Lord Arthur Morrow Cowley
Bel exemplaire à toutes marges.
L’élégant vergé de Hollande, tout de vergeures et pontuseaux, est l’illustre descendant des vergés inventés en France par des artisans protestants qui se réfugièrent aux Pays-Bas après la révocation de l'édit de Nantes. Si ce beau papier, peu sensible aux rousseurs et au temps, n’est pas souvent celui des tirages infimes de tête réservés à l’auteur ou à quelques bibliophiles, il constitue cependant le tirage de luxe privilégié de la plupart des romans de la fin du XIXeme et du XXeme siècle. Ce papier épais et souple dont l’ivoire feutré s’imprègne de la lumière et la mêle à l’encre de mots contribue à cette intimité du lien entre le livre et son lecteur. Pour cela il se révèle le support idéal des relectures des textes de prédilection.
Edition originale, un des 50 exemplaires sur vergé de Hollande, seuls grands papiers avec 10 Chine.
Reliure en plein chagrin bordeaux, dos à cinq nerfs orné de fleurons dorés, double filet doré en encadrement des plats, fleurons dorés en écoinçons, contreplats et gardes de papier peigné, filet doré sur les coupes, roulette dorée sur les coiffes, tête dorée sur brochure, étui bordé de chagrin bordeaux, reliure de l'époque, probablement de l'éditeur.
Très rare et bel exemplaire parfaitement établi en reliure du temps.
Edition revue et augmentée par Paul-Louis Jacob et enrichie d'une notice littéraire en originale par Charles Nodier, un des rares exemplaires imprimés sur vergé de Hollande.
Reliure en demi maroquin rouge à coins, dos à quatre fins nerfs sertis de guirlandes dorées orné de caissons dorés décorés à la grotesque, triples filets noirs sur les plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, tête dorée, élégante reliure de l'époque signée de Lebrun. Une trace d'ex-libris décollé proprement d'un contreplat.
Rare et agréable exemplaire joliment établi.
Édition originale, un des 90 exemplaires sur hollande, le nôtre un des quelques hors-commerce lettrés.
Reliure à la bradel en demi box brun, dos lisse, plats de papier fantaisie, gardes et contreplats de papier brun, couvertures conservées, tête dorée, reliure signée de Goy & Vilaine.
Précieux envoi autographe signé de Paul Valéry : « A Victoria Ocampo, - a sus piès de Vd - ce petit rien qu'elle a bien voulu désirer. »
Superbe dédicace qui inaugure la fidèle amitié unissant les deux écrivains par-delà les différences.
A la mort de Valéry en 1945, Victoria Ocampo relatera cette première rencontre de décembre 1928 lors d'un dîner d'écrivains auquel est conviée la jeune Argentine tout juste débarquée à Paris.
Evénement fondateur de leur amitié et de l'admiration mutuelle dont témoigne leur émouvante correspondance, c'est à l'aune de cette première impression que Victoria Ocampo décrira sa relation avec le poète et « les sentiments contradictoires que suscitèrent en [elle] la rencontre de l'œuvre et de l'homme qui la conçut : émerveillement, étranglement, admiration, accablement, bonheur. Effets, sur une Sud-Américaine, amoureuse du génie français, d'une des plus grandes intelligences européennes, lorsqu'elle s'en approcha - un peu tremblante - comme d'un feu qui vous attire et vous tient à distance du même coup. »
Nul doute que l'impression de Valéry ne fut pas moins intense pour qu'il lui adresse, peu après, cette dédicace pleine d'humilité qui ne laisse pas d'évoquer les précieux envois de Victor Hugo à Juliette Drouet « à vos pieds, Ma Dame ».
Confidente épistolaire du poète déchu durant les dures années de guerre, Ocampo lui rendra à sa mort un vibrant hommage « par-delà l'intelligence et la bêtise, par-delà la vie. Avec mon respect, mon culte, ma tendre affection si nouée à l'humain. Avec tout ce qui en moi, tant que je vivrai, ne cessera de le sentir vivant, ne cessera d'être le lieu périssable où son immortalité commence. »
Quelques petites rousseurs.
Exemplaire parfaitement établi.