
Edition originale, établie à partir de sources arabes de Sharaf ad-Din Ali Yazdi et Ahmad ibn Arabshah. Sommervogel V, 542.
Reliures en plein veau brun, dos ornés de fers dorés, pièces de titre havane, mors du premier volume frottés, un petit manque en queue du dos, dos et mors du deuxième volume abondamment restaurés, traces de roulettes dorées sur les coupes, gardes et contreplats, tranches mouchetées. . Tampons de bibliothèque sur une garde, la page de titre ainsi que celle de faux-titre. Etiquette de rangement encollée sur le contreplat.
Ouvrage condamné car on avait cru voir une description du Régent dans le portrait à clefs de Tamerlan. Dans l'épitre au Comte de Maurepas, le père Margat a fait mention de son appartenance aux Missionaires de la Compagnie de Jésus à Saint-Domingue, où il a été placé probablement pour lui éviter d'être poursuivi. Son éditeur Pierre Brumoy a été inquiété, et a dû quitter Paris pour se réfugier à Arras. Voltaire conte cette affaire dans sa correspondance :
"On m'a mandé qu'un jésuite, nommé Brumoi, a fait imprimer un certain Tamerlan d'un certain jésuite nommé Margat. L'auteur est mort, et l'éditeur exilé, à ce qu'on dit, parce que ce Tamerlan est, dit-on, plein des plus horribles calomnies qu'on ait jamais vomies contre feu M. le duc d'Orléans, régent du royaume."
(Lettre au marquis d'Argens, 21 juin 1739)