Mémoires interrompus
Très bel exemplaire.
Edition originale pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers.
Agréable exemplaire, ce qui est rare au regard de la fragilité de cet ouvrage généralement manié sans précaution.
Envoi autographe signé de Serge Gainsbourg à une personne prénommée Georges.
Edition originale du troisième ouvrage de l'auteur pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers, un exemplaires du service de presse.
Dos très légèrement insolé sans gravité, taches en marges des plats.
Rare et précieux envoi autographe signé de Patrick Modiano à la femme de lettres Christiane Baroche : "Pour Christiane ces boulevards de ceinture avec lesquels elle est bien indulgente. Avec l'amitié de Patrick."
Edition originale sur papier courant.
Bel exemplaire complet de sa bande annonce.
Précieux envoi autographe signé de Milan Kundera : "Paris 1998. Pour Michel Tournier avec l'amitié fidèle de Milan Kundera."
Edition originale, un des 70 exemplaires numérotés sur vergé d'Arches.
Notre exemplaire est enrichi des signatures autographes de Jacques Prévert qui a signé Jacques Rêve-vert (l'adjectif vert étant rehaussé au rayon vert) et d'André Pozner agrémentées de deux petits dessins : un petit chat pour Jacques Prévert et une bosse de dromadaire pour André Pozner.
Bel exemplaire complet de son étui.
Nouvelle édition et premier tirage des illustrations de Jacques Tardi.
Reliure de l'éditeur en plein cartonnage blanc, dos lisse.
Bel exemplaire.
Envoi autographe daté et signé de Jacques Tardi à Joëlle Passani enrichi d'un dessin original au feutre noir représentant, dans une vignette, Bardamu le visage triste.
Edition originale de cet ouvrage rare, qui forme la toute première description en langue française de ce petit canton encore englobé théoriquement dans la domination ottomane - en fait, largement autonome -, et qui paraissait aussi exotique aux Occidentaux du début du XIXe siècle que les coins les plus reculés de la Chine.
L'ouvrage est illustré de 13 planches coloriées, dont une grande carte dépliante, deux planches de botanique, deux planches de fêtes, trois vues d'église, et 5 planches de costumes. (cf. Atabey 1286. Lipperheide 1443. Manque à Blackmer et à Colas.)
Reliures en demi basane fauve, dos lisses ornés de filets, guirlandes et fleurons dorés, pièces de titre de basane rouge, pièce de tomaison de basane noire, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, tranches mouchetées, reliures de l'époque.
Mors fragilisés, charnières frottées fendues, rousseurs éparses.
Jacques-Louis-Claude Vialla, dit de Sommières parce qu'il était né dans ce village du Gard (1764-1849), avait été gouverneur de Cattaro (dans les provinces illyriennes alors françaises) entre avril 1811 et avril 1812. C'est à ce titre qu'il reçut en octobre mission officielle d'approcher le Vladika (Prince-évêque) Petar Ier de Monténégro (règne de 1781 à 1830), ancêtre des Pietrovitch-Niégosch, afin de le gagner à la cause de l'Empire.
Ce fut la première fois qu'une ambassade occidentale officielle abordait ces régions très isolées, vivant en partie en autarcie, et sa relation, due à la nécessité pour l'auteur de gagner sa vie (la Restauration l'avait placé en demi-solde) est riche de détails intéressants.
Edition originale de la traduction française pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers.
Bel exemplaire complet de sa bande annonce : "Calvino et la préhistoire-fiction."
Envoi autographe daté et signé d'Italo Calvino à Pascal Pia.
Edition originale complète en 23 livraisons de la deuxième série de cette revue de magie (cf Fechner, p. 503.)
Texte sur deux colonnes, chaque livraison, abondamment illustrée, comportant de 12 à 16 pages (et 20 pour la dernière).
Reliures en demi-basane marron pour le premier volume et fauve pour le second, dos à quatre nerfs ornés de fleurons dorés, plats de papier à effet moiré, gardes et contreplats de papier marbré, tranches mouchetées, une première couverture conservée, reliures de l'époque disparates de teinte entre les deux volumes.
Collection complète de la deuxième série de ce périodique suisse, qui avait connu une première publication en 1941-42 comme "journal officiel du Cercle magique suisse" ; une troisième et dernière série parut de 1949 à 1963, mais ne compta que 11 numéros.
Le Genevois Charles-Emile Sauty, dit "Rex" (1900-1967) était un journaliste et poète passionné de cinéma et de magie, ami de Marcel Vassal et de Ruegg. Il fonda en 1928 l'Académie de magie.
Nouvelle édition, revue, corrigée, & considérablement augmentée.
Reliures en demi basane fauve mouchetée à coins, dos lisses ornés de filets dorés, pièces de titre et de tomaison, plats de cartonnage marron, tranches mouchetées, reliures de l'époque.
Quelques petits frottements sans gravité sur les dos, quelques coins émoussés.
L'Esprit des loix occupe les volumes I à IV ; La Défense de l'Esprit des loix le volume V (avec un index général) ; les Lettres persanes le volume VI ; le volume VII regroupe les Considérations et les pièces annexes ; le volume VIII correspond aux oeuvres posthumes.
Cette collective de Montesquieu ne présente pas de particularité notable quant à son contenu, mais forme une très rare impression de Zweibrücken, avec la fausse adresse de Saarbrücken : Deux-Ponts constituait en effet un centre typographique autonome et très pratique (en raison de sa proximité) pour faire rentrer dans le royaume de France des titres qui ne pouvaient échapper à la censure.
Edition originale rare.
Seulement deux exemplaires au CCFr (BnF et Lyon).
Reliure à la bradel en plein cartonnage de papier gris moderne, dos lisse, étiquette de titre de papier en long, tranches mouchetées.
A sa date de sortie, l'opuscule est très largement en avance sur les conceptions de son époque, et prémonitoire de la constitution du second Empire colonial français en Afrique : partant du pari que la France gardera et étendra sa récente conquête d'Alger, l'auteur développe l'idée d'une mission civilisatrice de la France parmi les populations noires de l'Afrique, qu'il envisage d'ailleurs avec intelligence et ouverture.
Jean-François-Aimé Peyré (1792-1868) était Juge au tribunal civil de Villefranche-sur-Saône.
Edition originale, un des exemplaires numérotés sur alfa réservés au service de presse.
Dos très légèrement insolé sinon agréable exemplaire.
Envoi autographe signé d'Irène Némirovsky à Charles Laval.
Deuxième édition de la traduction française établie par François-Victor Hugo.
Reliures en demi chagrin rouge, dos légèrement éclaircis à quatre nerfs ornés de triples caissons dorés et décorés de fleurons centraux dorés, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, tranches mouchetées, reliures de l'époque.
Quelques rousseurs, petites piqûres noires sans gravité sur certains dos, coins supérieurs du tome 10 accidentés.
Notre ensemble, joliment établi en reliure uniforme de l'époque, est bien complet en 18 volumes et donc, de ses trois derniers volumes d'écrits apocryphes, qui manquent souvent.
Lettre autographe signée de Victor Hugo adressée à Zoé du Vidal de Montferrier, épouse de Pierre-Alexandre Louis, médecin de la famille Hugo. Une page rédigée à l'encre noire sur un double feuillet de papier bleu clair portant le cachet à froid de la ville de Bath.
Pliures transversales inhérentes à l'envoi, un infime manque angulaire et deux déchirures au niveau de la pliure du second feuillet, sans gravité.
Nous n'avons pas trouvé trace de cette lettre annonçant la nomination de M. Bazin au poste de "professeur titulaire" dans la correspondance de Victor Hugo.
Edition originale, un des exemplaires du service de presse.
Dos comportant de petits manques en pied, taches claires et traces d'éraflures en tête et en pied du premier plat, infimes rousseurs sur les gardes, la dernière garde est entièrement annotée par le dédicataire au crayon de papier.
Envoi autographe signé d'Irène Némirovsky à Michel Corday.
Belle lettre autographe signée de Colette adressée à son amie Bolette Natanson. Deux pages rédigées à l'encre sur un papier bleu. Pliures transversales inhérentes à la mise sous pli de la missive.
Comme à son habitude très protectrice et maternelle avec son amie, Colette la complimente : "Comme tu es gentille, - comme tu es Bolette". De dix-neuf ans son aînée, elle loue la jeunesse de "[son] enfant" : "Tu es ma "provision d'hiver", la jeunesse dont j'aurai besoin, plus tard, bien plus encore qu'à présent. Soigne-toi bien ma jeunesse en grange".
Evoluant depuis sa plus tendre enfance dans les milieux artistiques - elle est la fille d'Alexandre et la nièce de Thadée Natanson, les créateurs de la fameuse Revue Blanche - Bolette Natanson (1892-1936) se lia d'amitié avec Jean Cocteau, Raymond Radiguet, Georges Auric, Jean Hugo ou encore Colette.
Passionnée par la couture, elle quitte Paris pour les Etats-Unis avec Misia Sert, grande amie de Coco Chanel et est embauchée chez Goodman. Avec son mari Jean-Charles Moreux, ils créèrent en 1929 la galerie Les Cadres boulevard Saint-Honoré et fréquentèrent de nombreux artistes et intellectuels. Leur succès fut immédiat et ils multiplièrent les projets : la création de la cheminée de Winnaretta de Polignac, la décoration du château de Maulny, l'agencement de l'hôtel particulier du baron de Rothschild, la création de cadres pour l'industriel Bernard Reichenbach et enfin la réalisation de la devanture de l'institut de beauté de Colette en 1932. Bolette Natanson encadra également les œuvres de ses prestigieux amis peintres : Bonnard, Braque, Picasso, Vuillard, Man Ray, André Dunoyer de Segonzac, etc. En dépit de cette fulgurante ascension, elle mettra fin à ses jours en décembre 1936 quelques mois après le décès de son père.
Edition originale dont il n'est pas fait mention de grands papiers.
Précieux envoi autographe signé d'Octave Mirbeau à son ami Jules Renard.
Repère au crayon bleu de la main de Jules Renard sur le premier plat de couverture.
Notre exemplaire est enrichi du célèbre ex-libris de Jules Renard dessiné et gravé par Henri de Toulouse-Lautrec.
Édition originale, cf Conlon 17 :710. Quérard VII, 455 ("Cette Dissertation est très-estimée").
Reliure en plein veau blond marbré, dos à cinq nerfs orné de caissons dorés décorés d'abeilles dorées, pièce de titre de maroquin rouge, gardes et contreplats de papier à la cuve, roulettes dorées sur les coupes, tranches jaspées, reliure de l'époque,
Un coin inférieur accidenté, gardes blanches partiellement brunies.
Remarquable traité sur les deux grands partis politiques anglais, leur histoire, leur développement et leurs positions respectives.
Edition originale, un des 60 exemplaires numérotés sur Hollande, tirage de tête.
Infimes piqûres sans gravité sur le dos.
Bel exemplaire.
Edition illustrée de 16 aquarelles originales d'Auguste Leroux gravées sur cuivre par Delzers et Feltesse, un des 90 exemplaires numérotés sur Japon impérial.
Reliure en demi maroquin bleu marine à coins, dos à quatre nerfs sertis de pointillés dorés et orné de triples caissons dorés décorés de motifs typographiques dorés, date dorée en queue, encadrement de filets dorés sur les plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, couvertures et dos conservés, tête dorée, reliure de l'époque signée de Bernasconi.
Notre exemplaire, ainsi qu'il l'est stipulé à la justification du tirage pour les exemplaires sur Japon impérial, est bien complet de ses deux suites : l'une en couleurs avec remarques et l'autre en couleurs.
En outre, notre exemplaire est exceptionnellement enrichi de 2 dessins originaux d'Auguste Leroux dont un rehaussé à l'aquarelle, qu'il a signés de ses initiales et placés en début de l'ouvrage, juste après la justification du tirage.
Bel exemplaire parfaitement établi et enrichi de deux dessins originaux.
Edition originale de la traduction française réalisée sur la 2e édition anglaise, avec des additions tirées de la narration de Robert Adams en Afrique, en 1810. (cf Gay 2788.)
Ouvrage orné de 10 planches, dont le portrait, en frontispice, de Mungo Park, et une carte représentant sa route depuis Kayee, sur la Gambie, jusqu'à Boussa, sur le Niger.
Reliure en pleine basane fauve écaille, dos lisse orné de filets, guirlandes et fleurons dorés, pièces de titre crème, encadrement de dent-de-rat, simple filet et guirlande dorés sur les plats, gardes et contreplats de papier à la cuve, filets dorés sur les coupes, tranches mouchetées, reliure de l'époque.
Accrocs avec petits manques en têtes et en pieds des mors à un mors, quelques manques de peau sur les plats, rares rousseurs, agréable état intérieur.
Cet ouvrage contient le Journal de Mungo Park jusqu'au 16 Novembre 1805 et la narration d'Isaac, prêtre mandique, qui l'accompagna dans son voyage, qui fut le dernier (il mourut en effet noyé à proximité de Boussa dans ce fleuve Niger qu'il avait été un des premiers Occidentaux à remonter).
« Le 28 juin 1970, j'ai suivi la première célébration new-yorkaise de la Gay Pride. La date correspond au premier anniversaire des émeutes de Stonewall, qui ont lancé le mouvement de libération LGBTQ+ aux Etats-Unis. Nous sommes partis de Christopher Street, haut lieu de la culture gay dans Greenwich Village, et avons remonté la 6e Avenue jusqu'à Central Park. Pour terminer la journée, un concours du plus long baiser a été organisé au milieu du parc ! C'était un grand moment de joie, d'amour et de liberté. Ce couple, qui s'est embrassé pendant des heures sous un parapluie, n'avait visiblement que faire des photographes ! » (Entretien avec Clément Thierry, 2021)
Photographie originale en noir et blanc et en tirage argentique d'époque ; elle porte au verso le tampon de Jean-Pierre Laffont pour l'agence Gamma, ainsi qu'une longue légende ronéotypée à destination de la presse française. Une pâle mouillure en marge haute du cliché.
Les tirages originaux des photographies de cette manifestation sont d'une insigne rareté, les musées et galeries ne possédant que des retirages.
Emouvant témoignage des prémices de la désormais célèbre Marche des fiertés, au lendemain des émeutes de Stonewall premier jalon de l'émergence du mouvement LGBTQ+ aux Etats-Unis et dans le monde.
Le 28 juin 1969, la police effectua une descente au Stonewall, un bar dansant de Greenwich Village, tenu par la mafia et recevant une clientèle essentiellement constituée d'homosexuels et de personnes transgenres. A cette époque, les Etats-Unis interdisaient aux établissements de servir de l'alcool aux homosexuels et ces derniers étaient souvent victimes de violences policières. Cette soirée au Stonewall fut celle de trop : les policiers, acculés par les clients, furent contraints de se retrancher à l'intérieur du bar et l'émeute dura sept jours. Il faudra attendre cinquante ans, le 6 juin 2019, pour que le New York City Police Department présente ses excuses à la communauté LGBT.
Les évènements du Stonewall, aujourd'hui considérés comme fondateurs de la libération gay, menèrent à la formation de certains des premiers groupes d'activistes homosexuels radicaux, tels que le Gay Liberation Front et Street Transvestite Action Revolutionaries (plus connu sous l'acronyme STAR et fondé par deux des plus célèbres militantes transgenres : Marsha P. Johnson et Sylvia Rivera).
Il s'agit dès lors de transformer ce moment en un mouvement. C'est dans cette perspective que s'organise, le 28 juin 1970, un an jour pour jour après les émeutes de Stonewall, la Christopher Street Libération Day March. Le défilé, constitué de seulement quelques courageux groupes au départ de Sheridan Square (Greenwich village) voit ses rangs largement augmentés à l'arrivée à Sheep Meadow (Central Park), réunissant alors plus de 10 000 manifestants. Cette manifestation aura lieu chaque été, à New York et dans d'autres grandes villes américaines, avant de toucher d'autres continents quelques années plus tard, devenant aujourd'hui un marqueur des sociétés démocratiques à travers le monde.
Sur ce cliché, pris lors du concours du plus long baiser, apparaît Judy Bowen, importante militante transgenre et fondatrice des Transsexual Anonymous, qui embrasse langoureusement son ami Philip Raia, l'un des membres fondateurs de la Gay Activists Alliance.
Jean-Pierre Laffont arriva aux Etats-Unis en 1965 et débuta sa carrière de photojournaliste à New York pour Status Magazine puis comme correspondant U.S. de l'agence française Reporters Associés. Il devient ensuite Premier Correspondant Etranger pour Gamma Press et en 1969 avec sa femme Éliane, ils ouvrent le bureau de Gamma Presse Images aux U.S. Il va couvrir les principaux événements américains de cette période - le mouvement des Droits Civils et les émeutes raciales, la guerre du Viêtnam, les démonstrations pour la Paix, pour les droits des femmes et pour l'affirmation des homosexuels, etc. Initialement destinées à la presse, ces œuvres d'une grande valeur artistique sont aujourd'hui iconiques et figurent dans les collections photographiques internationales.
Nouvelle édition. Un portrait au frontispice sur acier, tiré sur chine et contrecollé. Impression en minuscules sur deux colonnes.
Reliure en plein veau blond glacé signée Thouvenin en queue. Dos lisse frappé à froid d'éléments architecturaux gothiques rehaussés de points dorés, filets et titre doré. Plats frappés à froid d'une grande fenêtre gothique accompagnée d'ornements architecturaux. Série d'encadrements à froid suivie de filets et fleurons angulaires. Frise intérieure. Tranches dorées. Mors étroitement fendus en tête. Quelques rousseurs, quelques pages avec des brunissures éparses. Traces de frottement. Dos un peu terne. Bel exemplaire.
Photographie originale dédicacée représentant Yves Montand costumé en cow-boy et braquant un revolver dans sa main droite.
Yves Montand est légèrement de face. Tirage argentique d'époque.
Au verso le nom d'Yves Montand est deux fois mal orthographié.
Envoi autographe signé d'Yves Montand en pied de la photographie : "Pour Michel amicalement Y.Montand."
Mon cher Buloz, voici la lettre à M. Lerminier n'y changez rien. Relisez-en vous même et vous seul l'épreuve. Corrigez les fautes de typographie. Veuillez à la ponctuation et aux guillemets. Il va sans dire que les blancs de mon manuscrits sont le résultat de coupures et de transcriptions que j'ai faites, et ne demandent que de simples alinéas.
Bonjour et amitié,
George
Cette lettre constitue la parfaite illustration de la collaboration aussi houleuse que fructueuse qui unit François Buloz et George Sand. Ce dernier donne pendant de nombreuses années à Sand une tribune et un moyen de vivre de sa plume. Elle publie dans la Revue un grand nombre de chefs-d'oeuvre, dont Lettres d'un voyageur (1834-1836), Mauprat (1837), Spiridion (1839), Gabriel (1839), Mademoiselle La Quintinie (1863), Césanne Dietrich (1870). Par son biais, elle participe aussi activement aux débats politiques de son temps. En 1838, Buloz est le grand orchestrateur d'un duel idéologique lorsque Sand "décide de prendre à partie le critique Lerminier, qui venait de faire dans la revue une analyse très critique du Livre du peuple, Buloz par désir de publicité permet à ses deux collaborateurs d'échanger publiquement leurs coups dans la revue. Par l'intermédiaire de Lerminier et de son ton supérieur, la revue dévoile alors sa vision plutôt misogyne de la littérature et de la philosophie : « le temps est venu pour vous de donner à vos opinions philosophiques plus de consistance et d'étendue car vous entrez dans une nouvelle phase de la vie et du talent. L'inspiration et la fantaisie vous ont élevée à une hauteur où elles ne suffiraient pas à vous maintenir. Puisez maintenant, madame, de nouvelles forces dans la réflexion et la science » (Marie-Eve Thérenty, George Sand, François Buloz et la Revue des Deux Mondes).
Sand réagit aussitôt et envoie son article de riposte accompagné de cette missive comminatoire, ordonnant à Buloz de publier son texte en l'état. Lamennais sera très touché de son geste :« Je compterai toujours parmi les circonstances heureuses de ma vie, où je n'en compte pas beaucoup, d'avoir été défendu par vous. En publiant mon dernier livre, je savais bien qu'il choquerait à peu près tout le monde, légitimistes, juste-milieu, catholiques, républicains même, ceux du moins qui ne veulent ni de Dieu ni de la liberté, et le nombre en est grand, et ils ont une terrible foi en eux-mêmes. Je n'ai espéré que dans le peuple qui ne fait pas de systèmes, et qui, sous l'influence des instincts humains primitifs et impérissables, juge par le coeur, et juge seul infailliblement. Sans lui je ne sais ce que deviendrait la liberté sur la terre. M. Lerminier et bien d'autres se figurent que je parle au hasard, selon que m'importe l'idée du moment. Ils se trompent » (Yves Chastagnaret, George Sand, Lerminier et le Livre du Peuple de Félicité Lamennais).
« Chère amoi [sic]
Ton ami arrivé moulu brisé de deux nuits de voitures et de chemins de fer. Il t'attend demain soir mardi. Oh ce sera avec grand bonheur qu'il s'assurera que toutes choses sont dans l'état où il les a laissées
a toi »
Lettre autographe datée et signée de Charles de Gaulle, adressée à sa cuisinière Augustine Bastide, qui le servit de 1940 à 1958, 13 lignes à l'encre noire sur son papier à en-tête.
Trace de pliure inhérente à la mise sous pli.
Les de Gaulle avait recueilli la destinataire de cette lettre, Augustine Bastide, à leur arrivée à Londres. D'origine provençale elle servit la famille de 1940 à 1958 d'abord en Grande-Bretagne puis en France. A la table du couple de Gaulle dans une Angleterre sévèrement frappée par les rationnements, on pouvait alors trouver lapins, bigorneaux, et autres grenouilles. La "Méridionale au franc-parler" demeurera au service du général durant près de vingt ans, suscitant parfois l'hilarité du stoïque chef d'Etat :
« En 1946, alors qu'il venait de quitter le pouvoir volontairement, il lui a lancé : "Vous voyez Augustine, la politique c'est plus décevant que le travail aux fourneaux". Alors, les mains aux hanches, elle a rétorqué : "Mais général, pourquoi ne vous décidez-vous donc pas à rendre définitvement votre tablier ?" Mon père n'a pu se retenir de rire »
(Philippe de Gaulle, De Gaulle mon père)
Lettre autographe datée et signée d'Emile Zola, adressée à son ami le médecin Maurice de Fleury, datée de sa main du 15 octobre 1893. 1 page 1/4, 19 lignes à l'encre noire sur un double feuillet. Plis transversaux inhérents à l'envoi. Tache au verso, n'affectant pas le texte.
Une très insolite invitation du maître du Naturalisme, qui souhaite organiser un déjeuner avec ces deux éminents spécialistes des maladies nerveuses : "Vous êtes bien aimable de m'inviter à déjeuner. Mais cela va vous faire perdre du temps et à moi aussi [...] pourquoi ne prendriez-vous pas un rendez-vous pour deux heures et demie par exemple, avec M. Gille de la Tourette, soit jeudi, soit vendredi. Nous irions chez lui, simplement [...]"
Zola s'est appuyé sur l'expertise et la connaissance scientifique de Maurice de Fleury, élève de Charcot, afin de nourrir le travail d'écriture des Rougon Macquart. De Fleury partagea notamment les publications de sa bibliothèque relevant de l'hérédité, sujet au coeur de la grande fresque sociale zolienne - tout particulièrement la transmission générationnelle des maladies nerveuses, des accès de violence et de l'alcoolisme.
Maurice de Fleury est également célèbre pour avoir fait, dix ans après cette lettre, une étude médico-psychologique de Zola lui-même, au prisme de ses habitudes de travail : "De dix heures à midi, Zola rédige encore - moins facilement et moins bien que pendant l'heure initiale - et c'est fini pour toute la journée, il ne sera plus bon qu'à écrire des lettres. C'est là la puissance du plus puissant cerveau dans le domaine littéraire, à la fin du siècle. Avec ce tout petit traintrain modeste, trois heures par jour en deux séances, cet homme dont l'attention est modique [...] trouve moyen de nous donner, tous les dix mois, un de ces livres où ne manquent ni la solidité de la charpente [...] ni rien de ce qui constitue la force créatrice, le génie, pour dire le mot".
"[Maurice de Fleury] entretient des relations étroites avec Émile Zola et Joris-Karl Huysmans, avec lesquels il correspond dans les années 1880-1890. Fervent admirateur de l'auteur des Rougon-Macquart, Fleury conseille Zola pour Le Docteur Pascal (1893) et confie son admiration dans un article du Figaro, en 1896. Très « à la mode » parmi les « intellectuels » (selon le mot de Victor Segalen), le jeune médecin figure également dans la liste des auteurs symbolistes - aux côtés de Paul Adam, Henri de Régnier et Gustave Kahn - dans un essai d'André Barre, en 1911" (Lola Kheyar Stibler)
Lettre autographe datée et signée d'Emile Zola, adressée à son ami le médecin Maurice de Fleury, datée de sa main du 15 octobre 1893. 1 page 1/4, 19 lignes à l'encre noire sur un double feuillet. Plis transversaux inhérents à l'envoi.
"[Maurice de Fleury] entretient des relations étroites avec Émile Zola et Joris-Karl Huysmans, avec lesquels il correspond dans les années 1880-1890. Fervent admirateur de l'auteur des Rougon-Macquart, Fleury conseille Zola pour Le Docteur Pascal (1893) et confie son admiration dans un article du Figaro, en 1896. Très « à la mode » parmi les « intellectuels » (selon le mot de Victor Segalen), le jeune médecin figure également dans la liste des auteurs symbolistes - aux côtés de Paul Adam, Henri de Régnier et Gustave Kahn - dans un essai d'André Barre, en 1911" (Lola Kheyar Stibler)
Note manuscrite de Philippe Soupault, 22 lignes à l'encre mauve sur un feuillet, portant en tête cette inscription : "Les séances", consacré aux célèbres séances de "sommeil" réalisées dans l'atelier d'André Breton consistant en des écrits oniriques ou faits sous la dictée d'un rêveur.
Les notes manuscrites comportent trois ratures et corrections.
Philippe Soupault considère ses tentetives comme sujettes à caution et les taxe même d'imposture, se dégageant de toute appartenance active à ces pratiques : "Ni Aragon, ni moi-même ne participèrent activement aux expériences dites des sommeils alors que Breton accepta avec grand intérêt la suggestion de Crevel de se livrer à des expériences qu'il avait découvertes chez des amis. Il fallait s'endormir et de raconter ce "qu'on voyait"..."
Il se remémore les résultats pas toujours probants : "Crevel, Desnos et Péret "s'endormurent" et, malgré ses efforts Breton ne réussissait pas à s'endormir. En écoutant les récits de ces séances je ne pouvais m'empêcher de penser que les "dormeurs" ne craignaient pas de simuler pour se rendre intéressant." à tel point que l'intransigeant chef de file du surréalisme les interrompit : "Breton se rendit compte du danger des surenchères et surtout de l'exaltation de Desnos. Il cessa de tenter de nouvelles expériences de sommeil."
Intéressants souvenirs du dernier surréaliste historique vivant souvent peu tendre avec ses anciens ou nouveaux compagnons de route.
Premier tirage des 109 miniatures sur bois en couleurs d'Henry Lemarié, un des exemplaires numérotés sur vélin de Rives pour chacun des volumes.
Petit accroc en pied du dos de l'étui de Barbe bleue, très légers frottements sans gravité sur les étuis, deux petites déchirures en pied du second plat de la couverture muette enveloppant Cendrillon.
Nous joignons le catalogue illustré des éditions Jean Porson ainsi que le catalogue, imprimé sur rives, annonçant la collection des contes de Charles Perrault illustrés par Henry Lemarié. Ce catalogue descriptif est orné du frontispice de La belle au bois dormant en noir, de deux vignettes et de deux illustrations in texte d'Henry Lemarié.
Chaque étui comporte une illustration d'Henry Lemarié sur le premier plat.
Agréable et rare ensemble, bien complet de ses étuis illustrés, qui devait initialement comprendre six contes mais dont trois seulement furent édités.
Édition originale de la traduction française, un des 77 exemplaires numérotés sur pur fil, seuls grands papiers.
Préface d'Albert Camus.
Agréable exemplaire présenté sous une chemise et un étui : dos lisse de box noir, plats de papier marbré, ensemble signé de Devauchelle.
Nouvelle édition pour laquelle il n'a pas été tiré de grands papiers.
Petits manques en tête et pied du dos, légères déchirures marginales sur les plats.
Envoi autographe signé de Jean-Paul Sartre à Mr Guillaumet.
Deuxième tirage des 20 lithographies à pleine page en noir de Gustave Doré.
Reliure oblongue à la bradel en demi percaline rouge à coins, dos lisse, pièce de titre de maroquin noir, dos lisse, gardes et contreplats de papier à la cuve, contreplats et gardes de papier crème, coins légèrement émoussés.
Quand fleurit le marronnier du square
Autour de nous, le printemps se prépare
De ses doigts verts, il bat le jeu
Donnant aux deux amoureux
Un as de coeur, la carte du bonheur
La première fois, sur ton tailleur bleu
Un grand foulard vert !
Fausse note
La seconde fois, j'ai baisé ta main
Tu sentais l'oignon
Fausse note
Toi l'inconnu(e)
Ombre entrevue
Tendre mirage
Soleil de ma vie
Emporte mes soucis
« Le 28 juin 1970, j'ai suivi la première célébration new-yorkaise de la Gay Pride. La date correspond au premier anniversaire des émeutes de Stonewall, qui ont lancé le mouvement de libération LGBTQ+ aux Etats-Unis. Nous sommes partis de Christopher Street, haut lieu de la culture gay dans Greenwich Village, et avons remonté la 6e Avenue jusqu'à Central Park. Pour terminer la journée, un concours du plus long baiser a été organisé au milieu du parc ! C'était un grand moment de joie, d'amour et de liberté. Ce couple, qui s'est embrassé pendant des heures sous un parapluie, n'avait visiblement que faire des photographes ! » (Entretien avec Clément Thierry, 2021)