de partitions musicales, un arbre cabalistique hors-texte, l'Alphabet Samaritain, 2 planches de monnaies et 2 figures également hors-texte.
Exemplaire aux armes frappées sur les plats et au sein de chaque caisson de la bibliothèque de l'abbaye Saint-Victor. L'abbaye Saint-Victor fut l'une des plus anciennes abbayes de Paris (à l'emplacement de l'université de Jussieu et du Jardin des Plantes) et l'un des grands foyers intellectuels de l'occident médiéval, sa riche bibliothèque fut ouverte au public au XVIIIème avec l'ajout de nouveaux bâtiments. L'abbaye fut détruite à la Révolution et l'essentiel de ses collections rejoignirent la Bibliothèque nationale.
Reliures de l'époque en plein veau blond glacé. Dos à nerfs ornés. Pièces de titre en maroquin rouge, tomaisons frottées, ainsi que l'étiquette de bibliothèque en queue. Coiffe de tête du tome I élimée avec mors supérieur fendus en tête. Un manque en tête du tome II ; mors supérieur dénudé avec un manque en queue. Quelques coins émoussés. Malgré les défauts, exemplaire très appréciable, aux fers fins et aux belles armes.